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Le Centre d’Observation et de Promotion de l’Etat de Droit (COPED) a pris connaissance de la déclaration du Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie (GRAD) rendue publique par voix de presse, intitulée Les violences politiques au Togo avant l’indépendance jusqu’à nos jours.
Le COPED salue l’effort de la société Civile dont le GRAD pour contribuer à l’apaisement du climat socio politique au Togo.
En effet, aux termes de ses dispositions concernant la lutte contre l’impunité, l’Accord Politique Global (APG) du 20 Août 2006 a engagé la classe politique à mettre en place un mécanisme chargé de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique comme par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes .Il est entendu, que toutes les administrations que le Togo a connues doivent être soumises sans aucune exception à ce processus de vérité et d’apaisement .Ce qui a été favorablement accueilli par le peuple togolais dans toutes ses composantes.
C’est pourquoi le COPED s’indigne que dans sa prise de position, le GRAD tente de légitimer par la notion de règlement de compte, les faits de violence survenus à une période de l’histoire politique du Togo.
Il s’agit du passage ci –après : « On se rappelle, après la liesse qui a suivi la victoire des nationalistes (aux élections de 1958), que des groupes de militants du CUT et de la JUVENTO de la région des Plateaux avaient fait le déplacement de Lomé, aux fins de réclamer aux dirigeants de ces partis des armes pour défendre l’indépendance (promise pour 1958). Reçus au stade municipal de Lomé, le leader des forces nationalistes Monsieur Sylvanus OLYMPIO leur avait expliqué que la jeune Nation Togolaise n’avait pas besoin de s’inscrire dans cette logique pour défendre son indépendance. Ce n’est qu’après cette démarche, que des jeunes militants et sympathisants s’étaient constitués en milices appelées « ABLODE SOLDIER ».
En effet, victimes des années durant des brimades de tout genre, des assassinats, des traitements inhumains et dégradants, ces jeunes qui appartiennent à toutes les ethnies du Togo, s’étaient mobilisés contre leurs bourreaux pour se faire justice. A ce propos, il est opportun et intéressant de rappeler à juste titre , qu’en France aussi , juste après la deuxième guerre mondiale ,les patriotes français ……n’avaient pas hésité un seul instant de régler des comptes aux collabos ».
Conformément aux prescriptions de l’Accord Politique Global, la lumière doit être faite sur tous les actes de violence à caractère politique notamment, ceux commis de 1956 à1958, de 1958à 1963, de 1963 à1967et de 1967 à nos jours.
Le GRAD ne saurait, sans compromettre les chances d’aboutissement du processus de vérification et d’apaisement, soustraire de son champ d’application les actes de violence remontant à la période visée ,en mettant en avant la notion du droit à la revanche .
Le COPED craint que cette conception de droit à la revanche n’amène les Togolais à cultiver l’esprit de vendetta.
Le COPED en appelle à chacun des acteurs de la classe politique et de la Société Civile du Togo à mesurer la portée de sa prise de position face aux problèmes du pays.
Fait à Lomé, le 31 mars 2008 Pour Le COPED Le Président |