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TRIBUNE LIBRE

April 2008 - Posts

  • Communiqué de l'UFC Relatif au lancement des consultations pour la mise en place d’une Commission Vérité-Justice-Réconciliation

    Le mardi 15 avril 2008, il a été procédé au lancement solennel des consultations devant aboutir à la mise en place de la Commission « Vérité-Justice-Réconciliation ».

    L’Union des Forces de Changement (UFC) se félicite de ce que le processus recommandé par les Nations Unies dans le rapport remis en Août 2005 par M. Doudou Diène à la suite de la « mission d’établissement des faits» qu’il a effectuée dans notre pays après les massacres de populations au cours de la période électorale de l’année 2005, soit enfin enclenché.

    L’UFC déplore cependant que les diverses péripéties traversées par la préparation de ce lancement solennel, - deux reports in extremis sans explications sérieuses par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies au Togo (HCDH-Togo) et une convocation sur les média et dans la précipitation par le Ministre de l’Administration Territoriale - aient fini par susciter de profondes préoccupations au sujet de ce processus, notamment le risque de son appropriation et de son pilotage par le pouvoir RPT alors qu’il vise justement à mettre fin à l’impunité des crimes commis par ce pouvoir. C’est pour manifester cette préoccupation que l’UFC s’est abstenue de répondre à la convocation du Ministre de l’Administration Territoriale.

    L’UFC voudrait souligner une fois encore l’importance capitale que revêt ce processus dans la résolution de la crise togolaise et la nécessité de sa conduite dans la plus grande objectivité par les Nations Unies, en n’ayant à l’esprit que le seul intérêt des populations togolaises, victimes de graves atteintes aux droits humains.

    Par conséquent, l’UFC invite ses militants et sympathisants, ainsi que toutes les populations togolaises à la plus grande vigilance afin que le processus ne soit pas détourné de son objectif. Elle leur demande à tous de prendre activement part aux consultations sur le terrain.

    Fait à Lomé le 21 Avril
    Pour le Bureau National,
    Le Secrétaire Général
    Jean-Pierre Fabre

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  • Le Maître des trois chemins ( Poéme dédié à Aimé Césaire )

    « ... c’était en 1932, à peu prés, je suis allé m’inscrire à la Sorbonne... le lendemain, à Louis-Le-Grand, je fais la connaissance de Senghor... pendant cinq ou six ans, nous ne nous sommes pratiquement pas quittés, et il a eu une grosse influence sur moi. Il m’a aidé à analyser et à gommer ce côté négatif qui était ma haine d’une société martiniquaise... profondément aliénée... Senghor m’a révélé tout un monde, ça été pour moi la révélation de l’Afrique... il remplissait le vide que j’éprouvais... par lui, j’ai très bien senti que mon vrai monde, c’était quand même le monde africain...J’ai débouché sur la poésie, parce que c’était un moyen d’expression qui s’écartait du discours rationnel. La poésie, telle que je la concevais, que je la conçois encore, c’est la plongée dans la vérité de l’être.

    Si notre être superficiel est européen, et plus précisément français, je considère que notre vérité profonde est africaine. Il s’agissait de retrouver notre être profond et de l’exprimer par le verbe : c’était forcément une poésie abyssale...cette poésie était arme parce que c’était le refus de cet état superficiel et le refus du monde du mensonge... c’était la plongée en moi-même et une façon de faire éclater l’oppression dont nous étions victimes. C’est un peu comme le volcan : il entasse sa lave et son feu pendant un siècle, et un beau jour, tout ça pète, tout cela ressort... Et c’était ma poésie, c’était ça « Cahier d’un retour au pays natal » !


    C’est Aimé Césaire qui nous parlait.

    Il nous aide ainsi à mieux le connaître, à être son complice et son compagnon de voyage dans cette vie si remplie qui fut la sienne. Combien de poètes cherchent encore du front, les mêmes étoiles ? Est-il possible de parler « normalement » de poètes et d’écrivains comme Césaire, Senghor ? Difficile ! Ils prennent tellement de place, ils ont pris tant de place en nous et souvent même à notre insu, tellement leurs œuvres sont fortes, leur époque magique, leur personnalité immense, leur poids politique marquant ! J’entends le Président Wade nous dire, lors d’une rencontre, « Arriver au sommet de l’Etat vous aide sans doute plus vite à réaliser concrètement les rêves, les objectifs de votre combat politique, social, intellectuel ». Il n’a pas tort !

    Comment nous, poètes et écrivains présents au monde en ce mois d’avril 2008, pouvons-nous aider ou participer à la mise en place de pouvoirs et de systèmes sociaux, culturels et politiques conformes à nos écrits, à nos idéaux ? Avons-nous ce poids-là, aujourd’hui, comme hier Césaire, Senghor et tous les autres qui ont tant pesé sur la construction d’une Afrique en devenir ? Que Césaire et Senghor aient assumé d’autres charges autres que littéraires, a-t-il pesé sur ce qu’ils ont été ? Leurs messages ont-ils été mieux véhiculés, mieux entendus parce qu’ils étaient relayés par l’action et le rayonnement politiques ? La réponse est évidente, mais elle n’ajoute rien à leur mérite.Ces interrogations posent notre condition de poètes et d’écrivains, notre raison même d’écrire dans des sociétés en mutation, des sociétés en crise où la pauvreté et la précarité les rendent sourdes, où l’on entend de moins en moins la voix des créateurs, à moins qu’on l’entende mal. Le monde a changé !

    Césaire lui-même s’était posé la question, ou avait plutôt posé le débat dans son intervention au 2ème Congrès des écrivains et artistes noirs d’avril 1959. Ecoutons-le encore : « J’ai pensé, dit-il, que les quelques considérations que je devais émettre pourraient porter sur un sujet : celui de la légitimité de notre activité d’écrivains et d’artistes noirs, et celui complémentaire, des responsabilités qui nous incombent à nous, hommes de culture, dans la double conjoncture du monde et de nos pays particuliers ».

    Nous devrions nous poser la même question, nous poètes, écrivains et hommes de culture de ce temps de l’Afrique et de nos peuples. Voilà comment et pourquoi Césaire nous est utile. Il nous met face à nous-mêmes, face à nos responsabilités de créateurs et de citoyens. Nous ne pouvons pas nous y dérober. En effet, comment vivre, comment assumer nos missions, comment écrire, évoquer notre Afrique d’aujourd’hui avec ses joies et ses malheurs, car elle ne vit pas seulement de malheurs, comment évaluer sa marche démocratique irréversible, ses rêves, ses espoirs de paix et de développement ? Devons-nous aller plus loin dans l’engagement et quel sorte d’engagement ? Devons-nous laisser brouiller notre image ? Devons-nous être distants, sommes-nous lâches ou avons-nous raison d’être militants du pouvoir politique ? Par quelle voie faire mieux et faire vite prévaloir nos idées ? Ou bien nos idées sont-elles toutes périmées, mortes ? La question est-elle mal posée, ou bien ce n’est pas là le véritable rôle du poète, de l’écrivain, de l’intellectuel ? Pour ma part, la littérature n’est pas la politique, mais elles peuvent se rejoindre pour un moment .Césaire, ce fils du volcan, nous a laissés de belles certitudes. Les grands poètes meurent toujours pour nous ! C’est bien le volcan, c’est bien cette image-là qui renvoie et caractérise dans sa nature éruptive et ardente l’œuvre du fils de la Martinique. Même ceux qui ne l’ont pas lu, ont eu des échos de son chant général, ou se sont accrochés à sa légende, à cette montagne de feu que constitue son œuvre. Césaire est un cri qui n’épargne même pas l’oreille du profond dormeur.

    Césaire est un feu debout qui brandit des lances et des fusils qui hurlent tout le long des pages, tout le long de notre esprit. La poésie de Césaire est cardiaque. Il est difficile de soutenir le rythme cardiaque d’un poème de Césaire. On a besoin souvent de répit, de repli ; on a souvent besoin de rebrousser chemin, de résister aux flots, mais l’on ne peut plus s’arrêter. L’asphalte des pages est brûlant mais on y marche, on y laisse ses yeux et ses oreilles. Les vers sont si beaux, si chargés, si furieux que la compréhension ou non des mots vous laisse toujours dans la fascination. Les images vous rendent si ivre, que tout tourbillonne. Les torrents de métaphores de Césaire sont des raz de marée.Césaire est un ouragan et sa poésie est « précise comme des poignards » ! Jean Paul Sartre, dit : « Un poème de Césaire éclate et tourne sur lui-même, comme une fusée, des soleils en sortent qui tournent et explosent en nouveau soleil... » Ce que la poésie de Césaire dit et clame est la respiration même de notre race, de notre civilisation. Cette poésie marque notre place, notre marche altière dans l’histoire de l’humanité. Césaire nous a rendu notre dignité. Il nous fait marcher la tête haute. Son œuvre est l’une des meilleures et irremplaçables plaidoiries de la race noire. C’est cette poésie là qui a balisé la route des politiques pour les luttes d’indépendance. C’est elle qui a avalisé les politiques avant les luttes de libération. La prose de Césaire n’est pas en reste : son théâtre, ses essais savent être plus subversifs que dix attentats ! Jamais un tel poète nègre n’a su autant réveiller les cœurs, bander les consciences. Cheikh Anta Diop a salué son génie et dit la part irremplaçable qu’il laissera.Quand plus tard les jeunes loups sont arrivés, l’insulte à la bouche, contre l’homme politique, maire de Fort de France, celui qui ne voulait pas de l’indépendance de son île dit-on, son île si petite pour espérer prospérer seule économiquement, répondit, lucide et courageux : « Prenez ma poésie comme une revanche sur ma politique ! » L’indépendance, la vraie, pour Césaire, est de se décoloniser culturellement. Là fut son vrai et profond combat. Ecoutons-le :

    « ... les chaînes qui nous tiennent ne sont pas des chaînes ordinaires : ce sont des chaînes intérieures (...) nous sommes des transplantés qui avons été soumis pendant près de deux siècles à un effroyable processus d’assimilation, donc de dépersonnalisation. Et il y a eu ce traumatisme qu’a été la traite des noirs. Les africains, c’est tout à fait différent :ils ont conservé leur civilisation... leur religion, le contact avec leur terre, avec leurs mythes, avec leur folklore et puis ils ont conservé leur langue, d’où une assurance psychologique à laquelle ne peuvent pas prétendre les Martiniquais... » Ce que Césaire nous a apporté comme poète est immense. C’est pour quoi il mérite l’hommage de ce jour, après son sommeil pour toujours.

    Nous qui sommes d’une autre génération, nous n’avons pas le droit de moins faire, mais le devoir de faire plus. Mieux : dépasser nos aînés dans le sens où Senghor définissait le mot : « dépassement n’est pas supériorité, mais différence dans la qualité ». Nous le savons, il a prêté à Senghor le concept de Négritude. La Négritude de Césaire serait-elle différente de celle de Senghor ? « Césaire n’est pas un homme de conciliation dans la mise en relief de la négritude » nous dit Jacques Rabemananjara, le poète malgache. Il poursuit : « ... la prise de conscience se mesure, à ses yeux, à sa capacité de colère et d’offensive.

    Il y a chez Césaire « une force anti-entente et anti-apaisement ».Il reste le reste, c’est-à-dire le socle dur et le poids réel de nos œuvres, nous de la nouvelle génération. Serons-nous des poètes et des écrivains durables ou provisoires ? Quelle place prendront nos œuvres dans l’histoire de notre pays, de notre continent, dans le patrimoine littéraire de l’humanité ? Seule la solidité de notre travail de création répondra pour nous !Sans nul doute, qu’Aimé Césaire prendra une place de choix à l’occasion du prochain Festival mondial des arts nègres dont il est le parrain. Le président de la République du Sénégal qui s’apprêtait à aller lui rendre visite, aura bien de la peine à apprendre que la corne du taureau est hélas arrivée. Mais je souhaite que le Président Wade fasse ce voyage, qu’il aille s’incliner devant la tombe de Césaire, qu’il le mettre dans le panthéon de la Place du Souvenir à Dakar, qu’il annonce en terre martiniquaise que le Sénégal a créé un Grand Prix littéraire Aimé Césaire pour perpétuer la mémoire du grand poète.

    En relisant Césaire cette nuit, j’ai compris que « la poésie sait qu’elle doit se défendre elle-même, qu’elle n’a rien à attendre d’une réalité contemporaine qui lui est indifférente. Elle doit dés lors prendre son destin en main, « se rendre contagieuse et inévitable ». Mais je sais aussi que c’est toujours « en poésie que se puisent les énergies premières de l’écriture, le rapport vif et fertile au langage, la pulsion vitale de la langue, les images fondatrices, les légendes originelles ». En un mot, il s’agit, et c’est la grande leçon de Césaire, des vrais poètes : de « sauvegarder la dignité du rêve ».

    Que de belles retrouvailles au ciel entre Damas, Senghor et Césaire que l’éternité a réunis pour toujours ! Le Paradis est aux couleurs de la Négritude et rechantent les nègres !

    Amadou lamine Sall,
    Poète Président de la maison africaine de la poésie internationale -ma pi- Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

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  • Hommage à Aimé Césaire VAS Ô MAÎTRE

    Plume rebelle, plume de nègre
    Plume assassine aux vers oniriques
    Répandus de ta Martinique natale
    Jusqu´aux portes des Indes lointaines

     Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier


    Plume envahissant nos veines d´encre
    Au rythme d´un hymne-chélidoine
    Contre la haine et la douleur des peuples
    Plume libre aux couleurs arc-en-ciel

    Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier

    Plume rebelle, plume de nègre

    Sur tes cahiers messagers
    Rejetant  leur haine, nos peines
    Nos peines de " sous hommes "

    Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier

    Au pan de ta langue-vipère
    Et sur les encornures de ton papyrus
    On s´agglutine fous de rage
    Comme des racines de palétuvier

    Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier

    Sur tes doigts ventouses
    Et sur ton front couleur ébène
    Que de mamelles de lait profuses
    Qui abreuvent des générations assoiffées

    Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier


    Vas-y, ô Maître du verbe-soleil
    Vas-y, Césaire de notre fol amour
    Vas t´assoupir au temple des Géants.
    Tes sentinelles veillent sur tous les Gotha.

     Encre noire de sang rouge-neutre
    Sang amer de négro négroïde fier

     
    Brême, Allemagne, le 19 Avril 2008 Ali Akondoh   


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  • U F C Allemagne : Rapport de la Conférence du 12 04 2008 Freiburg

    Rapport rédigé par Jacques Jonas Médénou & Jean Wilson Tété

    Des membres de l’Union des Forces de Changement (UFC), sous la conduite du président de la section Allemagne Monsieur Tossou Gbenoude, ont été accueillis par le conseiller de la dite section, Monsieur Kokou Mensah Afeavo Atra et conduits au lieu prévu pour la conférence sis à Loretto Str, 42 Freiburg - Breigau où nous attendait le reste du groupe.

    Aussitôt arrivés, nous nous sommes tous dirigés comme le stipule le premier point de l'ordre du jour vers le cours d’eau de la ville, le fleuve Dreisam où a lieu un dépôt de gerbes en mémoire des victimes de la lagune de Bè et des autres martyrs pour la cause démocratique. La cérémonie a été accompagnée de la chanson: (Tout ce que Dieu a fait est bon: «nusianu si mawu wo egnon» et suivie par la lecture du passage biblique de l’Écclésiaste chp 3:2 "il y a un temps pour naître et un temps pour mourir". La prière a été dirigée par le pasteur Zacharie Schuppuis. Au retour dans la salle, nous avions tous pris connaissance de l’ordre du jour et abordant son second point, le pasteur a attiré l’attention du public sur l’entraide, la sympathie et la coopération en s’inspirant de Mathieu au chapitre 25 du verset 34 au 36ème. Après l’exécution de l’hymne national, le président de la section allemande de l'UFC a pris la parole en mettant l’accent sur les atrocités commises sur la population et s’est indigné du fait que ces barbaries sont restées impunies malgré les efforts des organismes internationaux en occurrence l’ONU. Par la suite, l’orateur a dénoncé l'absence de conformité des résultats officiels aux résultats réellement sortis des urnes aux dernières élections législatives. Ci joint le document. En voulant renouer la coopération avec la communauté internationale, le gouvernement togolais fait croire à une stabilité politique sécurisante.

    Mais en réalité rien n’a changé au Togo. Au cours du débat, la question ayant suscitée le plus d’interventions réside autour de la stratégie à adopter par l'UFC lors des prochaines élections présidentielles de 2010.Nous ne sommes pas sans savoir qu'au cours de toutes les élections présidentielles et de la dernière législative, l'UFC a toujours gagné mais déclarée perdante. Plusieurs intervenants ont apporté à tour de rôle leur point de vue sur cette question cruciale. L'UFC a reçu le soutien des associations comme FPL et Bâtir le Togo et a lancé un appel à toutes les autres associations en Allemagne à continuer la lutte pour la libération totale du Togo. Et à Monsieur Kokou Mensah Afeavo Atra de prendre la parole pour la lecture de la déclaration de Freiburg sanctionnant la fin de la conférence. Ci joint le document. Ainsi la rencontre s’est terminée avec une photo de famille.

    Fait à Freiburg, le 12 avril 2008
    Rapport rédigé par:
    Jacques Jonas Médénou &
    Jean Wilson Tete  


    DISCOURS DU PRÉSIDENT

    Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, honorables invités.

    10 avril 1991-10 avril 2008, voici exactement 17 ans que le vaillant peuple togolais a été massacré à Lomé par les forces de l'ordre alors qu'il manifestait pacifiquement son désir de démocratie et d'Etat de Droit jusqu'alors bafoué. Le 11 avril 1991, des images en provenance du Togo, font le tour des chaînes de télévision du monde. Une trentaine de cadavres, sont sortis des eaux de la lagune de Lomé. Parmi eux , des jeunes gens, des femmes dont l’une était enceinte de quelques mois. Une autre dame portait un nourrisson sur le dos. Tous, ont trouvé la mort, le 10 avril, sur le pont de la lagune de Bè. Les militaires sont pointés du doigt. Selon les témoins de ce drame, le fils aîné d’Eyadéma , le lieutenant Ernest Gnassingbé aurait dirigé en personne cette opération de représailles. Et selon le soldat Amédégnato qui témoignera à la Conférence nationale, le chiffre officiel (28 morts) est une sous-estimation.

    Le 16 mars, une jeep des Forces Armées Togolaises (FAT) fauche un jeune garçon au cours d’une manifestation. Le chauffeur fera marche arrière pour écraser l’enfant. Il avait 12 ans et s’appelait Lukman Fabualé. Ce jour-là, les militaires feront irruption dans plusieurs domiciles des quartiers de la capitale afin de dénicher les opposants.

    Nous ne devons pas les oublier, à chaque fois que l’occasion se présente nous devons leur rendre hommage et demander qu’une vraie justice soit faite pour eux ; que les auteurs et leurs commanditaires soient punis.

    Depuis 1963, on déplore des milliers de morts, de blessés et de disparus dans cette lutte du peuple togolais pour la justice mais le pouvoir en place n'a jamais ouvert une enquête pour établir les responsabilités et punir les auteurs de ces actes. Malgré tous ces actes barbares dont le peuple togolais a été victime, la communauté internationale (CEDEAO, UA, UE, ONU...) n'a rien fait pour dénoncer le laxisme et l'impunité qui caractérisent la gestion du pays.

    La venue au pouvoir de Faure Gnassingbé, au terme d'un processus controversé, a par ailleurs fait naître, après le précédent de Joseph Kabila en République Démocratique du Congo (RDC), le spectre de "dynasties africaines" où les "fils de" sont présentés comme des successeurs potentiels de leur père.

    L’Afrique a par ailleurs rendue les conditions sociales dramatiques à ses ressortissants. Quant on fuit sa maison parce qu’on ne peut plus y vivre c’est qu’il n y a rien à se mettre sous la dent. Trouver du travail en Afrique n’est pas une chose facile. Il n’est pas rare de trouver des africains à l’âge de 35 ans qui n’ont pas encore eu un premier emploi. Des jeunes en âge de travailler mais le manque d’emplois les obligent à être nourris et habillés encore par leurs parents. De nombreux jeunes sont donc concernés par cette situation.

    La vraie bataille que nous devons mener pour retrouver la liberté et par là même instituer la démocratie dans notre pays pour un véritable développement, c'est de mener une véritable lutte contre ces dirigeants qui ne gouvernent que pour eux mêmes au mépris des peuples.Les causes profondes et les auteurs des problèmes que connaît l'Afrique en général sont au coeur même du continent. Il y en a qui pillent eux-mêmes leur pays, y sèment la pauvreté et assassinent leurs compatriotes.

    Le monde n'est pas basé sur la force des armes, mais sur la force de la Vérité et de l'Amour."

    La démocratie est la «doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens». Sans justice, il ne peut avoir de paix, sans paix il ne peut avoir d'unité et sans unité il peut avoir de nation. Alors pensons-y et sensibilisons notre population pour qu'elle prenne conscience, pour mieux orienter la lutte de libération de notre chère patrie.

    VIVE LE TOGO!
    Ablodé Ablodé Ablodé Gbadja
    Je vous remercie.

    Freiburg, le 12 avril 2008
    Pour l’UFC Section Allemagne,
    Le président
    Gbenoude Tossou 


    DÉCLARATION de Freiburg

    Nous, membres et sympathisants de l’UFC section Allemagne au vu et au su de tout ce qui s’est passé dans notre pays depuis plusieurs années, jugeons qu’il est temps que des réformes profondes idéologiques, institutionnelles, structurelles et sociales interviennent afin d’améliorer les conditions de vie de nos compatriotes et de tourner enfin les pages sombres du passé. Nous souhaitons vivement que plus jamais de pareils évènements ne se reproduisent et invitons la communauté internationale à plus de rigueur et de responsabilité vis-à-vis du gouvernement togolais. Les citoyens togolais ont droit comme tous ceux de la France ou d’autre pays démocratique à la liberté d’expression et à l’égalité des chances. Les Togolais ont besoin d’une vraie réconciliation et à l’heure où nous parlons, le peuple reste encore et toujours méfiant car blessé et abandonné. Nous estimons qu’il est important de chercher les coupables de toutes ces exactions et les traduire devant les juridictions compétentes car c’est la seule garantie d’une paix durable. Nous appelons d’ores et déjà les responsables tant politiques que de la société civile à une bonne organisation des futures élections présidentielles de 2010 car c’est un point fondamental pour le retour à un véritable Etat de Droit.

    Fait à Freiburg, le 12 avril 2008
    L’Assemblée

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  • Bafilo : Le festival Kétékpe de Sokodé fait son bonhomme de chemin pour le bonheur de tous

    Echo de la réunion du Comité technique du Festival à Bafilo
    Mis sur pieds depuis février 2008 à Sokodé, le comité technique de l’organisation du festival de la musique traditionnelle Tem, kétékpé s’est déplacé à Bafilo pour une séance de travail de deux jours. Ce déplacement avait un double objectif, à savoir rencontrer sur place leurs collègues travaillant pour le projet et ensuite, rendre une visite de courtoisie aux autorités locales afin de les informer de la tenue de cet évènement culturel.

    Après une réunion de concertation le samedi 05 avril au soir pour préparer la rencontre du lendemain dimanche, ils ont eu à rencontrer le Régent du trône de Bafilo ..le Député Maire de la ville de Bafilo, M. Aboubakar – Bah Traoré, et le Préfet d’Assoli ;

    L’ambitieux projet de festival prévu pour se dérouler dans le mois de décembre 2008 à Sokodé a été présenté et expliqué aux autorités qui ont apprécié l’initiative.

    Ces derniers ont saisi l’occasion pour prodiguer des conseils aux membres du Comité et les ont rassuré de leur disponibilité et de leur soutien afin de voir ce projet se réaliser avec succès.

    S’il faut retenir que le samedi a été consacré à la réunion de concertation et aux visites de civilités à l’endroit des autorités locales, la journée de dimanche elle a été marquée par un travail de fond. Ainsi, la délégation de Sokodé, conduite par son président, M. Tchakala Mohamed a eu à présenter aux collègues de Bafilo, un projet d’ordre du jour qui a été immédiatement adopté et permis un avancement rapide des travaux.

    Les participants ont donc pu se pencher sur un compte rendu détaillé et documenté du travail accompli depuis le mois de février dernier aussi bien par la coordination du Festival en Allemagne que par le comité technique basé à Sokodé. Ils ont ainsi pu mesurer le chemin parcouru et celui qu’il reste à parcourir jusqu’à l’aboutissement du projet.

    Après avoir épuisé tous les points inscrits à l’ordre du jour, défini les tâches à accomplir, ils se sont appesantis sur la création et l’installation de commissions techniques. Celles – ci se pencheront sur la préparation de la prospection et de l’étude de l’ensemble du patrimoine culturel Tem, de sa musique traditionnelle, l’identification des sites touristiques…jusqu’à la promotion, la sensibilisation, la recherche des moyens financiers et matériels du Festival proprement dit.

    Voici ces commissions :
    La Commission Etude (des danses traditionnelles dont le Kétékpé, sites et objets d’art, tourisme) La Commission Sponsoring ; La Commission Tourisme (objets, sites touristiques historiques, artisanat) La Commission Promotion des projets. La Commission Communication et promotion du festival.

    Après cette présentation des commissions, les participants ont procédé à l’inscription des membres au sein de ces différents groupes de travail. Au cour de cette séance de travail où chaque membre a eu à démontrer son engagement afin de contribuer à la concrétisation du projet, les participants se sont séparés satisfaits d’avoir installé un jalon de plus dans la marche vers l’institution de ce festival de la musique Tem dont chacun appelle la réalisation et le succès de tous ces vœux. Ils ont promis se retrouver le 4 mai 2008, cette fois ci à Sokodé.

    Le président du comité technique a informé aussi à l’assistance de l’arrivée prochaine d’une délégation de la diaspora. Prévue pour le mois de mai, cette visite vient appuyer le travail effectué sur le terrain et permettra également de lancer officiellement le festival, par une série d’activités.

    Rappelons que le festival regroupera tous les artistes et mélomanes du rythme Kétékpé de Fazao , Krikri, Tchaoudjo et Assoli, élargi à la diaspora Tem.

    La délocalisation de la réunion, c’est - à - dire le fait que les membres du comité technique se soient déplacés de Sokodé à Bafilo inaugure un nouvel esprit au sein de la communauté.

    Un esprit pétri de respect et de considération, vis – à – vis de toutes les localités concernées par ce projet. Car, dans cette entreprise de valorisation et de promotion de la culture Tem, il ne saurait être question ni de l’ampleur démographique ni de l’étendu géographique, d’une zone.

    Tous les coins et les recoins pouvant donner un plus au projet sont logés à la même enseigne. Il ne serait donc étonnant que Fazao et Kri – Kri respectivement dans les préfectures de Sotouboua et de Tchamba accueillent les membres du Comité technique auquel ce déplacement permet également de donner une visibilité au projet.

    Les participants à la séance de travail

    NOMS  & PRENOMS PROFESSION
    TCHAGNAO S. E. Kader Enseignant
    AYEVA Tchamola Enseignant
    TCHAKALA M. Mohamed Sociologue/ Plan Togo
    GBELE-GUEWE Djobo Ousmane Sociologue, Coordinateur ONG CAV
    Mme Koriko Gado Sotou Enseignante
    Ezoula Sama Henri Enseignant
    Alfa Esso-wazina Agronome, Directeur ONG IALP
    ALI Akondo Enseignant
    KPELAFIA Tchakatchala Enseignant
    ALI Mounirou Enseignant
    KASSIM Adiza Enseignante
    ATCHABAO Assanti Professeur de sport à la retraite
    ALI Mohamed Enseignant
    OURO AGOUDA Y. -

    Bafilo, 6 Avril 2008 Aziz Tchadjobo pour togoforum.com
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  • RPT-USA bientôt sur les fonds baptismaux

    Les militantes et militants du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui résident aux Etats -Unis d'Amérique s'activent pour y mettre sur pied la délégation USA de leur parti afin de mener des actions militantes concertées, collectives et efficaces.

    En effet, partis du Togo pour des raisons diverses et coupés de leur base politique, certains militants du "creuset national" sont restés nostalgiques de leur partis politique. Aussi, de manière souvent isolées et parfois individuelles, interviennent-ils par des actions sporadiques pour, disent-ils, renouveler leur attachement à leur parti qui a écrit une très belle page de l'histoire politique de notre pays.

    Afin donc de conjuguer tous ces efforts dispersés dans les cinquante Etats d’Amérique, les rendre plus efficaces et efficientes, et propulser la nouvelle dynamique dans laquelle s'est engage le RPT, plusieurs centaines de ses militants, militantes et sympathisants ont décide de répondre à la sagesse du père fondateur pour qui: "L’Union fait la force", en se retrouvant tous dans la délégation RPT-USA.

    Aussi, prévu pour se dérouler le 12 avril 2008 à NEW-YORK, le comité fédéral provisoire chargé de l'organisation de ce premier congrès constitutif met-il les bouchers double pour faciliter le séjour New-Yorkais des centaines de délégués qui viendront outre des cinquante Etats des USA, mais aussi du Canada. Et à en croire les termes de Monsieur SAM Moustapha, Vice-président du comité fédéral d'organisation, “tout est prêt pour rendre agréable le rendez-vous qui sera un cadre d'échange, de fraternisation et une porte d'entrée dans la nouvelle idéologie (NDLR: le changement) opéré par le président de la République FAURE E.GNASSINGBE". 

    Rappelons qu'au terme des travaux de ce congres, le bureau RPT-USA verra le jour et durera trois(3) ans conformément aux statuts du RPT.   

    Reste alors qu'a souhaiter plein succès aux travaux et bon vent au tout premier bureau du RPT-USA qui sera issu de ce congres.

    Abdou Ganiou BAWA
    Chargé à l'Information

     
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  • La fête de l’Indépendance du Togo à Wuppertal en Allemagne

      La fête de l’Indépendance du Togo à Wuppertal en Allemagne
    27 Avril 1960 27 Avril 2008 Il y’a 48 ans

    L’Association  Togo-Initiative e.V organise en collaboration avec l’U F C Allemagne et  Infos-Togo eV , les festivités du 48 ème anniversaire de l’indépendance du Togo.
    Tous les togolais  et amis du Togo  sont invités à ce grand événement historique  qui marque l’Indépendance politique du  ce petit pays qui fut victime de  76 années d’occupation Franco-germanique.

    Dimanche,    27. Avril 2008  de  13 à  18 h.30 in der Börse - Blauer Saal -, Wolkenburg 100, Wuppertal
     Il sera question de l’historique de l’indépendance et les relations entre le Togo et l’Allemagne coloniale.
    Le sport  étant aussi un facteur de l’indépendance d’un pays  Salou Bachirou et jacques Goumai Nassam tous deux anciens internationaux Togolais. Viendront motiver la jeunesse dans le domaine du football 
    La sublime vedette de chanson togolaise Vicky na Love ouvrira le ton avec sa belle voix.
    Les  femmes et les enfants danseront aux rythmes folkloriques togolais et la musique disco fermera les cérémonies.

    Programme

    13 heures Prélude : chants et musiques du terroir
    1 une minute de silence et  Hymne nationale
    2 Poème sur la destinée du Togo avant l’indépendance (présenté par le poète togolais Ali Akondoh)
    4 Musique Live Vicky na love.
    5) Projection de film sur l’indépendance et commentaires  de  Ali Tchassanti
    6) Musique Live Vicky na love
    7) Motivation de jeunes footballeurs togolais : par  Salou Bachirou et jacques Goumai Nassam
    8 Intervention de Mme Roddewig Oudnia Représentant le  Maire de la ville de Wuppertal
    9) Chants et danses  traditionnelles Togolaises,une prestation du groupe folklorique de Aachen
    10) Pause: repas  et discussion  avec les représentants des partis politiques allemands
    11) Danse  Disco .coupe décalé et autres.
    18.30 Uhr          Fin des activités
    Notez bien  qu’à partir de 19 h 30  le Bar Restaurant « les retrouvailles » de Wuppertal  tenu  par le Togolais Martin Tino vous ouvre ses portes.

    Contact :Dotata Akouete  01605962844
    Adoté Akue: 015203282198
     Komi M. S Klassou: 01627030319
    Tossou Gbenoude Victor
    Komi M. S Klassou: 01627030319
    Mail togoinitiative@yahoo.fr

    Pour le Bureau Exécutif de
    Togo-Initiative e.V
    Le Président
    Ali Tchassanti
  • Le GRAD et la problématique de l’impunité au Togo : Les violences politiques au Togo avant l'indépendance jusqu'à nos jours

     

    Dans son ouvrage Histoire du TOGO, Monsieur Robert CORNEVIN, administrateur en chef de la France d’Outre Mer écrivait en introduction dudit document.

    "La silhouette du Togo fait penser à l’ombre chinoise un peu guindée d’un universitaire britannique en train de faire un faux pas vers la Gold Coast. "

    Situé en Afrique de l’Ouest, avec une superficie de 56.785 km², et une ouverture maritime sur l’océan atlantique, le Togo a des frontières avec le Burkina Faso au nord, le Bénin à l’est et le Ghana à l’Ouest.

    Le pays a été une colonie allemande de 1889 à 1919. A la fin de la première guerre mondiale, suite à la défaite de l’Allemagne, le territoire a été partagé entre le France et l’Angleterre par le Traité de Versailles. La partie confiée à la grande Bretagne devait, plus tard, après un référendum organisé par les Nations Unies en 1956, être intégrée à la Gold Coast pour former le Ghana. La partie confiée à la France devait, en ce qui la concerne, bénéficier des dispositions de la Loi Cadre du Ministre de la France d’Outre-Mer, Gaston Defferre, pour devenir une République Autonome. La même année, un référendum a été organisé par l’Administration coloniale française en vue de le soustraire de la tutelle des Nations Unies et l’incorporer à l’Union française. En 1960, deux ans après les élections législatives d’avril 1958 sous la supervision des Nations Unies, le Togo accède à l’indépendance. Cette évolution de la situation politique du Togo traduit donc la volonté du peuple togolais de réaliser son unité et de conquérir sa souveraineté totale.

    L’échiquier politique de l’époque était occupé par le Comité de l’Unité Togolaise (CUT), le Parti Togolais du Progrès (PTP) et l’Union des Chefs et des populations du nord (UCPN). Ces formations étaient animées par des leaders mûrs et intègres. Elles avaient chacune, leur mouvement des jeunes. Ainsi, nous avons, pour le CUT la Juvento, pour le PTP le Rassemblement des jeunes Togolais et enfin pour l’UCPN la Jeunesse du Nord.

    Par ailleurs, la presse a, elle aussi, joué un rôle primordial d’information et d’éducation. C’est grâce à l’application de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qu’elle a vu le jour. Parmi les journaux qui paraissaient, il y avait le Guide du Togo, la Negreta, la Vigie Togolaise, le National, le Phare, la Lumière, le Petit Togolais et la Muse Togolaise.

    L’émancipation du Togo s’est faite en plusieurs étapes d’un processus très mouvementé. En effet, dès le début de son existence, le pays a connu un climat politique controversé et jalonné de violences politiques.


    LA PERIODE COLONIALE
    Dans son livre, Histoire du Togo, la Palpitante quête de l’Ablodé, Monsieur Godwin TETE-ADJALOGO affirme… " l’héritage ancestral, qui a imprimé aux Togolais un trait fondamental commun, réside en cette réalité que nos aïeux étaient tous, hormis les groupes résiduels originellement autochtones, des migrants venus de divers horizons à la recherche des cieux plus cléments que leurs berceaux d’autrefois. Plus précisément, ils avaient fui des régimes politiques tyranniques ou des difficultés écologico économiques. De la sorte, les Togolais sont foncièrement pacifistes, assoiffés de liberté, d’indépendance, de démocratie, de paix"

    Avec cette soif de la liberté, il est permis de comprendre que les Togolais accepteront difficilement les exigences que leur impose la colonisation. Rappelons que l’objectif du colonisateur est bien précis, celui de faire du colonisé un être inférieur pour pouvoir bien l’exploiter. A cet égard, il va sans dire que la colonisation allait bouleverser l’environnement dans lequel vivaient les Togolais. Ainsi donc, la domination coloniale va se manifester principalement à trois niveaux :

    - politique, par la destruction des autorités anciennes. La contrainte et la dictature imposées par le colonisateur remplacent les délibérations du conseil du village.
    - économique, par la destruction de l’économie de subsistance. Les intérêts de l’administration coloniale constituent la principale priorité de ses objectifs
    - culturel, par la destruction de la culture du colonisé. La culture coloniale devient la référence.

    Pour maintenir sa domination, le colonisateur a utilisé des moyens matériels et idéologiques. Sa politique d’oppression se nourrit non seulement de violence physique et de division mais et, surtout, de son discours colonialiste.

    Face à cette situation, les Togolais qui ne pensaient guère que leur univers politique, économique, social et culturel allait être bouleversé par l’administration coloniale, vont se révolter. A ce propos, le Professeur Herman ATTIGNON écrit : " Le nouveau système institué par le colonisateur détruit les coutumes et les traditions de la société africaine, anéantit le monde dans lequel le noir évolue. Aussi, avec l’énergie du désespoir, les peuples togolais livrent-ils à l’envahisseur, une longue lutte semblable à la guérilla".

    En réalité, il n’existe aucune société humaine qui accepterait délibérément de se soumettre à un pouvoir illimité, qui plus est, oppressif. Les Togolais, conscients de leur situation de dominés, vont progressivement se défaire du joug colonial.


    LA STRATEGIE COLONIALE ET L’EVEIL DE LA CONSCIENCE NATIONALE
    Dans sa communication sur la Quête pour la reconstruction nationale, le Professeur François GBIKPI-BENISSAH rappelle …" si elle a permis l’émergence d’un sentiment d’unité, la colonisation a aussi permis la naissance de la conscience nationale. Non seulement, la colonisation crée la lutte pour l’indépendance, mais elle va jusqu’à en modeler le caractère. " Jean- Paul SARTRE écrit : " C’est le colonialisme qui crée le patriotisme"

    Ainsi donc, la lutte pour l’indépendance va être la première manifestation de la conscience nationale togolaise et constituer un tournant très important dans l’évolution politique du pays. Le peuple, à travers ses représentants, a exprimé sa volonté de souveraineté. L’administration coloniale, qui veut tout contrôler, va user de subterfuges pour déstabiliser cette volonté. Fidèle à sa devise "diviser pour mieux régner", elle va opposer les Togolais entre eux et va même imaginer un Togo scindé en deux, un nord et un sud, tout en encourageant la création de partis politiques à base ethnique et régionaliste. Ce clivage artificiel n’a rien modifié à la détermination du peuple  dans son combat pour la liberté.  La vie politique du Togo, au cours de sa longue marche à la souveraineté internationale est incarnée par deux familles politiques très actives à savoir, les forces nationalistes et les forces profrançaises. Cet éveil de la conscience nationale et cette volonté de souveraineté, ont un prix que l’administration coloniale va faire payer  aux forces nationalistes. La stratégie mise en place par elle pour briser cette volonté de souveraineté, va bénéficier de moyens importants, financiers, humains et matériels. Pour y parvenir, elle va s’illustrer dans les basses manœuvres, dans la répression, la corruption et les assassinats.

    Le National du 13 Juillet 1957, dans un flash, rapporte l’organisation par la Juvento de manifestations funèbres en l’honneur des compatriotes morts à la suite du massacre colonialiste à Mango et Pya les 20 et 22 Juin 1957.

    Négreta dans sa parution d’Août 1951 écrit, en décrivant le théâtre d’une scène affreuse à Vogan, " Les militaires, se croyant tout à coup à Verdun ou à Bir-Hakein, jouent de l’acier et font siffler les balles ici, là, blessés se trainent sans plainte et cadavres gisent. "

    Les autorités françaises ainsi que leurs agents locaux se sont opposés à la demande d’indépendance formulée par les forces nationalistes au motif que le Togo n’est pas viable. Par référendum en date du 28 Octobre 1956, l’autorité administrante a conclu que la grande majorité de la population a rejeté l’indépendance totale au profit d’une autonomie au sein de la République française.

    Les propos autorisés de Monsieur Guy MOLLET viennent confirmer cette option, lorsque ce dernier, en Février1957 à New York, déclarait devant l’Association de politique étrangère. " Ainsi, dans le cas individuel du Togo, la population librement consultée par le moyen d’un référendum, a préféré l’autonomie au sein  de la République française à l’indépendance absolue demandée par quelques groupes togolais. "

    LA LUTTE POUR L’INDEPENDANCE
    La France n’a jamais joué franc jeu dans ses relations avec les pays africains francophones dont le Togo. Elle s’est toujours, illustrée dans les coups bas, en cautionnant en matière électorale, des scrutins fantaisistes. Le refus par elle d’organiser ou d’appuyer des élections transparentes et crédibles constitue la cause principale des violences politiques dans le pays. Pour preuve, dans le mémorandum soumis par le Comité de l’Unité Togolaise (CUT) à la quatrième mission de visite de l’ONU au Togo en Mai et Juin 1957, il convient de relever notamment par rapport:
    - aux libertés politiques. " Pour réaliser les véritables aspirations des Togolais, il faut rétablir dans le territoire, la liberté politique complète, c’est-à-dire pour les individus ainsi que pour les partis politiques, la liberté de parole, de réunion et de mouvement. C’est une condition sine qua non pour toute consultation démocratique".
    - aux élections. " Peut-on avoir une élection libre, une élection démocratique basée sur le suffrage universel dans un pays où les libertés publiques ne sont pas garanties, où l’administration elle-même ne tient aucun compte de cet élément si essentiel à la démocratie ? Tout est fait pour garantir que les résultats des élections soient le reflet du désir de l’administration"
    - à la distribution des cartes. " Les cartes électorales sont établies en fonction des listes électorales. Leur distribution doit être faite par les commissions prévues par la loi. Les représentants de tous les partis politiques doivent faire obligatoirement partie de cette commission de distribution. "
    - au rôle des chefs. " Ces chefs ne doivent intervenir ni dans les réunions publiques ni dans le déroulement du scrutin. Si les chefs doivent prendre part à la préparation matérielle des élections, cette fonction doit être dans un esprit de neutralité. "
    - aux bureaux de vote. " Il est de notoriété publique que si les bureaux de vote ne sont pas surveillés par les représentants des candidats, les résultats peuvent donner lieu à discussion. "

    Les revendications ci- dessus formulées constituent sans aucun doute, les ingrédients d’un scrutin libre, transparent et sans contexte. Les autorités françaises ne peuvent pas dire qu’elles ignorent ces conditions. C’est parce qu’elles les connaissent bien qu’elles vont s’employer malheureusement à les ignorer.

    L’administration coloniale s’embarque dans une campagne d’arrestations, d’emprisonnement des membres des forces nationalistes. Flagellations, blessures et contusions diverses sont infligées aux hommes, femmes et enfants. Le sang a coulé pendant toute la période de la lutte pour l’indépendance. Les lieux de réunion sont interdits. Des domiciles privés ont été violés par les soldats armés qui intimidaient et brutalisaient les occupants. Les actes de banditisme sont monnaie courante, encouragés et commis par les autorités administratives et leurs partisans. Les diverses plaintes portées par les victimes de ces atrocités sont restées sans suite. Mieux, les auteurs de ces voies de fait, connus de la population, bénéficient d’une bonne protection pour service rendu aux autorités.

    Le National, dans sa parution du 1er mars 1958 sous le N° 196 titrait : De l’impartialité de la France dans les opérations électorales Togolaises, rapporte les propos de Monsieur Gérard JAQUET, ministre de la France d’Outre- Mer déclarait le 25 février 1958 à la chambre des députés…. " La France  qui restera strictement impartiale dans les élections ainsi qu’elle le fut lors du référendum, espère que les pays voisins  du Togo sauront également éviter toute immixtion regrettable. "

    A la suite de cette déclaration, le National faisait remarquer: " D’entrée, rassurons la France que si au Togo, il y a quelqu’un qui voudra asseoir une majorité fictive comme nous en connaissons depuis 1951, ce ne sera certainement pas les partis d’opposition dans leur ensemble mais bien le parti gouvernemental épaulé par l’administration française. "

    A partir de 1958, grâce aux élections organisées sous la supervision de l’Organisation des Nations Unies, les forces nationalistes ont remporté la victoire. A partir de cette date, le vent de la violence politique a changé de direction. Contrairement aux affabulations selon lesquelles, les violences politiques ont débuté au Togo au cours de cette période, il faut se rendre à l’évidence, par principe d’hygiène intellectuelle, qu’il s’est agi purement et simplement d’une période de règlements de comptes. On se rappelle, après la liesse qui a suivi la victoire des nationalistes, que des groupes de militants du CUT et de la JUVENTO de la région des plateaux avaient fait le déplacement de Lomé, aux fins de réclamer aux dirigeants de ces partis des armes pour défendre l’indépendance. Reçus au stade municipal de Lomé, le leader des forces nationalistes M. Sylvanus OLYMPIO leur avait expliqué que la jeune nation togolaise  n’avait pas besoin de s’inscrire dans cette logique pour défendre son indépendance. Ce n’est qu’après cette démarche, que des jeunes militants et sympathisants s’étaient constitués en milices appelées «ABLODE SOLDIER».   

    En effet, victimes des années durant, des brimades de tout genre, des assassinats, des traitements inhumains et dégradants, ces jeunes qui appartiennent à toutes les ethnies du Togo, s’étaient mobilisés contre leurs bourreaux pour se faire justice. A ce propos, il est opportun et intéressant de rappeler, à juste titre, qu’en France aussi, juste après la deuxième Guerre Mondiale, les patriotes français, ceux qu’on appelait les résistants et qui s’étaient rangés du côté du Général de Gaule pour combattre le régime de Vichy, n’avaient pas hésité un seul instant de régler des comptes aux « collabos ». Il va sans dire, que ce genre de comportement, tout à fait humain, doit interpeller la conscience de tous ceux qui, à un moment donné de leur vie, ont exercé ou exercent encore le pouvoir. L’histoire enseigne, pour faire œuvre utile, qu’il faut, dans de pareilles situations, que la vraie justice prenne le pas sur les humeurs et les comportements des citoyens, car il est à craindre que si le problème de l’impunité n’est pas correctement résolu, cette tendance à se faire justice soi-même, risque bien de s’imposer aux uns et aux autres. Ce qui, malheureusement, ne mettra pas fin au cycle de violence. C’est ainsi que le 13 janvier 1963, le premier Président, démocratiquement élu est assassiné. L’histoire retiendra qu’il s’agit du premier coup d’Etat militaire organisé sur le continent africain. 

    Ce même jour, le chef du comité insurrectionnel militaire de la République togolaise, l’Adjudant Chef Emmanuel BODJOLLE déclarait, à la fin de sa proclamation, au peuple togolais. " Aucune répression ne sera exercée sur aucun citoyen togolais du seul fait des ses anciennes sympathies politiques. " Il ne s’est agi que d’une simple déclaration d’intention car la roue de la violence à continué à tourner jusqu’au 13 Janvier 1967 où un coup d’Etat militaire, le deuxième du genre, écarta du pouvoir le président GRUNITZKY et libéra les Togolais emprisonnés à l’issue des manifestations du 21 novembre 1966.

    Que s’est-il passé le 21 Novembre 1966 ?
    Il y eut ce jour là, un soulèvement populaire face à une série de crises à la tête de l’exécutif entre le président GRUNITZKY et son vice- président MEATCHI et aussi au sein de l’assemblée nationale.

    Commencées très tôt le matin de ce 21 Novembre 1966, les manifestations pacifiques regroupant les diverses couches sociales de la population ont eu lieu dans certaines villes du pays. Les manifestants réclamaient la démission du gouvernement. Le mouvement allait bon train, quand vers la fin de la matinée, brusquement et sans raison apparente, les forces de l’ordre ont commencé à charger les manifestants avec les moyens habituellement utilisés en de pareilles circonstances. Il y eut des blessés et par la suite, les autorités ont procédé à des arrestations.

    Présence chrétienne, le bimensuel togolais catholique d’information, dans sa parution du 1er Février 1967, rappelle entre autres mesures prises par le chef d’Etat major général, la mise sur pied d’un conseil de réconciliation nationale ayant pour tâche, dans un délai de trois mois, de préparer les institutions devant permettre des élections libres et démocratiques à l’issue desquelles l’armée s’engage à quitter la scène politique. En effet  aucune élection n’a été organisée dans le délai ci-dessus indiqué. Comme par enchantement, le Colonel Etienne EYADEMA, évinça le Colonel Kléber DADJO, président du fameux comité de réconciliation pour s’emparer du pouvoir en avril de la même année. Le 24 Avril 1967, le peuple apprenait par les médias officiels que le Colonel EYADEMA venait d’échapper à une tentative d’assassinat. L’auteur de cette tentative, Norbert BOKOBOSSO, un natif de Kouméa fut arrêté et certains soldats de cette ethnie ont été renvoyés de l’armée sans autre forme de procès. Personne n’a jamais su, par la suite, ce qu’est devenu le soldat BOKOBOSSO.

    En  1970, un autre événement allait encore surprendre les Togolais lorsque ces derniers apprennent par les médias officiels que les Forces Armées Togolaises (FAT) viennent de déjouer un complot. Dans le communiqué gouvernemental paru dans Togo-Presse du 10 Août 1970 on pouvait lire… " L’opération devait être déclenchée dans la nuit du samedi 8 Août. C’est au cours de la dernière réunion tenue au domicile de Monsieur Jean OSSEYI, ce samedi à 23 H 45 qu’un commando des FAT a mis la main sur les organisateurs du complot au nombre de dix-sept. Alors que tous ses complices se rendaient sans résistance au commando, Monsieur Clément KOLOR avait tenté de fuir malgré les injonctions du chef de commando. Il a été abattu.

    Tous ceux qui, soi- disant étaient liés à ce complot furent arrêtés et incarcérés au camp militaire de Tokoin sans aucun procès. Ils y ont subi des sévices corporels et des traitements humiliants au cours de leur période de détention. Certains, selon la version, officielle sont morts de collapsus circulatoire. A leur libération, les survivants en ont gardé  des séquelles qui ont été la cause de leur décès avant l’âge.

    Au lieu de rompe le cycle infernal de violence, en s’investissant dans une véritable politique de réconciliation, les militaires avec à leur tête le Général EYADEMA, vont se servir du vocable "réconciliation" comme un slogan pour asseoir un véritable régime de terreur. Le coup d’envoi a été donné par l’officier supérieur James ASSILA qui organisa sur toute l’étendue du territoire national une expédition punitive au cours de laquelle des Togolais notamment des nationalistes ont été humiliés et battus en public.

    De plus, la création en Août 1969 du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), parti unique qui, conformément à ses idéaux, devrait assurer le bonheur au peuple en lui donnant l’occasion de se réconcilier avec lui-même, l’avait malheureusement asservi et divisé. Le RPT va instituer un système de terreur qui va régler quotidiennement  la vie des Togolais.

    Les différents rapports d’Amnesty International et de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme ont, des années durant, dénoncé les arrestations arbitraires, les détentions abusives sans jugement, les disparitions et les exécutions extrajudiciaires. La répression devient un principe de gouvernement. Pendant plus de trente ans, elle a fait recette. Mais le système va être déstabilisé par une série d’attentats à l’explosif dans la capitale. Le pouvoir dictatorial ainsi secoué, va commettre des dérives qui vont se solder par des violences, des arrestations et des emprisonnements.

    Dans la nuit du 23 Septembre 1986, des coups de feu retentissent à Lomé. Le lendemain les Togolais apprennent que leur pays vient d’être la cible d’une agression terroriste. La TVT diffuse des images de cadavres, de terroristes arrêtés et de véhicules criblés de balles.

    LE COMBAT POUR LA DEMOCRATIE
    L’histoire nous apprend qu’une société  humaine ne saurait accepter délibérément de se soumettre à un pouvoir illimité. Lorsque le vent de la démocratie a commencé par souffler sur le monde après la chute du rideau de fer et l’écroulement du mur de Berlin, les populations assujetties et opprimées vont se soulever contre les régimes dictatoriaux. La jeunesse togolaise, sans aucune étiquette politique, va s’illustrer à la tête du combat pour la démocratie. Le président de la République farouchement accroché à ses privilèges, n’est pas disposé à opérer une quelconque ouverture surtout que son ami Jacques CHIRAC, à l’époque maire de Paris, fait une déclaration à radio France Internationale (RFI) dans laquelle il estime que… " le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement n’ont pas les moyens de s’offrir.


    Le journal Jeune Afrique dans son numéro 1542 du 18 Juillet 1990 écrit :" Après avoir, un moment, fait miroiter à l’élite togolaise, l’avènement du multipartisme, GNASSINGBE EYADEMA a simplement rangé son projet dans un tiroir, à la demande du peuple, qui l’a rejeté, au terme d’une série de manifestations favorables au parti unique dont la spontanéité reste à prouver.

    La réponse des populations consultées est assez claire, il faut changer ce qui ne va pas et ne pas changer ce qui marche, en a conclu le père fondateur du Rassemblement du peuple Togolais (RPT) parti unique "et le journal de poursuivre en reprenant une partie de la lettre ouverte adressée le 24 Avril 1990 au président EYADEMA par la convention démocratique des Peuples Africains (CDPA-TOGO) " A l’heure où le monde entier et l’Afrique s’éveillent à la démocratie, que partout souffle le vent de la liberté, le peuple togolais n’accepte plus d’être esclave sur son propre sol"

    C’est sous la contrainte de la rue, des bailleurs de fonds internationaux que le Togo sous EYADEMA cède à la demande de la population qui revendique l’ouverture à la démocratie pluraliste. Ainsi le 05 Octobre 1990, les jeunes vont, dans la capitale, organiser des manifestations au cours desquelles, des véhicules administratifs sont détruits et certains bâtiments abritant les services de commissariat de police, considérés comme des centres de détention et de torture sont saccagés. Le président togolais, obligé d’accéder aux revendications du peuple, va tout mettre en œuvre pour contrôler le processus.

    Sous une démocratie de façade, on fait parler les urnes mais le résultat n’est pas l’expression de la volonté souveraine du peuple mais plutôt de la puissance du prince.

    Après plus de trente ans de règne sans partage, le Président EYADEMA, dont le pouvoir a été marqué par des violations massives des droits de l’homme et des assassinats politiques n’entend nullement abandonner un fauteuil qu’il occupe allègrement depuis des décennies. Il va élaborer, avec le concours des réseaux étrangers des théories  sur la démocratie en vue de légitimer son pouvoir. Il va instaurer un climat de peur et de terreur en procédant à des arrestations, enlèvements, intimidations et assassinats. Pour ce faire, il va développer une gamme de stratégies notamment : la contrainte avec le concours des éléments des forces armées et de police ainsi que des milices, pour les enlèvements et les assassinats, les finances de l’Etat pour la manipulation et l’achat des consciences.

    LES VIOLENCES POLLITIQUES ET LE REGNE DE L’IMPUNITE
    À partir 05 octobre 1990, le Togo rentre dans un cycle infernal de violence. Les rues sont le théâtre des manifestations qui dégénèrent souvent en affrontement entre les manifestants et les éléments des forces armées, de la police ainsi que des miliciens du régime. La lutte pour l’avènement de la démocratie tout comme celle de l’indépendance va coûter cher à la population dans toutes ses composantes .Le processus est émaillé d’actes graves de violence et de violations massives des droits de l’homme que l’opinion nationale et l’opinion internationale ne cessent de dénoncer dans leurs différents rapports. Le sang a coulé partout sur le territoire national.

    Les plasticages des maisons, les cadavres de la lagune de Bè le 14 avril 1991 et le massacre des militaires lors de l’assaut donné le 3 décembre 1991 par un groupe de militaires au palais abritant les services du Premier Ministre de la transition sont le commencement éloquent d’une série noire. Les attentats de Soudou ont enregistré des blessés dont le leader de l’Union des Forces du Changement (UFC) M. Gilchrist OLYMPIO et des morts parmi lesquels le docteur Marc ATIDEPE.

    Les assassinats ciblés de Gaston EDEY et de Tavio AMORIN pour ne citer que ceux là, les tueries du jardin Fléau, lors d’une mission franco- allemande conjuguées, quelques jours après, avec une expédition punitive déclenchée par certains éléments des FAT et des miliciens du RPT se soldent par des morts, des blessés, des destructions de biens, des actes de vandalisme et des déplacements des populations à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

    Les auteurs de ces différents actes criminels sont connus de la population, des victimes et des parents des victimes. L’onction donnée par les commanditaires et  la protection dont bénéficient les malfaiteurs et les assassins suffisent pour comprendre que ces crimes sont effectivement prémédités et intentionnellement commis pour répondre aux besoins d’un système politique agonisant. Le peuple endeuillé va s’exiler dans les pays limitrophes.

    Le président EYADEMA va faire de l’impunité une doctrine et hisser la répression au rang de principe de gouvernement.

    Les différents scrutins, législatifs et présidentiels, organisés dans le pays depuis 1994 jusqu’en 2005 vont baigner dans le sang
    .

    LA CULTURE DE LA VIOLENCE, FONDEMENT DE LA PERENNITE DU POUVOIR
    La violence a constitué un facteur permanent de l’histoire politique togolaise pendant le règne du président EYADEMA. Cette violence s’est notamment manifestée par des pratiques répressives contre les partis de l’opposition et contre tout adversaire réel ou potentiel aux fins de pérenniser un pouvoir et un système.

    Depuis 1994 jusqu’à 2005, le pays a régulièrement connu des cycles de violence pendant le déroulement des différents processus électoraux. Lorsque les résultats des élections ont été annoncés par le ministre de l’intérieur le 24 Juin 1998 au matin, une marche de protestation qui s’en suivie a été dispersée à coup de grenades lacrymogènes. On assiste alors à une augmentation inquiétante de la criminalité faisant régner un véritable climat d’insécurité au Togo.

    Le rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) dans son numéro 269 de janvier 1999 relève que "le 26 Juin vers 12 Heures et 13 Heures, deux camions de forces mobiles déversent des gendarmes qui tapent sur toutes les personnes présentes à proximité du siège de l’UFC. Le 28 Juin, une grande marche réunissant plusieurs milliers de personnes est dispersée par des gendarmes anti-émeute. Les mêmes gendarmes interviennent à nouveau au siège de l’UFC, blessent 42 personnes, mettent à sac les bureaux de l’UFC et pour finir y mettent le feu".

    La situation des droits de l’Homme au Togo est alarmante. Depuis le début de la contestation post-électorale, on dénombre pratiquement chaque semaine des agressions souvent mortelles. Ainsi, les assassinats de militants et de sympathisants de certains partis politiques, les meurtres de certains citoyens, la chasse aux militants de certaines formations politiques, les plasticages de sièges de partis politiques ainsi que les destructions de maisons de certains leaders politiques ont malheureusement rythmé, pendant cette période, la vie des togolais.

    Les actes d’agressions pour les mobiles d’ordre politique se sont multipliés. Les auteurs de ces actes criminels ont été identifiés par des témoins. Ce sont souvent des éléments des forces armées, des forces de sécurité et des miliciens du RPT travaillant de concert avec eux. La situation était telle tout homme animé d’un sentiment d’humanité ne pouvait rester indifférent face aux horreurs. C’est ainsi que le journal la Dépêche, un organe d’information pourtant proche du régime, dans un article paru le 15 Octobre 1998, mettait en cause des éléments des forces armées togolaises dans le climat d’insécurité qui règne sur une partie du pays. Pour le régime en place il s’agit là d’un crime de lèse-majesté politique au premier chef. L’auteur de l’article incriminé l’a appris à ses dépens puisqu’il a été arrêté et emprisonné.

    Le président EYADEMA a dirigé le Togo pendant plus de trois décennies dans un total non respect de la bonne gouvernance, des droits de l’homme et des pratiques démocratiques. S’étant opposé dès le début des années 1990 aux aspirations du peuple, et forcé finalement à aérer le paysage politique sous la pression conjuguée du peuple togolais et des bailleurs de fonds, le président EYADEMA va s’illustrer en vedette d’une pseudo démocratie. Le traumatisme qui entoure l’avènement de la démocratie au Togo est assez éloquent. Le pays présente en apparence toutes les garanties requises pour asseoir une véritable démocratie. Mais chaque fois que le peuple est appelé à choisir ses dirigeants, des obstacles apparaissent et des blocages de tout genre sciemment pensés, interviennent pour empêcher toute possibilité d’alternance pacifique même lorsque le décès crée les conditions d’un tel changement. Les Togolais, malheureusement, vont en faire l’amère expérience.

    Le décès du président EYADEMA, survenu le 5 février 2005 vient compliquer une situation rendue déjà difficile par une crise ouverte depuis 1990. Le pays va baigner dans une nouvelle crise politique sans précédent caractérisée par d’importantes irrégularités dans la gestion de la vacance et par de graves tensions et violences .Le fameux coup d’Etat militaire qui a hissé au pouvoir le fils du défunt président, conjugué avec une série d’acrobaties constitutionnelles et de manifestations de rues, a crée les conditions objectives d’un affrontement que tout observateur ou tout citoyen avisé ne pouvait pas ne pas redouter

    Le GRAD avait fait des appels et entrepris des démarches auprès des différents acteurs politiques,       des            responsables    des      institutions      de l’Etat et des représentants des organisations internationales et missions diplomatiques accréditées au Togo pour qu’un système soit mis en place pour ramener le calme et la sérénité avant toute organisation du scrutin.

    Dans la nuit du 21 au 22 Avril 2005, le Chef d’Escadron François BOKO, ministre de l’intérieur en charge de l’organisation de l’élection présidentielle a démissionné. Au cours d’une conférence de presse, il a demandé que l’élection soit reportée en raison du climat politique délétère dans lequel s’est déroulée la campagne électorale.

    De la même manière que les initiatives du GRAD n’ont pas été prises en compte, de la même manière peu d’intérêt a été accordé à l’acte posé par le ministre de l’intérieur qui est un officier des forces armées togolaises. Il sera traité de tous les noms. C’est ainsi que ce qui devrait arriver, se produisit. L’élection du 24 Avril 2005 a atteint un degré jamais enregistré de violence

    Dans ses conclusions, la Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante relève entre autres que les actes de violence et de vandalisme survenus au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 Avril 2005 sont sans précédent dans l’histoire de ce pays par le nombre de morts (154), de blessés (654) et de personnes refugiées dans les Etats voisins sans oublier le nombre très élevé de dégâts matériels.

    Dans son rapport du 29 Août 2005 la Mission d’Etablissement des Faits commise par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU, fait état du caractère massif et de la gravité des actes et des manifestations des violations des droits de l’homme attestés par le nombre élevé des victimes ( entre 400 et 500 morts et des milliers de blessés), l’ampleur des disparitions, l’utilisation à grande échelle de la torture et des traitements inhumains et dégradants, les destructions systématiques et organisées des biens et des propriétés ainsi que les déplacements de populations à l’intérieur et à l’extérieur du Togo.

    Que faut-il faire pour mettre fin aux violences et aux violations des droits de l’homme, et susciter la confiance des Togolais aux fins de pouvoir les rassembler face à un avenir commun?

    Pour réaliser un tel objectif, il est indispensable d’éradiquer tous les ingrédients qui concourent à la culture de la violence notamment, les pratiques de terreur, l’intolérance, la répression et l’impunité. D’entrée de jeu, il faut écarter toute initiative  axée entre autres sur une loi d’amnistie une politique dite de concorde nationale une réconciliation Armée-Nation une caravane de pardon une commission dite de réconciliation nationale.

    Toutes ces formules et celles qui en découleraient ne pourront en aucun cas attaquer le mal à ses racines. Elles vont au contraire, empirer la situation car elles constitueraient une insulte à l’intelligence humaine et un mépris pour les victimes et les parents des victimes.

    Par contre, il sied de concevoir un mécanisme basé sur la vérité et la justice et, ayant pour objectif la réparation. A ce stade, d’aucuns pensent déjà à l’expérience sud-africaine avec la Commission Vérité et réconciliation. Il est vrai que cette Commission a fait du bon travail, mais il faut se garder de l’implanter dans les lumières et ténèbres du Togo, sans mener les réflexions nécessaires afin d’éviter des dérapages. Chacun doit avoir à l’esprit que les Togolais n’ont pas la même culture que les Sud-Africains. Il est important de rappeler que l’Afrique du Sud est un pays multiracial et pluriethnique. Le passage sans heurt du système de l’apartheid à la démocratie est l’œuvre de tous les Sud Africains avec à leur tête deux grands leaders que sont MANDELA et de KLERK.

    Le Togo, uni racial et pluriethnique fait difficilement la mutation de la dictature à la démocratie à cause d’une catégorie de sa population qui est réfractaire à l’idéal démocratique. De plus, le pays n’a pas de leaders de la trempe de MANDELA et de KLERK. Les pratiques totalitaires sont toujours en vigueur dans le pays. Aucun changement fondamental n’est encore opéré.

    Face à ce constat, il faut faire preuve d’imagination et prendre le temps qu’il faut avant d’installer une telle commission si cette option venait à être retenue. Pour être crédible, elle doit comprendre en son sein des personnes de bonne moralité, de probité et d’intégrité. Elle doit être indépendante vis-à-vis du pouvoir politique et son rôle ne sera pas de rendre la justice mais plutôt de rechercher par tous les moyens la vérité.

    Le principe de vérité doit se traduire par la mise en lumière complète et objective des actes de violation des droits de l’homme, de la nature et des circonstances de ces actes, des listes des victimes, des disparitions, de l’évaluation des biens et des propriété détruits et de la détermination des responsabilités.

    La justice doit être une mesure d’éradication de l’impunité qui a consacré la violation des droits de l’homme et la culture de la violence. Pour que la justice soit bien rendue, il doit être mis en place un pouvoir judiciaire indépendant et rigoureux qui punit les malfaiteurs quelle que soit leur puissance et dédommage les victimes quelle que soit leur faiblesse. Une justice crédible doit pouvoir mener des enquête indépendantes et impartiales respectueuses à la fois des droits de la défense et des droits des victimes à la vérité et à une réparation équitable.

    Ce n’est que lorsque les étapes de la vérité, de la justice et de la réparation équitable seront franchises et que le Togo cessera d’être un pays où
    - le troupeau conduit le berger
    - l’argent a plus de valeur que le citoyen
    - l’humeur d’une minorité est considérée comme la loi suprême
    - les caprices de certaines personnes ont force de loi que les Togolais pourront, à partir du présent, exorciser le passé, pour mieux réaliser le futur.

    La tâche ne sera pas aisée. Elle sera très difficile et c’est pour cela que toutes les énergies doivent être mobilisées pour permettre à la confiance de prendre progressivement place dans la société.  La réconciliation qui doit s’installer dans les cœurs n’est pas un slogan, et ne doit en aucun cas l’être.

    Il sied de préciser que le processus vérité, justice, réparation équitable n’est que le premier volet de la réconciliation. Il va falloir ensuite se pencher sur le second volet qui aura pour mission de régler tous les problèmes d’injustice sociale crées depuis des années, notamment les expropriations arbitraires pour cause d’utilité publique par rapport auxquelles le fait du prince a bafoué les principes intangibles universellement reconnus et les dispositions pertinentes, claires et non équivoques du décret N° 45-2016 du 1er Septembre 1945 réglementant au Togo l’expropriation pour cause d’utilité publique

    Plus qu’une obligation de comportement, la réconciliation est un idéal par rapport auquel chaque Togolais doit accepter de se remettre sans cesse en cause et de se déterminer dans les actes de la vie quotidienne. Il faudra de l’audace et des sacrifices pour pouvoir faire ensemble œuvre utile.

    Et comme l’a dit le président Nelson MANDELA  "Le moment est venu de cicatriser les blessures. Le moment est venu de combler les abîmes qui nous séparent. L’heure de l’édification a sonné. "

    GRAD : Lomé le 12 mars 2008

     
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  • Déclaration du COPED

    Le Centre d’Observation et de Promotion de l’Etat de Droit (COPED) a pris  connaissance de la déclaration du Groupe  de Réflexion et d’Action  pour la Démocratie (GRAD) rendue publique par voix de presse, intitulée   Les violences politiques au Togo avant l’indépendance jusqu’à nos jours.

    Le COPED
      salue  l’effort de la société Civile dont le GRAD pour contribuer à l’apaisement du climat socio politique au Togo.

    En effet, aux  termes de ses dispositions concernant la lutte contre l’impunité, l’Accord Politique Global (APG) du 20 Août 2006 a engagé la classe politique à mettre en place un mécanisme chargé de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique comme par le  passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes .Il est entendu, que toutes les administrations que le Togo a connues doivent être soumises sans aucune exception à ce processus de vérité et d’apaisement .Ce qui a été favorablement accueilli par le peuple togolais dans toutes ses composantes.

    C’est pourquoi le COPED s’indigne que dans sa prise de position, le GRAD tente de légitimer par la notion de règlement de compte, les faits de violence survenus à une période de l’histoire politique du Togo.

    Il s’agit du passage ci –après :
    «  On se rappelle, après  la liesse qui a suivi la victoire des nationalistes  (aux élections de 1958), que des groupes de militants du CUT et de la JUVENTO de la région des Plateaux avaient fait le déplacement de Lomé,  aux fins de réclamer aux dirigeants de ces partis des armes pour défendre l’indépendance (promise pour 1958). Reçus au stade municipal de Lomé, le leader des forces nationalistes Monsieur Sylvanus  OLYMPIO leur avait expliqué que la jeune Nation Togolaise n’avait pas besoin de s’inscrire dans cette logique pour défendre son indépendance. Ce n’est qu’après cette démarche, que des jeunes militants et sympathisants s’étaient constitués en milices appelées « ABLODE SOLDIER ».

     En effet, victimes des années durant des brimades de tout genre, des assassinats, des traitements inhumains et dégradants, ces jeunes qui appartiennent à toutes les ethnies du Togo, s’étaient mobilisés contre leurs bourreaux pour se faire justice. A ce propos, il est opportun et intéressant de rappeler à juste titre , qu’en France aussi , juste  après la deuxième guerre mondiale ,les patriotes français ……n’avaient pas hésité un seul instant de régler des comptes aux collabos
     ».

    Conformément aux prescriptions de l’Accord Politique Global, la lumière doit être faite sur tous les actes de violence à caractère politique notamment,  ceux commis de 1956 à1958, de 1958à 1963, de 1963 à1967et de 1967 à nos jours.

    Le GRAD
    ne saurait, sans compromettre les chances d’aboutissement du processus de vérification et d’apaisement, soustraire de son champ d’application les actes de violence remontant à la période visée ,en mettant en avant la notion du  droit à la revanche .

    Le COPED
    craint que cette conception de droit à la revanche n’amène les Togolais à cultiver l’esprit  de vendetta.

    Le COPED
    en appelle à chacun des acteurs de la classe politique et de la Société Civile du Togo à mesurer la portée de sa prise de position face aux problèmes du pays.

    Fait à Lomé, le 31 mars 2008 Pour   Le COPED
    Le Président

     
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