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TRIBUNE LIBRE

Libre opinion Pr. Gnininvi, démocrate par conviction, participationniste par nécessité, opposant malgré tout

Pr GnininviLibre opinion : Pr. Gnininvi, démocrate par conviction, participationniste par nécessité, opposant malgré tout
Depuis que la liste des membres du gouvernement a été rendue publique toute l’attention de la presse écrite semble être focalisé sur la seule personne du Pr. Gnininvi. Il est la cible d’un matraquage médiatique tendant à le présenter à l’opinion comme un nouvel allié du RPT. Certains organes n’y sont pas allés par quatre chemin, affirmant de façon péremptoire que le leader de la CDPA, opposant de la première heure et jouissant d’un immense prestige au regard de sa contribution que nul n’oserait lui contester, dans le peu d’ouverture politique que notre pays connaît aujourd’***, avait dit adieu à l’opposition. Les esprits censés n’ont sans doute pas manqué de se demander si ceux qui, par des rancoeurs sommaires assimilent sa présence dans le cabinet Mally à une défection des rangs de l’opposition savent bien de qui ils parlent. Il serait peut-être utile de rafraîchir la mémoire des uns et des autres sur le parcours politique du Pr. Gnininvi durant les 17 dernières années.

Si après cela, il y a encore de vains bavards pour prétendre qu’un homme comme celui-là serait capable de troquer ses convictions contre un portefeuille ministériel, c’est que leur capacité d’analyste est bien limitée et qu’ils ont dans la tête des idées arrêtées que personne ne peut leur enlever.

Puisqu’il ne s’agit pas de faire la biographie du Pr. Gnininvi, nous ne nous bornerons qu’à rappeler les faits d’armes les plus marquants. Qu’on se souvienne de l’organisation de la Conférence Nationale Souveraine de 1991 que le pouvoir a été contraint, à son corps défendant d’accepter. Le poids du Pr. Gnininvi dans les négociations qui ont permis ces assises nationales est incontestable. A l’époque d’ailleurs, l’opposant le plus en vue et que redoutait le régime, c’était bien lui. Il a bien failli sortir de ces assises avec le poste de premier Ministre, mais, tout le monde s’en souvient, à la dernière minute il s’était désisté en faveur de Me Koffigoh, démontrant par là que, le sens de son combat politique avait un tout autre idéal que la poursuite d’avantages matériels. Ce désintéressement, aussi clairement affiché l’avait fait apparaître comme un homme intègre, plus soucieux du bien-être de toute la nation que de sa propre personne. Durant le cycle des nombreuses négociations entre le RPT et l’opposition, le Pr. Gnininvi a souvent été choisi par ses pairs pour être leur porte-parole, parce qu’il s’est toujours montré peu disposé à transiger avec les convictions démocratiques. C’est peut-être cette fermeté qui a valu à une fraction de l’opposition dont se réclamait son parti le qualificatif de « radicale ».

E
n 2005, il avait été nécessaire pour faire face au RPT que l’opposition se trouve un candidat consensuel. Espérant arriver au pouvoir par procuration, le leader de l’UFC avait usé de tous les moyens pour imposer Bob Akitani, un homme de peu d’envergure. De nombreuses voix au sein du groupe des « six » s’étaient élevées pour réclamer à sa place le Pr. Gnininvi. Mais encore une fois, celui-ci avait estimé qu’il serait préjudiciable pour l’image de l’opposition d’afficher des divergences  à la veille d’un scrutin capital. Il avait donc choisi de soutenir la marionnette que Gilchrist s’était trouvé pour contourner les dispositions du code électoral l’empêchant d’être candidat.

Signalons enfin qu’il était avec l’UFC, les deux derniers partis à signer les accords qui ont servi de base aux législatives d’octobre dernier. En aucun moment, on ne l’a soupçonné de contacts secrets avec le RPT comme c’est le cas pour d’autres. Il aurait pu monnayer sa collaboration avec le RPT à prix d’or, mais cela ne lui a jamais effleuré l’esprit. Il était conscient que beaucoup de ses concitoyens, la communauté internationale et même la diaspora togolais avaient foi en son combat et il ne voulait pas les décevoir.

Le temps est peut-être venu pour l’opposition de tirer les leçons du passé. A quoi a servi le boycott systématique dans le quel l’opposition s’est emmuré jusqu’à ce jour ? Si elle veut être honnête envers elle-même, l’opposition doit humblement reconnaître que cette attitude a fait les affaires du régime qui en a profité pour faire des lois injustes pour se maintenir au pouvoir.  Il faut aussi reconnaître que beaucoup de choses ont changé depuis la mort du Général Eyadema. Quoi qu’on dise, on ne peut nier la volonté du régime actuel de rompre avec les pratiques ubuesques de l’ancien régime. Quelques gages ont été donnés. Faut-il toujours continuer à réclamer la sinécure quand on sait qu’on ne l’aura jamais ? Doit-on laisser l’exercice total du pouvoir au RPT seulement pour s’afficher dans le camp des vertueux ? Après avoir combattu sans succès le régime de l’extérieur, le moment n’est-il pas venu  d’essayer de changer les choses de l’intérieur ?

La manœuvre qui consiste à denier à certains grands leaders leur statut d’opposant ne date pas d’aujourd’***. Une certaine fraction de la classe politique essaie d’imposer le règne de la pensée unique au sein de l’opposition en usant de désinformation et de l’intoxication pour ramener l’opposition à un parti unique. Des démocrates ces braves gens ? C’est curieux que des politiciens qui prétendent défendre des valeurs démocratiques ne supportent pas la divergence d’opinion. Et ces pratiques laissent clairement subodorer que ces gens sont des dictateurs en puissance, puisqu’ils s’imposent ou passent en force au sein de l’opposition. Qu’est-ce qui les empêchera, une fois le pouvoir conquis de brimer ceux qui ne pensent pas comme eux ?

De toute façon, entrer au gouvernement ne saurait s’interpréter d’embler  comme une défection des rangs de l’opposition. Si ce devait être le cas, l’UFC ne serait pas exemptée de cette accusation. Que voulait l’UFC en engageant des discussions exclusives avec le RPT ? Personne n’ignore que c’était pour négocier les conditions de son entrée au gouvernement. A propos justement des conditions posées par l’UFC, certaines parmi elles sont pour le moins curieuses : le premier ministre doit venir des rangs du RPT, plus question de reconduire Agboyibo, ni même le Pr. Gnininvi pour qui l’UFC préconise comme suprême récompense un poste de président d’une université ! Donc, pour entrer au gouvernement, l’UFC voudrait d’abord que ses compagnons de lutte y soient exclus, ce n’est pas très loyal comme attitude. L’autre condition, c’est la réclamation de portefeuilles juteux.

C’est donc ça, plus de question de  pécunes pour ce parti que de travailler au redressement du pays. C’est son égoïsme et sa gourmandise qui lui valent sa non participation au gouvernement, ce que l’opinion considère à tort comme une attitude de fermeté. Il faut dire que ce parti est passé maître dans l’art d’ériger ses tares les plus inconcevables en vertus. La popularité dont jouit ce parti est exclusivement fondée sur la passion haineuse que certains ont pour le RPT. Sinon, qu’y a t il de concret à mettre à son actif ?

Cette idée selon laquelle il n’y aura d’authentique démocratie au Togo qu’en cas de majorité de l’UFC est révoltante pour nombre de Togolais.

Aujourd’***, il est plus que nécessaire pour les politiciens consciencieux d’abréger les trop longues souffrances du peuple en contribuant à apaiser le climat politique, première condition de la paix sociale et du nouveau départ tant souhaité pour le pays.

Après avoir longtemps combattu le pouvoir en le critiquant de l’extérieur, le Pr. Gnininvi voudrait essayer une autre méthode. Et puis, en tant que citoyen valeureux, il veut mettre ses compétences non pas au service du RPT mais de la nation. Ses convictions démocratiques n’ont pas changé d’un iota. Il va continuer à se battre  pour plus de liberté, plus de justice et pour de meilleures conditions de vie pour le peuple. Que ceux qui essaient  de donner à sa participation au gouvernement un autre sens que celui-là arrêtent leur procès d’intention.

Don Dieu SAGAS

Comments

 

Real T said:

Le Pr. Gnininvi, est l'un des hommes intègre que nous avons au Pays. N'en déplaise a ceux qui pensent le contraire, cet home est et restera égal a lui même.

Le mal de la "démocratie" togolaise a la "detia" c'est que si l'on ne suit pas le diktat du "yovovia" on est pas démocrate.

Malgré tous les coups bas que ce dernier a fait a la solidification des parties de l'opposition et toutes les nuisances causées au people togolais; on continue par penser de lui comme l'homme de la potion magique pour le togo.

Espérons qu'il y ai des gens conscient comme le Pr. Gnininvi au sein de l'UFC pour aider a la construction de la nation Togolaise.

December 30, 2007 11:11 PM

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