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Présentation en condensé du Programme de Komlan Mally Les réels besoins des populations négligés Pour se conformer à l’article 78, alinéa 2 et 3 de la Constitution qui lui fait obligation de soumettre sa politique générale à l’appréciation des députés avant sa mise en œuvre, le Premier ministre Komlan Mally était à l’Assemblée nationale lundi dernier pour présenter aux élus du peuple son programme d’action. Après des scénarii rocambolesques avec pour maître d’œuvre le très illustre président de l’« Assemblée mouton », son altesse sérénissime Abass Bonfoh, il est reparti avec la confiance de 42 députés. C’est en somme un programme diversement apprécié. Si certains lui ont accordé leur satisfecit, d’autres ne se retrouvent pas dans ce programme. Au-delà de ces diverses appréciations, que peut-on retenir de ce programme de Komlan Mally et quels sont les arguments qui permettent d’en faire une analyse critique ?
Le programme en condensé Le nouveau locataire de la Primature s’est fait violence pour arrêter des priorités. D’après son discours programme, les préoccupations majeures de son gouvernement seront axées sur quatre (04) points principaux : la consolidation de la Nation togolaise ; la constitution des bases solides de la croissance et du développement ; l’amélioration des conditions d’accès aux services essentiels ; la réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations.
* La consolidation de la Nation togolaise Ce volet comporte les préoccupations politiques. M.Komlan Mally s’est ici engagé à poursuivre le grand chantier de la Réconciliation nationale, une idée chère au chef de l’Etat, a-t-il indiqué. « Nous devons méthodiquement, patiemment et résolument recoudre définitivement le tissu social, poursuivre une politique hardie de réconciliation nationale et d’apaisement des cœurs…Dans cette optique, mon gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’Etat, soumettra à l’adoption de l’Assemblée nationale les projets de loi qui doivent créer le cadre pour la recherche de solutions à tous les problèmes qui ont divisé les Togolais. Il s’agira d’abord de mettre en place une commission chargée de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation », a-t-il souligné.
Sous ce registre se retrouvent toutes les questions laissées en jachère dans l’Accord Politique Global et qui sont réservées, comme il était écrit, « à la prochaine législature » et au gouvernement à mettre en place, allant des réformes institutionnelles et constitutionnelles à la modernisation de la Justice en passant par la dotation de l’opposition politique d’un statut particulier, bref toutes les questions nécessaires à la consolidation de la Démocratie, de l’Etat de droit et de la Bonne gouvernance. « Toutes les réformes nécessaires à l’approfondissement de la démocratie, à une meilleure protection des libertés publiques et des droits de l’Homme, à un fonctionnement optimal des institutions de la République seront engagées et conduites de manière sereine avec la ferme volonté d’assurer un bon fonctionnement de l’Etat », a précisé Komlan Mally qui a également promis de sortir l’Administration de la routine, la rendre « plus apte à répondre aux situations nouvelles, aux besoins du 21 ème siècle », faire du Togo un « Etat moderne ».
* Créer les bases de la croissance et du développement Ici sont confinés les chantiers économiques et de développement. M. Mally insiste sur un changement de gouvernance économique, afin de remettre l’économie togolaise sur les rails, elle qui « a souffert depuis près de deux décennies d’un environnement incertain que nourrissait la crise politique ». « Il est donc urgent que des mesures hardies et énergiques soient prises pour permettre à l’économie de notre pays de retrouver le chemin d’une croissance forte, soutenue et durable d’une manière générale, mais aussi une croissance impulsée par tous les secteurs d’activités », a-t-il déclaré, convaincu que « C’est l’un des moyens fondamentaux pour améliorer les conditions de vie des populations ». Dans cette optique, il milite pour que des audits, des évaluations et des expertises soient entrepris.
Le Premier ministre tient beaucoup à l’assainissement des finances publiques, l’un des domaines prioritaires de renforcement de la gouvernance et de la transparence, le tendon d’Achille du Togo. La réalisation de ce chantier devrait permettre de maîtriser les dépenses publiques, et l’institution de la Cour des Comptes et l’élaboration d’une véritable politique de lutte contre la corruption devraient concourir à cet idéal.
La mobilisation des ressources internes est un autre chantier du Premier ministre. Car c’est une voie noble pour contourner la dépendance économique de l’extérieur. « Dans le passé, près de 80 % des investissements publics ont été toujours financés de l’extérieur. C’est la raison essentielle pour laquelle la suspension de la coopération par nos principaux partenaires a eu un effet dévastateur sur l’économie nationale », a-t-il constaté. Pour ce faire, « le gouvernement fera appel au sens civique des populations et des opérateurs économiques, pour qu’ils s’acquittent de manière prompte et conformément à la réglementation en vigueur, de leurs obligations fiscales », a-t-il promis, persuadé que « si tous les opérateurs économiques s’acquittaient comme il se doit de leurs impôts », cela devrait permettre d’ « accroître les recettes de l’Etat pour faire face aux besoins prioritaires de plus en plus élevés ». Cette mobilisation des ressources internes devra donc aller de pair avec un renforcement du recouvrement fiscal. Afin de mobiliser les ressources externes, « le Gouvernement s’emploiera à normaliser les relations avec tous les partenaires techniques et financiers », en adoptant la « Stratégie à moyen terme de croissance et de réduction de la pauvreté » entre-temps élaborée. « Cette stratégie fondera le programme au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance en cours de négociation avec le Fonds Monétaire International, facilité qui ouvrira la voie à la mobilisation d’autres ressources externes notamment celles liées à l’initiative en faveur de Pays pauvres très endettés et celles promises par la communauté financière internationale dans le cadre du consensus de Monterrey », affirme le chef du gouvernement.
Le secteur privé n’est pas oublié car le redressement et la relance de l’économie nécessitent également la création des conditions propices pour l’épanouissement de ce secteur, afin qu’il joue son rôle de moteur de la croissance économique. Les actions prioritaires du Gouvernement s’organiseront autour du renforcement de l’environnement réglementaire et institutionnel de promotion du secteur privé national ainsi que pour l’attraction des investissements directs étrangers. Perfectionner le fonctionnement du guichet unique pour les formalités de création des entreprises, adapter la législation nationale des affaires au droit OHADA, doter le pays d’un nouveau code des investissements, voilà des pistes à explorer.
Le gouvernement vise aussi la création d’emplois. C’est pourquoi il devra promouvoir les PME/PMI ainsi que des initiatives porteuses des groupes spécifiques tels que les jeunes et les femmes. « Le dispositif institutionnel mis en place en 2006 et comprenant notamment l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie de Financement des PME/PMI (ANPGF) ainsi que le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ) seront les instruments privilégiés de l’action gouvernementale dans ce domaine », promet M. Mally.
Les principaux pôles de développement industriels au Togo que sont la filière des phosphates et la filière cotonnière seront modernisés, afin qu’ils jouent le rôle de poumons de l’économie nationale qu’ils ont joué par le passé, promet-on. Raison pour laquelle des réformes en profondeur ont été engagées dans les entreprises publiques qui gèrent ces filières, nommément la SOTOCO, et OTP/IFG transformée en SNPT (Société Nouvelle des Phosphates du Togo).
Une attention particulière sera accordée au secteur qui emploie 70% de la population, le secteur agricole, la voie idéale pour améliorer les conditions de vie des populations. Renforcement du cadre légal et institutionnel, restructuration du monde rural, professionnalisation des filières agricoles, amélioration durable de l’accès aux ressources productives et aux marchés, revalorisation des produits tels que le café, le cacao, le karité, le soja, l’arachide et les fruits et légumes, voilà des voies explorées pour y arriver.
Le gouvernement projette entreprendre des réformes en profondeur aussi bien au niveau du système bancaire qu’à celui du sous-secteur de la micro finance, pour permettre l’accès facile aux ressources financières, et entend aussi développer les infrastructures de transport (le transport terrestre avec la construction et le renforcement des pistes rurales, les voies urbaines, les ponts, la réhabilitation du réseau ferroviaire), les ressources énergétiques notamment l’électricité, la biomasse, les énergies renouvelables, le secteur des télécommunications et surtout les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
La Culture occupe également une place de choix dans ce grand chantier de croissance économique et du développement.
* Créer les conditions minimales d’accès aux services essentiels Convaincu que la croissance et le développement économique seraient un leurre si l’on ne place pas l’homme au centre de toutes les stratégies, le gouvernement s’est assigné pour défi la création des conditions pour que chaque Togolaise et chaque Togolais puisse accéder de manière équitable à un paquet minimum de services essentiels, indispensables pour accroître la productivité du travail, ces services allant de la Santé à l’Education en passant par des services sociaux tels que l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la protection sociale.
En matière de Santé, le gouvernement entend renforcer le système national en intégrant la santé de la mère et de l’enfant au centre des préoccupations, en favorisant l’accès aux services de prévention, de traitement, de soin et de soutien aux malades vivant avec le VIH/SIDA, en luttant contre le paludisme et la tuberculose, bref la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en matière de Santé. Et on promet le lancement pour bientôt de certaines initiatives.
L’Education et la Formation ne seront pas négligées. Komlan Mally se fixe, entre autres priorités, d’assurer l’éducation primaire pour tous à l’horizon 2015, la fourniture d’équipements scolaires, d’améliorer l’accès de l’enseignement supérieur à toutes les couches de la population, de promouvoir l’alphabétisation des adultes…
La fourniture de l’eau potable à bon nombre de ménages, la création des conditions d’accès pour tous les Togolais à un logement décent et à la portée de toutes les bourses, l’amélioration de la protection sociale des couches pauvres et vulnérables de la population, notamment les personnes âgées, les handicapés, les enfants d’une manière générale et plus particulièrement les orphelins et autres enfants rendus vulnérables du fait du VIH/SIDA tiennent aussi à cœur à l’équipe Mally.
* La réaffirmation de la place du Togo dans le concert des Nations Le gouvernement projette tout simplement ici de polir l’image du Togo ternie par les événements sociopolitiques à travers la redynamisation de la diplomatie togolaise, le placement de cadres togolais dans les institutions internationales pour une meilleure représentativité du pays à l’extérieur, en somme des voies d’intégration rapide.
Des déficiences De l’avis de plusieurs observateurs avisés, le programme Mally souffre de déficiences et ne reflète pas assez les réels besoins qui se posent. Le grand constat est le très peu de coloration sociale du programme.
En effet, avec les législatives qui viennent d’être organisées, la coopération avec l’Union Européenne est rétablie. Puisque c’est la rupture de la coopération qui est évoquée par les gouvernants pour se dérober à leurs responsabilités, les populations attendent de ressentir dans leur vécu quotidien cette reprise. C’est justement les réels besoins des populations que l’Union des Forces de Changement a retracés dans la déclaration de son groupe parlementaire. Mais visiblement, Komlan Mally n’a qu’ébauché le social, au profit de l’économique.
Sur le plan politique, on attendait le Premier ministre sur le terrain de la lutte contre l’impunité. Mais c’est une amorce timide qui a été faite de ce chantier, pourtant important pour la réconciliation nationale.
Pour réaliser ce programme assez ambitieux, Komlan Mally devrait se donner les moyens. Il devrait s’entourer de personnes ressources, des gens qui ne sont préoccupés que par le simple souci de servir le Togo, rien que ça. Mais voilà qu’il s’est fait entourer, rien que « des hommes du président », ces gens qui ont le plus souvent d’autres desseins à réaliser. C’est donc déjà un mauvais départ que prend Komlan Mally.
Tout compte fait, le moindre mal qu’on puisse lui souhaiter, c’est de réussir la mission qu’il s’est assignée, au risque de se voir titiller à tout bout de champ par l’opposition parlementaire et extraparlementaire.
TINO Kossi
Difficile cohabitation à Agoè Zongo : Une église catholique victime d’actes de vandalisme .Plus d’une dizaine de personnes interpellées Dans la matinée du mardi 18 décembre 2007, l’église catholique Marie Notre Dame de la Paix, sise à Agoè Zongo a été victime d’actes de vandalisme. En cette matinée, alors que le Curé Bank célébrait une messe de mariage, plus d’une centaine de personnes probablement organisées prenaient d’assaut l’église. Les projectiles de toutes sortes pleuvaient sur l’église, à en croire les témoignages, et que confirment les dégâts matériels constatés par notre rédacteur dépêché sur les lieux. Ces personnes se réclamant de l’Islam dans un quartier à population majoritairement musulmane, trouvent « qu’il est hors de question d’implanter une église chrétienne dans cette banlieue », a-t-on appris sur place.
Et « cette histoire dure depuis longtemps et a même fait l’objet à maintes reprises d’interruptions des travaux d’extension de l’église. Ce litige a été sur le bureau de M. Komlan Mally alors qu’il était encore Préfet du Golfe. Mais à chaque fois, nous sommes exposés à toutes sortes de menaces », explique un membre de l’église qui poursuit :«Nous, nous voulons bien vivre en paix avec eux mais, ils nous provoquent à chaque fois. C’est notre pacifisme peut-être qui illustre ces attitudes d’un autre siècle à notre égard. Marie, mère de Dieu, nous recommande la tolérance envers nos proches et Jesus nous exhorte à pardonner ceux qui nous offensent. Voilà les raisons qui font que depuis longtemps, nous n’avons jamais répondu à leurs provocations ».
Le jeune Issifou ne se fait même pas du mauvais sang par rapport à ce qui s’est passé. « Tant pis. On s’en fout de tout ce qu’ils disent. Il leur a été signifié il y a très longtemps qu’ils ne peuvent pas construire un mur à cet endroit parce que ici, c’est un bas fond. Alors tout mur qui sera érigé constituera un obstacle, d’où le risque de stagnation d’eau. D’ailleurs, nous ne voyons pas pourquoi on peut mélanger des torchons et des chiffons », déclare-t-il. Il enchaîne : «Ici, c’est nous. Ce quartier nous a été donné, c’est pourquoi il s’appelle Zongo. Ils peuvent tout faire, ils ne resteront pas ici pour nous embêter comme ils veulent. D’ailleurs tant que nos frères interpellés resteront là, ils ne peuvent pas avoir la paix avec nous. On se connaît bien dans ce pays ».
Selon des témoignages recueillis sur le lieu de l’incident, il y a plus d’une dizaine d’interpellés. Interrogé sur la question, le commandant de la Brigade d’Agoè qui est intervenu promptement, ce qui a fait éviter le pire s’est refusé à infirmer ou confirmer le nombre de présumés vandales arrêtés. « Il n’y a rien à vous dire à propos. Nous avons fini notre boulot et le dossier est transmis au Procureur de la République », a-t-il dit.
Pour Togbui Victor Hola Kpodo Dra IV, Chef Canton de Togblékopé : « L’heure est à l’apaisement. Il n’est pas question de vouloir chercher à savoir qui est qui et qui fait quoi. Mais, il faut plutôt œuvrer afin que les deux communautés puissent vivre en parfaite harmonie. Nous y mettrons pour que jamais sur notre territoire de pareilles choses se répètent », a-t-il indiqué.
En effet, au-delà des témoignages recueillis sur place, il ressort de nos investigations qu’il s’agit d’un dossier à rebondissement. Il serait même porté déjà au plus haut sommet de l’appareil de l’Etat, a indiqué une source indépendante. « Le feu Président de la République était même saisi par le passé de ce dossier. Mais, à chaque fois il a du regain et surtout sous des motifs différents les uns aux autres. Je me souviens qu’une fois déjà en plein chantier de construction, les travaux ont été interrompus. Mais, si j’ai bonne mémoire, il leur a été promis l’aménagement du site avec une canalisation adéquate. Il faut dire que la vraie raison est ailleurs», a-t-elle ajouté.
Nos tentatives sur place pour rencontrer M. Godji Djibril, Chef de la communauté musulmane sont restées vaines « Il est malade », nous a-t-on indiqué.
L’on évoque le laxisme de ce dernier dans le règlement pacifique d’une situation qui devient récurrente. Aujourd’***, elle s’est accompagnée de dégâts matériels. « Qu’en serait-il une prochaine fois si aucune solution durable n’est pas trouvée à ce problème ?» se demande un riverain.
Plusieurs personnalités politiques sont indexées dans cette affaire comme étant des pyromanes. Il urge Donc que les autorités togolaises tranchent une fois pour de bon le litige qui fragilise la cohabitation entre ces deux communautés religieuses. Dossier à suivre.
Didier LEDOUX |