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TRIBUNE LIBRE

December 2007 - Posts

  • Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil : Nos meilleurs voeux de bonheur et de détermination dans la lutte.

    Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil adresse ses meilleurs vœux au vaillant peuple togolais et à tous les peuples opprimés du monde.

    Au cours de l’année 2007, en Europe, des mouvements sociaux se sont mobilisés  contre le nouveau traité européen et le démantèlement des acquis sociaux.  Sur le continent américain: au moment où Haïti est sous une occupation militaire, les forces rétrogrades au service de l’impérialisme US en Bolivie et au Venezuela organisent une vaste campagne pour saper la politique d’indépendance que mènent les gouvernements de ces deux pays. Au Moyen-Orient, c’est la lutte résolue du peuple palestinien contre l’Etat d’Israël et l’occupation de l’Irak par les armées US, britannique et leurs supplétifs pour  contrôler des réserves du pétrole.

    Au Togo où un régime dictatorial néocolonial sévit depuis 40 ans, le Front souhaite ardemment que l’année 2008 soit le point de départ d’un grand rassemblement de tous ceux qui veulent en finir, non seulement, avec la politique de conciliation, l’électoralisme, les négociations au sommet, mais aussi et surtout, avec la politique de soumission au diktat de l’impérialisme, français notamment.

    Nos meilleurs voeux de bonheur et de détermination dans la lutte aux démocrates togolais et à tous les peuples opprimés qui souffrent de l’occupation  et des guerres injuste imposées par les puissances impérialistes.

    Bruxelles, le 30 décembre 2007
    Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil
    BP : 189 1000 Bruxelles 1 Belgique
    Courriel:
    postmaster@togoenlutte.org
    Infos: www.togoenlutte.org 

  • Libre opinion Pr. Gnininvi, démocrate par conviction, participationniste par nécessité, opposant malgré tout

    Pr GnininviLibre opinion : Pr. Gnininvi, démocrate par conviction, participationniste par nécessité, opposant malgré tout
    Depuis que la liste des membres du gouvernement a été rendue publique toute l’attention de la presse écrite semble être focalisé sur la seule personne du Pr. Gnininvi. Il est la cible d’un matraquage médiatique tendant à le présenter à l’opinion comme un nouvel allié du RPT. Certains organes n’y sont pas allés par quatre chemin, affirmant de façon péremptoire que le leader de la CDPA, opposant de la première heure et jouissant d’un immense prestige au regard de sa contribution que nul n’oserait lui contester, dans le peu d’ouverture politique que notre pays connaît aujourd’***, avait dit adieu à l’opposition. Les esprits censés n’ont sans doute pas manqué de se demander si ceux qui, par des rancoeurs sommaires assimilent sa présence dans le cabinet Mally à une défection des rangs de l’opposition savent bien de qui ils parlent. Il serait peut-être utile de rafraîchir la mémoire des uns et des autres sur le parcours politique du Pr. Gnininvi durant les 17 dernières années.

    Si après cela, il y a encore de vains bavards pour prétendre qu’un homme comme celui-là serait capable de troquer ses convictions contre un portefeuille ministériel, c’est que leur capacité d’analyste est bien limitée et qu’ils ont dans la tête des idées arrêtées que personne ne peut leur enlever.

    Puisqu’il ne s’agit pas de faire la biographie du Pr. Gnininvi, nous ne nous bornerons qu’à rappeler les faits d’armes les plus marquants. Qu’on se souvienne de l’organisation de la Conférence Nationale Souveraine de 1991 que le pouvoir a été contraint, à son corps défendant d’accepter. Le poids du Pr. Gnininvi dans les négociations qui ont permis ces assises nationales est incontestable. A l’époque d’ailleurs, l’opposant le plus en vue et que redoutait le régime, c’était bien lui. Il a bien failli sortir de ces assises avec le poste de premier Ministre, mais, tout le monde s’en souvient, à la dernière minute il s’était désisté en faveur de Me Koffigoh, démontrant par là que, le sens de son combat politique avait un tout autre idéal que la poursuite d’avantages matériels. Ce désintéressement, aussi clairement affiché l’avait fait apparaître comme un homme intègre, plus soucieux du bien-être de toute la nation que de sa propre personne. Durant le cycle des nombreuses négociations entre le RPT et l’opposition, le Pr. Gnininvi a souvent été choisi par ses pairs pour être leur porte-parole, parce qu’il s’est toujours montré peu disposé à transiger avec les convictions démocratiques. C’est peut-être cette fermeté qui a valu à une fraction de l’opposition dont se réclamait son parti le qualificatif de « radicale ».

    E
    n 2005, il avait été nécessaire pour faire face au RPT que l’opposition se trouve un candidat consensuel. Espérant arriver au pouvoir par procuration, le leader de l’UFC avait usé de tous les moyens pour imposer Bob Akitani, un homme de peu d’envergure. De nombreuses voix au sein du groupe des « six » s’étaient élevées pour réclamer à sa place le Pr. Gnininvi. Mais encore une fois, celui-ci avait estimé qu’il serait préjudiciable pour l’image de l’opposition d’afficher des divergences  à la veille d’un scrutin capital. Il avait donc choisi de soutenir la marionnette que Gilchrist s’était trouvé pour contourner les dispositions du code électoral l’empêchant d’être candidat.

    Signalons enfin qu’il était avec l’UFC, les deux derniers partis à signer les accords qui ont servi de base aux législatives d’octobre dernier. En aucun moment, on ne l’a soupçonné de contacts secrets avec le RPT comme c’est le cas pour d’autres. Il aurait pu monnayer sa collaboration avec le RPT à prix d’or, mais cela ne lui a jamais effleuré l’esprit. Il était conscient que beaucoup de ses concitoyens, la communauté internationale et même la diaspora togolais avaient foi en son combat et il ne voulait pas les décevoir.

    Le temps est peut-être venu pour l’opposition de tirer les leçons du passé. A quoi a servi le boycott systématique dans le quel l’opposition s’est emmuré jusqu’à ce jour ? Si elle veut être honnête envers elle-même, l’opposition doit humblement reconnaître que cette attitude a fait les affaires du régime qui en a profité pour faire des lois injustes pour se maintenir au pouvoir.  Il faut aussi reconnaître que beaucoup de choses ont changé depuis la mort du Général Eyadema. Quoi qu’on dise, on ne peut nier la volonté du régime actuel de rompre avec les pratiques ubuesques de l’ancien régime. Quelques gages ont été donnés. Faut-il toujours continuer à réclamer la sinécure quand on sait qu’on ne l’aura jamais ? Doit-on laisser l’exercice total du pouvoir au RPT seulement pour s’afficher dans le camp des vertueux ? Après avoir combattu sans succès le régime de l’extérieur, le moment n’est-il pas venu  d’essayer de changer les choses de l’intérieur ?

    La manœuvre qui consiste à denier à certains grands leaders leur statut d’opposant ne date pas d’aujourd’***. Une certaine fraction de la classe politique essaie d’imposer le règne de la pensée unique au sein de l’opposition en usant de désinformation et de l’intoxication pour ramener l’opposition à un parti unique. Des démocrates ces braves gens ? C’est curieux que des politiciens qui prétendent défendre des valeurs démocratiques ne supportent pas la divergence d’opinion. Et ces pratiques laissent clairement subodorer que ces gens sont des dictateurs en puissance, puisqu’ils s’imposent ou passent en force au sein de l’opposition. Qu’est-ce qui les empêchera, une fois le pouvoir conquis de brimer ceux qui ne pensent pas comme eux ?

    De toute façon, entrer au gouvernement ne saurait s’interpréter d’embler  comme une défection des rangs de l’opposition. Si ce devait être le cas, l’UFC ne serait pas exemptée de cette accusation. Que voulait l’UFC en engageant des discussions exclusives avec le RPT ? Personne n’ignore que c’était pour négocier les conditions de son entrée au gouvernement. A propos justement des conditions posées par l’UFC, certaines parmi elles sont pour le moins curieuses : le premier ministre doit venir des rangs du RPT, plus question de reconduire Agboyibo, ni même le Pr. Gnininvi pour qui l’UFC préconise comme suprême récompense un poste de président d’une université ! Donc, pour entrer au gouvernement, l’UFC voudrait d’abord que ses compagnons de lutte y soient exclus, ce n’est pas très loyal comme attitude. L’autre condition, c’est la réclamation de portefeuilles juteux.

    C’est donc ça, plus de question de  pécunes pour ce parti que de travailler au redressement du pays. C’est son égoïsme et sa gourmandise qui lui valent sa non participation au gouvernement, ce que l’opinion considère à tort comme une attitude de fermeté. Il faut dire que ce parti est passé maître dans l’art d’ériger ses tares les plus inconcevables en vertus. La popularité dont jouit ce parti est exclusivement fondée sur la passion haineuse que certains ont pour le RPT. Sinon, qu’y a t il de concret à mettre à son actif ?

    Cette idée selon laquelle il n’y aura d’authentique démocratie au Togo qu’en cas de majorité de l’UFC est révoltante pour nombre de Togolais.

    Aujourd’***, il est plus que nécessaire pour les politiciens consciencieux d’abréger les trop longues souffrances du peuple en contribuant à apaiser le climat politique, première condition de la paix sociale et du nouveau départ tant souhaité pour le pays.

    Après avoir longtemps combattu le pouvoir en le critiquant de l’extérieur, le Pr. Gnininvi voudrait essayer une autre méthode. Et puis, en tant que citoyen valeureux, il veut mettre ses compétences non pas au service du RPT mais de la nation. Ses convictions démocratiques n’ont pas changé d’un iota. Il va continuer à se battre  pour plus de liberté, plus de justice et pour de meilleures conditions de vie pour le peuple. Que ceux qui essaient  de donner à sa participation au gouvernement un autre sens que celui-là arrêtent leur procès d’intention.

    Don Dieu SAGAS

  • Rodrigue KPOGLI de la JUDA s'entretient avec Gazette du Golfe

    Gazette du Golfe du 19 Déc 2007
    Rodrigue KPOGLI de la JUDA s'entretient avec Gazette du Golfe
    Après les élections législatives avec une majorité conséquente, la reprise de la coopération et la formation d’un nouveau gouvernement qui suscite toujours des réactions nous nous sommes entretenus avec le Secrétaire Générale de
    la Jeunesse Unie pour le Démocratie en Afrique Rodrigue KPOGLI avec qui nous faisons un tour d’horizon sur la situation du Togo.

    Rodrigue KPOGLI : «Le parti unique est plus que jamais de retour et nos pères ainsi que nos frères et sœurs martyrs se retourneront dans leur tombe en regardant le résultat auquel nous sommes parvenus. Nous étions pourtant parmi les voix les plus affirmées contre cette possible régression qui, aujourd'*** nous envahit. Tout et tout est à reconstruire. Nous n'avons pas le choix.»

    Propos recueillis et transcrits par Radji Yekini, Journaliste à la Gazette du Golfe. 19.12.07 Radji Yekini : Quelles analyses faites-vous de la situation actuelle du Togo?

    Pour l'Union Européenne, les législatives sont l'accomplissement des 22 engagements. La conséquence logique est donc la reprise de la coopération suspendue depuis 1993. Quelle appréciation faites-vous de cette nouvelle donne?
    Il faut comprendre cette histoire de reprise de la coopération comme la réalisation de la volonté sans cesse manifestée des institutions en question de reprendre le cycle infernal d'endettement du Togo. Quand ces institutions multinationales et Etats font le compte de ces quinze dernières années, il y a un manque énorme à gagner. Le «déficit démocratique» togolais évoqué s'est transformé en déficit économique pour les prétendus bailleurs de fonds. C'est pour cela qu'ils se précipitent pour recommencer la pratique d'aide et de prêts qui n'est qu'une forme déguisée de placer des fonds dans nos pays africains en ayant à l'idée que cet argent sera détourné et partagé entre eux et les satrapes que nous avons comme dirigeants. Malgré cela, et c'est certain, le peuple doit rembourser. Ne nous leurrons pas. Cela fait au moins quarante années que le Togo est aidé, nous dirons plutôt endetté, le bilan se passe de commentaires. Le peuple Togolais n'est pas bête. Nous avons compris le jeu et nous voulons simplement dire à tous ces prétendus bailleurs de fonds multilatéraux, bilatéraux et concrètement à l'Union Européenne que les prêts et aides qu'ils ont apporté au Père Gnassingbé et qu'ils veulent reprendre voire intensifier avec Faure Gnassingbé, n'engagent pas le peuple Togolais. Ce régime n'est pas l'émanation du peuple togolais. Les souffrances de notre peuple ne viennent pas de la rupture de la coopération avec le régime Togolais. Que cela soit clair, le problème togolais est d'ordre démocratique. A ce jour, ce problème n'est pas réglé. Au contraire, il s'aggrave et la réalisation d'une alternance démocratique au Togo, s'éloigne au jour le jour.  Dans ce cas reprendre la coopération répond essentiellement aux intérêts des prêteurs. Et c'est d'ailleurs ce qu'elle a toujours été.

    Etes-vous en train de nous dire que la reprise de la coopération tant souhaitée ne va pas servir à résoudre les difficultés du peuple togolais?
    Mais! Apparemment vous ne nous avez pas compris. Nous disons que tout ce qui est derrière cette reprise de la coopération avec le Togo, c'est la volonté de prêter de l'argent au Togo pour bénéficier du remboursement du service de la dette de façon éternelle. Il ne faut pas chercher loin. Cela fait une quinzaine d'années que le Togo n'a pas bénéficié de prêts assez lourds, autrement quinze ans de remboursement conséquent qui manque dans les comptes de l'UE, du FMI, de
    la Banque Mondiale, des Etats occidentaux et de certaines entreprises. C'est trop de pertes. S'il y a des gens que la suspension de la coopération n'arrangent pas, ce n'est certainement pas le peuple togolais, mais plutôt ces institutions communément appelées bailleurs de fonds qui s'enrichissent par le biais de la coopération et de l'aide. Si ces bailleurs de fonds n'aident pas, s'ils ne prêtent pas, ils ne font pas de bénéfices. Les deux autres grands perdants, ce sont les dirigeants togolais qui ont besoin eux aussi de créditer leurs comptes dans les paradis fiscaux et tous les intermédiaires qui eux aussi, ont besoin d'empocher des commissions pour avoir négocier les prêts et aides.

    Le Fonds Monétaire International et
    la Banque Mondiale ont montré leurs preuves. Il y a beaucoup de dirigeants essentiellement sud américains qui veulent en finir avec ces montres qui vampirisent les peuples. Lorsque Faure Gnassingbé et ses apôtres courent derrière ses tueurs en série, on se demande s'ils comprennent le monde et s'ils sont à même d'imaginer le développement du Togo. Lorsqu'à la signature d'un accord de quelques millions d'euro, on voit ces ménestrels qui se disent jeunes technocrates et diplomates éclater leurs dents avec un sourire atteignant leurs oreilles, il y a de quoi s'interroger sur l'avenir de notre pays. Ils vendent le pays et ils rient. Ils endettent le pays et soumettent de façon quasi permanente, les populations au remboursement du service de la dette, bref, ils mettent l'ensemble du patrimoine national sous tutelle et ils ont le sourire! La dimension impérialiste de l'enveloppe qu'ils tiennent leur échappe. Avec de telles attitudes, la jeunesse de ces  marionnettes ressemble à celle de leurs prédécesseurs. Et c'est vraiment inquiétant.

    Dites-nous alors avec quels moyens doit-on aujourd'*** reconstruire le Togo si exsangue financièrement?
    Si le pouvoir togolais était légitime, démocratique et soucieux du développement du pays, nous aurions pu comme beaucoup d'autres Togolais proposer des solutions autre que le recours à l'aide extérieure qui est un outil essentiel de maintien de nos pays sous la tutelle et de l'appauvrir davantage. Or,  il se fait que ceux qui parlent aujourd'*** au nom du peuple togolais n'ont aucune légitimité démocratique. On a tendance à oublier que le régime des Gnassingbé est fondé sur la force brute, le sang, l'impunité totale et le pillage ainsi que le bradage des ressources nationales.

    La reconstruction de notre pays passe entre autre par le retour des fonds qui ont été volés jusqu'ici par le clan au pouvoir depuis environ un demi siècle. A ce jour, il est difficile de dire avec précision l'argent disposé par chacun des clans qui ont eu à gérer ce pays. N'oublions pas que des sociétés d'Etat ont disparu pour avoir été pillées par leurs dirigeants et que dans notre pays, il n'y a pas longtemps, au moment où certains célébraient à coup de caviar leur nième milliards, d'autres Togolais mouraient d’inanition. N'oublions pas non plus ces milliers de prétendus hommes d'affaires qui avaient pour mission de promettre sur les écrans de
    la Télévision Togolaise la création des industries au Togo. Ces «hommes d'affaires» là repartaient du Togo avec des kilogrammes de francs CFA.

    N'est-il pas temps de tourner la page?
    On pourra tourner la page après l'avoir lue.

    Des appels fusent de partout pour que les Togolais pardonnent. L'église se mêle de cet appel. Qu'en pensez-vous?
    La position de l'église est curieuse. Elle appelle le peuple togolais au pardon. Comme si le pardon sans la confession pouvait servir à quelque chose. L'église aurait été utile en appelant clairement les criminels à la confession, à la contrition et à la repentance pour que le pardon puisse leur être accordé. Elle doit même condamner les crimes commis et dire que cela ne doit plus jamais se produire. En agissant comme elle le fait actuellement, l'église qui est une autorité morale incontournable, ne fait pas preuve de courage. A la limite, nous sommes dans une situation où certains lisent la bible de droite à gauche et  d'autres lisent le coran de gauche à droite. En définitive, lorsqu'on voit ces directeurs de conscience (prêtres, pasteurs, imams) traiter les questions du crime et de la morale de façon invertébrée, lâche, hésitative, on comprend pourquoi les croyants ont une foi affichée en contradiction avec leur comportement quotidien : Ce sont les mêmes qui tuent, qui volent, qui fraudent pendant 6 jours et qui se présentent en « saint » le 7ème jour ou le vendredi pour la prière et la bénédiction ! Non. Les autorités morales doivent être tranchantes dans le domaine de la morale et ce sera leur contribution à l’émergence des citoyens honnêtes, conscients et responsables dans notre pays. Si l'église avait joué le même rôle en Afrique du Sud, on peut douter que l'apartheid y soit vaincu.

    Récemment, Gilchrist Olympio a suscité une vive polémique en déclarant « mes respects, Monsieur le Président » lors d'une rencontre avec Faure Gnassingbé. Il y a quelques années, c'était inimaginable que M. Olympio aille à la présidence. Trouvez-vous cela comme une rupture et un point positif pour le Togo?
    Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé se sont rencontrés à plusieurs reprises à l'extérieur du pays. Il faut s'attendre qu'ils le fassent un jour au Togo. C'est donc un non événement. Que Olympio ait déclaré «mes respects Monsieur le président » ou qu'il ait bu du toucoutou avec Gnassingbé, c'est égal. Seuls peuvent être choqués ceux qui n'avaient pas intégré pas dans leur analyse un avant et un après législatives organisées dans des conditions connues de tous.

    Nous pensons qu'il faut tirer des enseignements de ce spectacle et dire qu'avec l'opposition togolaise, nous sommes passés des « leaders » aux ambitions présidentielles aux hommes aux ambitions premier ministérielles ou ministérielles. En clair, des hommes ayant révisé leur ambition à la baisse et par ricochet revu à la baisse les revendications démocratiques du peuple. La conséquence c'est que les conditions posées au pouvoir en place sont elles aussi moins contraignantes. Ces hommes vont même jusqu'à faire la cour au pouvoir. Ils se sont lancés dans un concours de docilité. Chacun se présente comme le moins radical, le moins exigeant et donc flexible et disposé à coopérer avec la dictature. Dans ces conditions, il faut percevoir ces démarches comme des appels au secours. Ils n'en peuvent plus car ils ont fait ce qu'ils ont pu. Ils ont atteint le terminus et comme les scientifiques, certains de ces politiques deviennent nuisibles dans la deuxième moitié de leur existence.

    Il est grand temps que nous cessions de penser que les personnalités aux devants de la lutte depuis vingt ou trente ans, soient investies d’une mission messianique de sorte qu’elles soient les seules à avoir la solution pour le Togo. Il faut une nouvelle génération ayant la mesure des responsabilités pour réorienter la lutte avec des moyens conséquents.

    Que faut-il faire dans ce cas?
    Il faut avant toute chose sortir de l'idée que nous emprunterons de raccourcis pour atteindre la démocratie. Tout simplement parce qu'il n’y a pas de raccourcis menant à la liberté et à la justice. Revoyons l'histoire. Au Togo, on a voulu prendre des raccourcis pour simplifier les étapes successives menant à l’établissement de la démocratie en signant des accords avec la tyrannie et en allant cohabiter avec elle dans une série de Gouvernements dits d’union nationale. Une cohabitation qui, en réalité, vient conforter un pouvoir capté dans le sang et massivement vomi, rendant ainsi plus improbable l’alternance démocratique au Togo. En agissant ainsi, nous avons mis fin au processus naturellement douloureux mais incontournable de combats aboutissant à l’éradication de toute dictature ou tyrannie. Aujourd'***, nous sommes face à un défi majeur de reconstruction du mouvement démocratique en panne pour avoir été à la fois déçu par les leaders d'opposition et réprimé de façon incessante par le pouvoir. Nous devons convoquer des réflexions à ce sujet.

    Nous pensons qu'il faut repartir sur de nouvelles bases. Redéfinir un mouvement contenant des idéologues, des financiers, des guerriers et enfin des bâtisseurs. Chacun avec des tâches spécifiques au service de l'ensemble de la chaîne.

    Pourquoi, selon vous,  malgré tout ce qui est  fait ici et là par la société civile, elle n’influence pas de manière décisive la situation ?
    Il est vrai que l’Etat togolais n’est pas permissif à l’égard des organisations responsables de la société civile. Mais la société civile togolaise, d’une manière globale, est un marais peuplé d’anacondas et autres piranhas dont l’amour pour ce peuple n’a d’égal que la rente périodiquement captée à travers les filets que sont les projets juteux soigneusement montés. Mis à part quelques rarissimes honnêtes gens et organisations, tout le reste fait litière des souffrances du peuple togolais.

    Cette société civile manque de coordination contrairement à celle d’autres pays comme le Niger ou le Burkina Faso ou encore le Mali où la société civile joue véritablement sa partition. Ce manque de coordination n’est pas lié au fait qu’il ait une pénurie de compétences et de capacités,  au contraire. Le problème c’est que la société civile dans notre pays est minée par des contradictions internes et des querelles intestines. Comment comprendre que dans la situation qui est celle du Togo, la jalousie, la haine gratuite et l’envie caractérisent encore certains des acteurs dits de la société civile qui font des coups bas et des dénigrements leurs activités quotidiennes. Apparemment on échange des sourires avec vous. Mais il vous suffit de tourner le dos pour qu’on vous ridiculise. Certains vont jusqu’à dire à leur auditoire qu’ils ne vous connaissent pas dans le diabolique dessein de jeter le doute sur votre personne et votre organisation. Ce black out cynique se fait souvent lorsqu’on est en face de ceux qu'on appelle les partenaires. Nous pesons bien nos propos. Nous disons ce que nous savons et savons ce que nous disons. C'est pour cela que nous pensons qu’au-delà de militer pour des conditions objectives permettant l’édification de la démocratie au Togo, nous devons travailler celles subjectives notamment, procéder à la cure de nos mentalités vissées au Moi égoïste. La presse togolaise a elle aussi perdu ses repères actuellement. Elle ne fait plus son devoir d’information et de formation. Beaucoup de journalistes mis à part quelques uns ont baissé leur culotte actuellement.  Franchement, si le peuple togolais était partisan de
    la Charia, nous n’aurons pas été surpris qu’il ait voté pour la lapidation des philistins que nous sommes devenus au sein de la société civile.

    Que faire donc dans ces conditions?
    Il faut changer de méthode si nous voulons remporter des victoires. Plus de solidarité entre les organisations et entre les personnes. Croiser les bras, observer ceux qui prennent des initiatives comme pour dire «on verra jusqu'où ils iront» pour les juger à la fin, ne nous paraît pas une stratégie payante.

    Nous n'avons jamais réussi à concevoir la lutte sur le moyen et long terme avec des objectifs clairs ainsi qu'avec des échéances précises. Nous avons toujours attendu les derniers moments pour concevoir à la va vite des schémas inefficaces pour parer au plus urgent alors que le camp adverse planifie et réalise un à un ses projets. Ce n'est pas des projets de formations et d'informations réalisés ici et là à la veille des élections qui vont nous sauver.

    Le jour où nous aurons des leaders capables de rentabiliser les frustrations accumulées durant ces quarante années de galère, le jour où nous comprendrons que l’affirmation de notre autorité dépend de notre capacité à résister collectivement aux forces contraires qui opèrent contre nous, le jour où nous n’aurons plus le regard tourné vers la communauté internationale, ce Spiderman conçu rien que pour la consommation des peuples du Tiers Monde, le jour où nous aurons fait le choix de jouer notre propre partition en ayant à l’idée le devenir du Togo, nous aurons enfin compris qu’aucune tyrannie ne peut vaincre un peuple organisé et déterminé.

    Nous devons avoir une vision à long terme. Mais le problème c’est qu’on est trop souvent atteint du syndrome de l’impatience dans notre démarche. On est pressé de voir ici et maintenant les retombées de notre combat. C'est ainsi que certains d'entre nous après quelques efforts, sont fatigués et se disent qu'ils en ont fait assez pour avoir le fruit de leur peine. Ils finissent par rejoindre les rangs du pouvoir.
    Nous pensons humblement que nous pouvons être des semeurs sans forcément être les moissonneurs de ce que nous avons pris la peine de semer. Seuls les destins exceptionnels recueillent de leur vivant, les fruits de leur engagement en faveur des causes nobles. C’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ce qui compte in fine, c’est que les générations à venir ne connaissent plus jamais ce que nous autres avons vécu et que nous puissions leur tracer les sentiers du bonheur.

    Quels commentaires pouvez-vous faire au sujet du nouveau gouvernement d'union nationale constitué par M. Komlan Mally?
    Nous n'avons pas de commentaires particuliers sur ce cabinet. C'est un gouvernement qui incarne nullement les intérêts du peuple togolais. D'ailleurs certains qui pensaient pouvoir obtenir quelque chose du RPT en travaillant avec lui, ont apparemment compris la leçon. A la limite, c'est un regroupement des individus qui ont détourné le suffrage et de ceux à qui on a attribué zéro siège lors des dernières législatives. Décidément l'histoire de notre pays est l'œuvre des voleurs et des impertinents. Ceux qui se demandaient pourquoi certains responsables de partis se sont précipités pour féliciter « les vainqueurs des législatives », ont à présent la réponse à travers les ministères des affaires étrangères et de l'enseignement supérieur. Que pouvons-nous reprocher donc à Edem Kodjo? Ces responsables de partis ont fait la différence entre deux opposants dont l'un est ministre et la conclusion à laquelle, ils sont parvenus est claire.

    Pour ce qui est du gouvernement d'union nationale, nous nous sommes exprimés à maintes reprises à propos. Il s'agit d'une formule inventée par
    la Françafrique pour dissoudre les forces démocratiques dans une équipe multicolore. L'objectif est de couler le front de la contestation légitime en mettant ses meneurs au contact des délices et privilèges du pouvoir. Il faut se foutre de ce gouvernement qui n'en est pas un. Regardons ce qui est devant nous pour ne pas nous laisser distraire.

    On a entendu beaucoup de commentaires sur la filiation du nouveau premier ministre. Avez-vous quelque chose à dire à sujet?
    Qu'est-ce que cela peut bien apporter à la lutte pour la liberté au Togo si M. Mally est ou non le fils de Théophile Mally. C'est un débat d'arrière-garde. A cause de cette histoire de filiation, on s'est injurié pendant des jours et des nuits. C'est vraiment triste. Sans vous mentir, nous nous sentons tristes par cet état de chose. Où allons-nous avec de telles attitudes? Que pouvons-nous construire de sérieux avec un tel niveau de débat et dans une telle atmosphère?

    En plus, il est paradoxal de dire que les législatives ont été fraudées et consacrer du temps et de l'intelligence pour débattre du premier ministre issu justement de ces élections. Curieusement ceux qui ont critiqué les législatives, ce se sont les mêmes qui s'entre-déchirent sur la filiation de Mally.  En ce qui nous concerne, c'est un sujet sans importance. Mais nous tenons à dire que si ceux qui prétextent éclairer la masse d'incultes que nous sommes, se livrent à de tels combats, imaginez combien le peuple togolais est déboussolé.

    Permettez-nous d'ajouter ceci. L'internet qui a joué et qui joue un rôle moteur dans la mise en place des réseaux pour combattre les dictatures dans d'autres pays notamment en Europe de l'Est, est pour nous autres un outil de déconstruction. Il suffit de faire un tour sur les sites internet pour s'en apercevoir. Des commentaires totalement déplacés y sont faits. Des injures gratuites y sont déversées. Au lieu de nous saisir de cet outil formidable pour bâtir des réseaux de réflexion et de travail, nous l'avons transformé en matériel de guerre contre des réflexions émanant de nos propres rangs. Nous prétextons la liberté d'expression, une sorte de démocratie virtuelle que nous avons pourtant du mal à transférer sur le terrain, pour nous autodétruire pour le grand bonheur du système en place. Si ce sont rien que des hommes de main du pouvoir qui se livraient à cette activité, on comprendrait. Ce qui est dommage, c'est que le plus souvent, ce sont des individus qui n'ont aucun lien affectif ni matériel avec le pouvoir. Il s'agit simplement d'individus imbus de leur personne et qui jouent au chien du jardinier dans l'incapacité de manger du chou, empêche les autres d'en prendre. Bien évidemment, il n'est pas question de proscrire les critiques et les remarques sur les limites dans les réflexions des uns et des autres. Au contraire, c'est une richesse et c'est dans l'intérêt du combat d'avoir une multitude d'idées et de propositions. Mais la réalité n'est pas celle-là. A ce stade, nous avons du chemin à faire!

    M. Mally vient justement de présenter son programme devant le parlement. Quarante deux députés (41 du RPT et 1 du CAR) ont donné quitus au locataire de la primature pour l’application de son projet de société axé  sur les points suivants : la consolidation de
    la Nation togolaise ; la constitution des bases solides de la croissance et du développement ; l'amélioration des conditions d'accès aux services essentiels ; la réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations. L’UFC ne s’est pas prononcée lors du vote. Les trois autres députés du CAR ont voté contre. Que pensez-vous de ce programme ?
    Les togolais ont vu défiler devant eux des programmes de gouvernement et non des moindres. Notre problème n’est pas à ce niveau. Circulons, il n’y a rien à observer.

    Vous avez qualifié les résultats des législatives d'injure à l'intelligence du peuple togolais. Le RPT, par la voix de M. Voulé Frititi vous a répondu. Dans une interview qu'il a accordé à Togoforum, il a qualifié votre position d'affirmations gratuites et vous demande de prouver qu'il y a eu fraudes. Quelle est votre réaction à ce sujet?
    Nous avons lu cette interview de M. Voulé. Nous nous rendons compte que tous les cheveux gris ne sont pas forcément signe de sagesse. Le RPT a bel et bien fraudé les législatives. M. Voulé n'a-t-il pas lu la déclaration de M. Dahuku Péré portant sur les législatives? Il est vrai que l'outil de la fraude a été perfectionné. On n'a plus vu les urnes emportées par les militaires. Mais, il y a des témoignages dignes de foi qui attestent que de l'argent a été distribué aux représentants de partis dans nombre de centres de vote contre signature des procès verbaux contenant de résultats contraires au verdict des urnes. Nous sommes prêts à sortir ces preuves mais nous ne sommes pas idiots pour mettre en danger la vie de leurs détenteurs. M. Voulé sait que si les populations n'ont pas manifesté contre les résultats des législatives, c'est la conséquence des répressions subies et impunies jusqu'ici. Ce silence ne peut être pris pour une adhésion du peuple. Il le sait plus que tous.

    M. Voulé va jusqu'à dire que l'achat de conscience est l'équivalent du « projet de société dans les pays hautement policés ». On comprend dès lors pourquoi notre pays est dans un tel état. Ailleurs des hommes comme M. Voulé transmettent des valeurs à la nouvelle génération.

    Avez-vous quelques activités en vue pour contribuer à la remobilisation du peuple togolais?
    Dans les circonstances actuelles, les mots justes sont des victoires. Il faut être clair. Tant que l’alternance démocratique n’est pas réalisée  au Togo avec toutes ses implications, nous resterons habités par la flamme révolutionnaire et citoyenne face aux défaites qu’on tente d’emballer dans l’enveloppe trouée des victoires. 

    Nous avons décidé de perpétuer la semaine des Patriotes. Nous allons organiser la deuxième édition  en avril prochain. L'idée c'est de maintenir la flamme et de ne pas oublier les compatriotes qui dans leur détermination à bâtir un espace de liberté et de justice dans notre pays, ont été simplement tués. Nous devons réclamer justice et perpétuer leur combat. Leur mémoire doit être gardée quoi qu'il en soit.

    Avez-vous une adresse particulière à la jeunesse togolaise?
    La jeunesse togolaise doit sortir du génie de la débrouillardise et du fatalisme. Il ne peut en être autrement si vraiment nous voulons vivre en démocratie. La jeunesse togolaise est laissé-pour-compte. Dans les campagnes, les champs de manioc et de cacao des vieillards sont pillés la nuit. Les coqs et les poules ne peuvent plus connaître des nuits pacifiques. Les jeunes rivalisent avec les renards. Dans les villes, c'est la promiscuité et les taximotos qui permettent à certains de s'en sortir. Pour d'autres, c'est le vol, la corruption, l'alcoolisme et le sexe. Les enfants, au lieu d'étudier leurs leçons les mercredis après midi et les week-ends  se transforment en ânes pour jouer aux portefaix pour des bonnes femmes du marché. Beaucoup d'autres se transforment en ingénieurs ponts et chaussées, remblayant les nids de poules sur les routes et sollicitant des pièces des chauffeurs qui parfois les envoient au diable. Où allons-nous avec tout ceci. Réveillons-nous et réorganisons-nous. Définissons notre propre cadre de lutte sans forcément faire référence à ce que pensent et disent ceux qui se disent nos leaders. Le salut de notre pays passe inévitablement par un sursaut citoyen de la jeunesse. Nous avons un double combat à mener. Un, contre les mains noires qui nous écrasent et l'autre, contre les cerveaux extérieurs qui les mettent en mouvement. Si notre sommeil se prolonge, le réveil nous sera plus que douloureux.

    Nous aurons certainement l'occasion de revenir sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet 2007 qui, disiez-vous dans l'une de vos récentes publications, vous a profondément marqué. Mais, pour conclure cet entretien, pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce discours ?
    Nicolas Sarkozy s'est adressé à nous en des termes très injurieux et méprisants. Et bien, nous allons lui répondre en ses propres termes. D'abord, à ce que nous sachions, Nicolas Sarkozy a des racines hongroises. Jusqu'à preuve du contraire, l'Afrique n'a aucune histoire particulière avec
    la Hongrie. Et ce n'est pas à un Hongrois, fut-il président de la France de nous faire cette histoire que nous connaissons dans ses moindres détails. Les Français savent ce qu'ils doivent à l'Afrique et les Africains savent ce que la France leur doit.

    Sur le fond du discours, on peut admettre certaines choses. Lorsque par exemple Sarkozy déclare à l'université Cheik Anta Diop qu'il avait sciemment réduit à l'université de Dakar, que c'est aux Africains de conquérir leur liberté pour aller au développement, il a raison. Mais deux choses fondamentales à retenir de ce discours. D'abord reconnaître que la colonisation était une faute et refuser la repentance, c'est donner du sens au néocolonialisme français réel et subi aujourd'*** par les Africains mais totalement absent du discours de Sarkozy.  Ensuite, ce discours est en quelque sorte le bannissement du bon nazi et la promotion du bon colon. Si nous prolongeons le discours de Sarkozy lorsqu'il dit que nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, nous parvenons à la conclusion qu'en ce qui est par exemple de la dette, nul ne peut nous demander aujourd'*** de rembourser des prêts que nous estimons à juste titre être la faute de nos prédécesseurs.

    Nous avons remarqué que la presse togolaise par exemple n'a pas travaillé ce discours. On ne l'a pas suffisamment expliqué.
    La Jeunesse Unie pour la Démocratie en Afrique va le divulguer. Nos populations doivent connaître ce discours pour que ceux qui continuent par rêver, se réveillent enfin. C'est un engagement que nous allons tenir. Ce discours est riche d'enseignements. Il n'est donc pas négligeable. Si possible, nous procéderons tôt ou tard, comme Sarkozy qui a décidé de faire lire la lettre de Guy Môquet à la jeunesse française.

    Enfin, qu'avons-nous à attendre aujourd'*** de la coopération française avec le Togo?
    Attendre? Si attente, il doit y en avoir, et bien elle est résumée en ceci. Le 05 décembre 2007, après une séance de travail avec les officiers supérieurs des forces armées togolaises, le général Emmanuel Berte, directeur de la coopération militaire et de défense déclare sur les ondes de radio Lomé «le Togo restera un partenaire majeur de la coopération militaire française pour 2008, notamment en terme budgétaire, en terme de coopérants et de projets. Les perspectives actuelles permettent d'affirmer déjà qu'il n'y aura pas de baisse dans cette coopération avec le Togo. Au contraire, on restera au même niveau voire une légère augmentation.
    La France quelles que soit les périodes, a toujours été aux côtés du Togo et continuera à toujours l'être. La France va continuer à former, équiper et accompagner l'armée togolaise avec l'intensification de la formation au profit de la gendarmerie, de l'armée de terre et de la marine. » Une fois ces propos tenus, Berte a été élevé au grade de Commandeur de l'ordre du Mono par Kpatcha Gnassingbé au nom de son frère président. En clair, la France de Sarkozy comme celle de Chirac, de Mitterrand, de Giscard, de Pompidou et du général De Gaulle soutient et va continuer par soutenir la dictature au Togo. Et cela va s'accentuer comme le dit clairement Berte. Lorsque nous disons que la France appuie les dictatures et contribue à réprimer les mouvements démocratiques en Afrique, quelques bonnes consciences répondent que c'est faux et que tout ce qui nous arrive, c'est de notre faute. Voilà ce qu'il faut attendre de la France Sarkozyste. Et ce ne sont pas des gens comme louis Michel qui vont faire quoi que ce soit. Sa Belgique natale est en crise depuis six mois. Les Wallons et Flamands sont à couteaux tirés. La Belgique n'a pas de gouvernement depuis six mois. Il est vrai que cela n'a rien à avoir avec nos crises. Cependant, serait-il peut être plus raisonnable pour Michel de commencer par faire ses preuves de négociateur par là.

    Revenant sur la question de
    la France, observons tout de même que son appui ne va pas à la police mais plutôt à la gendarmerie et à l'armée. Cette précision vaut ce qu'elle vaut pour qui connaît le rôle de ses deux corps dans le massacre du peuple togolais.
    Merci Monsieur KPOGLI
  • Une commission pour régler la question de la violence politique au Togo : Vers l’adoption d’une loi d’amnistie générale

    Golfe Info du 23 Dec 2007
    Une commission pour régler la question de la violence politique au Togo : Vers l’adoption d’une loi d’amnistie générale
    « Le chef de l’Etat a instruit le gouvernement de mettre en chantier les commissions prévues par l’APG (Accord Politique Global) pour faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique, et créer les conditions d’une relecture sans passion  de notre histoire». Cette décision a été prise par le conseil des ministres de l’équipe Mally jeudi dernier. L’intention est bonne et répond aux aspirations de beaucoup de Togolais. Mais la question est de savoir si  cette autre commission parviendra à faire un travail sans complaisance.

    La mise en place de cette commission fait partie d’une kyrielle de décisions prises lors du dialogue inter togolais tenu du 21 avril au 20 août 2006. A l’époque, il était demandé au gouvernement d’union « nationale » issu de l’APG de mettre en exécution cette recommandation. Mais, elle ne sera jamais faite. En lieu et place, l’équipe Agboyibo lors d’un conseil des ministres, avait décidé de renvoyer au gouvernement qui sortira des législatives, cette importante question. Aujourd’***, c’est chose faite, le gouvernement Mally va mettre sur sa table, ce chapitre « sombre » de l’histoire du Togo. Dans sa déclaration rapportée par le ministre de la Communication, de la Culture et de la Formation civique, Cornélius Aïdam, le chef de l’Etat  a fait état de la création des « conditions d’une relecture sans passion de notre histoire ». A priori, on doit s’attendre à ce que tous les sujets qui touchent ce domaine soient abordés sans tabous. En d’autres termes, Faure Gnassingbé souhaite que toutes les facettes de la tumultueuse histoire togolaise de cette période soient remises sur le tapis et passées au peigne fin.

    Les handicaps du futur « machin »
    Dans l’esprit de l’APG, ce  sont tous les partis signataires de l’Accord qui devraient se retrouver dans un gouvernement pour débattre de ces questions. Mais, ni au lendemain de la signature de l’APG, ni celui des législatives du 14 octobre dernier, la classe politique togolaise n’était  en mesure de faire le consensus. Dans le premier cas, l’un des partis, l’UFC (Union des Forces de Changement) avait refusé de prendre part au gouvernement. La logique vient une fois encore d’être respectée ; l’UFC est absente de l’équipe Mally suivie cette fois-ci par le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau), de l’ancien Premier ministre Me Yawovi Agboyibo. Il faut noter également l’absence du PDR (Parti pour le Renouveau et la Démocratie) de Zarifou Ayéva. Seuls, le parti au pouvoir, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains) du professeur Léopold Messan Gnininvi, la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine) d’Edem Kodjo et les deux organisations de la société civile notamment le GF2D (Groupe de Réflexion Femme Démocratie et Développement) et le REFAMP-Togo (Réseau des Femmes Ministres et Parlementaires) du Togo sont représentés dans le cabinet Mally.

    Ainsi, c’est ce groupe de partis signataires de l’APG qui va se charger de se plancher sur l’épineuse question des violences politiques au Togo. Question épineuse dans la mesure où elle constitue la pomme de discorde entre les différents acteurs de la classe politique nationale.

    La violence politique, l’épine dorsale de la politique togolaise
    Les 50  dernières années de l’histoire du Togo sont émaillées d’actes de violence et de barbarie. Même si tout le monde s’accorde à reconnaître que le pays a connu réellement des violences, tous ne semblent pas s’accorder sur certains détails et non des moindres. Au dialogue inter togolais, les positions ont divergé. Face à l’opposition qui cherchait à se limiter aux violences des 15 dernières années, le camp adverse, c’est-à-dire le parti au pouvoir à qui des organisations internationales de défense des Droits de l’Homme ont reproché un certain nombre de dérapages durant la même période, a choisi d’élargir le débat aux  années 1958, période qui marque le début de la lutte pour l’indépendance nationale. Les deux entités, pouvoir et opposition, se renvoyant très souvent la balle de la responsabilité des dérapages, on a l’impression que personne ne veut endosser ce passé lourdement chargé de « cadavres ».

    Le pouvoir du Général Etienne Eyadèma Gnassingbé, secoué à partir du 05 octobre 1990 va opposer une farouche résistance par l’utilisation de la force brute pour se maintenir en place. Des dizaines voire centaines de citoyens ont péri dans  cette lutte et les parents attendent que justice leur soit rendue un jour. Mais l’histoire du processus démocratique au Togo retiendra qu’entre le 05 février 2005, la date du décès d’Eyadèma Gnassingbé et les mois qui ont suivi, le pays a connu ses pires moments de violence. Il ressort des rapports des différentes organisations de défense des Droits de l’Homme et des commissions mises en place pour établir les faits, qu’entre 150 et 1.000 Togolais ont été massacrés. (….). D’autre part, entre 1960 et 1963, beaucoup de choses sont reprochées au gouvernement Sylvanus Olympio.

    La Commission du gouvernement Mally devra donc œuvrer pour retrouver les auteurs et les commanditaires de ces différents actes qui ont endeuillé et divisé le peuple togolais.

    Quelle va être la marge de manœuvre de cette Commission?
    Feu Eyadèma Gnassingbé  avait l’habitude de dire : « C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle ». Il reprenait ainsi un adage de la partie méridionale du Togo qui signifie dans une certaine mesure qu’aucune nouvelle décision ne peut produire de résultat si elle se démarque des positions antérieures. C’est donc sur cet aspect que l’on est en droit d’émettre des réserves sur la crédibilité du travail de la future Commission. En matière de création de Commission pour solder le passé du Togo, Faure Gnassingbé n’est pas à sa première expérience. Au lendemain de sa « victoire faurtement » endeuillée du 24 avril 2005, le gouvernement d’alors dirigé par Edem Kodjo, sur son  (Faure Gnassingbé) instigation, avait mis en place, une commission dirigée par l’archevêque émérite de Lomé, Mgr Casimir Dosseh-Anyron. Elle était chargée de « réécrire » l’histoire du Togo afin d’identifier les grands « Hommes et Femmes » qui l’ont marquée. Jusqu’à ce jour, l’application des conclusions des travaux de cette Commission est presque invisible en dehors du changement  de noms de quelques rues et espaces des loisirs de Lomé. Ainsi, on a désormais dans la capitale togolaise, des noms comme « Sylvanus Olympio », « Kléber Dadjo » ou encore « Anani Santos ». Faure Gnassingbé a essayé à sa manière de panser l’une des nombreuses « plaies » de la société togolaise.

    Au lieu de régler certains volets de l’histoire commune  qui ont tout le temps divisé le pays, la commission de Mgr Dosseh-Anyron semble les radicaliser. La question des fêtes nationales ainsi que le partage des « titres » de « père de la nation » et « père de l’indépendance » entre Sylvanus Olympio et Etienne Eyadèma Gnassingbé ne fait pas l’unanimité. Certes, il serait difficile de réaliser un tel projet sans égratigner les uns et les autres. Mais, il faut relever qu’on ne réécrit pas l’histoire, elle s’écrit d’elle-même. En cela aussi, Me Djovi Gally, ancien ministre et avocat à
    la Cour de Lomé trouve qu’il faut rétablir l’histoire du pays et non  la réécrire. La future commission risque de connaître le même sort que la précédente.

    Par ailleurs, le contexte actuel aussi pourra jouer sur la crédibilité des résultats de cette commission. Le Rassemblement du peuple togolais avec sa majorité parlementaire, ne saurait prendre aucune décision qui soit à l’encontre de sa logique. Le parti contrôle tous les rouages de la politique nationale. A l’Assemblée nationale, l’opposition parlementaire même si elle semble avoir une « emprise » dans le fond des débats ne pourra véritablement rien faire pour freiner l’élan de la majorité. Quant à  celle qu’il convient d’appeler extraparlementaire, elle est presque à l’ « agonie » et par conséquent, ne pourra jouer un quelconque rôle.

    D’après plusieurs observateurs, on pourrait assister dans le règlement de cette question au Togo à une solution plâtrée sur celle de la Guinée- Bissau avec en toile de fond, « une loi  d’armnistie générale pour les crimes commis » pendant la période précitée.

    De plus, il est inconcevable que Faure Gnassingbé décide de livrer à la justice, ceux qui l’on fait « roi ».

    Pour que les travaux de la commission « Vérité, Justice et Réconciliation » en Afrique du Sud aboutissent, il a fallu réunir un certain nombre de critères. D’abord, les Sud -Africains ont cru à la nécessité d’aller à la réconciliation nationale. Ensuite, les hommes qui ont constitué cette commission ont reçu l’onction des populations en ce sens qu’ils jouissent d’une certaine crédibilité. Enfin, tous les protagonistes de la classe politique de la nation arc-en-ciel se sont sentis interpellés pour « sauver » leur pays après la grande traversée du désert. De là, on est en droit de se demander si dans le cas spécifique du Togo, tous les ingrédients sont réunis pour passer à la cuisine de la « réconciliation nationale ». La question étant délicate, le bon sens voudra que les autorités en prennent la mesure pour que des travaux de cette Commission, des solutions idoines soient trouvées à la question de la violence à caractère politique au Togo.

    Noël Y. A. GLISSOU

    Augmentation de salaires au Togo : Du beurre ou du bluff?
    L’une des « grandes décisions » prises par le premier conseil des ministres du gouvernement Mally jeudi dernier aura été l’augmentation de 3% du salaire des fonctionnaires Togolais. Cette mesure ne semble pas rencontrer l’adhésion de plusieurs travailleurs.

    Le gouvernement, en prenant cette décision, croyait offrir un « joli cadeau de Noël » aux agents de l’administration. Mais, cette mesure pourrait se révéler comme une « goutte d’eau » dans la mer. 3 % sur le salaire des travailleurs de l’administration togolaise, cela paraît « très » insignifiant  aux yeux de plusieurs fonctionnaires qui se sont exprimés la semaine dernière sur certaines stations de radio privée de la place. Avec cette nouvelle donne, un agent de l’Etat qui gagnait jusque-là 50.000 FCFA, va désormais toucher la somme de 51.500 FCFA à la fin de chaque mois. Pour un médecin qui touche mensuellement entre 125 et 130.000 FCFA, il verra dès à présent, le montant de sa « cagnotte » osciller entre 128.700 à 133. 900 FCFA.

    Du côté des syndicats, on se refuse de donner une quelconque appréciation sur la « trouvaille » du tandem Faure-Mally en cette fin d’année. Adrien Akouété Béléki, secrétaire général de la CSTT (Confédération Syndicale des Travailleurs du Togo) a déclaré attendre la notification officielle de cette mesure de la part du gouvernement pour se prononcer.

    L’Etat togolais peut mieux faire !
    Pour plusieurs fonctionnaires, le gouvernement doit cesser de faire de l’augmentation des salaires une politique du « compte gouttes ». Pour ceux-ci, l’Etat doit faire une augmentation salariale dans l’ordre de 15 à 20 voire 25% au lieu de procéder à des majorations ‘‘insignifiantes’’. En rappel, en 2006, le gouvernement avait décidé de faire un ajout de 5 % sur le salaire des fonctionnaires. Au même moment, sur les marchés du pays, on a remarqué une flambée des prix des produits de première nécessité. Ainsi, cette décision quoique « louable », était « microscopique » face  aux besoins de l’heure.

    On imagine qu’une augmentation conséquente permettra à l’Etat de lutter contre la corruption qui gangrène l’administration du pays. Car en fait, l’un des moyens efficaces pour combattre le phénomène précité est l’instauration de bonnes conditions de travail et d’une grille salariale moins inique. Un agent de l’Etat qui gagne entre 45 et 50.000 FCFA par mois et qui doit faire face à d’énormes dépenses ne pourra pas résister à la tentation d’autant  plus que souvent, ses supérieurs sont passés maîtres dans le détournement de deniers  publics. L’Etat gagnerait donc plus à augmenter les salaires de manière significative et mettre en place des mesures draconiennes pour surveiller les écuries de l’administration.

    Depuis 1994, les Togolais vivent une situation exceptionnelle ! Déjà sous le coup de la suspension de la coopération avec ses principaux bailleurs de fonds à partir de 1993, le pays sera touché de plein fouet par les conséquences de la dévaluation du FCFA en janvier 1994. En effet, contrairement aux autres pays de la sous-région ouest-africaine qui ont instauré des mesures d’accompagnement au regard de la dévaluation précitée, le Togo pour sa part, n’aura rien mis en place dans ce sens. Depuis cette période, le prix des denrées alimentaires et autres biens de consommation ne cessent de connaître des envolées. De la boîte du lait aux pattes alimentaires en passant par la tonne de ciment, le Togolais moyen a du mal à joindre les deux bouts. Les prix des hydrocarbures ont également été majorés. Bref, les difficultés ont débordé leur « lit » et risquent de noyer les populations.

    En somme, la décision de la nouvelle équipe gouvernementale n’est pas de nature à influer véritablement sur  le quotidien  des populations. C’est dire que l’ « éléphant annoncé arrive avec une patte meurtrie par une blessure».

    Noël Y. A. GLISSOU

    Fréquentation des lieux de loisirs par les jeunes et leurs corollaires : Cas des «cinéclubs» et des boîtes de nuit
    Parmi les loisirs auxquels s’adonnent beaucoup de jeunes togolais, figurent en bonne place les sorties en boîte de nuit et les séances de films dans des lieux appelés communément « vidéoclubs ou ciné-clubs ». Aussi bien pendant les vacances que durant les périodes de cours, c’est à cœur joie qu’ils s’y consacrent. Si certains d’entre eux ne sont pas dans des « vidéoclubs » pour visionner des dizaines de VCD (Video Compact disc), ce sont les sorties en boîte de nuit qui deviennent leur distraction favorite. Quel genre d’influence peut avoir alors ces loisirs précités sur l’éducation que s’efforce de donner chaque parent à sa  progéniture ?

    Spectacles désolants des salles de projection de film
    Avant de s’intéresser aux genres de films que les jeunes ont l’habitude de visionner, il serait tout aussi important de s’appesantir un tout  petit peu sur les lieux où ils se déroulent.

    Le « spectacle » que nous offrent parfois les salles de projection de film laisse vraiment à désirer et n’est pas de nature à apporter un plus à l’éducation de ceux qui les fréquentent. Au contraire, il contribue à sa remise en cause. Il existe une catégorie de téléspectateurs qui fréquentent les salles de projection, non pas pour visionner les films, mais pour d’autres objectifs inavoués. C’est ainsi que dans certains « vidéoclubs », on peut voir des jeunes filles et jeunes garçons s’adonner à des séances d’embrassade et de caresse. Il se raconte qu’il y en a même qui, ne pouvant se maîtriser à la vue d’une scène érotique qui passe dans le film au programme, se mettent à faire l’amour dans la salle obscure des « vidéoclubs ». A tout cela, s’ajoutent les grossièretés et les énormités qui  sortent de la bouche de certains occupants d’occasion de ces salles, à telle enseigne qu’on se demande ce que peut apporter de bon la fréquentation de ces lieux à des enfants ou jeunes bien éduqués.

    Les films, facteurs de remise en cause de l’éducation chez les jeunes
    D’un film, on peut tirer beaucoup d’instructions, de leçons, de divertissements et même parfois d’inspirations. Mais lorsque le choix du film à visionner est mal fait, cela peut malheureusement aboutir à des conséquences désastreuses.

    De nos jours, à Lomé, les jeunes ont l’embarras du choix en matière de film et « absorbent » de ce fait tout ce qui leur tombe sous la main. Or, si l’influence des films sur l’éducation de la jeunesse ne fait pas l’objet d’une étude sérieuse dans nos pays sous-développés, des études réalisées par contre dans les pays du Nord, notamment aux Etats-Unis, révèlent  par exemple que certains films poussent les jeunes à l’agressivité. Selon ces genres d’étude, pratiquement deux sur trois des films produits dans l’industrie du cinéma contiennent des scènes de violence à raison de six par heure en moyenne. L’étude en tire alors la conclusion qu’arriver à l’âge adulte, un accro du cinéma aura été témoin de milliers d’actes de violence et de meurtre. Si on sait qu’au Togo par exemple, les cinéphiles consomment généralement des films occidentaux, on peut imaginer à peu près combien de fois ces films peuvent influer sur les jeunes Togolais qui y consacrent une bonne partie de leur emploi du temps. C’est ainsi qu’il n’est pas rare de voir des enfants, après des heures passées dans des « vidéoclubs », se battre violemment entre eux sous prétexte d’imiter ou d’être Bruce Lee ou Jean-Claude Van Damme, des héros de films d’action. Cela aboutit des fois à des résultats catastrophiques. Par exemple, dans un quartier de Lomé, deux jeunes garçons, après avoir visionné le film « Les trois mousquetaires », s’étaient mis à imiter les héros en se servant de petites barres de fer comme épée. Résultat, l’un s’en est sorti avec un œil crevé. Il est donc indéniable qu’il existe un lien entre l’exposition accrue à la violence dans les films et l’acceptation grandissante des mentalités agressives ou l’augmentation des comportements agressifs. Le spectacle de la violence au cinéma constitue à ce titre un réel danger pour la jeunesse.

    Certains jeunes, contrairement à leurs égaux qui aiment les films d’action, sont plutôt accro des films pornographiques. Et comme très souvent ils n’ont pas l’autorisation parentale de regarder ce genre de production cinématographique à la maison, c’est avec plaisir qu’ils se rendent souvent les vendredis soirs dans les salles de cinéma pour s’en délecter. Or, il est vérifié que les films pornographiques encouragent non seulement la sexualité précoce mais aussi le libertinage sexuel chez les jeunes. « Quand on regarde ce genre de films pour la première fois, on a envie de le refaire et de le refaire encore. C’est de là que naît l’envie d’essayer ou d’imiter ce qu’on a l’habitude de voir dans le film », confie un jeune qui s’est déjà essayé plusieurs fois à la chose.

    Le cas particulier des night-clubs
    Il est vrai que tout individu a besoin de se distraire. Mais il est aussi certain que pour une jeunesse qui se veut la relève de demain, les night-clubs ne sont pas les lieux les plus appropriés pour sa distraction car ils ne font que nuire aux efforts que déploient les parents pour faire de leurs enfants des modèles dans la société. Ce ne sont pas les preuves pour justifier cette affirmation qui manquent car c’est au sein même de ces discothèques que l’on peut retrouver les pires formes d’atteintes aux règles de la morale. « Je suis aller dans une discothèque juste trois ou quatre fois et cela a suffit pour que je contracte l’envie de fumer. Une fois habitué à l’odeur de la cigarette, je n’ai pas eu du mal à finir mon premier bâton de cigarette », affirme un habitué de ces lieux qui jusqu’à présent n’a jamais cessé de fumer. Tout comme lui, beaucoup d’autres jeunes qui  fréquentent les boîtes de nuit ont été poussés, sans forcément le vouloir, à fumer. Si certains arrivent à résister à la cigarette, ils cèdent par contre très facilement à l’alcool. C’est pourquoi il est rarissime  de trouver un fan des boîtes de nuit qui ne fume ou qui ne boit pas. On mesure bien à travers ces exemples le danger que peut représenter la fréquentation des discothèques dans l’éducation de la jeunesse.

    Aussi, afin de voir les films lui profiter autrement, la jeunesse doit-elle savoir faire le ou les choix les plus judicieux. En dehors des films pornographiques et des films d’action qui s’accompagnent de leur lot de violence et d’horreur, il y a des films qui instruisent et qui peuvent lui permettre  d’approfondir sa culture.

    De plus, est-il vraiment nécessaire de se rendre dans des « vidéoclubs » pour suivre des films vu qu’aujourd’*** les lecteurs VCD et DVD (Digital versatile disc) à moindre prix pullulent sur le marché ? « Je ne voudrais pas voir mes enfants se promener dans des vidéoclubs. Je juge ces lieux dangereux pour eux. C’est la raison pour laquelle je me suis efforcé de leur payer un lecteur DVD afin qu’ils puissent regarder les films à la maison. Je préfère transformer mon salon en salle de projection de films que de voir mes progénitures être exposées aux mauvais comportements dans les vidéoclubs », fait remarquer un père de famille. Pour une jeunesse togolaise plus éduquée, beaucoup de parents doivent avoir le réflexe du père de famille précité. C’est ainsi qu’ils pourront éviter à leurs enfants de se muer progressivement en des délinquants. Une chose est de prendre des résolutions, l’autre est d’avoir les moyens de les mettre en pratique.

    Rodolph TOMEGAH

    Lutte contre la corruption : Michel Nadjim Kalif, Consultant en Economie : «Est-ce que le PM aura le courage d’affronter les privilégiés du régime ?»
    Le nouveau chef de gouvernement togolais, Komlan Mally, était le lundi dernier face aux députés de la nouvelle législature. A l’occasion, il a soumis à leur appréciation et à leur vote son programme de gouvernement. Un document sur lequel revient ici l’économiste Kalif Nadjim Michel.

    Comment se fait il que la problématique de la réconciliation nationale demeure encore une priorité dans ce pays, alors que l’histoire du Togo nous enseigne qu’elle a été prônée pour la première fois en 1963 ?
    La réconciliation nationale a été initiée en 1963 par des mesures politiciennes. Aujourd’***, nous sommes à un moment beaucoup plus important que celui de 1963. En effet, depuis cette période, il y’a eu une facture profonde dans la société togolaise. Il s’agit de la facture socioéconomique qui est venu se greffer aux problèmes politiques des années 1960.  Entre temps, les programmes d’ajustement structurel des années 1982-1983 ont progressivement accentué la souffrance des togolais. La société togolaise a de ce fait dans son ensemble souffert de la diminution du budget de l’Etat en défaveur des secteurs comme l’éduction, la santé et les infrastructures. Ce qui fait que dans les foyers pauvres, les enfants n’ont pu recevoir l’éducation et la formation que nous, nous recevions de notre  temps. La santé publique a été complètement détériorée. Il en est de même des routes et des autres infrastructures urbaines. Pendant ce temps, deux franges sociales se sont constituées. Une première qui est à l’abri de la détérioration des conditions de vie et qui a profité du régime politique de parti unique qui était au pouvoir dans le pays. Dans la seconde frange de citoyens, on a un groupe d’individus qui vont s’expatrier vers l’Europe, le Canada et les Etats-Unis. Ceux qui sont restés au pays ont souffert et continuent de souffrir.

    En somme, il y’a deux catégories de citoyens au Togo et ce sont les membres de ces deux catégories qu’il faut réconcilier. On se sent solidaire dans une nation que lors que les citoyens sont égaux devant la loi. Or pendant toutes ces années, il y’a eu une catégorie de togolais qui ne payent pas les impôts, ni la douane et qui font ce qu’ils veulent dans le pays. Et une autre catégorie de citoyens qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Les premiers roulent dans des 4X4 qui valent 100 millions de FCFA, alors que les seconds n’ont pas de quoi s’offrir de l’eau courante. C’est cette inégalité qui fait que le pays est fracturé et c’est cette facture sociale qu’il faut recoudre à travers une politique de réconciliation nationale.

    Qu’en est-il alors de la « facture ethnique » ?
    La facture ethnique est de mon point de vue secondaire. Donnons le minimum à la population pour qu’elle vive bien et elle oubliera, j’en suis convaincu, les péripéties de lutte, de bastonnades et de violences électorales. C’est le quotidien qui pose problème. Il suffit d’améliorer les conditions de vie des togolais pour que chacun se sente bien chez lui.

    Le premier ministre dans son discours programme a parlé de « protection sociale orientée principalement vers  le développement de nouvelles stratégies de prise en charge des populations concernées pour pallier la faiblesse de la solidarité familiale, la mise en place de mécanismes de sécurité sociale en faveur des travailleurs du secteur informel… », sans pour autant dire concrètement ce en quoi tout cela va consister…
    Observons dans un premier temps que dans une déclaration de politique générale, le premier ministre n’entre pas dans les détails. Mais, il lui revient après de voir avec son gouvernement ce qu’il peut apporter pour la protection sociale. L’idéale c’est qu’il initie une caisse d’assurance maladie en faveur de toute la population. Ce faisant, les plus démunis pourront s’offrir les médicaments à prix réduits, soit environ 30 à 40% de leur prix. C’est ce système que j’ai d’ailleurs exposé dans mon livre « Comment rebâtir le Togo dans la paix des cœurs ?».

    Ce système va permettre par ailleurs au secteur informel de devenir formel, puisque les travailleurs de ce secteur d’activité feront pression sur leur employeur, quitte à les dénoncer, pour les inscrire à cette caisse d’assurance maladie. A la fin, cela va obliger tout le monde à rentrer dans le secteur déclaré, ce qui va permettre à l’Etat de gagner plus d’argent.

    Justement, sur ce point, Komlan Mally pense réformer la fiscalité.
    Les impôts au Togo sont trop élevés et n’encouragent pas les investisseurs étrangers. En France, on paie moins d’impôts qu’au Togo. De même, les togolais qui sont en France ne voudront jamais revenir investir dans leur propre pays, parce qu’ils paient beaucoup moins cher là bas qu’ici. Donc, ce qu’il faut faire, c’est une révision fiscale approfondie en alignant tous les agents économiques du pays de façon à créer une fiscalité douce mais efficace et imposable à tous. En clair, et une fois encore, il ne faut plus qu’il y’ait des togolais qui ne paient pas les impôts et d’autres qui se sentent obligé de les payer.

    Il a aussi évoqué le renforcement du contrôle fiscal…
    C’est de la répression du recouvrement, mais il n’a pas parlé de ceux qui sont à l’abri des impôts et qui pratiquent la fraude douanière. Alors que, c’est ça le principal mal de ce pays. Le budget peut récupérer environ 50 milliards de FCFA par an si tout le monde payait les droits de douane et les impôts. Ce qui peut aussi amener à une réduction du taux d’imposition, attirer d’autres investisseurs dans le pays et permettre à l’Etat d’augmenter ses recettes fiscales. C’est en fait quelque chose qui est facile à voir, mais encore faut-il être économiste. Et c’est ce qui manque au gouvernement. En effet, je constate qu’il y’a peu d’économistes dans notre administration. Ceux qui sont là sont soient déjà à la retraite, soient en expatriation.

    Komlan Mally veut aussi mener une lutte sans merci contre la corruption. Pensez-vous qu’il en a les moyens ?
    Le seul moyen de lutter contre la corruption est le courage ! Maintenant, est ce que le premier ministre aura le courage de lutter contre les privilégiés du régime ? Là est la question. On les connaît, on sait qui ils sont ; ce sont des personnalités bien protégées. Mais encore une fois, est-ce que le premier ministre aura le courage de les affronter comme a voulu le faire la directrice des impôts en taxant Bassam de 9 milliards de FCFA. En plus du courage, il faut réformer les impôts à la baisse pour que tout le monde consente de les payer.

    Actuellement les gens s’interrogent sur la destination de ce qu’ils payent parce qu’ils ne savent pas là où va leur argent. On ne contrôle pas le budget. On sait qu’il y’a des ministres qui ont détourné de l’argent et qui ont été renvoyé du gouvernement sans qu’on prenne des mesures contre eux. Tout cela décourage le contribuable et l’encourage plutôt à vouloir tricher l’Etat.

    Dans une nation, il faudrait que tout le monde soit égal devant la loi. Il ne faut pas qu’il y’ait des gens qui se sentent privilégiés et d’autres obligés de subir la rigueur de la loi. Les pays développés du monde où il y’a la paix et la joie de vivre sont les pays scandinaves. Dans ces pays, aucun citoyen n’est au-dessus de la loi. Tous jouissent des mêmes droits, des mêmes obligations et des mêmes avantages.

    En annonçant la création de la cour des comptes et l’institution d’une inspection des finances, est-ce que vous ne pensez pas que le chef du gouvernement veut prendre les taureaux par les cornes ?
    J’espère que oui et j’espère aussi que nous allons enfin avoir une cour des comptes. Le Togo est le seul pays de la zone franc à ne pas avoir de cour des comptes. Personnellement, cela me fait honte. Cela me fait d’autant plus honte qu’il n’y a pas de structure pour contrôler les dépenses budgétaires. Même dans nos petites entreprises, il y a toujours des contrôles qui se font. Alors, si au niveau de l’Etat, il n’y a pas de structure pareille, vous imaginez ce que cela peut sous-entendre. Comment voulez-vous que les citoyens se disent qu’ils sont bien gouvernés, s’ils ne peuvent pas contrôler les dépenses des impôts qu’ils payent et des droits de douane que le pays encaisse ?

    En un mot, je soutien le gouvernement dans ce projet. Mais encore faut-il que les membres de cette cour soient des gens intègres. Il ne faut pas qu’on y installe des bénis oui oui, mais des gens compétents, soucieux du développement de notre pays. Le premier ministre a dit que nous sommes dans une ère nouvelle. Je l’ai noté. Cette déclaration m’a fait chaud au cœur et je profite de vos colonnes pour dire que je suis disposer à lui apporter tout mon soutien  gracieusement. Je ne veux pas être ministre, ni fonctionnaire. Je suis un homme libre et je veux le rester. Au-delà de cela, je lui souhaite bon vent.


    Avec toutes ces bonnes intentions, pensez-vous que le pays puisse se relever ?
    Je pense que le pays peut très bien repartir. Il suffit que ce gouvernement se mette au travail pour que les Togolais se reconnaissent en lui. Les Togolais ont besoin de savoir que les écoles publiques, les centres de santé et les autres infrastructures marchent bien. Ils veulent savoir si l’eau potable leur sera accessible. Voilà les défis qui attendent le nouveau gouvernement.

    Croyez-vous que le Togo a aujourd’*** les moyens de relever tous ces défis ?
    Je l’avais déjà dit, il nous faut un plan Marshall pour ce pays. C’est-à-dire constituer une haute autorité de reconstruction du pays composée de personnalités de compétences complémentaires qui puissent évaluer les besoins du Togo, de façon à compenser les 15 années de déficit d’aide extérieure que nous avons subi. Un déficit qui équivaut à environ 600 à 700 milliards de FCFA de besoin de reconstruction. Tout ayant été détruit au cours des 20 dernières années. Ensuite, il faudrait que cette haute autorité aille négocier avec tous les bailleurs de fonds (Canada, USA, Singapour, Chine, Japon, Norvège, France) qui pourraient nous prêter assistance dans ce processus de reconstruction de notre pays.

    Le tourisme togolais est dit-on malade du climat d’insécurité qui sévit dans le pays. Dites nous ce que la sécurité peut apporter à le relance de l’économie et de l’activité touristique en particulier.
    Quand je parle souvent de la sécurité en économie, les gens me regardent de travers car ils pensent qu’on va nous débarquer les militaires dans les rues de lomé. Non, il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de la sécurité civile. Et je puis vous dire que beaucoup d’amis m’ont rapporté ces derniers temps qu’ils ont été victimes de braquage soit dans la rue, soit dans leur maison. Ce qui n’est pas bon pour l’image du pays. Et quand on rapporte la sécurité au secteur touristique, vous comprenez aisément que quand le pays n’est pas sécurisant, il n’est pas attractif aux touristiques qui y font entrer des devises. Actuellement on constate que le tourisme pur n’existe plus au Togo. Le même phénomène se produit partout sur le continent. Parce que le tourisme nous apporte de l’argent en tournant les pousses, le Togo doit revoir son système de sécurité pour devenir l’une des premières destinations touristiques du continent. Avant les années 90, le Togo gagnait plus de 50milliards de FCFA par an de recettes touristiques. Si on met des forces de sécurité dans les grands quartiers de Lomé, si on met des policiers sur la plage, cela va renvoyer les malfrats ailleurs et va permettre une augmentation du revenu nationale d’environ 10 à 20%. (...)

    Interview réalisée par Marc D. Kouakani-assi

  • La Diaspora Togolaise pour l’Entraide et le Developpement

    DIASTEDLA DIASTED

    Chicago le 22 decembre 2008                  
    La Diaspora Togolaise pour l’Entraide et le Développement vous présente ses voeux de sante et de prospérité pour l’année qui va bientôt nous ouvrir ses portes. C’est aussi le lieu pour elle de remercier tous ceux qui de près ou de loin oeuvrent pour son épanouissement.

    La Diaspora Togolaise pour l’Entraide et le Développement invite tous ses membres à prendre part a une assemblée générale qui aura lieu le Dimanche 06 janvier 2008 à 2 h PM  à l’adresse ci-apres :


    4640 N. SHERIDAN Road 
    (
    CHICAGO, USA )

    Pour la DIASTED,
    Yao AMOVIN
    Contacts
    312-593-2255  /  773-860-8141 /  630-207-3492

  • Présentation en condensé du Programme de Komlan Mally Les réels besoins des populations négligés

     
    Liberté Hebdo du 21 Dec 2007

    23 Dec 2007 

    Présentation en condensé du Programme de Komlan Mally Les réels besoins des populations négligés
    Pour se conformer à l’article 78, alinéa 2 et 3 de la Constitution qui lui fait obligation de soumettre sa politique générale à l’appréciation des députés avant sa mise en œuvre, le Premier ministre Komlan Mally était à l’Assemblée nationale lundi dernier pour présenter aux élus du peuple son programme d’action. Après des scénarii rocambolesques avec pour maître d’œuvre le très illustre président de l’« Assemblée mouton », son altesse sérénissime Abass Bonfoh, il est reparti avec la confiance de 42 députés. C’est en somme un programme diversement apprécié. Si certains lui ont accordé leur satisfecit, d’autres ne se retrouvent pas  dans ce programme. Au-delà de ces diverses appréciations, que peut-on retenir de ce programme de Komlan Mally et quels sont les arguments qui permettent d’en faire une analyse critique ?

    Le programme en condensé
    Le nouveau locataire de la Primature s’est fait violence pour arrêter des priorités. D’après son discours programme, les préoccupations majeures de son gouvernement seront axées sur quatre (04) points principaux : la consolidation de la Nation togolaise ; la constitution des bases solides de la croissance et du développement ; l’amélioration des conditions d’accès aux services essentiels ; la réaffirmation de la place du Togo dans le concert des nations.

    * La consolidation de la Nation togolaise
    Ce volet comporte les préoccupations politiques. M.Komlan Mally s’est ici engagé à poursuivre le grand chantier de la Réconciliation nationale, une idée chère au chef de l’Etat, a-t-il indiqué. « Nous devons méthodiquement, patiemment et résolument recoudre définitivement le tissu social, poursuivre une politique hardie de réconciliation nationale et d’apaisement des cœurs…Dans cette optique, mon gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’Etat, soumettra à l’adoption de l’Assemblée nationale les projets de loi qui doivent créer le cadre pour la recherche de solutions à tous les problèmes qui ont divisé les Togolais. Il s’agira d’abord de mettre en place  une commission chargée de proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation », a-t-il souligné.

    Sous ce registre se retrouvent toutes les questions laissées en jachère dans l’Accord Politique Global et qui sont réservées, comme il était écrit, « à la prochaine législature » et au gouvernement à mettre en place, allant des réformes institutionnelles et constitutionnelles à la modernisation de la Justice en passant par la dotation de l’opposition politique d’un statut particulier, bref toutes les questions nécessaires à la consolidation de la Démocratie, de l’Etat de droit et de la Bonne gouvernance. « Toutes les réformes nécessaires à l’approfondissement de la démocratie, à une meilleure protection des libertés publiques et des droits de l’Homme, à un fonctionnement optimal des institutions de
    la République seront engagées et conduites de manière sereine avec la ferme volonté d’assurer un bon fonctionnement de l’Etat », a précisé Komlan Mally qui a également promis de sortir l’Administration de la routine, la rendre « plus apte à répondre aux situations nouvelles, aux besoins du 21 ème siècle », faire du Togo un « Etat moderne ».

    * Créer les bases de la croissance et du développement
    Ici sont confinés les chantiers économiques et de développement. M. Mally insiste sur un changement de gouvernance économique, afin de remettre l’économie togolaise sur les rails, elle qui « a souffert depuis près de deux décennies d’un environnement incertain que nourrissait la crise politique ». « Il est donc urgent que des mesures hardies et énergiques soient prises pour permettre à l’économie de notre pays de retrouver le chemin d’une croissance forte, soutenue et durable d’une manière générale, mais aussi une croissance impulsée par tous les secteurs d’activités », a-t-il déclaré, convaincu que « C’est l’un des moyens fondamentaux pour améliorer les conditions de vie des populations ». Dans cette optique, il milite pour que des audits, des évaluations et des expertises soient entrepris.

    Le Premier ministre tient beaucoup à l’assainissement des finances publiques, l’un des domaines prioritaires de renforcement de la gouvernance et de la transparence, le tendon d’Achille du Togo. La réalisation de ce chantier devrait permettre de maîtriser les dépenses publiques, et l’institution de la Cour des Comptes et l’élaboration d’une véritable politique de lutte contre la corruption devraient concourir à cet idéal.

    La mobilisation des ressources internes est un autre chantier du Premier ministre. Car c’est une voie noble pour contourner la dépendance économique de l’extérieur. « Dans le passé, près de 80 % des investissements publics ont été toujours financés de l’extérieur. C’est la raison essentielle pour laquelle la suspension de la coopération par nos principaux partenaires a eu un effet dévastateur sur l’économie nationale », a-t-il constaté. Pour ce faire, « le gouvernement fera appel au sens civique des populations et des opérateurs économiques, pour qu’ils s’acquittent de manière prompte et conformément à la réglementation en vigueur, de leurs obligations fiscales », a-t-il promis, persuadé que « si tous les opérateurs économiques s’acquittaient comme il se doit de leurs impôts », cela devrait permettre d’ « accroître les recettes de l’Etat pour faire face aux besoins prioritaires de plus en plus élevés ». Cette mobilisation des ressources internes devra donc aller de pair avec un renforcement du recouvrement fiscal.  Afin de mobiliser les ressources externes, « le Gouvernement s’emploiera à normaliser les relations avec tous les partenaires techniques et financiers », en adoptant la « Stratégie à moyen terme de croissance et de réduction de la pauvreté » entre-temps élaborée. « Cette stratégie fondera le programme au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance en cours de négociation avec le Fonds Monétaire International, facilité qui ouvrira la voie à la mobilisation d’autres ressources externes notamment celles liées à l’initiative en faveur de Pays pauvres très endettés et celles promises par la communauté financière internationale dans le cadre du consensus de Monterrey », affirme le chef du gouvernement.

    Le secteur privé n’est pas oublié car le redressement et la relance de l’économie nécessitent également la création des conditions propices pour l’épanouissement de ce secteur, afin qu’il joue son rôle de moteur de la croissance économique. Les actions prioritaires du Gouvernement s’organiseront autour du renforcement de l’environnement réglementaire et institutionnel de promotion du secteur privé national ainsi que pour l’attraction des investissements directs étrangers. Perfectionner le fonctionnement du guichet unique pour les formalités de création des entreprises, adapter la législation nationale des affaires au droit OHADA, doter le pays d’un nouveau code des investissements, voilà des pistes à explorer.

    Le gouvernement vise aussi la création d’emplois. C’est pourquoi il devra promouvoir les PME/PMI ainsi que des initiatives porteuses des groupes spécifiques tels que les jeunes et les femmes. « Le dispositif institutionnel mis en place en 2006 et comprenant notamment l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie de Financement des PME/PMI (ANPGF) ainsi que le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ) seront les instruments privilégiés de l’action gouvernementale dans ce domaine », promet M. Mally.

    Les principaux pôles de développement industriels au Togo que sont la filière des phosphates et la filière cotonnière seront modernisés, afin qu’ils jouent le rôle de poumons de l’économie nationale qu’ils ont joué par le passé, promet-on. Raison pour laquelle des réformes en profondeur ont été engagées dans les entreprises publiques qui gèrent ces filières, nommément la SOTOCO, et OTP/IFG transformée en SNPT (Société Nouvelle des Phosphates du Togo).

    Une attention particulière sera accordée au secteur qui emploie 70% de la population, le secteur agricole, la voie idéale pour améliorer les conditions de vie des populations. Renforcement du cadre légal et institutionnel, restructuration du monde rural, professionnalisation des filières agricoles, amélioration durable de l’accès aux ressources productives et aux marchés, revalorisation des produits tels que le café, le cacao, le karité, le soja, l’arachide et les fruits et légumes, voilà des voies explorées pour y arriver.

    Le gouvernement projette entreprendre des réformes en profondeur aussi bien au niveau du système bancaire qu’à celui du sous-secteur de la micro finance, pour permettre l’accès facile aux ressources financières, et entend aussi développer les infrastructures de transport (le transport terrestre avec la construction et le renforcement des pistes rurales, les voies urbaines, les ponts, la réhabilitation du réseau ferroviaire), les ressources énergétiques notamment l’électricité, la biomasse, les énergies renouvelables, le secteur des télécommunications et surtout les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

    La Culture occupe également une place de choix dans ce grand chantier de croissance économique et du développement.

    * Créer les conditions minimales d’accès aux services essentiels
    Convaincu que la croissance et le développement économique seraient un leurre si l’on ne place pas l’homme au centre de toutes les stratégies, le gouvernement s’est assigné pour défi la création des conditions pour que chaque Togolaise et chaque Togolais puisse accéder de manière équitable à un paquet minimum de services essentiels, indispensables pour accroître la productivité du travail, ces services allant de la Santé à l’Education en passant par des services sociaux tels que l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la protection sociale.

    En matière de Santé, le gouvernement entend renforcer le système national en intégrant la santé de la mère et de l’enfant au centre des préoccupations, en favorisant l’accès aux services de prévention, de traitement, de soin et de soutien aux malades vivant avec le VIH/SIDA, en luttant contre le paludisme et la tuberculose, bref la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en matière de Santé. Et on promet le lancement pour bientôt de certaines initiatives.

    L’Education et la Formation ne seront pas négligées. Komlan Mally se fixe, entre autres priorités, d’assurer l’éducation primaire pour tous à l’horizon 2015, la fourniture d’équipements scolaires,  d’améliorer l’accès de l’enseignement supérieur à toutes les couches de la population, de promouvoir l’alphabétisation des adultes…

    La fourniture de l’eau potable à bon nombre de ménages, la création des conditions d’accès pour tous les Togolais à un logement décent et à la portée de toutes les bourses, l’amélioration de la protection sociale des couches pauvres et vulnérables de la population, notamment les personnes âgées, les handicapés, les enfants d’une manière générale et plus particulièrement les orphelins et autres enfants rendus vulnérables du fait du VIH/SIDA tiennent aussi à cœur à l’équipe Mally. 

    * La réaffirmation de la place du Togo dans le concert des Nations
    Le gouvernement projette tout simplement ici de polir l’image du Togo ternie par les événements sociopolitiques à travers la redynamisation de la diplomatie togolaise, le placement de cadres togolais dans les institutions internationales pour une meilleure représentativité du pays à l’extérieur, en somme des voies d’intégration rapide.

    Des déficiences
    De l’avis de plusieurs observateurs avisés, le programme Mally souffre de déficiences et ne reflète pas assez les réels besoins qui se posent. Le grand constat est le très peu de coloration sociale du programme.

    En effet, avec les législatives qui viennent d’être organisées, la coopération avec l’Union Européenne est rétablie. Puisque c’est la rupture de la coopération qui est évoquée par les gouvernants pour se dérober à leurs responsabilités, les populations attendent de ressentir dans leur vécu quotidien cette reprise. C’est justement les réels besoins des populations que l’Union des Forces de Changement a retracés dans la déclaration de  son groupe parlementaire. Mais visiblement, Komlan Mally n’a qu’ébauché le social, au profit de l’économique.

    Sur le plan politique, on attendait le Premier ministre sur le terrain de la lutte contre l’impunité. Mais c’est une amorce timide qui a été faite de ce chantier, pourtant important pour la réconciliation nationale.

    Pour réaliser ce programme assez ambitieux, Komlan Mally devrait se donner les moyens. Il devrait s’entourer de personnes ressources, des gens qui ne sont préoccupés que par le simple souci de servir le Togo, rien que ça. Mais voilà qu’il s’est fait entourer, rien que « des hommes du président », ces gens qui ont le plus souvent d’autres desseins à réaliser. C’est donc déjà un mauvais départ que prend Komlan Mally.

    Tout compte fait, le moindre mal qu’on puisse lui souhaiter, c’est de réussir la mission qu’il s’est assignée, au risque de se voir titiller à tout bout de champ par l’opposition parlementaire et extraparlementaire. 

    TINO Kossi

    Difficile cohabitation à Agoè Zongo : Une église catholique victime d’actes de vandalisme
    .Plus d’une dizaine de personnes interpellées
    Dans la matinée du mardi 18 décembre 2007, l’égl