|
Le temps où la seule évocation du nom « Eperviers » faisait la fierté et le bonheur du public togolais est-il révolu ? C’est ce qu’on est tenté de croire. Depuis la brillante qualification de la sélection nationale aux phases finales de la CAN et du Mondial 2006, plus rien ne semble marcher pour les Eperviers du Togo. La preuve fut l’élimination sans gloire de l’Equipe nationale la dernière phase de la Coupe d’Afrique des Nations au Ghana malgré son titre de mondialiste. C’est d’ailleurs le seul mondialiste parmi les pays africains à ne pas se qualifier pour la CAN.
Si les acteurs du football, surtout les dirigeants ne se ressaisissent pas vite pour mettre de côté leurs divergences et penser rien qu’à l’intérêt supérieur du football togolais, on risque de connaître le même sort qu’à la 25è édition de la CAN au Ghana, c’est-à-dire ne pas être présent en Angola.
En effet, les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2010 ont démarré ce week-end sur le continent. Les Eperviers qui recevaient samedi à Accra Stadium les Chipolopolo sont venus difficilement à bout d’une équipe zambienne combative et conquérante (1-0).
Une victoire togolaise qualifiée de hold-up part certains au vu de l’ensemble de cette rencontre où l’équipe zambienne ne méritait vraiment pas ce coup du sort.
Les Eperviers ont exposé des lacunes criardes pour lesquelles, il faudra vite remédier si on veut aller loin dans ses éliminatoires. On n’a pas retrouvé sur le terrain l’équipe togolaise qu’on a toujours connue.
D’ailleurs, il ne peut en être autrement. Pendant que les autres se préparaient activement pour cette rencontre, nous on s’illustrait dans nos éternelles querelles intestines. Résultat : on s’est présenté à Accra sans aucune préparation, sans compétitions. L’équipe togolaise a présenté une prestation d’une rare médiocrité ponctuée d’un coaching discutable. De l’autre côté, on a retrouvé une équipe zambienne qui a accompli une performance de haut vol alliant technique et maîtrise. Dominateurs, tout au long de la rencontre, les Chipolopolo ont pêché à l’attaque où ils ont raté les nombreuses occasions où ils ont eues. Et ils ont payé cash par ce but assassin de Olufadé Adékamni à la 16è minute. Les Zambiens vont courir derrière ce but jusqu’au coup de sifflet final.
Tout compte fait, c’est une bonne entame pour l’équipe togolaise dans cette poule à trois où seul le premier sera qualifié. Le samedi 7 juillet les Eperviers se déplacent à Mbabane pour affronter le Swaziland pour le compte de la seconde journée. Le souhait partagé par le public sportif togolais est qu’ils reviennent avec une victoire.
Les à-côtés du match A cause de la suspension du stade de Kégué par la Confédération Africaine de Football (CAF), les Togolais se sont transportés au Ghana pour livrer le match de la première journée des éliminatoires combinées CAN et Mondial 2010.
C’est donc le stade Ohene Jah d’Accra qui a abrité la rencontre Togo-Zambie qui a vu la victoire des Eperviers sur les Chipolopolo par 1 but à zéro.
Mais les supporters togolais qui se sont rendus à Accra pour encourager leur équipe ont eu d’énormes difficultés pour traverser la frontière. Les agents qui surveillent la frontière du côté du Ghana exigeaient 18 000 FCFA de chaque voiture. Les supporters eux-mêmes devaient payer l’équivalent de 500 F avant de traverser la frontière même s’ils sont en possession de leurs pièces d’identité.
Cette situation a beaucoup embêté les Togolais. On a finalement comme l’impression que les Ghanéens ne prennent pas au sérieux les différentes sensibilisations qui sont organisées dans le cadre de la circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO. L’institution sous régionale a encore fort à faire pour amener les Ghanéens à la raison.
Les Eperviers déplumés par les Chipolopolo à Accra Les Eperviers du Togo ont bien sûr gagné les Chipolopolo de la Zambie par 1 but à zéro lors du premier tour des éliminatoires CAN et Mondial 2010. Mais il faut avoir l’honnêteté de dire qu’ils ont produit un jeu médiocre. Ils ont été dominés de bout en bout de la première jusqu’à la dernière minute de la partie. Le milieu du terrain togolais était devenu une véritable passoire pour les frères Katongo. A voir le match, on dirait que c’est une équipe de quartier du village Tindjassi qui jouait contre l’équipe brésilienne. On ne dirait pas que les Chipolopolo avaient un mondialiste en face. Et c’est le choix tactique mis en place par le coach Henri Stambouli qui était à l’origine de cette piètre prestation. Le coach a sacrifié complètement son milieu de terrain, ce qui est contraire au football actuel. En dehors des 4 défenseurs que sont : Daré Nibombé, Tchangaï Massamesso, Mama Gafar et Sénaya Mawouto, l’entraîneur a aligné deux autres défenseurs comme milieu défensif. Il s’agit de Eninful Kakla et Akoto Eric. Alaixys Romao a été également positionné en milieu défensif. Il n’y a donc aucun milieu offensif dans l’équipe avec trois attaquants, Adebayor Sheyi, Olufadé Adékamni et Robert Malm . Au total on a eu 6 défenseurs, un milieu de terrain et trois attaquants dans l’entre-jeu togolais. Cela n’a vraiment pas marché. L’équipe a donc peiné durant toutes les 90 minutes.
Finalement, beaucoup se sont demandés si les deux assistants, Tchanilé Tchakala et Mawuéna Kodjovi ont vraiment aidé le nouveau coach dans le placement des joueurs sur la pelouse. Aussi l’entraîneur Henri Stambouli a-t-il porté son choix sur certains joueurs qui depuis un certain temps brillent moins bien en sélection. Il d’agit surtout de Sénaya Mawuto et Akoto Eric.
Il urge qu le nouveau sélectionneur accepte vraiment de collaborer et que ses deux assistants qui connaissent mieux les joueurs l’aident dans sa tâche. C’est comme ça que le Togo pourra aller loin dans cette compétition. Comme quoi le jeu produit par les Eperviers le samedi dernier a laissé de nombreux supporters qui ont fait le déplacement d’Accra sur leur faim. M.A.
Discrimination dans le traitement des journalistes Depuis un certain temps, une discrimination est constatée dans le traitement des journalistes au niveau de la Fédération Togolaise de Football. Ainsi, pour des raisons inavouées, certains journalistes sont indésirables à ceux qu’on confie la gestion des médias.
Pour le cas par exemple du match Togo-Zambie, on a fait croire aux médias que la Fédération ne pouvait prendre en charge que 7 journalistes. C’est ainsi que la Radio Sport FM, Télésport et les médias d’Etat ont été sélectionnés. Mais curieusement à Accra, beaucoup étaient étonnés de constater qu’au moins une vingtaine de journalistes des médias privés logeaient dans le même hôtel que la délégation. Comment s’est fait le choix de ces journalistes et à quel frais ? Voilà la question que beaucoup se posent. Et le constat était que ce sont les journalistes supposés proches du Vice-président de la FTF, Gabriel Améyi qui étaient les plus choyés. Les autres ont été carrément mis à la touche. Par ailleurs, on a eu à constater que d’autres personnes ont été substituées aux membres de la commission de presse de la FTF. Cette situation n’est pas de nature à résoudre les problèmes qui minent aujourd’hui la Fédération. G.K.
Sans détour Hommage aux héros de Lungi « C’est que la Mort, planant comme un soleil nouveau, / Fera s’épanouir les fleurs de leurs cerveaux ! » (Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal)
3 juin 2007 – 3 juin 2008, il y a un an qu’une délégation togolaise s’est rendue en Sierra Leone pour le match retour des éliminatoires de la CAN 2008. Les Eperviers avaient besoin d’une victoire au cours de ce déplacement. En dépit des problèmes que connaissait la Fédération et du refus de certains joueurs de prendre part à cette rencontre, Atsu Frank, le capitaine du jour, et ses coéquipiers se sont surpassés pour arracher les trois points. On se souvient de ces images montrant la joie de la délégation togolaise après le but de Sénaya Junior. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Richard Attipoé, le Conseiller de la Fédération Théodore Amégnran et autres exultèrent. Derniers gestes dans la vie ? Dernière expression de joie pour leur séjour ici-bas ? Personne ne pouvait répondre à ces interrogations qui rendent compte de notre finitude en tant qu’être humain. Ils auraient rigolé si quelqu’un leur avait dit qu’ils étaient dans leurs derniers instants.
Mais le sort en a décidé ainsi. La première partie de la délégation est montée à bord d’un hélicoptère vieux et bringuebalant qui fait des allers-retours entre Freetown et Lungi. Cet appareil ne retournerait malheureusement plus dans la capitale sierra léonaise. Il s’est écrasé et les 21 personnes à bord ont toutes péri. Malgré les cris de détresse et les lamentations des passagers, personne n’est venu les secourir. Dans cet aéroport international de Lungi, il n’y avait pas de sapeur pompier. Un témoin oculaire qui faisait l’entretien de l’avion de ligne gabonais pris par la délégation togolaise pour se rendre en Sierra Leone raconte le drame : « Quand j’ai entendu une première explosion dans l’intervalle de 5 à 10 minutes, j’ai commencé par crier pour appeler au secours. L’hélicoptère s’est bloqué et l’appareil a fait une chute libre. C’est arrivé au sol qu’il y a eu la deuxième explosion. Et l’appareil a pris subitement feu. Je continuais à crier mais il n’y a eu aucun secours. J’entendais même les cris des gens qui étaient en détresse dans l’hélico. Mais malheureusement, il n’y a pas eu de sapeur pompier qui puisse intervenir tout de suite ». Ainsi, périrent le ministre de la Jeunesse et des Sports Richard Attipoé, le Conseiller de la Fédération Théodore Amégnran, le Comptable au ministère des Sports Akohin Nestor, le Conseiller du ministre des Sports Aladji Fredy, le Comptable de la Fédération Dahin Koffi Albert, le Secrétaire Bakou Bassirou, le chauffeur coursier Bomboma Goutane, l’attachée de direction Mlle Kudzi Sélom, la journaliste Mme Amouzou Messah Olive, Mme Affoh épouse du Trésorier adjoint de la FTF, Mme Kondika Gado épouse de Kodjovi Mawuéna, Lissassi Koffi, Adom Madanawè, l’agent de voyage attitré de la FTF Diaw Boli, ainsi que les six membres de l’avion de ligne gabonais. Ces braves personnes qui s’en sont allées, sont toujours présentes dans la mémoire collective. Elles ont perdu leur vie pour une cause nationale et pour la gloire du football togolais. Leur nom est intimement lié aux Eperviers qui viennent de leur rendre un véritable hommage par cette victoire samedi face aux « Boulets de cuivre » (Chipolopolos) de la Zambie.
Après le crash de Lungi, les Togolais n’ont plus connu de joie et la victoire a commencé par nous fuir. Mais à quelques jours de l’anniversaire de votre disparition, Adebayor et les siens ont montré la voie en remportant le match ô combien difficile face à la Zambie. Même si nos ambassadeurs ont souffert, il ne faut retenir que le côté positif et l’ambiance qui a régné au cours de cette rencontre. La Zambie n’est pas un petit morceau à croquer jusqu’à la moelle. Encourageons-les et commençons par préparer sereinement le déplacement de Swaziland. Une victoire devant les Swazis permettra aux Eperviers de prendre le large dans un groupe réduit à trois pays après le forfait de l’Erythrée. C’est tout ce que nous pouvons faire pour saluer la mémoire des héros de Lungi. Zeus Aziadouvo |