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3 juin 2007 - 3 juin 2008, il y a un an se produisait le crash de Lungi. Ce jour-là, un hélicoptère de la compagnie Paramount Airlines a crashé. 21 personnes dont 13 Togolais ont péri. Un an après, les conclusions de l’enquête internationale ouverte après ce drame ne sont toujours pas connues. Et les parents des victimes ont du mal à rentrer dans leurs droits. Ce qui les a obligés à assigner la compagnie « Fidelia Assurance », l’assureur de la FTF (Fédération togolaise de football) en justice.
Selon Me Dodji Apévon, l’avocat du collectif des parents des victimes du crash de Lungi, la compagnie «Fidelia Assurance» est actuellement assignée au tribunal de première instance de Lomé. D’après lui, il est reproché à cette compagnie son refus d’indemniser les parents des victimes du crash précité. Le fait étant qu’il se pose un problème d’interprétation des termes du contrat d’assurance qui lie la FTF à son assureur.
En effet, cette convention stipule que : « Le volet Police d’accident prend en compte la délégation de la FTF à concurrence de 45 personnes (joueurs et dirigeants) non dénommées ». C’est à ce niveau que se situe la pomme de discorde entre la FTF et son assureur. D’après les informations, l’assureur ne veut traiter que le dossier du regretté Amégnran (conseiller de la fédération). Car pour l’assureur, ce dernier est le seul « dirigeant » de la FTF parmi les victimes du drame.
Pour cette compagnie, les autres victimes « ne sont ni joueurs ni responsables » de l’instance dirigeante du sport roi au Togo. Et pour cause, en dehors de M. Amégran, les victimes du drame sierra léonais sont pour la plupart des employés de la FTF.
Des arguments que la Fédération et les proches des victimes réfutent. D’après ces derniers, il n’y a pas lieu de semer la confusion dans les esprits. Dans une déclaration rapportée par le journal L’Equipe sportive dans sa parution du 06 mars dernier, ils estiment que le « texte est bel et bien clair : 45 personnes non dénommées » signifie que la FTF forme sa délégation comme elle l’entend. Ceux qui font partie d’une délégation représentent la structure ou l’institution … ».
Toutefois, d’après Me Apévon, le gouvernement togolais a versé une somme de 2.000.000 de F CFA (deux millions) en guise de soutien à chacune des familles des 13 victimes togolaises. Outre ce geste financier, l’Etat a organisé des funérailles en mémoire des « illustres » disparus. L’ensemble des 21 victimes a été décoré à titre posthume par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé. Par ailleurs, un deuil national de 03 jours avait été aussi décrété.
Des tractations pour élucider les circonstances du crash Au lendemain de la catastrophe, l’Etat togolais a diligenté une enquête dite «préliminaire» pour comprendre les raisons du crash de l’hélicoptère qui a semé le deuil au sein de la nation togolaise. Cette première enquête, dirigée par un Togolais, conclut « approximativement » à un accident. « La cause probable de cet accident serait la perte des pales du rotor principal qu’on retrouve sur la trajectoire de l’hélicoptère à environ 100 à 175 mètres du point d’impact. Une des conséquences de cette situation est l’endommagement de toute sorte de circuit qui a développé le feu à bord de l’appareil», peut-on lire dans ce rapport. Un officiel togolais proche du dossier a pour sa part déclaré que l’appareil a dû certainement avoir une défaillance technique. Toutefois, cette thèse est rejetée par certaines personnes, notamment le propriétaire de la compagnie qui semblait s’orienter vers la piste d’un attentat. Est-ce un moyen pour lui d’éluder les éventuels dommages ou avait-il des éléments susceptibles d’orienter les enquêteurs ?
D’après une mission du gouvernement togolais conduite par Me Gahoun Hégbor, alors ministre de la Communication et de la Formation Civique « les hélicoptères qui assurent la liaison entre l’aéroport de Lungi et la ville de Freetown sont de vieux appareils russes».
Après cette étape, une seconde enquête, cette fois-ci internationale, (elle regroupe des experts togolais, sénégalais, gabonais, sierra léonais et français ; les pays d’origine des victimes du crash) sera diligentée. Elle a commencé ses travaux depuis juillet 2007. Pour l’heure, elle n’a pas non plus livré ses conclusions.
D’après Me Apévon, le collectif des victimes attend toujours le rapport de cette enquête pour enclencher le processus d’indemnisation auprès de Paramount Airlines.
Pour rappel, le dimanche 03 juin 2007, 21 personnes dont 13 Togolais (parmi lesquels le ministre de la Jeunesse et des Sports d’alors, Richard Kwakou Attipoé) ont succombé dans un crash d’hélicoptère à Lungi en Sierra Léone, après le match comptant pour la 4ème journée des éliminatoires de la CAN Ghana 2008 (Coupe d’Afrique des Nations) entre les Leone Star et les Eperviers. La joie des Togolais issue de la victoire 1 but à zéro sur les Sierra Léonais n’a été que de courte durée ; le deuil s’est emparé du peuple togolais tout entier. L’appareil, un hélicoptère appartenant à la compagnie « Paramount Airlines » et qui transportait une partie de la délégation togolaise s’est abîmé sur le tarmac de l’aéroport de Lungi lorsqu’il tentait de se poser. Selon plusieurs témoins, une série d’explosions a été entendue à bord de l’appareil avant sa désintégration complète sur le sol. Aucun système de secours n’étant en place à l’aéroport de Lungi, les appels incessants au secours des sinistrés sont tombés dans le néant. L’incendie qui s’est déclenché à bord de l’appareil a calciné les corps des passagers.
Un an après ce drame, le peuple togolais se souvient de ses fils morts loin de leur terre natale pour la cause du football national. Une discipline qui semble renaître de ses cendres après la victoire 1 but à zéro des Eperviers sur les Chipolopolo samedi dernier, après des crises interminables entre des responsables de la FTF.
Noël Y. A. glissou
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