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En fin de semaine dernière, Henri Stambouli, sélectionneur pressenti des Eperviers du Togo, a dénoncé les « meilleures habitudes » de la Fédération Togolaise de Football (FTF) avant de filer à la française, pardon, à l’anglaise. A priori, les ponts étaient rompus et personne ne misait sur un retour du technicien français. Sauf M. Antoine Folly, son agent, s’il vous plaît, nous voulons dire Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, qui annonçait sur la Télévision nationale son come- back avec bien sûr quelques joueurs dans son bagage. Il pourrait signer son contrat aujourd’hui. Mais la Rédaction de « Liberté » a réussi à avoir une copie de ce contrat complaisant sur toute la ligne. Et vu la situation qu’il a créée avant de partir, les autorités togolaises seraient sérieuses avec elles-mêmes si elles déboutaient ce « boucantier ».
On ne cessera de le dire. La procédure de recrutement d’un sélectionneur national a été viciée dès le départ. L’implication ô combien « désintéressée » du ministre des Sports dans le choix du sélectionneur a fait traîner la signature du contrat. Ce qui a fait sortir de ce gong Stambouli qui a adressé des piques à tous les acteurs du football togolais. L’inorganisation de la FTF a été pointée du doigt. Il a dénoncé « une pagaille organisationnelle indescriptible au sein de la FTF ». « Je suis très déçu et je vais partir. Je dois signer mon contrat depuis très longtemps mais on va de report en report. On ne signe pas un contrat avec un entraîneur à la veille d’une compétition », a-t-il martelé. Et pour dire qu’il est un type « sérieux » qui est en phase avec ses déclarations, il est revenu pour signer son contrat demain. C’était jeudi 22 mai qu’il tenait ce discours, à neuf jours de la compétition. Maintenant qu’il reste trois jours pour le début des hostilités, il a accepté signer le contrat. Quelle inconséquence !
Parlant du premier match des Eperviers contre les Chipolopolo de la Zambie, il a laissé entendre qu’il ne veut pas être responsable d’une fausse note à la suite de cette rencontre. « Seulement qu’il y a certaines choses qui se passent au sein de la Fédération. Par exemple, on veut m’imposer un adjoint. J’ai refusé parce que je ne fonctionne pas de cette manière. Il y a de bonnes chances quie je rentre demain (vendredi 23 mai, ndlr). Je reviendrai quand tout sera prêt. Car je ne veux pas être le bouc émissaire du match contre la Zambie », a-t-il tranché. Qu’est-ce qui a changé en l’espace de sept jours ? Quelle garantie a-t-il à présent pour ne plus être le « bouc émissaire du match contre la Zambie » ?
Avec ce que ce monsieur a débité, il est malveillant de lui confier les destinées de l’équipe nationale. On court un danger en le faisant revenir. Il n’est pas exclu de nouvelles crises de confiance entre lui et les membres de la Fédération.
En outre, le contrat que nous vous reprenons en intégralité, est très complaisant et montre à suffisance qu’il s’agit d’un business bien fignolé entre le sélectionneur et celui qui se bat pour le faire revenir. C’est un « messie » tout trouvé à qui on confie tout. Vous allez vous en rendre compte en lisant le document.
L’autre raison pour laquelle le gouvernement et la Fédération ne doivent pas signer ce contrat concerne le nouveau marché que le technicien français vient d’arracher à Istres, un club de 3ème division française. Tous les médias internationaux ont annoncé qu’il a signé un contrat d’entraîneur à Istres. Mais son « agent » Antoine Folly est monté au créneau pour démentir tout le monde. « Stambouli a signé un contrat de conseiller et non un contrat d’entraîneur », a-t-il affirmé sur la TVT lundi. Fervent défenseur des causes du Français, le ministre a indiqué qu’il lui avait parlé de cette éventualité mais qu’il a assuré qu’il se consacrerait au Togo. Il a ajouté qu’il a des amis à Istres et qu’il leur aurait signifié : « Comme vous prenez notre entraîneur, nous aussi, nous allons gagner quelque chose. Vous allez par exemple accueillir des stages de notre équipe nationale. Ils ont accepté ». Des propos « mielleux » pour endormir tout le monde et que Stambouli a repris à son compte dans une interview hier sur BBC. N’importe quoi.
Qu’est-ce que Henri Stambouli a de si spécial que le ministre se cramponne à lui ? Voilà la question que se posent nombre de Togolais. Il y a anguille sous roche. On ne comprend pas pourquoi on veut à tout prix lui faire signer alors qu’il a des engagements ailleurs. Une fois qu’on a confié le chantier au duo Kodjovi Mawuéna-Tchanilé Tchakala, qu’on laisse Stambouli à Istres. Il suffit de reprendre les dossiers de candidature et de les réexaminer. Cet homme n’est pas le seul au monde et à ce qu’on sache, il n’a pas décroché la lune aux Maliens, encore moins aux Guinéens qu’il a déjà servis. R. Kédjagni |