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FTF : Les maîtres de l’ombre d’une diabolique machination A qui profitent les déchirements entre Tata Avlessi et Gabriel Améyi ?

Forum de la Semaine du 17 avril 2008
Plus un jour ne passe sans qu’on ne voit à travers la presse l’étalage des déchirements qui opposent Tata Avlessi de Mass, Président de la FTF et Gabriel Améyi, son 1er Vice-Président. Chaque camp y va de ses argumentations pour démontrer que le diable, c’est l’autre. Mais avec le recul, l’on constate que ce cafouillage monstre qui n’a pour seul mérite que de nuire aux deux protagonistes principaux profite à certaines personnes qui tirent les ficelles dans l’ombre. Leur stratégie est très simple mais non moins pernicieuse : servir par coups successifs les « petits secrets » de l’un et l’autre, les fragiliser et les amener à la rupture totale pour à la fin tirer les marrons du feu.

Au commencement était le congrès du 09 janvier 2007
Le 09 janvier 2007, Tata Avlessi « débarqua » (le mot n’est pas de trop) Rock Gnassingbé de la présidence de la FTF. C’était un coup de tonnerre que voilà l’euphorie de cette «révolution». L’intéressé lui-même, obnubilé par son tour de force, n’avait pas vu qu’il y avait cinq paramètres à gérer par après :

  • D’abord, il est un « illustre inconnu » débarqué de nulle part et donc n’a pas d’ « appuis » dans les sérails du pouvoir. Il n’a pas ses affaires au Togo et donc pas « contrôlable ».
  • On ne lui connaissait pas une affinité à l’une des nombreuses « fraternités » où se font et se défont les choses au Togo, et donc encore ici pas de mentor. Sauf celui qui l’a promu,Rock Gnassingbé à qui il a vite fait de tourner le dos.
  • Il n’est pas de l’ethnie qui domine les réalités politiques au Togo doublé du fait de n’être pas sorti d’une des grandes familles séculaires du pays.
  • Enfin, il a déboulonné un « fils d’Eyadéma ». Sous réserve de toute insinuation, cela a un sens. Il ne faut pas voir ici une quelconque interférence de son prédécesseur dans ses déboires passés et présents, mais il faut comprendre tout simplement que cela a un sens.

Le même 09 janvier 2007, Gabriel Améyi qui se fit élire 1er Vice-président à sa suite eut le malheureux réflexe de refuser de serrer la main de Tata Avlessi. Nul ne saura ce qui s’était passé dans sa tête en ce moment précis, mais toujours est-il que c’est ce geste inamical qui servira de ferment à ceux qui sont tapis dans l’ombre pour exacerber la crise. Les dés étaient jetés ainsi pour une collaboration au sein du BE de la FTF des plus explosives. Et six (6) mois seulement après, ce fut le crash avec la survenue de cette rocambolesque affaire de corruption d’arbitres pendant la CAN U-17. Cela va durer dix (10) mois avant que Tata ne soit blanchi et renaître de ses cendres.

Cette période est très cruciale dans la compréhension des agitations actuelles qui secouent la FTF.

Le CPG pour enterrer l’épopée Tata Avlessi
Le Comité Provisoire de Gestion (CPG) de la FTF avait eu la mission clairement bien définie de gérer les affaires courantes et d’organiser les élections pour pourvoir au renouvellement du BE de la FTF en plein déchirement et cascade de démissions dans un délai de six (6) mois. A l’époque Tata Avlessi venait d’écoper de huit (8) ans d’inactivité sportive et s’était pourvu en appel devant le Jury disciplinaire de la CAF. Son affaire était donc toujours pendante, ce qui suppose qu’il bénéficie de la présomption d’innocence, ce qui lui donnait toujours le droit, sans qu’on ne le dise, de se prévaloir du titre de Président de la FTF. Mais le CNOT avec l’onction du gouvernement met sur pied le CPG, et lui-même Tata Avlessi commet la grosse bourde de lui passer le relais.

Ici, il ne faut voir qu’un retour d’ascenseur que Tata Avlessi envoie superbement à Gabriel Améyi, son 1er Vice-président qui devrait hériter le haut de la direction du BE. Les maîtres de l’ombre, eux, venaient de réussir leur première grande manœuvre par ce double coups : mettre Tata Avlessi d’un côté et Gabriel Améyi de l’autre hors jeu et ainsi aller aux élections sans encombre.

C’était bien huilé mais des fâcheux contretemps vont gripper toute la manœuvre. Les problèmes hérités des six (6) mois de cacophonie au sein du BE élu le 09 janvier 2007 étaient plus colossaux que prévus et les six (6) mois sont passés comme peau de chagrin sans qu’il y ait eu élections et renouvellement du BE, et même avant cela remettre la machine FTF en marche.

Un trouble-fête nommé Antoine Folly
L’actuel ministre des Sports et des Loisirs Antoine Folly dans son entêtement de réunir ensemble le reste du BE (sans Tata Avlessi qui entre-temps s’est pourvu en cassation devant le Tribunal Arbitral des Sports après que le jury disciplinaire de la CAF a corsé sa peine de huit (8) ans en une suspension à vie) fut la seconde emmerde qui est venue contrarier la volonté de ceux qui veulent s’accaparer les rennes de la FTF.

On ne comprend jamais cette résistance du CPG à s’accrocher aux affaires alors que son mandat a expiré, et même son renouvellement de trois (3) mois refusé face aux efforts du ministre Antoine Folly de réunir les « élus » du 09 janvier 2007. Pour des personnes qui ont été « cooptées » pour pallier à une situation de crise et limitées dans le temps, c’était tout simplement inimaginable.

Et revoilà Tata Avlessi
C’était peut-être l’évènement que les uns et les autres attendaient le moins. La décision du TAS eut d’abord le mérite de surprendre Tata Avlessi lui-même. La preuve est que s’il savait dur comme fer qu’il allait sortir de ce qu’il appelle « complot », il n’allait pas passer la main à une structure comme le CPG chargé de lui trouver un remplaçant. Sa seule stratégie de ne pas laisser Gabriel Améyi jouir à sa place ne peut pas l’expliquer.

Le CPG aussi fut surpris car son obstination à ne pas lâcher prise devant le BE réhabilité cachait mal ses intentions. Enfin le BE réhabilité aussi eut sa dose de surprise. Si les « pro-Tata » et « pro-Améyi » avaient décidé de se remettre à l’ouvrage, c’est que Tata Avlessi était passé par pertes et profits. Tout leur mérite est qu’ils affirmèrent qu’ils se remettaient ensemble au cas où Tata Avlessi serait blanchi. Même si ce n’était pas du fond du cœur, c’était dit au moins. Tata était donc revenu et tout le monde espérait qu’au nom de la « réconciliation » proclamée dans les deux camps, tout irait pour le mieux, du moins pour les apparences. Mais c’était sans compter avec les révélations croustillantes sur Tata Avlessi et Gabriel Améyi distillées à travers la presse.

L’époque des « affaires » pour…
Tata Avlessi a fait ci, Gabriel Ameyi a fait ça ! Ce sont les litanies habituelles qui agitent le sommeil des Togolais jusqu’à obscurcir les véritables enjeux qui attendent le football togolais à savoir le choix d’un sélectionneur pour les Eperviers, le démarrage du championnat national, les échéances des préliminaires de la CAN-Mondial 2010,…. La finalité est de pousser les Togolais à la lassitude et comme cela, décréter l’impossible cohésion au sein du BE de la FTF et conclure à son renouvellement, comme curieusement la même mission confiée au CPG. Tout semble apparemment être dit à ce niveau. D’ailleurs, c’est cette option que distillent habilement les « troisièmes larrons » parallèlement aux escarmouches qui agitent le BE de la FTF.

A la vérité
Tata Avlessi (surtout lui puisqu’il agit depuis son retour en cabri mort qui n’a plus peur du couteau) et Gabriel Améyi semblent des pions d’un puzzle vicieux que de petits malins essaient d’engranger pour assouvir leurs desseins inavoués. Sinon pourquoi cette succession d’affaires sulfureuses dans la presse et l’étalage des cohues qui couvrent les réunions du BE de la FTF au su et au vu des Togolais ? C’est vrai que la presse se nourrit des antagonismes des personnes publiques, mais pourquoi certains paient et commandent des articles sur autrui ? Comment un Procès-verbal de police sur une prétendue affaire de viol sur mineure et qui mettait en cause un « député RPT » s’était-il retrouvé dans les colonnes d’un « journal de l’opposition » comme les apparatchiks du pouvoir aiment à dénigrer la presse indépendante ? Comment deux « députés RPT » en arrivent-ils à se nourrir des animosités si les raisons ne sont pas ailleurs plutôt qu’en politique ? Pourquoi ceux qui étaient solidaires de l’un ou l’autre des deux protagonistes se disent-ils après coup manipulés ? Et par qui et pour quoi ?

Voilà autant de questionnements qui peuvent faire dire qu’au-delà de Tata Avlessi et de Gabriel Améyi, deux mécènes émérites du football togolais de par leurs œuvres dans ce domaine, il y a des gens de moindre envergure mais non moins pernicieux qui veulent s’accaparer le football togolais. Ce sont vraiment eux les problèmes. Et ils sont là, tapis dans l’ombre, jouant aux pompiers par ci et aux pyromanes par -là.

Ce sont eux les véritables hommes à abattre, doublés de ces présidents de clubs et Ligues qui vendent leur voix au plus offrant. Ce sont véritablement eux les fossoyeurs du football togolais.
B. Sek
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