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Le député Améyi a-t-il peur de la justice togolaise ?

Le Regard # 591 du du mardi 15 avril 2008

Des organisations de défense des droits des enfants avaient demandé au président de l’Assemblée Nationale Togolaise, la levée de l’immunité parlementaire du député Gabriel Améyi accusé de viol sur mineure. De source proche de l’Assemblée Nationale, on indique que le président du parlement aurait adressé une réponse négative à ces organisations.

Depuis que l’affaire a éclaté, il s’instaure une campagne de diversion visant à la minimiser. Tantôt il s’agit d’un malentendu qui a été vite réglé entre le député et la famille. Tantôt ce sont les ennemis du député qui ont monté cette histoire de toute pièce pour attenter à son honneur. Certains sont même allés jusqu’à trouver des motifs de règlement de compte politique. Selon les témoignages des parents de la jeune fille rapportés par des confrères, il existe des indices montrant qu’il s’est passé quelque chose. Mais ce qui agace les supporters du député Améyi, c’est que malgré le fait que le «malentendu» est réglé, l’affaire a été exhumée. Pour eux, ceux qui attisent le feu ne sont autres que des ennemis «jaloux des acquis du député Améyi».

Certains lui trouvent même des circonstances atténuantes en soutenant que même s’il a posé l’acte, il n’est pas le seul à le faire, on ferait mieux de lui coller la paix dès lors que plusieurs autorités de ce pays le font sans être inquiétées.

Il y a anguille sous roche
Les déclarations de la jeune fille devant la police corroborées par les conclusions de l’examen médical méritent une attention particulière.

«Je n’avais pas couché avec un homme avant son acte. Il m’a pris par la force pour coucher avec moi. Je criais et il me demandait de me taire.»

L’examen médical de la jeune fille a révélé «des signes de meurtrissures vulvaires (hymen déchiré) et du sperme». Qu’on le veuille ou non, le problème est posé et il appartient au député Améyi de prouver son innocence dans cette affaire au lieu d’user d’autres moyens pour l’étouffer. Cette accusation est si grave qu’on devrait mettre tout en œuvre pour que justice soit faite.

Que triomphe la vérité
Le vin étant tiré, il ne reste plus qu’à le boire. C’est vrai que le député peut s’arranger avec ses collègues députés pour éviter de se retrouver devant les tribunaux. C’est vrai aussi que le député Améyi peut compter sur la complexité de la procédure menant à la levée de son immunité pour fuir la sentence de la justice. Mais jamais, il ne pourra effacer l’opprobre que cette sale affaire fait planer sur lui et qui le suivra tant qu’il vivra et après lui sa progéniture. Et s’il s’arrange pour se soustraire à la justice aujourd’hui il la retrouvera demain. Dès lors que l’affaire a été récupérée par les médias et des ONG et qu’on en parle sur les ondes de radios internationales, la moindre des choses qu’il puisse faire c’est de s’impliquer personnellement dans la recherche de la vérité sur cette affaire s’il est conscient qu’il n’a rien à se reprocher.

Les fanatiques du député Améyi devraient plutôt l’aider à démontrer à ses détracteurs qu’il n’a pas commis l’acte qu’on lui reproche plutôt que de l’encourager à trimbaler l’étiquette de présumé violeur de mineure. Car à l’allure où vont les choses, la mobilisation ne fait que commencer. D’autres associations pourraient se joindre à WAO Afrique. Alors ce ne sera pas Améyi seul qui sera épinglé le parti politique auquel il appartient risque d’être accusé de promouvoir l’impunité en le soutenant. Et qui sait si les députés de l’opposition pourraient s’en saisir.

SI le député Améyi a peur de perdre son mandat de député, il peut s’arranger avec les instances suprêmes du RPT son parti pour être placé dans une position d’incompatibilité. Il suffit alors de lui attribuer l’une des fonctions incompatibles avec le mandat de député visées à l’article 205 du code électoral pour lui permettre de régler cette affaire, quitte à retrouver son siège dès lors que le code électoral dispose que «lorsque, cesse la cause d’incompatibilité le député retrouve de plein droit ses fonctions».

En tout état de cause, la seule manière de mettre fin à cette affaire qui risque de jeter le discrédit sur toute l’Assemblée, c’est de la passer au crible de la justice.
A. S.


FTF La guéguerre n’est pas finie

Les membres de la FTF, en dépit des déclarations rassurantes faites par moment, ne sont pas près de se pardonner mutuellement. Un président revenu et qui veut assumer ses pleins pouvoirs et un vice-Président aidé du secrétaire général à la tête d’une rébellion décidée à lui faire voir de toutes les couleurs, voilà ce qu’est devenue la FTF d’aujourd’hui, un véritable casse-tête pour le comité moral dirigé par le Ministre Bodjona.

Réunis jeudi dernier pour peaufiner un ordre du jour à soumettre aux présidents de ligues et de clubs le lendemain vendredi, les membres du Bureau ont failli en venir aux mains.

Devant à cette situation des présidents de ligues et de clubs décident de militer pour un nouveau congrès électif. Face aux résistances, une réunion des membres du Bureau Exécutif élargie à une délégation des Ligues et des clubs tenue le samedi 12 avril 2008 a décidé de la tenue d’un congrès extraordinaire au plus tard le 12 juillet 2008 pour l’adoption des textes définitifs devant régir désormais le fonctionnement de la FTF.

Un comité de six membres est chargé de la finalisation des textes de la FTF conformément aux recommandations de la FIFA dans sa lettre du 14 Mars 2008 avant leur adoption définitive. Il a été également décidé le recrutement dans un bref délai d’un sélectionneur national pour les Eperviers.

La guéguerre de la semaine dernière donne raison aux Togolais qui doutaient de la bonne marche du Bureau Exécutif avec l’arrivée de Tata que les autres membres avaient enterrés vivant. L’exhortation du Bureau Exécutif à privilégier la recherche du consensus dans la prise des décisions a de fortes chances de demeurer un vœu pieux. D’ici le 12 juillet, ça promet trois mois de guéguerre permanente et d’insomnie pour les membres du comité moral.
A. S.

 
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