• Lire l’intégralité de la lettre adressée au Président de l’Assemblée Nationale Abass Bonfoh
L’honorable député Gabriel Améyi se trouve depuis quelques semaines, au centre d’une affaire de viol d’une mineure de 16 ans qui fait la Une des journaux et qui alimente les conversations à Lomé.
Malgré le retrait de la plainte au niveau de la justice par les parents de la victime sans doute pour étouffer le dossier pour des raisons faciles à imaginer, le collectif des organisations de Défense des Droits de l’Enfant demandent au président de l’Assemble Nationale M. El Hadj Abass Bonfoh de lever sous les soixante douze heures, l’immunité du député Gabriel Améyi afin qu’il puisse répondre de son acte devant les tribunaux. C’était dans une correspondance avec ampliation entre autres au chef de l’Etat, au Premier Ministre et aux Ambassades, en date à Lomé du 07 avril 2008 adressée au président de la Représentation Nationale.
L’action de cette frange des organisations de la société civile se fonde sur le fait que l’Assemblée Nationale Togolaise a, le 25 juin 2007, voté la loi portant code de l’enfant, promulguée le 06 juillet 2007 par le Chef de l’Etat et sur la déclaration du président de la République à Atakpamé le 28 juillet 2007 à l’occasion de la campagne de lutte contre l’impunité. Une action que le collectif de la douzaine d’ONG signataires a tenu à présenter à la presse nationale et internationale au cours d’une conférence de presse organisée au siège de WAO-Afrique hier, 08 avril 2008.
Des indiscrétions font état de ce que l’action du collectif des organisations de défense des droits de l’enfant se heurte à la réticence de la justice qui rechigne à déclarer la poursuite recevable. Mais les Togolais dans leur majorité suivent avec beaucoup d’attention l’évolution de cette affaire qui constitue pour eux un moyen de mettre à l’épreuve la volonté proclamée par le gouvernement d’en finir avec l’impunité.
L’honorable Gabriel Améyi finira –t-il par être traduit devant les tribunaux conformément à la loi en vigueur ? La question reste posée d’autant plus qu’aucun enthousiasme quant à cette éventualité, n’émane encore de son parti politique le RPT qui est majoritaire à l’assemblée nationale. Pour l’heure le collectif des organisations de Défense des Droits de l’Enfant lance à travers un communiqué en date du 08 avril 2008 un appel à tous les parents d’élèves, à tous les parents, aux syndicats d’enseignants, aux associations des jeunes, aux femmes, aux médias etc, à se mobiliser « pour défendre l’intérêt supérieur de cette victime en particulier et des enfants togolais en général».
Voici en intégralité dans les lignes qui suivent, la lettre adressée au président du Parlement et le communiqué de presse cités en référence:
Les Organisations de défense des droits de l’enfant au Togo, signataires de la présente lettre trouvent l’acte posé par un membre de l’Assemblée Nationale suffisamment grave pour exiger sous les soixante-douze (72) heures, la levée de son immunité parlementaire, afin de permettre à la justice togolaise de le poursuivre.
L’Assemblée nationale est l’une des plus hautes institutions de la république togolaise. C’est elle qui vote les lois de la République. De plus, elle jouit d’une grande réputation, nationale, sous régionale et internationale pour le sérieux de son travail. Elle est l’une sinon la première sur le continent à avoir installé en son sein une Commission des Droits de l’Homme et une Cellule des Droits de l’enfant qui représentent une grande avancée au plan international. Ces dernières années, des organisations de la société civile et le Haut Commissariat des nations Unies pour les Droits de l’Homme ont dispensé des formations et des informations à ses membres en matière des Droits de l’homme et de l’enfant.
En conséquence, il est inconcevable et inacceptable que des gens mal intentionnés sabotent ce travail et cette grande réputation. Seule la levée de l’immunité de l’Honorable Améyi sous les soixante-douze heures e sa traduction en justice constitueront aux yeux de l’opinion nationale et internationale une preuve qu’il n’existe pas deux justices au Togo et que le glas de l’impunité a sonné.
Nous comptons sur votre soutien qui ne nous a jamais fait défaut et votre diligence pour lever l’immunité de l’Honorable Améyi et permettre à la justice de suivre son cours dans l’intérêt supérieur de la victime et de tous les enfants du Togo.
Les jaloux vont maigrir ! Le président Bernard Walla du CPG a enfin passé le témoin à Tata Avlessi Adaglo de Mass
Quelques trois semaines après le verdict du Tribunal Arbitral du Sport qui a blanchi l’ancien président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Adaglo Avlessi injustement impliqué dans une affaire trouble de tentative de corruption d’arbitres, tout semble rentrer en ordre à la FTF.
Hier mardi 1er avril 2008, le bureau réhabilité de la FTF présidé par Tata Avlessi a pris fonction au siège de la Fédération suite à la passation de service entre le CPG et le Bureau Exécutif. C’était en présence des membres du Comité d’Autorité Morale (CAM) à savoir le Ministre d’Etat chargé de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement M. Pascal Bodjona, du Ministre de la Jeunesse des Sports et des Loisirs M. Antoine Folly et du président du Comité National Olympique Togolais le Gal Zoumaro Gnofame. Etaient également présents à cette cérémonie les membres du Bureau Exécutif de la FTF à l’exception du 1er vice-président l’honorable Gabriel Améyi qui, d’après nos informations est évacué en France pour des raisons de santé.
L’arrivée sur les lieux de Tata Avlessi de Mass a été saluée par une nombreuse foule de Zémidjan et de sympathisants dans une ambiance entretenue par un groupe de fanfare. Prévue pour 9 heures, la cérémonie n’a démarré finalement qu’après 11 heures suite à un entretien interminable entre les membres du CPG, du CAM et du BE de la FTF.
La cérémonie proprement dite
Le premier à prendre la parole était le président du CPG M. Bernard Walla qui a fait un rappel des conditions dans lesquelles a été créé le CPG et son évolution dans le temps, avant d’évoquer toute la polémique instaurée autour du comité avant l’arbitrage de la FIFA.
Avant de terminer, il a exhorté les uns et les autres à plus de pardon pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs que par le passé.
Intervenant à son tour, le Ministre Antoine Folly de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, a donné lecture d’une correspondance de la FIFA qui a trait à la rencontre de Zurich entre la délégation togolaise dirigée par le ministre d’Etat Pascal Bodjona et la FIFA et au travail abattu par le CPG apprécié à sa juste valeur par la FIFA.
Quant au ministre d’Etat Pascal Bodjona, il a convié en un mot et le président du bureau réhabilité M. Tata Avlessi et le reste des membres du Bureau à taire leurs divisions pour servir l’intérêt du football togolais. La même exhortation a été adressée par le ministre d’Etat aux médias.
Parlant du Comité d’Autorité Moral (CAM) M. Pascal Bodjona a déclaré qu’il servira à défendre les intérêts de ces millions de togolais désireux de voir le sport roi, aller de l’avant. « Nous allons prendre le devant et défendre les intérêts des Togolais silencieux. Ce jour est un nouveau départ aussi bien pour les membres du Bureau réhabilité que pour les médias » a-t-il indiqué.
Après ce fut le moment solennel de la cérémonie, marqué par la remise officielle en mains propres, des documents de la Fédération à Tata Avlessi de Mass par M. Bernard Walla. Il s’agit entre autres du rapport financier, des avant projets de textes organiques de la FTF du contrat de fourniture d’équipement entre la FTF et la société PUMA, et du dossier des contentieux.
Intervenant après la réception des documents, M. Tata Avlessi a remercié tous ceux qui ont contribué à la «manifestation de la vérité» dans le dossier de tentative de corruption d’arbitres. Il a également remercié ceux qui lui ont «fait du mal» en montant cette affaire su son dos. Car a-t-il ironisé, « ce malheur m’a permis de me rendre populaire sur le plan mondial ». Il s’est par ailleurs engagé à mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu à la tête de la Fédération. Aussi, a-t-il promis de doter les clubs de football en équipements de qualité, de relancer le championnat national de la 2e division suspendu depuis des mois, et de redémarrer incessament les travaux de construction des sièges des ligues de Dapaong et de Mango.
Commentaire
Au regard de cette passation de service qui s’est déroulée hier sans difficulté notable, peut on affirmer sans risque de se tromper que la hache de guerre est définitivement enterrée par les principaux protagonistes de la crise à la FTF ? Est-ce que Tata Avlessi peut compter sur une franche collaboration de son Secrétaire Général Espoir Assogbavi qui a écrit à la CAF pour la féliciter de l’avoir suspendu à vie ? N’est-ce pas trop beau pour être vrai ? L’absence d’Améyi à la cérémonie ne signifie-t-elle pas que cet homme n’est pas prêt de désarmer et qu’on peut craindre d’autres rebondissements dans la crise ?
Autant de questions qui se bousculent dans la tête des observateurs, pour qui seuls paramètres qui se font jour peuvent édifier les uns et les autres sur la suite des événements.
Le moins qu’on puisse dire pour le moment c’est que, quelle que soit la physionomie de Gabriel Améyi et son clan, la passation de service a bel et bien eu lieu hier au stade de Kégué et Tata Avlessi a repris fonction. Seuls les jaloux vont en pleurer et maigrir.
Germain AYIVI