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Ce qui encore quelques jours était considéré comme une folle rumeur véhiculée par «des gens mal intentionnés pour nuire à la réputation d’un honnête citoyen» est devenu clameur. Le député Gabriel Améyi est accusé de viol sur une mineure de 16 ans. L’information a été portée à la connaissance de la presse par un Collectif des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant. C’était hier mardi 8 avril 2008 au cours d’une conférence tenue au siège de WAO-Afrique à Lomé.
Le Collectif composé de 12 Organisations de Défense des Droits de l’Enfant à savoir RELUTET, ROMAESE, RETOLTE, FODDET, RODECL, CNT/EPT, CODDESE, RESAEV, RJDDET, ROJET, WAO-Afrique et PSI révèle qu’une plainte avait été déposée contre le présumé coupable mais aurait été retirée par les parents sous contrainte. Les douze organisations crient non à l’impunité et « demandent au président de l’Assemblée nationale de lever sous les soixante-douze (72) heures l’immunité du député Gabriel Améyi afin qu’il puisse réponde de son acte devant la justice ». Elles invitent par ailleurs toute la population « à se joindre à elles et à se mobiliser pour défendre l’intérêt supérieur de cette victime en particulier et des enfants togolais en général ». (Voir la déclaration ci-dessous).
Des appréhensions Les organisations nourrissent cependant des craintes puisqu’elles estiment que le tribunal n’est pas prêt à recevoir une plainte de la société civile. « Je viens d’en être informé vu le fait que la personne a une immunité parlementaire. Le mal même, c’est que ceux qui sont appelés peut-être à juger l’affaire commencent même à évoquer l’immunité parlementaire du concerné alors qu’au fond c’est la victime qui doit dire j’ai une immunité parlementaire », a déclaré Cléophas Mally, directeur de WAO-Afrique.
« Restons vigilants et ne faisons pas des choses qui se retournent contre nous », a-t-il prévenu. Monsieur Cléophas estime toutefois que les organisations de Défense des Droits de l’Enfant doivent tout faire pour que le Togo n’ait pas deux sortes de justice, une justice pour les faibles et une justice pour les forts.
« Si les faits sont prouvés, il faut que la justice togolaise fasse bon travail. Il faut faire comprendre à l’opinion nationale et aux autorités que les vrais ennemis de ce pays, ce ne sont pas ceux qui dénoncent les violations et exactions dont font l’objet les citoyens mais ceux qui les commettent», a-t-il martelé.
A l’éventualité du refus de l’Assemblée nationale de lever l’immunité du député Gabriel Améyi, le directeur de WAO-Afrique pense qu’il faut croire aux autorités togolaises. « Je suis optimiste que notre justice ira jusqu’au bout. Nous sommes heureux de savoir qu’on est en train de réformer notre justice. Il va de l’honneur et de la crédibilité de notre pays », a fait observer M. Cléophas Mally. Et il renchérit : « Si le parlement juge qu’il ne peut pas faire triompher la vérité, nous mettons chaque député togolais devant sa conscience et sa responsabilité. Nous ne disposons pas d’autres armes que d’en appeler à leur conscience. Je crois qu’au parlement, on a des parents d’enfants, des mamans et en tant que pères et mères de famille, si quelqu’un faisait ça avec leur fille, qu’est-ce qu’ils feraient avec cette personne-là ? Et si c’est un élément de leur rang qui le fait, ça c’est à leur âme et conscience. Nous aurons fait notre travail».
Tout compte fait, les organisations sont déterminées à aller jusqu’au bout de cette affaire de viol. M.A.
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Les Organisations de Défense des Droits de l’enfant regroupées au sein du FODDET (Forum des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant au Togo) notamment les réseaux membres et WAO--Afrique, ont été informées de sources concordantes du viol d’une élève mineure de seize (16) ans par le député Gabriel Améyi.
Les parents ont porté plainte. Mais d’autres informations de sources concordantes nous parviennent que les parents auraient retiré la plainte sous contrainte.
L’acte que le député Gabriel Améyi aurait posé et le retrait de la plainte par les parents sont d’une extrême gravité.
Le 25 juin 2007, l’Assemblée nationale a voté la loi portant code de l’enfant, loi promulguée le 6 juillet 2007 par le président de la République, un acte que l’ensemble de la société civile a salué.
Ainsi certains citoyens sont présentement emprisonnés pour viol sur mineures en application de ladite loi. En outre, il est évident que le retrait d’une plainte par les plaignants n’a jamais arrêté l’instruction d’une affaire criminelle.
Les Organisations de défense des droits de l’enfant et les institutions internationales de défense des Droits de l’homme ces dernières années, ne ménagent aucun effort pour former et informer les députés en matière des droits de l’homme en général et des droits de l’enfant en particulier.
Ne perdant pas de vue la déclaration du président de la République à Atakpamé le 28 Juillet 2007 à l’occasion du lancement de la campagne de lutte contre l’impunité organisée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’ Homme (HCDH) annonçant la fin de l’impunité au Togo, et dans la perspective de ne rien faire pour saper cet effort sus mentionné, les organisations de défense des droits de l’enfant demandent au président de l’Assemblée nationale de lever sous les soixante-douze (72) heures l’immunité du député Gabriel Améyi afin qu’il puisse répondre de son acte devant la justice.
Il y va de la crédibilité et de l’honneur de son institution. Une lettre est adressée au président de l’Assemblée nationale dans ce sens.
Par conséquent, les organisations ci-dessus appellent tous les parents, les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, les associations de jeunes, de femmes, les médias, tous ceux qui aiment les enfants et tous ceux qui les ont aidées dans l’affaire Philippe Desmars à se joindre à elles et à se mobiliser pour défendre l’intérêt supérieur de cette victime en particulier et des enfants togolais en général.
Il s’agit de faire honneur à notre pays et de prouver par la même occasion que la lutte contre l’impunité n’est plus un slogan publicitaire au Togo mais une réalité quotidienne.
Il faut éviter l’amalgame, cette action n’est dirigée contre aucun parti, aucune région et aucune nationalité spécifiquement au regard de l’affaire Desmars survenue il y a tout juste deux ans. |