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SPORTS NEWS

Un comité de 3 membres pour accompagner la FTF réhabilitée

Le Regard #587 du 17 mars 2008

De retour de Zurich la délégation togolaise qui a rencontré les sommités de la FIFA a rencontré le Chef de l’Etat hier 17 Mars 2008. Selon le Ministre d’Etat, porte parole du gouvernement Pascal Bodjona, cette mission avait pour objectif d’engager des discussions avec la FIFA et essayer de trouver une solution définitive à la crise qui frappait la Fédération. « Mais, quand nous étions arrivés en Suisse, a-t-il indiqué, nous avons  appris, comme tout le monde, la décision du Tribunal Arbitral des Sports qui a blanchi l’ancien président, Tata Avlessi. C’est un nouveau facteur qui a déterminé les conclusions de nos discussions avec les autorités de la FIFA».

Pour monsieur Bodjona, le souci premier du Président de la République était d’engager des discussions dans un esprit de complémentarité avec la FIFA pour que la FTF puisse retrouver ses lettres de noblesse. «Vous savez que chez nous, le football est un facteur de rassemblement. Le président a toujours pensé à cela.

Nous avons aussi expliqué les raisons qui ont conduit le gouvernement à prendre une décision, il y a six mois, de mettre à la place de la Fédération, le Comité Provisoire de Gestion. Donc la FIFA en son temps avait appuyé la décision ou l’avis de la CAF pour que le gouvernement  puisse s’engager dans cette option. Sur ce point, il n’y a pas eu de problème, la FIFA a reconnu le travail abattu par le comité. Il n’y a pas d’amalgame à se faire. Le gouvernement avait pris une décision conforme aux textes qui régissent au plan national le Sport, au plan  de la CAF, le Sport. Et à la FIFA, nous étions conformes aux textes qui régissent le football. Maintenant, nous sommes arrivés à des conclusions qui sont importantes. Quatre décisions découlent de la rencontre de Zurich» :

Le rétablissement de Tata Avlessi comme président de la Fédération. Par voie de conséquence, l’ensemble des membres du B.E élu en janvier 2007 retrouvent leur compétence dans la gestion de la Fédération. Tout le bureau est rétabli.

De deux, nous nous sommes aussi entendus avec la FIFA pour qu’elle accélère avec la FTF le processus de finalisation des textes approuvés par la FIFA en 2006 et l’avant-projet de 2008 préparé par le CPG. Donc la FIFA aura à faire les observations nécessaires et un congrès adoptera les nouveaux textes qui régiront désormais la Fédération Togolaise de Football.

Le troisième point porte sur un audit en collaboration avec les autorités compétentes togolaises sur la gestion de la Fédération. En accord avec la délégation, la FIFA a décidé de la mise en place d’un comité qui est une autorité morale dont le rôle essentiel est d’accompagner la Fédération et son bureau fédéral dans leur mission de gestion du football. Ce comité comprend entre autres M. Pascal Bodjona, le ministre en Charge de la gestion des Associations, le président du CNOT le Général Gnofame, le Ministre de la jeunesse des Sports M. Antoine Folly. «Nous avons un rôle d’autorité morale pour que notre action renforce la réconciliation entre les membres, de créer une cohésion au sein  de la communauté du football togolais», a  conclu M. Bodjona.

A en croire donc le porte parole du Gouvernement, la FIFA n’avait donc pas désavoué le Comité Provisoire de Gestion de la Fédération. La FIFA n’a pas également trouvé d’inconvénient à ce que le Général Gnofame que la bande à Améyi redoute tant fasse partie du comité chargé d’accompagner la FTF dans sa mission. Alors, d’où sont venues les informations de certains confrères spécialistes de la FIFA attribuant au même Sepp Blatter des propos désavouant le CPG ? Mystère !
L.R


Tata Avlessi  entre la CAF et les frondeurs du B.E : Chronique d’une déstabilisation annoncée
 La décision rendue par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) dans le dossier Tata Avlessi le 11 mars 2008 vient mettre un terme à une sale affaire dont les origines remontent à une époque plus ou moins lointaine. En effet, au moment où Tata Avlessi accédait à la Présidence de la Fédération  Togolaise de Football (FTF) le 09 janvier 2007, il s’était produit des faits qui avaient déjà laissé entrevoir un mandat difficile pour l’homme de Masséda.

Bien qu’ayant été régulièrement élu à la tête de la FTF lors d’un congrès électif parrainé par les hautes instances sportives du continent et du monde, Tata a été très tôt confronté à des problèmes. Il n’est en effet pas facile de succéder à un Rock Gnassingbé qui bouclait huit ans à la tête de la Fédé, huit ans d’une gestion solitaire qui avait finalement propulsé le football togolais dans les méandres du ridicule et du déshonneur. On a encore à la mémoire, le honteux épisode de la participation du Togo à la phase finale de la Coupe du monde 2006 en Allemagne avec à la clé le psychodrame de Wagen.

Malgré sa gestion calamiteuse, Rock Gnassingbé qui rempilait pour un nouveau mandat ne s’avouait pas vaincu d’avance. Loin de là. Et les soutiens dont il disposait au sein même de la FTF n’étaient pas pour faciliter les choses. Finalement, Tata Avlessi réussira contre vent et marées à se faire élire dans une ambiance surchauffée. Sa première contrariété, il la goûtera tout de suite après lorsqu’il avait voulu serrer la main en guise de félicitation à son premier Vice-président Gabriel Améyi. Ce dernier, affichant  un air méprisant, avait refusé de saisir la main tendue. La couleur était ainsi annoncée et on savait que des surprises étaient en perspective.

La collaboration entre le Président Avlessi et certains membres du Bureau qu’il présidait était franchement exécrable. Si exécrable que certains de ses proches collaborateurs, des hommes  qui devaient parler le même langage que lui pour le bien de notre football, avaient commencé à s’illustrer dans des actes de sabotage. Gabriel Améyi qui faisait office de frondeur en Chef et quelques membres du Bureau acquis à sa cause avaient décidé de briller par leur absentéisme injustifiée mais chronique aux réunions du Bureau Exécutif.

Plusieurs bonnes volontés conscientes de la nécessité d’une entente au sein du BE pour son efficacité avaient vainement tenté de rapprocher les deux protagonistes. Si on notait une sorte de bonne volonté de la part de Tata,  Améyi et son groupe lui opposaient une mauvaise grâce qui finira par battre en brèche la solidarité d’équipe.

Les problèmes de Tata Avlessi ne se limiteront malheureusement pas à ses relations tumultueuses avec certains de ses collaborateurs immédiats. Pour avoir  ouvertement pris le parti de M. Jacques Anouma, Président de la Fédération Ivoirienne de Football qui se proposait d’être candidat à la présidence de la CAF contre Issa Hayatou en poste depuis une vingtaine d’années, Tata Avlessi verra la foudre se déchaîner contre sa personne. Ceux qui, du dehors ont juré sa perte n’ont eu aucun mal à se liguer avec ceux qui du dedans œuvraient pour la même cause. Il fallait trouver un argument pour mettre hors circuit ce Président un peu trop volontariste qui ne cache pas son envie de voir insuffler du sang neuf au football continental.

C’est ainsi  que dans un premier temps, on a procédé à l’instrumentalisation des joueurs. Les internationaux togolais  ont été montés contre le Président de la FTF. Comme les frondeurs du BE, ils s’illustraient par des actes d’indiscipline, d’insubordination et la pagaille s’installait dans les rangs des Eperviers. Au lieu de mettre un terme à cette dérive qui ne pouvait qu’être préjudiciable à notre football, il se trouvait à la Fédération, des hommes qui justifiaient la désinvolture des joueurs et accusaient le Président de la FTF. La suite de cette affaire, on la connaît. Pour mettre fin à ce « bordel », le Président Tata Avlessi a dû donner du poing sur la table en prenant une décision énergique : l’exclusion de trois joueurs de l’effectif des Eperviers. Mais ses détracteurs, toujours eux, tentent de s’emparer de cette décision afin d’en faire une exploitation tendancieuse contre lui. Finalement cette affaire trouvera une issue. Mais le pli était déjà pris.

On en était là lorsque survint l’affaire de corruption d’arbitre. Le Jury disciplinaire de la CAF, dans des circonstances douteuses, déclara Tata coupable des faits qui lui sont reprochés et lui infligea une suspension de huit (08) ans.

Contre cette décision, Tata Avlessi interjeta appel comme le lui autorisait la décision du jury disciplinaire. C’était un crime de lèse-majesté. Dans des circonstances encore plus douteuses que la précédente, le jury d’Appel, à la surprise générale, suspend Tata à vie et l’interdit de stade.

Comme s’ils n’attendaient que cette décision, et avant même que le jury d’appel ne se prononce, Gabriel Améyi entouré de ses collègues frondeurs organise une conférence de presse au cours de laquelle il lit une proclamation de prise de pouvoir. Rien ne sera fait pour soutenir, ne serait-ce que moralement Tata dans sa longue et pénible procédure devant les instances disciplinaires. Au contraire, tout était mis en œuvre pour le noyer. Des gens qui devraient être avec lui étaient devenus ses pourfendeurs et se félicitaient des sanctions prises contre lui.

Lorsque pour mettre fin à la pagaille qui s’installait à la FTF, le Comité Provisoire de Gestion (CPG) avait été mis en place, les détracteurs de Tata qui avaient beaucoup investi pour prendre son fauteuil n’ont pas cessé de s’activer. Ils finiront par rallier à leur cause les autres membres du Bureau restés fidèles à Tata.

La décision du TAS intervient à point nommé pour laver l’honneur d’un homme  victime d’une cabale et d’une odieuse machination. C’est la fin de la chronique d’une déstabilisation annoncée. Dans cette affaire, les frondeurs du B.E et la CAF qui s’est décrédibilisée  sont les plus grands perdants. Reste à chacun d’en tirer les leçons qui s’imposent.


L.R

 
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