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Tata Adaglo Avlessi échappe au complot de la CAF |
Après le verdict du TAS : Tata Avlessi entre partir et rester à la tête de la FTF Le Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne (Suisse) a levé, mardi, les interdictions à vie prononcées contre Tata Avlessi par le Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CFA) à la suite de son inculpation pour corruption d’arbitres lors de la Coupe d’Afrique des Nations U-17 disputée à Lomé du 10 au 25 mars 2007.
La formation dirigée par le juge Raymond Renjeva, président, après avoir énuméré les motifs de la décision de la CAF a conclu qu’elle n’a pas établi que M. Avlessi se serait rendu coupable d’une tentative de corruption. « Les arbitres se sont étonnés que le Jury d’Appel de la CAF se soit fondé essentiellement sur les déclarations d’un seul témoin pour désigner M. Avlessi comme «corrupteur» », note la décision tout en indiquant que « les circonstances entourant les soi-disant actes de corruption sont peu convaincantes : les déclarations contradictoires de certains témoins, le peu d’enjeu du match Togo-Tunisie des moins de 17 ans, le résultat de ce match défavorable au Togo, et le fait que l’arbitre de ce match aurait laissé, pendant deux ou trois jours, dans sa chambre d’hôtel, l’argent qu’on lui aurait versé afin de corrompre, rendent la réalisation d’un acte de corruption peu crédible ». Mais avant, la formation a relevé ce qu’elle considère comme de nombreux vices de procédures dans la décision du Jury d’Appel qui, selon elle, n’a pas respecté le principe du contradictoire et qui n’a pas permis à M. Avlessi de participer pleinement à l’administration des preuves.
A l’audience du TAS le 18 janvier dernier, seul Tata Avlessi, ses conseils et deux témoins ont comparu. L’avocat de la CAF, de son côté, a brillé par sa présence. Il a été sévèrement sanctionné par la CAF, par la suite.
Tata Avlessi qui a toujours clamé son innocence, peut se réjouir d’avoir été finalement entendu à l’issue d’une procédure qui aura en tout duré huit mois. « La CAF a perdu son procès », a-t-il déclaré sur RFI, ajoutant que l’honneur et la dignité d’un homme n’ont pas de prix.
Un dilemme cornélien Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, la réhabilitation et l’annulation de la suspension à vie de Tata Avlessi, si elles lui permettent de renouer avec le football, elles lui imposent également un choix à faire : rejoindre le Bureau réhabilité et reprendre sa place de président ou démissionner carrément. L’homme se donne un peu de temps pour y réfléchir. Mais déjà la bataille est rude entre les divers camps.
Pour l’un ou l’autre choix, Tata ne manquera pas de disciples. Mais il nous semble que le premier lui sera très difficile, car en le faisant, son mentor le Général Charles Zoumaro Gnofame, le géniteur du Comité provisoire de gestion (CPG) défunt et tous ceux qui y ont trouvé un intérêt – je veux dire les sommités et non les sous-fifres- ne verraient pas cela d’un bon œil. De plus, rejoindre le Bureau réhabilité, cela ressemblerait fort à reprendre une soupe dans laquelle on a soi-même craché. La preuve, en juillet dernier, alors qu’il venait de recevoir notification de la décision du Jury Disciplinaire de la CAF, Tata, pris de panique, s’est empressé de collaborer et de donner sa caution à la mise en place du Comité provisoire de gestion de Bernard Walla. Chose que Forum de la Semaine a fustigée car les recours lui étaient ouverts et que s’il advenait qu’il soit blanchi, c’est un droit acquis pour lui de retrouver un siège qu’il a été contraint d’abandonner. Aujourd’hui, on se retrouve dans cette configuration. D’ailleurs à l’époque, dans le vif de la publication par la CAF de la sanction qui l’interdisait pour une période de huit (08) ans, l’intéressé lui-même avait laissé entendre qu’il ne reprendra pas son poste même s’il lui arrivait d’être blanchi.
Selon plusieurs sources, De Mass n’aurait pas non plus digéré que ses amis d’hier aient décidé de rejoindre le groupe Gabriel Améyi et de solliciter auprès de la FIFA la réhabilitation du bureau élu le 9 janvier 2007. D’autre part, certaines autorités politiques pourraient lui demander de reprendre son poste pour définitivement mettre fin à la « période Améyi ». Mais là encore, Tata doit devoir vaincre l’adversité qui l’attend dans les milieux de la CAF, et cela pourrait même déteindre sur les relations FTF/CAF, chose que personne ne souhaite, surtout à l’orée des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010.
Enfin, au moment où le TAS rendait sa décision, son mentor Gnofame, est en mission à la FIFA. Certainement que l’institution de Sepp Blatter fermera une fois pour de bon le caquet aux contestataires. Mais cela suffirait-il à les décider à se taire définitivement et demander à leur poulain de rejoindre son poste ? La question est à dix dirhams.
Prendre du recul Enfin, la seconde option ne manque pas elle aussi de supporters. Pour eux, Tata ne doit plus chercher à collaborer avec tous les membres du Bureau actuel. On n’y voit pas autres choses que de « traîtres » (sic). La meilleure solution c’est de démissionner – là, encore faudrait-il qu’il se considère toujours membre du bureau et qu’auparavant la FIFA et la CAF aient entériné sa réhabilitation. « A sa place, j’irai tranquillement me reposer et penser à ce que je vais faire dans deux ou trois ans», suggérait un président de club. En l’état actuel des textes de la FTF, la démission d’un membre du Bureau Exécutif, fut-il le président ne suffit pas à provoquer de nouvelles élections. « Or c’est ce schéma que souhaitent certaines personnes qui désirent profiter de la crise pour rebondir. Mais je crois sincèrement qu’on ne peut organiser de nouvelles élections avant trois ans », ajoutait le même président de club. Dans ce méli-mélo, l’on ne doit pas non plus ignorer les décisions de la FIFA et de la CAF.
La FIFA qui avait édité une feuille de route au Président par intérim avait bien signifié qu’elle prendrait une décision finale après le verdict du TAS. Et comme on le sait, l’organe faîtière peut décider, indépendamment de la décision de Tata Avlessi, que le Bureau Exécutif réhabilité avec ou sans son président aille à la fin de son mandat.
Quant à la CAF, sa réaction après la publication du verdict est toujours attendue. Certainement qu’elle se dirait attristée et consternée par la décision et en tirerait des conclusions qui peuvent aller de l’exécution pure et simple du verdict, en faisant profil bas, à l’adoption d’une position d’intransigeance qui consisterait à ignorer complètement la décision du TAS, en s’arc-boutant sur le fait que le football génère ses propres règles qu’il applique à ses acteurs. Dans ce cas, il s’agira de la dénonciation de la convention FIFA/CIAS. Même si la dénonciation à l’heure actuelle semble peu probable, le milieu du football étant un monde surréaliste où on n’a pas d’amis mais rien que des alliés et des ennemis, les retournements de situations sont donc légion. TGA |