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L’information est tombée hier. Le TAS (Tribunal Arbitral du Sport), après étude des conclusions de la décision du jury disciplinaire et d’Appel de la CAF (Confédération Africaine de Football) et suite à la dernière comparution de l’ancien président de la FTF, Tata Adaglo Avléssi, le 18 janvier dernier, a déclaré recevable l’appel du « président de la FTF » dans l’affaire de corruption d’arbitres dans laquelle il était impliqué.
Selon les termes de la décision du TAS, « l’appel de Tata est admis ». Cette juridiction sportive déclare au même moment que « les conclusions de la décision du jury disciplinaire d’appel de la CAF sont annulées et toute autre conclusion des parties est rejetée ». Le TAS, en blanchissant Tata Avléssi, précise que cette « sentence est prononcée sans frais », hormis les 500 F suisses déposés par la partie civile (Tata Avléssi) pour le traitement de son dossier.
En outre, le TAS somme « l’intimée (la CAF) » à verser une somme de 12.000.000 F CFA au président blanchi de la FTF.
Cette décision saluée par toute la famille du football togolais va occasionner des « rebondissements » dans la crise qui mine le football national et peut-être y mettre fin. Mais encore faut-il qu’elle soit avalisée par la FIFA et que M. Avléssi accepte de revenir occuper son poste. Pour l’heure, avec cette décision, on notera la disparition définitive du CPG (Comité Provisoire de Gestion) de la FTF et le désaveu infligé à la CAF dans ses deux précédentes décisions.
Vers une collaboration entre Tata Avléssi et Gabriel Améyi à la FTF ? Interrogé sur la probabilité qu’il reprenne les rênes de la FTF, l’homme de Masséda sème le doute en affirmant : « Ce n’est pas ma priorité ».
Réagissant à la décision du TAS, il a indiqué qu’il s’agit d’abord « d’une victoire du peuple togolais et du football africain». Il a par ailleurs imploré le pardon pour « les forces du mal » qui auraient voulu le salir dans cette affaire.
A sa suite, l’intervention du président intérimaire de la FTF, Gabriel Améyi, donne beaucoup à réfléchir. Selon ce dernier, « tout le bureau se réjouit de la nouvelle ». Il est même allé au-delà de cette première réaction de « tout le bureau » pour souhaiter que « cette décision soit effective (c’est-à--dire confirmée par la FIFA)» et conduise à un retour de Tata Avléssi afin qu’ils puissent « travailler main dans la main ».
Véritables propos d’un adversaire reconverti ou simple discours de circonstance d’un homme politique ? Toujours est-il que l’analyse d’un certain nombre de faits du passé (rebuffade à une salutation le 09 janvier 2007, réconciliation de façade, désolidarisation de la bande à Améyi, exclusion des désolidarisés…), révèle que les déclarations de ces deux protagonistes de la crise à la FTF sont à prendre avec réserve. En d’autres termes, la décision du TAS, en plus d’être salutaire, peut être aussi le début d’une nouvelle crise.
Le CPG plus que jamais enterré Encore dans l’expectative d’un retour dans les murs du siège de la FTF à Kégué, (sa rencontre aujourd’hui avec la FIFA s’inscrit dans ce sens), le CPG de Bernard Walla et « ses parrains », le CNOT (Comité National Olympique Togolais) et le pouvoir RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) ont l’obligation de tenir compte de la nouvelle donne. Après le verdict du TAS, Tata Avléssi, la voie du retour à la FTF semble définitivement fermer à Bernard Walla et compagnies.
Très attendu par la FIFA, le verdict du TAS, tel que prononcé, peut conduire soit à une réhabilitation de Tata Avléssi ou à la convocation de nouvelles élections. Ce nouveau développement dans l’actualité de la crise que vit depuis près de deux ans le football national est bien résumé par la phrase de l’un des anciens candidats à la vice-présidence de la FTF, Winnie Dogbatsè : « La nature finit toujours par rétablir l’équilibre ». Un rétablissement d’équilibre qui surprend même le premier concerné, Tata Avléssi qui, de l’avis de certaines sources, aurait émis, il y a quelques semaines, le vœu de voir plutôt le CPG continuer de gérer le football togolais en lieu et place d’un bureau réhabilité. Une manière pour lui d’exprimer son ressentiment par rapport à la réhabilitation du reste de son équipe ? Nul ne saurait le dire. Le patron de l’USM n’ayant pas précisé son idée.
La CAF désavouée par le TAS Si dans un premier temps, il ressort que la décision du Tribunal de Lausanne rime avec « une restauration de l’image du football togolais », il faut noter qu’il pose un autre problème : celui du crédit à accorder à la CAF et à ses décisions dans cette affaire aux yeux de ses membres.
On se souvient encore que le 04 juillet 2007, le jury disciplinaire de cette instance du football continental a infligé dans un premier temps au président de la FTF, une suspension de 8 ans. Tata Avléssi a interjeté appel. Il s’en sortira alors avec une suspension à vie, assortie d’une interdiction d’accès au stade et l’exclusion de toute activité sportive. Avec ce second verdict, jugé trop sévère par bon nombre d’observateurs, la CAF semblait avoir définitivement envoyé l’homme de Masséda aux enfers. Mais son « jusqu’au -boutisme » aidant, ce dernier finit par « faire triompher la vérité ».
Même si certains veulent attribuer la décision du TAS au refus de la CAF de répondre à son invitation, il apparaît aussi que l’instance du football africain a failli dans sa démarche d’enquête sur cette affaire. D’aucuns veulent croire qu’elle a d’ailleurs pris partie ou encore qu’elle est l’instigatrice du complot dont il a été question dans cette affaire.
Outre la CAF qui selon certains analystes est désavouée par le TAS, il y a aussi l’arbitre togolais Cessi Attivi et le Secrétaire Général de la FTF, Espoir Assogbavi (tous deux appelés en vain à témoigner dans cette affaire) qui semblent avoir servi une cause contraire à celle du développement du football togolais.
En rappel, il faut noter que cette crise remonte en mars 2007. Tata Avléssi avait été cité par l’arbitre central gambien du match Togo – Tunisie de la CAN des cadets dans une affaire de corruption d’arbitres au cours d’un match que les « Epervions » avaient par ailleurs perdu 0 but contre Gabin Koissidjin |