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« Une CAN se prépare deux ans à l’avance. Depuis 2006, tous les pays ont reçu les contrats. Nous les avons relancés, ils n’ont pas d’excuses ! C’est de la négligence. Ils n’ont pas encore compris que le football est une industrie qui doit rapporter de l’argent. Tout n’est pas négatif. La Côte d’Ivoire, par exemple, a pris toutes les dispositions et a sans doute déjà amorti son investissement ». C’est en ces termes que le Président directeur général du groupe béninois de l’audiovisuel, LC2 international, Christian Enock Lagnidé, détenteur des droits de diffusion des matches de la CAN 2008 commentait, il y a quelques jours, « la coupure du signal » infligée depuis le 20 janvier dernier à la TVT, à la télévision nationale kenyane et à d’autres médias du continent africain.
Selon les clauses du contrat, il est demandé au Togo et à tous les autres pays non qualifiés pour la CAN de débourser la somme de 328 millions de FCFA pour la retransmission de l’intégralité de toutes les rencontres de la messe du football continental et le droit de disposer des tranches publicitaires pour couvrir ces investissements.
A l’analyse des déclarations du patron de la LC2, on est tenté de dire que l’Etat togolais a fait preuve de mauvaise foi dans la mesure où, le problème de retransmission s’est également posé en janvier 2006 et a entraîné une coupure de signal à la TVT lors du match Cameroun – Togo. En plus, à la lumière des propos du PDG de LC2 International, on peut se demander depuis quand les autorités togolaises ont-elles ouvert les négociations avec leur interlocuteur. D’après les explications des ministres Cornélius Aïdam de la Communication et Antoine Folly de la Jeunesse et des Sports, tout porte à croire que les autorités togolaises ne se sont pas prises à temps.
En plus, selon certaines sources, avant la CAN égyptienne de 2006, la dette togolaise vis-à-vis de la LC2 Internationale s’élevait à 870.000 d’euros (soit 570.072.000 F CFA) et il n’est pas évident que le pays l’ait déjà épongé. Même si, certains observateurs pensent que, de « grands » annonceurs ne courent pas les rues de Lomé, et les sociétés susceptibles d’être sponsors ne sont pas en mesure de s’acquitter de telles sommes, la question qui revient sur les lèvres est celle de savoir si c’est également le cas de l’Etat.
Un désengagement de l’Etat du football ? Pour la plupart des analystes, cette nouvelle défaillance du gouvernement togolais montre une certaine volonté de se retirer complètement de la gestion des secteurs connexes du football. Ceci, dans la mesure où, d’autres pays, jouissant comme le Togo de la deuxième catégorie de contrat (contrat des non qualifiés), à savoir la Mauritanie, le Niger, le Liberia ont tous respecté leurs engagements. La situation devient inquiétante lorsqu’on se réfère aux discours des nouvelles autorités du Togo relatifs à une politique d’austérité financière. D’autres encore se demandent si la politique de réduction des dépenses enclenchée depuis des mois par les autorités de Lomé et les recettes publicitaires réalisées par la chaîne « première » ne lui ont pas permis de se doter de moyens financiers devant lui permettre de couvrir le montant des droits de retransmission.
Certains analystes regrettent le fait que les autorités togolaises ne se sont pas prises à temps pour payer la facture de la LC2 International, alors que pour le dernier scrutin législatif, certains partis politiques ont préparé leur campagne avec un budget de plus de 1 milliard de Fcfa (soit trois fois la facture des droits de retransmission).
En attendant de connaître les vrais mobiles de cet « abandon » inavoué de la TVT par le gouvernement, les Togolais, les plus chanceux peuvent suivre la CAN sur les chaînes satellitaires. D’autres peuvent également se rabattre sur des vidéos clubs, les bars et maquis qui ont installé des écrans géants pour offrir à leur clientèle l’intégralité des rencontres. Gabin KOISSIDJIN |