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  • Santy Sorim : La Princesse de Doufelgou annonce la sortie très prochaine de son 4ème album

    Interview réalisée par Alain Nococo - Lomé - 04 mars 2008

    Santy Dorim
    Vedette de la chanson togolaise

    Togoforum :  Santy Dorim bonjour, vous êtes artiste de la chanson togolaise. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
    Santy Dorim :
    Bonjour et merci pour l’occasion que vous me donnez par cette interview.  car elle permettra, je suis sûre,  de lever un coin de voile sur ce qui se raconte sur ma personne. Je suis Santy Dorim, artiste togolaise de la chanson. Je suis originaire de la préfecture de Doufelgou. Une bonne partie de mes chansons me sont inspirées de la culture de cette localité que je voudrais mettre en valeur à travers mes chansons. Je suis célibataire et mère d’un garçon. Je vis actuellement au Togo.

    Togoforum :  Vous êtes une artiste qu’on ne présente pas au public togolais puisque vous avez à votre actif trois albums. Comment êtes-vous arrivée à la musique et qu’est-ce qui vous a poussé à embrasser cette carrière ?
    SD : C’est vrai, je suis en ce moment même en studio pour la sortie de mon quatrième album ‘’Ma Source d’eau vive’’ après ‘’Prudence’’ en 1996 ; ‘’Yala-Kpaté’’ en 1999 et ‘’Stop à la violence’’ en 2002.

    Je considère que la musique est un métier comme tout autre. Je peux dire que je l’ai dans la peau ; c’est comme un cadeau du ciel. Il n’y a pas, à mon avis, de plus beau métier que la musique et je rends grâce à Dieu pour ce cadeau et le remercie pour m’avoir donné les aptitudes naturelles nécessaires pour embrasser cette carrière.

    Togoforum :  Si l’on sait que dans nos traditions une fille à la musique, c’est considéré comme la porte ouverte au vagabondage, comment vos parents ont-ils accueilli votre idée d’abandonner très tôt les classes pour une carrière musicale ?
    SD : Je tiens à préciser que ce n’était pour me consacrer à plein temps à ma passion, la musique, que j’ai quitté l’école. Mon père, un médecin, était le seul fonctionnaire de la famille Santy. C’était pour toute la famille et le village une véritable vache laitière que tout le monde venait traire, un arbre sur lequel tous les oiseaux du village venaient se poser. C’est ainsi que mon père qui gagnait assez pour s’occuper de ses enfants s’est retrouvé avec trop de charges sur les bras. Nous sommes en Afrique et vous savez qu’il ne pouvait pas se dérober.  Voilà comment il en est arrivé à sacrifier la scolarité de ses filles.

    Il n’a pas approuvé ma volonté de me lancer dans une carrière musicale. Les préjugés et les idées reçues sur le métier d’artiste de la chanson sont tels que chez-nous, on considère que faire le trottoir est plus respectable que d’être chanteuse. Alors, je me suis lancée un défi : ne pas rentrer dans le schéma réducteur chanteuse égale femme légère. Le métier de chanteur n’est pas incompatible avec l’image d’une femme vertueuse. C’est ce que j’essaie de prouver dans ma conduite de tous les jours.

    Mes parents ne pouvaient pas influer sur ma carrière d’autant plus que c’est mon ex-mari avec qui je  vivais qui avait financé une partie de mes productions. Aujourd’hui, les critiques se sont quelque peu tues, même si certaines mauvaises langues continuent par raconter de n’importe quoi juste pour me salir  Mais je fais avec.

    Togoforum :  On imagine que votre parcours musical n’a pas été chose aisée. Pouvez-vous nous parler de ce parcours et nous dire ce qui vous a le plus marqué ?
    SD : C’est vrai que la musique n’est pas chose facile, surtout au Togo. Et le parcours d’un artiste est toujours semé d’embûches. Je me suis alors persuadée que pour avoir du soutien, il faut se faire connaître d’abord sur le plan national et international. J’ai mis toutes mes économies dans ce projet. Au fil du temps, j’avais besoin de plus en plus de moyens financiers et mes propres ressources étaient devenues insuffisantes. Je dois dire que j’ai eu très peu de soutien. Mon cas n’est pas différent des autres artistes, mais ce n’est pas une consolation.

    Sous d’autres cieux, l’artiste vit de son art. Chez-nous, c’est un mendiant. Il est obligé d’exercer d’autres activités pour joindre les deux bouts, reléguant au second plan sa carrière.  Le Bureau Togolais du Droit d’Auteurs (BUTODRA) ne verse que des miettes aux artistes. Les fonds donnés par l’UNICEF et par la CEDEAO soit près de 9 milliards ne parviennent jamais aux destinataires. Je profite de la tribune que m’offre togoforum pour demander à ceux qui détiennent ces fonds de bien vouloir rendre à César, ce qui est à César. Nous avons honte de notre état quand nous nous retrouvons en face de nos confrères de la sous-région.

    Togoforum :  Quelles sont vos sources d’inspiration  et quel genre de musique faites-vous ?
    SD : Je m’inspire du folklore de chez moi, Niamtougou et des autres artistes, surtout sur le plan du rythme. Je fais surtout du folklore et un peu de la variété ; c'est-à-dire un mélange de la tradition et de la modernité

    Togoforum :  On vous surnomme la ‘’Reine du kamou’’ c'est-à-dire que votre genre musical est d’inspiration traditionnelle. Est-ce à dire que vous voulez valoriser la culture togolaise en voie de disparition ou avez-vous d’autres raisons pour ce choix ?
    SD : Je considère que être artiste, c’est  être l’ambassadeur de sa culture. Comme tel, je me dois de valoriser le folklore de chez-nous à travers le monde. Je suis la première chanteuse à avoir mis en valeur le rythme Kamou de chez-moi. C’est de là certainement que me vient ce surnom de « Princesse de Kamou ». Mon album ‘’Yala-Kpaté’ m’a donné l’occasion de faire le tour du pays et d’être connue à l’extérieur : Bénin, Burkina-Faso, Niger, Canada, France.

    Je pense que les artistes devraient faire du folklore, pour porter fièrement le titre d’ambassadeur  et promouvoir ainsi la culture togolaise.

    Togoforum :  L’éternel problème pour les artistes africains, c’est le manque de producteurs et de sponsors. Qui ont été le ou les producteurs et les sponsors de vos trois derniers albums ?
    SD : De producteur Togolais résident au pays, je n’en connaît pas. Il y a, à mon avis trois raisons qui peuvent expliquer le faible engouement pour la production artistique au Togo : d’abord, le Togo est un petit pays. Quand un producteur investit, il doit au préalable s’assurer qu’il peut récupérer ses fonds, rien que par les ventes des K7 et CD dans le pays. Ensuite, il faut reconnaître qu’en général, les Togolais préfèrent les artistes étrangers. Enfin, c’est la piraterie qui donne le coup de grâce aux artistes et des pirates, il y en a plein au Togo.

    Au Béni par exemple, sur les radios et les télévisions locales, on consacre très peu de temps aux artistes étrangers. Le reste du temps est consacré aux artistes béninois. Cela ne veut pas dire que les Béninois n’aiment pas les artistes étrangers, mais ils préfèrent d’abord leur folklore chanté par leurs artistes. Bien plus, les médias font la promotion des artistes du terroir. C’est tout le contraire au Togo.

    Au Togo, pour espérer bénéficier de sponsoring d’une grande société, il faut avoir un parent ou une relation bien placée dans cette société. J’ai quand même été sponsorisée par l’Imprimerie Equinoxe, Mèche NINA et le Port Autonome de Lomé. Pour ce qui est des producteurs, j’en ai eu un seul pour mon troisième album. Il s’agit de la maison Nimba de MANSEL PRODUCTION.

    Togoforum :  Parlez-nous de la maison Nimba de Mansele Production qui a financé votre 3e album ‘’Stop Violence’’ ?
    SD : C’est grâce à un heureux concours de circonstance. Je peux dire que c’est la volonté de Dieu. C’est sur une radio parisienne, ‘’Paris Fréquence Plurielle’’ où j’étais l’invitée alors que lui était venu faire la promotion de l’une ses artistes que j’ai fais la connaissance du directeur de Nimba de Mansele Production. Nous nous avons échangé d’adresse et plus tard je l’ai rappelé pour lui dire que je cherchais un producteur. Après avoir écouté mes chansons et certainement apprécié mon travail, il a accepté de me produire. Et c’est comme cela que je suis entrée dans la maison NIMBA. Hélas, la maison aujourd’hui est fermée son propriétaire s’est lancé dans une autre carrière, la politique.

    Togoforum :  Quelles sont les idées-forces que vous développez dans vos trois albums. Si l’on s’attarde un peu sur le 2e  ‘’Yala-Kpaté’’ qui signifie littéralement  ‘’où n’y a-t-il pas de mariage ?’’, quels sont les thèmes que vous développez dans cet album et dites-nous si dans votre vie de femme, une situation de ce genre vous a marqué. 
    SD : Je chante la paix. Je dis non à la violence dans le monde entier, la paix aux hommes, aux femmes, aux enfants, la paix dans les foyers.

    ’Yala-Kpaté’’ est une chanson reprise de ma grand-mère qui l’a composée en réponse aux critiques dont elle était l’objet parce qu’elle en était à son troisième mariage.

    Togoforum :  Vous êtes une artiste confirmée de la musique togolaise. Mais depuis un certain temps, on ne vous voit pas sur scène alors que vous teniez il n’y pas si longtemps le haut du pavé médiatique au Togo. Qu’est-ce qui se passe, un recul stratégique pour mieux sauter ou manquez- vous d’inspiration ?
    SD : Un artiste confirmé manque de tout sauf de l’inspiration. Au besoin, il fait appel à des auteurs-compositeurs ou à des interprètes. Je suis quelque peu désespérée. Etre artiste au Togo est une sinécure. J’ai quand même la conviction que demain serai meilleur.

    Togoforum :  A quand votre prochain ? 
    SD : Si tout va bien, d’ici avril ou mai au plus tard, il sera sur le marché.

    Togoforum :  Vous vous êtes produite sur scène en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. Quel accueil le public de ces pays vous a –t-il réservé ?
     Je n’ai jamais été aussi bien accueillie ailleurs qu’en Occident. Un accueil chaleureux et enthousiaste. J’y suis si bien accueillie que parfois j’avais presque envie d’y rester.

    Togoforum :  Dans votre parcours, vous avez certainement côtoyé ou rencontré des artistes de la chanson de renommée internationale. Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?
    SD : Je peux citer Annie-Flore, une artiste gabonaise qui vit en France. Je l’ai rencontrée au Canada. Sa voix et son authenticité m’ont beaucoup marquée.

    J’adore Angélique Kidjo quand elle fait le folklore béninois.  King Mensah, Jimmy Hope sont des références pour moi.

    Togoforum :  Quel regard portez-vous sur la musique togolaise ?
    SD : Il a beaucoup de travail à faire pour qu’elle soit compétitive. Mais la musique togolaise a de l’avenir. Nous les artistes, nous devons apprendre à travailler dans une parfaite collaboration et avec un esprit de solidarité, à nous assister, surtout pendant les enregistrements. Cela se fait ailleurs et ça explique la bonne qualité des produits. Pourquoi pas chez nous ?

    Par ailleurs, c’est regrettable d’entendre certains dire qu’il n’y a pas de musique togolaise. Que faisons-nous de notre beau folklore ?

    Togoforum :  Un mot sur la piraterie, un fléau qui détruit la musique togolaise et qu’on n’arrive pas à éradiquer.
    SD :
    A ce fléau s’ajoute un autre qui commence par prendre de l’ampleur ces derniers temps, c’est la duplication des CD et des tickets d’entrée aux spectacles multipliés à loisir par certains individus sans foi ni loi. A mon avis, c’est un fléau qu’on peut combattre et éradiquer de façon efficace. C’est une question de volonté. Si tout le monde s’y mettait, on obtiendrait des résultats encourageants. J’en appelle à la conscience de tous ceux-là qui se remplissent les poches sur le dos des artistes en encourageant ou en favorisant la piraterie et en multipliant les CD et les tickets d’entrée à nos spectacles.  

    Santy Dorim
    Vedette de la chanson togolaise

    Togoforum :  Quand on sait qu’en Afrique et particulièrement au Togo, la musique ne nourrit pas son homme, comment faites-vous pour joindre les deux bouts. Exercez-vous d’autres activités à part la musique ?
    SD : En dehors de la musique, je fais la couture et m’occupe d’autres affaires personnelles.

    Togoforum :  Vos perspectives d’avenir pour la musique togolaise.
    SD : Les associations et les syndicats d’artistes doivent former un comité avec l’aide de la Fédération Internationale des Musiciens (FIM) pour réfléchir sur les droits et les devoirs des artistes et leurs rapports avec les managers, les producteurs, les promoteurs etc. L’avenir de la musique togolaise en dépend.

    Togoforum :  Si vous aviez un message à adresser à vos fans, aux autorités et aux opérateurs économiques qui hésitent à investir dans la musique, que direz-vous ?
    SD :
    Je dis un grand merci à mes fans. C’est grâce à eux que j’ai pu parcourir le petit chemin que j’ai fait dans ma carrière d’artiste. J’ai besoin de leur soutien moral.

    Aux autorités de mon pays, je demande de prêter une oreille attentive à la musique. C’est à travers elle que la culture de notre pays sera portée hors des frontières et rayonner à travers le monde.

    Aux opérateurs économiques qui hésitent encore à sponsoriser ou à produire les artistes de la place, je dis qu’ils ont tout à y gagner. Plutôt que de sponsoriser à grand frais les artistes étrangers qui viennent empocher des millions pour ensuite les rapatrier chez eux, il faut sponsoriser les artistes togolais qui pourront investir dans le pays  pour la relance de la croissance économique

    L’avenir du Togo doit se construire avec l’apport de tous. Investir dans la musique togolaise, c’est avoir foi en l’avenir du Togo.

     
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  • Musiciens et artistes togolais, utilisez cet outil

    16 déc 2007

    Propos recueillis par Edem Assignon
    Entretien avec l’artiste togolaise de la chanson Délia Rotta

    Délia Rotta

    Vous êtes artiste de la chanson togolaise depuis un certain temps. Comment êtes-vous arrivée à la musique ?
    Cela fait belle lurette que je suis dans la musique. Depuis l’âge de dix (10) ans, j’avais des notions sur cet art. Je peux dire que j’ai la musique dans le sang, car, dès l’enfance, j’ai composé « la salade » qui relatait le processus de préparation de cette nourriture.

    Après ce temps, j’ai poursuivi mes études couronnées par un diplôme supérieur de commerce. Mais comme l’exercice de la musique me gangrenait comme un appel de Dieu, j’ai créé un groupe nommé « Djakpata » qui faisait beaucoup de chansons. J’ai à mon actif trois albums dont le tout dernier s’intitule : « L’amour est fort ».

    Quel genre musical est la spécialité de Délia Rotta ?
    Je fais un peu de tout, le world music, le gospel, le traditionnel, le zouk, le reggae,… Je crois sincèrement que la musique est universelle. Elle n’est pas une spécialité de telle région au profit d’une autre. Dans toute musique se trouve un fond commun.


    Votre troisième opus a pour titre
    « L’amour est fort ». Quelles sont ses particularités ?
    Cet album contient six morceaux dont deux parlent de l’amour, l’amour agapè, l’amour entre l’homme et la femme. Les quatre (4) autres titres évoquent l’amour divin manifesté en Jésus-Christ.

    Quelles sont aujourd’*** vos expériences dans ce domaine ?
    Ma carrière est plus ou moins brillante. Beaucoup ont apprécié mon talent, de part le monde. Cela m’a encouragé à plus d’effort pour donner à mes fans tout le plaisir qu’ils attendent de moi.

    Durant ma carrière, j’ai rencontré beaucoup d’artistes européens, américains, antillais, africains,… J’ai alors bénéficié de ces rencontres constructives car, entre artistes, il y a toujours des échanges qui fortifient pour longtemps.

    Tant bien que mal, la musique togolaise fait son chemin. Quelles appréciations en fates-vous aujourd’*** ?
    La musique togolaise monte effectivement, ce qui est une bonne chose. Dans tout développement, on trouve la culture qui égaie les peuples et renforce leur cohésion. Chaque pays a sa culture qui partage un fond commun avec les autres. La musique est en éveil au Togo, elle perce et s’affiche de plus en plus.

    Et la piraterie, l’amateurisme, … ?
    C’est vraiment dommage que des individus sans foi ni loi attendent allègrement que d’autres se tuent à la tâche pour en récolter les fruits. Malgré toutes les dénonciations, ce phénomène fait encore son chemin. Il appartient aux uns et aux autres de se mobiliser contre la piraterie.

    Un conseil pour les jeunes qui ambrassent la carrière musicale ?
    Je les encourage à beaucoup travailler et à persévérer face aux difficultés. Je les invite aussi à se connaître et à travailler leur « moi intérieur » afin d’atteindre le sommet.

     
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