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July 2008 - Posts

  • Musique : La hardiesse de King Mensah

    L'Union #132 du 27 juin 2008

    King Mensah en concert à la Concert de King Mensah à la prison civile de Lomé

    En passant, il y a deux semaines sur Plateau de la semaine, l’émission plutôt hautement politique du confrère de la TVT, Delah Agbo, il paraît sans conteste que King Mensah constitue donc le visage désiré de l’artiste musicien : excellent musicien et engagé socialement ou politiquement. Invité à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, l’artiste a montré à plus d’un sa dimension multiple. Il ne sait pas que chanter, ce musicien au grand cœur.

    King Mensah se moque de la politique et des politiciens, et préfère colmater les fractures sociales créées par leurs actions négatives à travers ses œuvres sociales  et caritatives auprès de l’Orphelinat Alodo via la Fondation King Mensah. Une sensibilité pour les plus vulnérables et ces enfants de rue qui lui vient de sa propre histoire, lui qui a perdu son père à 13 ans et connu les affres de l’absence d’une telle tutelle. Qu’à cela ne tienne, il viendra, lui, en aide aux opprimés. D’où ces multiples concerts à répétition dont les recettes vont à sa fondation.   

    Grand, peut-être trop grand pour la scène musicale nationale? Peut-être. Ego boursouflé bien entendu, avec cette conviction ferme qu’il est vraiment un grand, ce que personne ne peut lui contester. King Mensah à la télé donne la mesure d’un leader d’opinion. Sûr de lui, de son art  et de son aura, l’homme ne craint pas de dire ce qu’il pense ou de mettre le doigt là où ça fait le plus mal.

    Et pourquoi ne pas être fier, quand quelqu’un comme lui qui ne doit rien à personne, un self-made man, écrit depuis la mort de Bella Bello les plus belles pages de la musique togolaise, le plus souvent au prix d’un sacrifice inouï ? L’ancien élève de Were-weré Liking, sorti de l’école Ki Yi, ne montre pas seulement l’assimilation des enseignements artistiques de cette école qui explore les cultures nationales. Mais surtout la dimension nationale, militante et patriotique d’une telle institution qui essaie de réveiller les consciences africaines, telle qu’on le lit à travers les œuvres littéraires de Liking.

    Cela conduit à un paradigme musical moulé dans la foi et la tradition, qui explore les rythmes et les chants sacrés de la culture Aja-éwé, avec un accent particulier sur la culture ouatchi, mangé à la sauce du créole ewé-mina de Lomé.

    King Mensah est une chance pour la musique togolaise. Jusqu’ici, seuls les écrivains essaient de prendre une position quelconque dans le débat. Avec lui, on a désormais quelqu’un qu’on est forcément obligé d’écouter dans divers domaines, notamment en ce qui concerne la culture.
    Tony Feda

     
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