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Une dizaine de jeunes, autour d’un four artisanal en argile d’où émanent de petits tuyaux, aspirent de longues et profondes bouffées de cannabis, qu’ils conservent le plus longtemps possible dans leurs poumons. L’ambiance est conviviale en ce matin du mardi 5 février 2008, dans un ghetto situé dans un bas-fond derrière une ancienne salle de cinéma désaffectée de Lomé. Avant même de s’approcher des lieux, une lointaine odeur de fumée se fait sentir. On y a accès moyennant deux cents francs CFA.
Le visage bouffi pour certains et pour d’autres des lèvres noircies par la fumée de cannabis, ces jeunes « prennent du bon temps », tout en discutant oisivement de tout et de rien, dans un argot propre aux Loméens. Deux d’entre eux, visiblement plongés dans leurs pensées ne descendent de leurs nuages que pour tirer sur la gigantesque pipe de circonstance.
Le dealer, une dame d’une trentaine d’années, un enfant au dos, rajoute de temps en temps une bonne dose d’herbe tout en s’assurant qu’elle s’enflamme. Nous voici devant la triste réalité des jeunes Loméens qui s’enfoncent de plus en plus dans la spirale des drogues.
Des notions de base Avant toute chose, il nous importe de jeter les bases de notre enquête en définissant plus clairement les drogues dont nous parlons.
Ainsi, la drogue est une substance d’origine naturelle (plante, feuille, écorce) ou synthétique (produit chimique préparé en laboratoire), qui agit sur l’organisme d’un sujet qui en a consommé, en modifiant ses fonctions physiologiques, ses sensations et son comportement. Le terme drogue est utilisé pour désigner toute substance ayant une action sur le système nerveux central (cerveau). Il existe des drogues dites licites dont la vente est libre (tabac, alcool) et des drogues illicites ou interdites : ce sont les stupéfiants et substances psychotropes tels le cannabis, la cocaïne et l’héroïne. Ici, il s’agit plus de parler de ces drogues illicites et de leurs effets sur l’individu, que de celles tolérées. La consommation régulière et abusive d’une drogue fait d’une personne, un toxicomane. On dit qu’elle est pharmacodépendante et ne peut se passer de sa drogue. Elle en devient esclave. L’usage du produit toxique dérègle le système nerveux central, le cerveau puis détériore l’organisme.
En effet, la toxicomanie touche toutes les classes sociales. L’usage de la drogue est un signe d’un malaise social, la réponse à une angoisse. Les facteurs sont variables. Il existe des facteurs sociaux (pauvreté, chômage, la disponibilité et la circulation des drogues…), des facteurs familiaux (carence affective, divorce, absence parentale), des facteurs individuels (curiosité, imitation, adolescence). C’est ce qui explique la vulnérabilité des jeunes.
La phase initiatique du cannabis Parmi les premiers toxiques utilisés, figure le cannabis (chanvre indien, gué, ganja, marijuana) qu’on enroule généralement dans du papier. L’entrée dans la toxicomanie se fait presque toujours par la consommation de cette herbe banale et mystérieuse qui pousse un peu partout. Elle se roule à la main, sous forme de « joint » ou « Spliff » qui circule à la ronde parmi les jeunes en mal de sensations. Elle est parfois mêlée au tabac, on dit qu’elle est «coupée », ou mélangée à de l’alcool, sous forme de cocktail. Le cannabis est aujourd’hui l’une des premières drogues auxquelles les jeunes sont confrontés. C’est pour ainsi dire, la drogue initiatique par excellence. Une dose de cette herbe pèse environ cinq (5) grammes et coûte cinquante (50) à cent (100) francs CFA.
Il y a deux décennies environ, on était sûr de trouver du cannabis dans certains quartiers chauds du centre-ville de Lomé, surtout à Kodjoviakopé, Nyekonakpoé, Amoutivé ou Bè. Aujourd’hui, on trouve des dealers un peu partout en ville, dans presque tous les quartiers, à quelques centaines de mètres des établissements scolaires et dans les banlieues. Quant au Togo profond, il est atteint jusque dans le hameau le plus reculé, où on pratique même parfois la culture de « l’herbe vertueuse ».
De même, l’âge minimum des fumeurs de marijuana ne cesse de s’abaisser. Naguère de dix huit ans, il est actuellement de dix à quinze ans, et parfois moins, même si la plupart des drogués se situent entre seize et quarante ans.
Dans le cadre de notre enquête, une méthode peu orthodoxe, mais sans doute plus réaliste a consisté à visiter des endroits où les accrochés de la ganja se fournissent et à évaluer la distance qu’il leur faut parfois parcourir parce que l’environnement avoisinant arrive à découvrir où ils se fournissent. Ils préfèrent aller là où on ne les connaît pas trop et où ils ont le plus de liberté.
Ainsi, comme ils en ont l’habitude surtout les week-ends, nous avons imité ces jeunes loméens, en franchissant la frontière ghanéenne en passant par les barrières de Cassablanca et d’Adidogomé.
Les voyageurs des week-ends ghanéens Issus de toutes les classes sociales, ce sont tant des jeunes de la rue que des étudiants, élèves ou apprentis qui, face aux fréquentes descentes de la police sur les lieux habituels d’approvisionnement ou par désir de fumer incognito et en toute liberté, préfèrent se rendre au Ghana.
Ils désertent ainsi ces quartiers mal éclairés, ces maisons inachevées et abandonnées ou ces cimetières qui étaient leurs endroits de prédilection.
Il est presque 8 heures lorsque nous franchissons la barrière de fortune en ce dimanche 10 février 2008, sans fouille ni vérification de pièces d’identité. Du moins, les seules pièces à présenter aux douaniers devisant sous un manguier sont celles de cinquante ou cent francs CFA.
Juste après la petite colline nous séparant des douaniers, une bande de jeunes, avec qui nous avons traversé la frontière, allume un joint en toute liberté.
Après une heure de marche à travers un sentier bordé de champs de manioc, nous débarquons dans un petit village. Nous franchissons une cour commune où des villageois assis devant leurs cases en banco ne sont guère surpris de nous voir.
A cinq mètres d’une autre cour, mon guide siffle une rengaine et la réplique ne se fait pas attendre.
Un borgne, torse nu, sort d’un hangar en paille surbaissé. Après m’avoir présenté comme un «accroché », mon guide me fait asseoir sur un banc de fortune en bambou, sous le hangar, où se trouvait une dizaine de jeunes fumeurs de cannabis. Après de chaudes poignées de mains, ils continuent à fumer leurs énormes «spliffs » en forme d’entonnoir. « Ici la dose est plus consistante et moins chère. Avec cinquante francs, on peut se procurer une dose semblable à celle de cent francs à Lomé » m’explique l’un deux, les yeux noisette rougis par l’effet de la fumée.
Mon guide s’étant éclipsé avec le dealer, revient quelques minutes après avec à la main, un colis d’herbe empilée et roulée dans un morceau d’emballage de ciment, de vingt centimètres de longueur et avec le diamètre d’un saucisson. Dans le jargon, ce paquet s’appelle « tin » et coûte mille (1000) francs CFA. «Avec, on peut rouler une quarantaine de petits joints », me confie-t-il.
Un peu plus loin dans une cour voisine, l’atmosphère est plus détendue et l’ambiance festive. Nous découvrons un groupe de fumeurs aux allures artistiques. Au son d’un djembé (tambour), ils improvisent des chansons, faisant parfois l’apologie de la marijuana. Un duo visiblement très inspiré, raconte dans un flot de rap, son quotidien, apparemment très lié au cannabis. C’est l’euphorie totale. Un adolescent de quatorze ans tout au plus, assis tête baissée, s’accroche à chaque note de cette musique qu’il savoure. On a plutôt l’impression que l’effet de cette drogue développe en lui une certaine sensibilité de l’ouie. Un autre aux yeux hagards secoue la tête et sourit très souvent. Ces jeunes togolais qui viennent à la quête d’un bonheur illusoire, perdent la notion du temps. « D’habitude, ils viennent plus nombreux, font la fête et repartent très tardivement avec une provision consistante pour toute la semaine, qu’ils dissimulent dans leurs tambours ou ailleurs », me confie mon guide.
Au retour de notre randonnée, notre colis d’herbe caché dans le grand mouchoir du guide, nous franchissons la barrière sans inquiétude, tout comme ces voyageurs des week-ends ghanéens. Au passage, nous saluons amicalement les douaniers qui discutaient encore paisiblement.
Des effets ignorés ou banalisées par les usagers L’abus de cette drogue à court ou long terme, n’est pas sans effet sur la santé de ses usagers. Ainsi, à ce sentiment de bonheur (euphorie) succède une phase d’illusions et d’hallucinations. Le sujet excité à la prise de cannabis souffre à la longue de dérèglements délirants. Il rêve éveillé et fait des erreurs sur le temps et l’espace. « Il peut également souffrir de lésions affectives qui ne sont rien d’autre que des troubles de l’humeur de type euphorique ou, au contraire, dépressif et anxieux, lesquels peuvent alterner rapidement au cours de l’ivresse du chanvre » , écrit le professeur français Pierre DENIKER dans son livre intitulé les Drogues, Trafic et contagion.
Ces effets sont souvent ignorés et banalisés par les usagers du cannabis, qui estiment qu’il développe en eux d’extraordinaires vertus. Au Togo, une idée préconçue et souvent erronée de ces toxicomanes, à la vue de malades mentaux dans les rues, est celle qu’ils ont été envoûtés ou intoxiqués par une autre substance. Cependant, plus graves que ceux engendrés par le cannabis, sont les effets de la consommation de la cocaïne et de l’héroïne qui sont également prisées au Togo.
Ainsi, selon le Secrétaire Permanent du CNAD (Comité National Anti-Drogue), le Lieutenant-colonel Wanta BADOMBENA, l’intensification du trafic de ces drogues majeures a alimenté le terrain de la consommation de toutes les drogues.
« Les toxicomanes togolais consomment toutes les drogues. Parmi toutes, le cannabis est le plus consommé à près de 98%. Depuis les dix dernières années, l’héroïne et la cocaïne sont de plus en plus utilisées par voie intraveineuse », affirme-t-il.
« Une étude menée en 2003 sur le lien entre la consommation de drogues et la contamination du VIH/SIDA, a montré que 4,99% des toxicomanes au Togo utilisent les drogues par voie injectable », précise-t-il.
Une frontière vite franchie La consommation de ces drogues nécessite plus de moyens financiers, par le coût plus élevé de leur dose. Ainsi, une dose de cocaïne ou d’héroïne emballée dans un papier plastique ou d’aluminium pèse 10 mg, est appelé « binch » ou « pinch » et coûte cinq cent (500) à mille (1000) francs CFA dans les ghettos. Dans les milieux huppés, la même dose coûte de deux mille cinq cent (2500) à cinq mille (5000) francs CFA.
Une frontière est franchie quand l’usager en arrive à l’injection de la drogue, qui fait toujours un peu peur. Avant de s’y aventurer, il lui arrive d’essayer l’absorption nasale. Avec une paille, on aspire une «ligne» ou raie de drogue disposée sur une surface plane. Le toxique peut également être placé sur du papier d’aluminium que l’on chauffe à la flamme avant d’en aspirer les vapeurs.
Finalement, on en vient à l’injection. Elle se fait directement par voie veineuse. Le toxicomane dit alors qu’il « se fixe », ou qu’il se fait un « fix ». Dans les milieux aisés, le sujet a en permanence sur lui ou cachée en lieu sûr, sa trousse minuscule dans un petit sac contenant la seringue et l’aiguille, de l’eau ou du sérum, du coton, une cuillère à soupe et une bande de caoutchouc qui servira pour le garrot. Si le produit à injecter est livré sous forme de poudre, ce qui est le cas le plus fréquent, celle-ci va être diluée dans l’eau au moyen de la cuillère placée au-dessus d’une flamme quelconque. Généralement, on filtre la solution à travers un coton en l’aspirant dans la seringue. Puis on place le garrot et l’injecte.
Comme pour le joint, la consommation peut se faire convivialement par le partage de la seringue. On peut ainsi être contaminé par l’hépatite B ou le SIDA.
Quand ils sont « accros », les toxicomanes sniffent ou se piquent plusieurs fois par jour, au profit des dealers qui étendent la drogue avec davantage de poudre. Celle-ci peut être un produit inerte comme le talc, le bicarbonate ou un médicament détourné, un barbiturique par exemple, ce qu’ils ignorent habituellement. Ce flou comporte des dangers et des avantages.
Il y a quelque avantage à ce qu’un jeune se croit « accroché » à la cocaïne, alors qu’il ne s’injecte qu’un mélange moins dangereux. Malheureusement, lorsqu’il tombera sur de la drogue plus pure, il risque de faire une overdose ou surdosage.
A Kodjoviakopé, non loin de la frontière Togo-Ghana, nous avons visité un bar fictif, où se vendent aussi bien du cannabis que de l’héroïne ou de la cocaïne. Le dealer, un homme d’une quarantaine d’années atteint d’une calvitie irréversible, des allures de Tony Montana dans Scarface, dans ses fringues « dernier cri ». Il arbore des boucles d’oreilles en or massif et autres bijoux. Ce maquis de toxicomanes qui connaît une notable affluence de jeunes, est également un lieu important de recel en tout genre. Lorsqu’ils finissent par se ruiner en dépensant de l’argent en espèces sonnantes et trébuchantes, les toxicomanes les plus « accros » surtout, viennent y échanger des objets de grande valeur contre des doses de drogue. Des téléphones portables aux bijoux sertis de pierres précieuses, tout y passe.
Une jeune métisse que nous y avons rencontrée, 25 ans environ, maigre, très pale, le visage émacié et le nez coulant, après y avoir englouti sa voiture et ses effets vestimentaires, est aujourd’hui obligée de vendre ses charmes pour se procurer sa dose.
Un frein au développement du pays Le constat est d’autant plus flagrant que les braquages et la prostitution sont devenus monnaie courante à Lomé. Dans les ghettos de Bè ou Amoutivé, les téléphones portables volés se revendent comme des petits pains. En dehors de ses effets néfastes sur la santé de l’individu, principalement les troubles psychiques, l’usage de la drogue amène à poser des actes non recommandables. Sans oublier que la détention de la drogue est un délit puni par la loi, son usager est souvent auteur d’actes de délinquance qui le mettent en conflit avec la police. Pour s’en procurer par tous les moyens, il est obligé de se livrer au vol et à la prostitution. En outre, sous les effets psychologiques, le toxicomane devient violent envers les membres de sa famille. Ses parents sont souvent appelés à faire face aux différents forfaits qu’il commet et aux différentes maladies dont il est victime et cela occasionne des dépenses financières excessives.
Sur le plan social, la consommation de la drogue engendre une augmentation de taux de criminalité, ce qui génère les vols à mains armées, les braquages et par là la violence urbaine se répand. Les usagers de la drogue sont souvent absents sur les lieux de travail. Ils sont souvent victimes d’accidents de travail. Aussi, l’usage des drogues pousse t-il les jeunes à abandonner l’école. Les parents et parfois l’Etat investissent assez de moyens financiers pour la désintoxication et la réinsertion sociale du toxicomane. Tout ceci constitue un frein au développement du pays.
De la cure de désintoxication à la réinsertion sociale La cure de désintoxication est un acte médical qui consiste à retirer la toxine de la drogue de l’organisme d’un toxicomane. La désintoxication fait partie d’un processus de prise en charge qui comprend aussi la post-cure et la réinsertion sociale. Selon le biologiste Lieutenant-colonel Wanta BADOMBENA, lorsque toutes les phases ne sont pas appliquées successivement à un malade, la cure de désintoxication seule donne souvent des rechutes.
Le Professeur Pierre Deniker, quant à lui, estime qu’il faudrait avant la cure, considérer deux cas de toxicomanies. « Dans les cas de toxicomanies légères ou discontinues, il est possible de conduire la désintoxication de façon ambulatoire avec un soutien psychologique régulier, une psychothérapie », écrit-il. « En cas de dépendance confirmée, poursuit-il, la route est longue et semée d’embûches qui conduit à la libération de la drogue et à la guérison de la toxicomanie ». De ce fait, il faudrait une certaine dose de volonté de la part du sujet. « Lorsque le toxicomane accepte de se soumettre aux soins et s’implique dans le processus, il s’en sort efficacement. Il y en a qui s’en sont sortis et ont témoigné en écrivant des livres », conclut le Lieutenant-colonel BADOMBENA.
La réinsertion sociale quant à elle fait partie du processus de prise en charge médico-psychologique du toxicomane. Après la cure de désintoxication qui consiste à sevrer l’usager de la drogue, le toxicomane passe au stade de post-cure qui vise à substituer à la drogue, des capacités personnelles d’ordre psychosocial et affectif. Ce qui lui permet de se prendre en charge sans la drogue. Et la dernière phase est la réinsertion sociale, familiale, professionnelle. Cette réinsertion permet de donner au toxicomane désintoxiqué le moyen de vivre une vie professionnelle et matérielle autonome. Il peut apprendre un métier, se recycler et exercer un travail pour gagner sa vie.
Au Togo, jusqu’en 2006, il n’existait pas de centre de traitement spécialisé pour la prise en charge des toxicomanes. Néanmoins, des structures sanitaires leur offraient quelques soins. Il s’agissait : - de l’Hôpital psychiatrique de Zébévi d’Aného - du service de neurologie du CHU-CAMPUS - du service de psychiatrie et de psychologie du CHU-CAMPUS - et d’autres services et cliniques privés de Lomé
Tous ces services pouvaient désintoxiquer un toxicomane et lui administrer certains soins nécessaires pour son sevrage. A partir du 26 juin 2006, une unité spéciale d’assistance médico-psychologique des toxicomanes a été créée par le Ministère de la Santé grâce à l’appui financier de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le Crime (ONUDC). Cette unité est opérationnelle ; elle sera dotée sous peu d’une équipe médicale multidisciplinaire de personnel médico-psycho-social formé à cet effet.
Il existe quelques ONG d’écoute et de guidance, mais qui ne sont pas dotées de centres de réinsertion sociale. C’est le cas de l’ONG Alliance Nationale de Volontaires contre les Abus de Drogue (ANVAD), Vie Libre et Positive (VLP), Cercle Rouge etc.
De même, lorsqu’on parle des conséquences de l’usage de drogue, il ne faut pas perdre de vue le trafic qui entraîne aussi des conséquences sociales insidieuses et graves.
Le trafic des drogues Le trafic illicite des drogues concerne la production, le transport, le commerce et la distribution des drogues. Le développement des moyens de transport et de communication a favorisé dans une grande mesure le trafic illicite des drogues. De ce fait, il est devenu international.
Le trafic de drogue n’est pas seulement un phénomène de société, un problème de santé publique et un élément de criminalité, c’est aussi un enjeu de l’économie internationale. Avec un chiffre d’affaire estimé entre trois cent et cinq cents milliards de dollars par an, le trafic de drogue est devenu depuis longtemps le deuxième marché économique au monde, juste derrière celui des armes et devançant celui du pétrole.
L’héroïne provient surtout d’Asie. La cocaïne de la Colombie et de Thaïlande. Le trafic de cette dernière s’est accru de façon exponentielle ces cinq dernières années. A titre d’exemple, des saisies spectaculaires ont été opérées au Togo, en voici les statistiques :
La lutte contre le trafic de drogues La lutte contre le trafic des drogues consiste à agir pour réduire l’offre des produits. Il s’agit de rechercher les voies et moyens sur le plan juridique pour réduire l’accessibilité directe ou indirecte aux substances toxiques.
A l’heure actuelle, il existe toute une série de traités multilatéraux sur les drogues, qui tous, ont été conclus entre 1909 et 1988. Ce sont eux qui constituent la base juridique sur laquelle se fonde le système actuel de lutte internationale des drogues. Des organismes internationaux ont été également créés tels l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS en 1961) et le Programme des Nations Unies pour le Contrôle International des Stupéfiants en 1990 et autres.
En outre, au Togo, le gouvernement, préoccupé par le renforcement du trafic et de l’usage des drogues a créé le 10 avril 1996, le Comité National Anti-Drogue par le décret n° 96-040/PR du Président de la République. En plus de ses objectifs et ses attributions, ce comité propose des stratégies de prévention et de répression. A ce point de vue, il assure la promotion de l’information, de la prévention, de la prise en charge médico-sociale, de la formation des différents acteurs de lutte.
En collaboration avec l’Office Centrale de Répression et les autres forces de sécurité, le Comité essaie de cerner le problème de trafic de ces produits psycho actifs.
Grâce à ces différents acteurs qui mènent une lutte âpre, nous espérons que la jeunesse togolaise d’ici quelques années sera mieux informée et prendra conscience des méfaits de la toxicomanie, afin de s’en prémunir.
Edem Pédanou |