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Affaire Atsutsè Agbobli/Eclaircissements des zones d’ombre du rapport préliminaire : La Justice togolaise joue sa crédibilité

Golfe Info #436 du 22 août 2008

Le rapport d’autopsie a-t-il levé le doute sur les circonstances de la mort du président du MODENA (Mouvement pour le développement national) ? Pas tout à fait. C’est du moins le constat qui se dégage au lendemain de la publication de ce rapport  lundi dernier par le procureur de la République, Robert Bakaï.  En effet, si un silence apparent (puisqu’il a dit que quiconque peut contester le rapport d’autopsie) est observé du côté du procureur de la République, de nombreuses voix s’élèvent dans le monde politique togolais et des défenseurs des droits de l’homme pour réclamer que «  toute la lumière » soit faite sur cette mort subite. Car pour ces derniers, des points d’ombre subsisteraient dans le rapport du médecin légiste présenté lundi dernier par Robert Bakaï.

L’un des points relevés est l’absence de l’heure précise à laquelle la victime a rendu  l’âme. Une information qui, selon certains analystes, serait essentielle dans la recherche des événements qui ont concouru à la disparition de l’ancien ministre de la Communication.  Plus loin, ce sont les explications données aux blessures qui ont été retrouvées sur le corps du regretté qui semblent surprendre plus d’un. « Les blessures retrouvées sur le corps seraient dues à une chute », avait laissé entendre M. Bakaï alors que dans le rapport qui retrace les derniers mouvements de feu Agbobli, il n’a été mentionné nulle part, des faits qui seraient à la base d’une quelconque chute.

Par ailleurs, d’autres analystes estiment que la mention du passage du défunt à l’hôtel Palm Beach est faite comme si cette étape du trajet ne pouvait pas être utile dans les enquêtes à mener. Si les faits révèlent que M. Agbobli a passé une quinzaine de minutes dans cet hôtel, rappelle un défenseur des droits de l’Homme, pourquoi les investigations du procureur n’ont pas cherché à savoir ce qu’il est allé faire et éventuellement les personnes qu’il y a rencontrées ? Et de se demander si les services d’accueil et de sécurité de cet hôtel ont été entendus ?

La thèse de la noyade ayant été écartée, certains observateurs, au regard de ce qui précède, estiment que celle d’une mort violente l’est encore moins.

Agbobli est-il mort par intoxication médicamenteuse ou par empoisonnement ?

Cette première hypothèse qui semble clore le débat sur la mort de Atsutsè Kokouvi Agbobli ne rassure pas ses admirateurs.

En effet, ces derniers estiment que si le président du MODENA qui aurait tenté de se donner la mort a pu ensuite se rendre chez un médecin pour se faire laver l’estomac, il apparaît moins probable qu’il succombe aux effets de cette intoxication. Car, expliquent-ils, l’équipe médicale qui l’a traité lui aurait dit que sa vie était hors de danger. Par ailleurs, ajoutent-ils, le médecin traitant devait être en mesure de révéler la composition chimique des produits ingurgités par le patient. Et de conclure que si le médecin a rassuré le sieur Agbobli qu’il ne courait plus de risque suite aux traitements qu’il a subis, on ne peut donc justifier que plus de 24 heures après, les effets secondaires de ces produits l’aient pu emporter. S’il s’avère alors que tel est  le cas, envisage ces analystes, ce serait alors les traitements reçus à la clinique Biasa qui n’auraient pas été efficaces. Dans ce cas, concluent-ils, il appartiendrait au Docteur Fiadjoé de s’expliquer. Ce qu’il semble déjà avoir fait en se confiant à la gendarmerie.

L’autre hypothèse émise par les analystes serait celle de savoir si M. Agbobli a pris de nouveau (soit à Palm Beach, soit à la plage) des produits pour se donner la mort à l’insu de tout le monde. Et dans ce cas, où était-il passé tout au long de la journée de jeudi 14 août jusqu’à celle du vendredi 15, où on découvrait son corps sans vie ? Et qu’est-il alors advenu à ses habits pour  qu’il soit retrouvé nu ?

Toutes ces questions méritent aux yeux des amis et proches de l’illustre disparu des réponses claires pour permettre aux autorités judiciaires togolaises  de se racheter aux yeux de l’opinion nationale. Vu que leur première sortie médiatique dans cette affaire suscite des polémiques.

En somme, l’affaire Atsustè Kokouvi Agbobli s’apparente aujourd’hui à un défi que les autorités judiciaires togolaises se doivent de relever pour mettre fin aux suspicions dues à la version des faits servie par les enquêtes préliminaires et le rapport d’autopsie. Il en va semble t-il de sa crédibilité.

Sedjrawodo A. Adry


Suite aux résultats de l’autopsie du corps d’Atsutsè K. Agbobli : Des voix s’élèvent pour la mise en place d’une Commission d’enquête

Au lendemain de la publication des résultats du rapport préliminaire de l’expertise médico-légale présenté lundi dernier par le procureur de la République, Robert Bakaï, le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo et l’Union des forces du changement (UFC) de Gilchrist Olympio ont rendu public des communiqués pour demander la mise en place d’une commission d’enquête. Pour sa part, Me François Boko, ancien ministre de la Sécurité demande aux députés de prendre leur responsabilité.

Visiblement insatisfaites, les deux principales forces de l’opposition togolaise  réclament «qu’une commission d’enquête indépendante soit mise en place afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes  du décès de M. Atsutsè Agbobli». La requête de ces deux formations politiques, selon leurs communiqués, vise à dissiper tout doute dans l’esprit de la population et ceci, conformément aux propos du représentant du ministère public qui a laissé entendre que le rapport d’expertise tel que présenté peut faire l’objet d’une contre-expertise.

L’UFC condamne les conclusions du rapport du procureur de la République

A la faveur de sa sortie médiatique, l’Union des forces de changement « dénonce et condamne la forfaiture des autorités judiciaires qui tentent de corroborer, avant toute enquête sérieuse et crédible, la thèse du suicide avancée par le gouvernement ». « Comment peut-on conclure au suicide  lorsque l’enquête passe sous silence le parcours de la victime entre le petit matin du jeudi 14 août et l’heure de la découverte de son corps le lendemain ?», peut-on lire dans la déclaration du « détia ». 

De plus, le parti de Gilchrist Olympio réfute la thèse du manque d’équipements adéquats pouvant contribuer à la manifestation de la vérité.

En effet, précise le  rapport d’autopsie, les appareils  utilisés dans le cadre de cette analyse ne permettent pas de déterminer avec exactitude la composition chimique des médicaments pris par le disparu. Dans ces conditions, le parti du « Détia » redoute  des manœuvres visant à brouiller les pistes devant élucider les circonstances réelles de la disparition subite d’Atsutsè Agbobli. « Que cache-t-on à l’opinion ? Qui veut-on soustraire à la justice et à qui veut-on, une fois encore, assurer l’impunité ? », s’interroge cette formation politique. Celle-ci demande au chef de l’Etat de prendre ses responsabilités en mettant en place sans délai, une commission d’enquête indépendante et crédible pour élucider les circonstances de cette disparition aux relents criminels.

Me François Boko exige la constitution d’une commission parlementaire

« Le Togo vient de perdre un de ses plus valeureux fils dont le nationalisme éclairera pour longtemps, les générations actuelles et futures », c’est en ces termes que l’ancien ministre de l’Intérieur a exprimé son émotion suite à la disparition tragique du président du MODENA (Mouvement pour le Développement National), Atsutsè Kokouvi Agbobli. Les circonstances de cette tragique disparition ne sont pas exemptes de doute et de suspicions légitimes d’un peuple longtemps meurtri et habitué à des méthodes qu’on pensait révolues, poursuit Me Boko. Selon lui, « seule une véritable enquête parlementaire crédible, peut permettre de sonder les voies de la vérité et rassurer le peuple togolais qui doute légitimement des différentes versions servies par les autorités ». A cet effet, l’avocat au barreau de Paris interpelle les députés à s’appuyer sur leurs prérogatives constitutionnelles pour que la commission qui devra être mise en place soit crédible. De plus, Me Boko souhaite que cette entité soit paritairement composée, assistée d’experts qualifiés pour faire la lumière sur la mort tragique du sieur Agbobli.

Grégoire Awesso 


Saisie de céréales à Sokodé : Dialogue de sourds entre l’OSAT et les revendeuses

La saisie des céréales de certaines revendeuses à Sokodé le 06 août dernier prend désormais l’allure d’un feuilleton à rebondissement. Les deux parties antagonistes (OSAT et les revendeuses) tentent, chacune de son côté, de justifier sa position ? Si pour l’Observatoire pour la sécurité alimentaire au Togo (OSAT) ces commerçantes font partie d’un réseau de spéculateurs, prêtes à exporter le maïs hors du pays, les intéressées, pour leur part soutiennent avoir importé les denrées pour pallier la pénurie constatée sur les marchés locaux

Le bras de fer qui oppose l’association des revendeuses de céréales de Lomé à l’Observatoire pour la sécurité alimentaire au Togo poursuit son chemin. Contrairement aux allégations de ces femmes qui déclarent avoir importé dans le maïs au Togo, les responsables de l’OSAT sont intransigeants sur leur position : ces commerçantes font partie d’un réseau de spéculateurs pris en flagrant délit d’importation des céréales hors du pays.

D’après le directeur de cette structure, Ouro-Koura Agadazi, les documents présentés par ces revendeuses ne sont pas concordants. «Les papiers de la douane togolaise mentionnent 10 tonnes de céréales soit 1000 sacs tandis que ceux des services phytosanitaires font état de 5 tonnes. Ce qui équivaut à 500 sacs», a-t-il fait remarquer. De plus, a poursuivi le colonel Agadazi, les commerçantes n’ont pas précisé la nature des différentes denrées en leur possession.  «Lors du déchargement, non seulement  il s’est avéré que ces femmes ont donné de fausses informations concernant la quantité des céréales (elles ont déclaré 600 sacs maïs au lieu de 1628), mais aussi elles étaient en possession de 206 sacs de haricot. Ces femmes détenaient, 1.834 sacs de 100 Kg de céréales», a-t-il précisé. 

Par ailleurs, le colonel Agadazi soutient sa thèse par le manque de documents justifiant qu’effectivement le maïs est sorti du Burkina Faso. Selon lui, le contrôle en matière d’échanges dans ce domaine se fait à deux niveaux; du côté du pays d’exportation et de celui d’importation. Le directeur de l’OSAT a ensuite ajouté qu’«en aucun cas, il n’est fait mention dans les documents qui nous ont été présentés du cachet de la douane du Burkina Faso ».

Faux, rétorquent les revendeuses qui déclarent avoir prouvé la légalité des documents attestant qu’elles importaient les céréales du Faso. De l’avis de Mme Tchakonda Assia, l’une des commerçantes, le dédouanement des denrées alimentaires étant proscrit dans l’espace UEMOA, la douane de Cinkassé n’a dédouané qu’une partie de la marchandise soit 100 sacs sur les 600. Aussi, a-t-elle ajouté que deux sacs de céréales du Burkina équivalent à un sac au Togo; ce qui fait croire aux responsables de l’OSAT qu’elles ont fait de fausses déclarations. 

C’est pour cela que ces commerçantes demandent  aux autorités du pays de tout mettre en œuvre afin qu’elles puissent rentrer en possession de leurs marchandises. Elles réclament également le dédommagement du préjudice subi. « Ces commerçantes ont fait des emprunts pour exercer leur commerce. Si on ne leur restitue pas leurs marchandises et qu’on  ne les dédommage pas, comment vont elles payer les institutions bancaires qui leur ont accordé ces prêts », s’est interrogée Mme Ativi Gertrude, secrétaire de la section dame de l’Union des forces de changement qui a organisé hier une conférence de presse pour plaider la cause de ces commerçantes.

Grégoire Awesso


Sauvegarder la mémoire du Togo : Mme Tidjougouna en a fait son credo

Depuis janvier 2008, une main féminine s’efforce de polir la conservation de la «Mémoire » du Togo à travers le « Musée national de Lomé ». Cette touche féminine est incarnée par Mme Badjoumbayena Lucie Tidjougouna qui est depuis huit (08) mois la première femme à avoir été nommée Conservatrice du « Musée national de Lomé » créé le 03 avril 1974 par le décret N° 74/71/PR/MJSC, RS signé du président de la République.

La lecture que fait cette dame de sa nomination au début de cette année illustre à bien d’égards l’état d’esprit dans lequel elle s’est mise pour honorer à travers sa fonction toute les femmes togolaises : « J’ai accueilli favorablement cette nomination mais mes sentiments sont mitigés eu égard aux difficultés auxquelles il faut faire face : le « Musée national de Lomé » n’a pas une grande audience auprès des populations locales et ceux qui le visitent se plaignent constamment. L’emplacement et l’exiguïté des infrastructures immobilières, le manque de personnel qualifié et la faiblesse des financements nationaux constituent des entraves à lever. De cette manière, nous aurons moins de soucis et essayerons dans la mesure du possible de  relever le défi à nous lancé, afin que la responsabilité des femmes ne soit remise en cause. Vous convenez avec moi que le « Musée national de Lomé », de par sa vocation, est la vitrine du pays ; nous espérons qu’avec les nouvelles donnes politiques du Togo, nous pourrons, avec le concours des autorités, être à la hauteur de notre tâche ». Et pourtant, à l’entame de ses études universitaires au début des années 80, cette Conservatrice qui traîne une silhouette de personnalité discrète et à la peau noire ébène n’envisageait aucunement de suivre des enseignements qui l’ont menée à sa charge actuelle.

« Après l’obtention de mon Baccalauréat en juin 1981, j’ai été orientée en histoire, j’ai pu obtenir une bourse pour aller me former en Union Soviétique (ex-URSS). Je voulais me spécialiser en Relations Internationales, mais le Professeur Prixahine, chef du Département de l’Université d’Etat de Voronej, un africaniste, m’a dissuadé. Il avait fait partie d’une mission de recherche au Mali et avait constaté que les archéologues en Afrique Subsaharienne se comptaient sur le bout du doigt. Il m’a alors conseillé d’opter pour l’archéologie afin d’augmenter le nombre des chercheurs africains ou d’en faire carrière. Il fut d’ailleurs mon Directeur de mémoire en DESS. Voilà donc la manière dont je suis arrivée aux études en archéologie ». « L’archéologie est une science capitale dans la reconstitution du passé. Elle apporte bien des éclaircissements sur les «périodes obscures» des hommes qui nous ont précédés. C’est une science  historique mais autonome par ses buts et ses méthodes de recherche. Grâce à l’étude des vestiges, elle essaie de comprendre et d’appréhender les civilisations disparues : vie matérielle (habitation, alimentation, technique, commerce …) et spirituelle (religion, rites, coutumes). Nous saisissons à travers les recherches archéologiques, l’importance non négligeable de cette science dans la sauvegarde de la mémoire collective d’un pays. Car, à titre d’exemple, dans un pays, malgré l’absence des sources écrites et les insuffisances dans les sources orales, l’archéologie, grâce à ses moyens d’investigation (prospections, fouilles, études de vestiges etc.) arrive à reconstituer le passé des périodes lointaines comme des périodes relativement récentes, de trois millions d’années avant notre ère jusqu’à nos jours », confie Mme B. Lucie Tidjougouna pour souligner implicitement qu’elle s’est dorénavant pénétrée des différentes facettes de la matière que l’on a amenée à étudier.

Pratique de l’archéologie au Togo

« L’archéologie, au Togo, est en train de faire sa petite route, renchérit celle qui prépare actuellement à l’Université de Lomé une thèse dans cette matière. Elle se porte plus ou moins bien. Elle est un domaine assez nouveau pour le grand public togolais. Elle a commencé son apparition timidement lors de la période coloniale en se résumant à quelques trouvailles fortuites et frappantes (…) La première mission de prospection archéologique officielle au Togo a été conduite en 1979 par le Professeur Merrick Posnansky, archéologue et anthropologue de l’Université de Californie (à Los Angeles aux USA ), avec la collaboration d’archéologues nationaux. Il est considéré comme le père de l’archéologie togolaise, avec André Dovi Kuevi, avec qui il travaille sur place. Les résultats de leur mission ont révélé l’existence de sites d’industries lithiques, métallurgiques et de céramiques (…) A partir de 1984, les recherches de terrain se sont intensifiées avec les travaux de Mme Dola Aguigah dans la préfecture de Haho, dans le Moyen-Mono d’une part et ceux d’André D. Kuevi dans la préfecture de Kloto et de Danyi d’autre part. D’autres travaux se poursuivent encore sur divers chantiers. J’effectue actuellement mes recherches dans la préfecture de Kéran sur le site de Koutammakou et à l’état actuel des connaissances, plusieurs autres sites sont mis au jour. Il s’agit des sites d’élaboration lithique dans la région des Savanes, des sites métallurgiques dans la région des Plateaux, des Savanes, de la Kara et aussi des sites de revêtement ou d’aménagement du sol en tessons de poterie (communément appelés pavements) à Notsè (Haho) et à Tcharé (Kozah). Les résultats des recherches archéologiques ont contribué à l’élaboration de l’histoire des aires culturelles au Togo. Ils ont aussi confirmé certaines hypothèses telles que l’existence d’un peuplement ancien installé au nord-Togo au moins depuis le néolithique (…) ». Et de souligner les difficultés inhérentes à la pratique de cette discipline scientifique en terre togolaise : « L’archéologie locale est confrontée à plusieurs difficultés qui tournent autour des moyens financiers, matériels et humains. Bien que l’archéologie soit dispensée à l’Université de Lomé depuis 1984, il n’existe pas de subvention substantielle pour les recherches archéologiques. Le PAT (Programme archéologique togolais) qui devait se transformer en institution de l’Etat n’a pas pu être institué et nous pensons que si ce service avait été effectif, il y aurait au moins des subventions. Le matériel acquis entre 1989-1991 est vétuste et une nouvelle fourniture s’avère nécessaire. Les spécialistes sont moins nombreux ; il n’y a actuellement que trois archéologues au Togo, deux autres sont en formation, et timidement les étudiants embrassent cette spécialité à cause du chômage ».

Des difficultés qui n’épargnent pas non plus d’une façon générale les musées publics du Togo (à côté du « Musée national », il existe ceux de la région Maritime Est, du Centre, de la Kara et des Savanes). « Les musées publics sont confrontés aux problèmes d’infrastructures (vétustes), ceux de la réduction du personnel qualifié (départ à la retraite des anciens techniciens), ceux d’absence de moyens financiers qui freinent leurs activités, le manque de matériel roulant et la précarité de certains matériels. A tous ces maux, s’ajoutent l’indifférence administrative et la timide collaboration entre les institutions dont ils dépendent. Œuvrant dans la promotion du patrimoine culturel et naturel, nous espérons qu’avec la politique actuelle du gouvernement, nous trouverons des approches de solutions », ajoute «Mme la Conservatrice».

L’archéologie au Togo et les femmes

C’est en 1993 que cette Togolaise de taille moyenne et qui a vu le jour à Siou (Préfecture de Doufelgou) a fait ses premiers pas dans «le monde de la Conservation», par l’intermédiaire de son admission à la Direction du « Musée national de Lomé », dans le cadre du PEF (Programme emploi formation). Cette Direction est chargée de la gestion de la conservation et de la promotion du patrimoine culturel. Entre 1998 et 2003, elle a occupé le poste de chargée de la Division des Sites et Monuments, toujours au sein de la Direction sus-décrite. De 2004 à 2006, L. Tidjougouna a par ailleurs chapeauté la Division des Sites et Monuments et du Patrimoine Immatériel dans le cadre du fonctionnement de la Direction du « Musée national». A ce poste, «Mme la Conservatrice» a entre autres participé à l’élaboration du dossier d’inscription du site « Koutammakou » sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture).

« L’archéologie est une discipline qui ne date que d’une trentaine d’années au Togo et est  peu connue du grand public et des scolaires. Par ailleurs, ses méthodes de recherche un peu endurantes repoussent les jeunes habitués aux facilités. Tout le monde préfère travailler dans un bureau climatisé que d’aller errer sur des sites en brousse, à la recherche des traces des ancêtres ou des tessons qui pour les non initiés sont inutiles. Le manque de financement dans ce secteur est aussi l’une des causes de la sous représentativité des jeunes en général, pas uniquement des filles. Nous devons quand même être fière des Togolaises car la première archéologue du Togo est Dr Dola Angèle Aguigah (ancienne ministre de la Culture), Maître- Assistant, Enseignant-chercheur et Responsable de l’archéologie à l’Université de Lomé. J’effectue mes recherches de terrain sous sa direction. Ce qu’il faut faire pour amener plus de jeunes gens des deux sexes à s’intéresser à cette discipline est une relance des subventions dans ce secteur, rechercher des financements et sensibiliser les étudiants qui d’ailleurs n’attendent que des situations favorables pour s’insérer dans la vie active. Il ne faut pas perdre de vue la motivation qui est capitale. Sans l’amour et la vocation en cette profession, toute initiative restera vaine », s’indigne et recommande à la fois celle qui dirige également le « Village artisanal qui est une continuité du Musée national et se trouve sous l’égide de la Direction de la Promotion culturelle et touristique ». « Peu de Togolais visitent les musées. Je crois que c’est par ignorance, par manque de large publicité les concernant et aussi du fait de l’exiguïté des locaux qui les abritent. Pour le moment, ce qu’il faut faire, c’est de placer en ville des panneaux signalétiques indiquant l’emplacement du « Musée National et du Village Artisanal de Lomé », diffuser quelques spots publicitaires radiophoniques et télévisuels, bref sensibiliser les populations à travers les médias, des séminaires, des expositions itinérantes et des programmes d’animation dans les écoles. Si la situation de non fréquentation perdure, les musées togolais risquent de perdre leur valeur et peuvent être considérés comme de simples conservatoires d’objets anciens sans aucun attrait, ni importance et seront relégués au dernier plan », constate et s’émeut celle qui a également pris part à diverses « campagnes archéologiques » sur sa terre natale.

Edem Gadégbéku


Cafouillages autour du match amical Togo - RD Congo : Stambouli menace de rompre son contrat

le sélectionneur national, Henri Stambouli, a émis, mercredi dernier, après le match amical qui a opposé les Eperviers du Togo aux Léopards de la RD Congo, l’idée de se séparer de la sélection togolaise. Intervenant sur une radio privée de la capitale togolaise, le technicien français, dans une brève analyse de la relation entre les autorités sportives nationales et lui, a révélé qu’il lui a été signifié que la copie de son contrat a été perdue. Une déclaration qui a frustré Stambouli. Face à ce manquement, il a fait constater que « lorsqu’on n’honore pas un contrat, ce n’est plus la peine de continuer ». Par ailleurs, M. Stambouli a dit qu’il n’a jamais été « payé depuis la signature de son contrat le 28 mai dernier ».

Abordant les questions relatives à l’organisation de la rencontre de mercredi dernier, match perdu (1-2) par les Eperviers, le Conseiller du président d’Istres FC (club de Ligue 2 française), a déclaré que « l’organisation n’a pas marché ».  Il est revenu sur le fait qu’il s’est retrouvé seul avec les joueurs, alors que ses adjoints, Kodjovi Mawuéna et Tchakala Tchanilé, sont laissés à Lomé. Quant aux joueurs et aux personnes mandatées pour l’organisation de cette rencontre, il a fait constater que ces derniers ont été sevrés de moyens financiers. « Tout comme les joueurs, ils se sont retrouvés  orphelins », a-t-il déclaré en substance.

Quant aux joueurs, ils n’ont pas perçu à l’issue de la rencontre, les frais de déplacement et les primes de regroupement. Ce qui d’après le technicien français, n’est pas encourageant pour les joueurs qui découvrent pour la première fois, la sélection nationale et ceux en passe de rejoindre la maison jaune et vert du Togo.

Pour l’heure, M. Stambouli a dit « attendre après ce match pour voir  la façon dont vont réagir les dirigeants du football togolais ».

Gabin Koissidjin

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Comments

 

kodjoakam said:

voici l'une des raison pour laquelle j'ai critique  togoforum. il y a beaucoup de questions a poser sur les declarations du ministre de la securite. je reprends la these de la chute. il n'y a pas de roches sur la plage togolaise. c'est une plage a sables fins. d'ou vient l'echimose? la gendarmerie ne nous a pas encore retrouve les habits de Mr. Agbobli.

August 23, 2008 7:19 PM

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