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Au lendemain de la « Frauduleuse sanglante » d’avril 2005 qui a vu le Fils prendre le relais du Père, des pourparlers intertogolais ont regroupé les différents protagonistes de la crise socio politique togolaise, conformément aux vingt-deux (22) engagements souscrits le 14 avril 2004 par le gouvernement Koffi Sama à l’issue des consultations avec l’Union Européenne. Ces discussions qui s’avéraient d’ailleurs importantes pour une décrispation de l’atmosphère politique qui s’est alourdie davantage avec ce scrutin aux mille et un rebondissements, avaient regroupé le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), cinq (05) partis de l’opposition à savoir le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), l’Union des Forces de Changement (UFC), la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP) et le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR), le gouvernement ainsi que deux (02) organisations de la société civile dont le Groupe de Réflexion et d’Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D) et le Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires-Togo (REFAMP/T), du 21 avril au 06 août dans le cadre d’un Dialogue National.
Afin d’aplanir les divergences et sceller un accord définitif, les parties prenantes ont requis la facilitation de Son Excellence Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso. Ce dernier invita les protagonistes à Ouagadougou et suite à une série de consultations et de séances de travail du 07 au 19 août 2006 en présence de représentants de l’Union Européenne (UE) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en qualité d’observateurs, un consensus s’est dégagé et un accord du nom d’Accord Politique Global (APG) fut signé à Lomé le 20 août 2006. Mercredi 20 août dernier donc, l’APG faisait exactement deux (02) ans. Cet accord était censé consolider la démocratie, la réconciliation nationale et la paix sociale, mais la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si ces idéaux se sont traduits dans les faits. Deux ans après, quel bilan peut-on faire de l’application de l’Accord Politique Global ?
Utilité de l’APG
L’application immédiate dont on peut se prévaloir de cet accord aura été la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale. L’équipe dirigée depuis juin 2005 par Edem Kodjo a été dissoute et Me Yawovi Agboyibo est nommé Premier ministre. Et pour l’une des rares fois au Togo depuis l’aube des temps, le gouvernement est ouvert aux «opposants ». C’est ainsi qu’on a vu des Gahoun Hegbor, Léopold Gnininvi, Martin Aduayom et autres occuper des portefeuilles ministériels.
L’Accord Politique Global aura aussi été utile à organiser les législatives du 14 octobre 2007. Pour la toute première fois, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a été réaménagée et ouverte aux représentants de l’opposition, les conditions d’éligibilité ramollies, la carte d’électeur avec photo introduite. L’Assemblée nationale qui en est issue est plurielle et pour la toute première fois, des représentants de l’Union des Forces de Changement (UFC) y siègent.
C’est tout à mettre sous la dent.
Quid des réformes ?
L’intérêt de l’Accord Politique Global est qu’il pose les bases nécessaires pour la décrispation du climat politique, la promotion de la démocratie, la paix sociale et la réconciliation au Togo. Les sujets tabous ont été évoqués lors de ces pourparlers et plein de réformes ont été recommandées allant dans ce sens. Mais sur le terrain de leur matérialisation, le bilan est catastrophique. Il urge de s’attarder sur certaines de ces réformes et recommandations.
Réformes institutionnelles et promotion de la démocratie…
Au titre III de l’APG intitulé « La poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance », il est stipulé au point 3.1 que « Les Parties Prenantes au Dialogue s’engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance », et « s’accordent pour que le Gouvernement d’Union Nationale engage les réformes dans un esprit de consensus. Les réformes porteront sur les questions d’intérêt national suivantes : le fonctionnement régulier des institutions républicaines; le respect des droits de l’homme ; la sécurité et la paix publiques ; le caractère républicain de l’Armée et des Forces de Sécurité ; l’équité et la transparence des élections à savoir : les conditions d’éligibilité, le mode du scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc. le renforcement des moyens d’action de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ». Malheureusement on est bien loin de la matérialisation de ces idéaux dans les faits.
Cas particulier des réformes constitutionnelles
Ces réformes sont des plus importantes et prioritaires pour une véritable stabilité et une paix sociale au Togo. C’est certainement la raison pour laquelle « Les Parties prenantes au Dialogue national engagent le gouvernement à étudier les propositions de révision constitutionnelle, notamment : le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier ministre, les conditions d’éligibilité du Président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel, l’institution d’un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle », comme inscrit au point 3.2 du titre précédent.
Ces réformes s’imposaient comme l’alternative pour la fin de la crise car la Constitution a été truffée au cours de l’Histoire de plein de mesures discriminatoires lors des différents toilettages, taillée sur mesure contre le leader de l’UFC Gilchrist Olympio. Voici deux ans que l’Accord Politique Global fut signé et une échéance électorale de grande envergure approche à grands pas, la présidentielle de 2010. Mais jusqu’ici, la question n’est pas encore à l’ordre du jour. Les défenseurs de l’APG dont le CAR et l’UFC ont essayé entre-temps de remettre la question sur le tapis, mais ils se sont heurtés à l’obscurantisme du pouvoir en place. Pour le Secrétaire Général du RPT Solitoki Esso, ces réformes ne peuvent s’opérer qu’à l’Assemblée nationale. Ainsi son parti, fort de sa majorité au Parlement pourrait donner l’orientation voulue à ces réformes. Visiblement tout est fait sciemment pour ne jamais enclencher ces réformes, ou simplement les dévoyer. Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation recommandé par l’APG et qui devrait plancher sur des questions d’intérêt, dont celle des réformes constitutionnelles, n’est pas à ce jour mis en place. Deux ans donc après la signature de l’Accord Politique Global, on est toujours au point mort.
Pardon et réconciliation nationale
« Afin de créer les conditions pour un climat social apaisé nécessaire à la réconciliation, les Parties prenantes au Dialogue National conviennent de la création d’une commission qui proposera des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale », lit-on au point 2.4 du titre II. Voilà qui est bien dit. Mais cette volonté commune affichée à l’époque tarde à se traduire dans les faits.
Actuellement c’est un simulacre de processus Vérité, Justice et Réconciliation qui est organisé par le pouvoir. Les Consultations nationales enclenchées depuis quelques mois sont conçues par le seul pouvoir et le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), plus précisément Mme Ige Olatokumbo, sans que les autres parties prenantes à la crise soient associées. Une manière pour le régime de façonner le processus à sa guise. Procédure qui ne rencontre pas l’agrément du CAR qui boude ainsi toutes les manifestations organisées dans le cadre de ce processus. Le processus tel qu’organisé ne recueille d’ailleurs pas l’adhésion populaire et peu de Togolais en espèrent grand-chose. Et visiblement, le clan ne veut pas du jugement des auteurs des violences d’avril 2005. Dans ces conditions, il est à craindre que le pardon et la réconciliation nationale ne soient pas pour demain.
La liste des réformes bâclées est assez longue, ce qui remet sur le tapis la question de l’utilité même de l’Accord Politique Global du 20 août 2006. Et au demeurant, il n’est pas exagéré de dire que cet accord n’aura servi qu’à légitimer le pouvoir de Faure Gnassingbé acquis dans des circonstances douloureuses. C’est un bilan strictement nul, deux ans après.
Tino Kossi
Le Togo peut-il poursuivre l’effort en prenant le Bénin pour modèle ? Quand le Ministre Bodjona reconnaît explicitement le retard du Togo Il y a environ quatre mois, le Ministre d’Etat, Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Pascal Bodjona recevait dans les locaux de son Ministère une délégation du syndicat des employés de la municipalité de la Commune de Lomé (mairies, services d’états-civils, voirie, etc.) venue lui soumettre leurs doléances. A cette rencontre, celui-ci avait visiblement mis ses interlocuteurs à l’aise au point qu’au sortir du Ministère, ils avaient été littéralement séduits et tout heureux. Notre source nous permet de croire que les conditions d’échanges fructueuses avaient été mises à contribution par le maître de céans.
Normalement, c’est ce genre de relation que tout responsable, devrait entretenir avec ses agents, dans le but d’instaurer et promouvoir la confiance mutuelle propre aux bonnes performances conduisant au progrès et au développement. S’était-il agi de sincérité de la part de Monsieur le Ministre ou tout simplement d’une opération de séduction passagère ? Nous ne saurions y répondre. Nous ne pouvons que souhaiter que cette vision des relations entre dirigeants et administrés fasse tache d’huile.
« Mettez-vous à l’aise ! Vous pouvez parler le mina, si vous voulez, car je comprends et je parle très bien le mina », avait lancé le Ministre Bodjona à ses interlocuteurs. Prenant la parole à la suite des représentants du syndicat qui avaient déploré les conditions dans lesquelles ils travaillent à la Mairie, à l’Etat civil, à la voirie, et autres, le Ministre leur a fait comprendre qu’ils avaient bien raison et qu’il partageait bien leurs doléances. Il était même allé plus loin, en leur demandant s’ils n’avaient rien à dire sur leur statut.
Or c’est ce point qui devrait constituer le thème principal de cette réunion. Sur ce, s’engagea la discussion et les syndicalistes n’avaient pas nié qu’effectivement c’était un point essentiel de leur préoccupation. Avaient-ils été subjugués au point de « perdre le réseau » ? C’est possible, car depuis longtemps déjà, selon nos informations, les agents de la Mairie et autres n’avaient de cesse de se plaindre de cette absence de statut qui les a tant pénalisés. Donc il n’y avait pas de raison, tout bien pesé, de ne pas aborder ce point crucial.
Signalons que le Ministre Pascal Bodjona, à cette occasion, donna tant et si bien libre cours à la causerie qu’il alla jusqu’à déclarer aux syndiqués que jusqu’ici aucun de leurs responsables administratifs n’était venu le voir à propos des problèmes qu’ils venaient d’évoquer et auxquels il était pourtant nécessaire de trouver des solutions. Il déclara à cœur ouvert que, ce qui était leur grande préoccupation à eux, c’était de le solliciter pour une place pour tel ou tel parent. Or des problèmes liés au personnel méritaient des solutions. Il promit de voir de près leur situation et que très bientôt ils auraient un statut.
C’est sur ces entrefaites qu’un effort fut mené au niveau du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales en vue de l’élaboration du statut des agents des collectivités territoriales constitué de 138 articles définissant les conditions de recrutement de cette catégorie d’agents ainsi que le cadre de leur titularisation. Ce statut a été adopté le 05 juin dernier par l’Assemblée Nationale.
Nous avons été très surpris qu’un Ministre du RPT, ait pu avoir le courage de déclarer à peu près : « qu’il avait eu honte la première fois qu’il s’était rendu à Cotonou au Bénin à côté pour découvrir que les agents des collectivités locales de ce pays voisin avaient un statut en bonne et due forme et qu’au Togo c’était un vide». Il continua pour dire « qu’ils sont très en avance sur nous dans ce domaine et que ce n’est pas normal que jusqu’ici ils n’aient pas de statut». C’est ce que nous a confié notre source visiblement émerveillée de cette compréhension qu’avait rencontrée leur délégation auprès du Ministre.
Elle s’est dite étonnée de l’entendre parler ainsi, car on n’aurait pas cru entendre parler ainsi un Ministre issu des rangs du RPT. Nous, nous osons dire pour notre part qu’ils sont très en avance sur nous dans maints domaines et qu’il ne nous revient que d’ouvrir grandement les yeux pour voir et comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre chez les autres et bien faire, si l’on est à court d’imagination. Effectivement, quand on refuse le développement en donnant l’impression à son peuple que tout va bien, voilà les genres d’impression que les citoyens peuvent avoir même là où il n’y a pas matière à s’extasier.
Nous osons croire que c’est depuis ce temps-là, qu’en tant que Ministre chargé des collectivités locales, il s’est mis en tête qu’il fallait absolument un statut pour ses agents togolais aussi. Où est son mal ? On ne peut que saluer ce petit effort. Car il faut une locomotive pour tirer les retardataires. Et si cette locomotive doit être le Bénin ou le Ghana à côté, tant mieux ! Apprendre chez les autres ne saurait être un complexe. Même si c’en était un, il fallait le surmonter. C’est cet effort que les Togolais voudraient voir entreprendre ces Ministres du gouvernement Komlan Mally. Nous le souhaitons à tous les membres du gouvernement et les prions d’ouvrir les yeux. Reconnaître ses lacunes ou son retard c’est faire un pas vers le développement.
Nous tenons à souligner que c’est tout à fait fortuitement que nous avons eu cette information au cours d’une petite causerie tout dernièrement et nous n’avons pas voulu laisser filer l’occasion en dépit du retard. Au fait, au-delà de l’information, le centre d’intérêt de ce papier que nous avons tenu à faire c’est de souligner deux choses essentielles. D’abord, la cordialité de la rencontre qui est à encourager. Enfin, le fait que nous pouvons oser affirmer que ces Messieurs et dames, malgré l’impression qu’ils donnent selon lequel, le Togo serait un pays en bonne santé, ils reconnaissent dans leur tréfonds que le Togo dort et qu’il doit se réveiller. Nous pouvons aussi faire des choses à copier par les autres. C’est une question de volonté politique.
Ne nous lassons pas d’encourager toujours ceux-là qui ont des yeux mais ne veulent pas voir, à les ouvrir pour mieux voir le monde évoluer autour de nous ! Notre prospérité et notre développement sont à ce prix.
Alain Simouba
Saisie des tonnes de maïs par l’OSAT : Le D.G. Agadazi persiste qu’il s’agit d’une spéculation Les membres de l’Observatoire de la Sécurité Alimentaire au Togo (OSAT) ont animé le mercredi dernier une conférence de presse dans un hôtel à Djidjolé. Cette conférence vise à éclairer l’opinion sur la situation qui règne entre l’OSAT et l’association des revendeuses de céréales qui a animé le jeudi 14 août 2008 une conférence dans les locaux du Groupe de Réflexion et d’Action Femme Démocratie et Développement (GF2D) au sujet des problèmes liés au commerce du maïs.
Pour le DG de l’OSAT, Ouro Koura Agadazi, les commerçantes mises en cause dans cette affaire ne sont que des exécutantes et elles font leurs manifestations sur ordre de « certaines hautes personnalités de la place que l’on ne croirait pas capables de mettre leurs mains dans une affaire de maïs ». Il s’est défendu en faisant allusion aux nombreuses menaces qu’il reçoit. « si vous savez les nombreuses menaces que je reçois… et ce ne sont pas ces femmes-là, ni leurs proches. Mais plutôt des personnes qui sont dans des bureaux climatisés et qui n’ont rien à avoir avec le maïs. Même celui qui est chargé de faire les enquêtes aussi reçoit les pressions de ces cadres », a-t-il ajouté avant de déplorer l’attitude de ces femmes-là qui ont, dans leur déclaration, avoué des choses qui ne sont pas vraies.
Fraude, concurrence déloyale, spéculation, tentative d’exportation et rétention de stock sont autant d’infractions que cette institution reproche aux spéculateurs dont les produits sont gardés dans le magasin de l’OSAT et qui pourront « peut-être aider les sinistrés ou servir à d’autres choses», a souligné M. Agadazi. Ce dernier a insisté sur le faite que les enquêtes vont être poursuivie aux fins de mettre à nu les vrais spéculateurs, et ainsi de réduire la pénurie de denrées de premières nécessités.
Et déjà l’OSAT projette occuper tout le territoire en prenant attache avec les paysans et tous les secteurs qui sont en charge du commerce. Ce qui pourra permettre aux cultivateurs, aux transporteurs et aux bonnes femmes d’en tirer chacun des bénéfices. Cette nouvelle méthode selon l’OSAT, aidera à ne plus laisser le champ libre aux marchands véreux.
Coco Tchak
Sans détour : Que ce ne soit pas un vain laurier « Les succès ne frappent jamais au hasard : ceux qui réussissent, ceux qui gagnent sont d’abord des personnes qui ont cru en elles » (Dominique Glocheux, La Boss génération)
Dimanche prochain, les 29e Jeux Olympiques qu’accueille Pékin vont prendre fin. Ce sera l’heure du bilan. Les heureux médaillés auront leur nom gravé dans les annales de Pékin ainsi que dans le répertoire des JO. La Chine qui est en train de bouleverser le monde dans tous les domaines, a fait sensation au cours de ses Jeux. Elle mène au classement des médailles devant les Etats-Unis d’Amérique de Georges de Bush en fin de mandat. Les Reggae Girls et les Reggae Boys de la Jamaïque surprennent le monde entier en enlevant des médailles au nez et à la barbe des favoris. L’histoire retiendra aussi que c’est en Chine que le Togo a remporté sa première médaille depuis l’existence de ces Jeux. C’est l’œuvre de Benjamin Boukpeti qui ne connaît même pas les routes cabossées du Togo pour l’avoir quitté dans sa tendre enfance. Il aurait pu compétir pour la France qui l’a vu grandir et qui lui a donné les moyens de réaliser son rêve de sportif. Si la concurrence n’était pas rude dans l’Hexagone, il n’aurait pas décidé de venir porter le drapeau de son pays d’origine.
Aujourd’hui, il fait la fierté de tout un peuple. Son exploit vient à point nommé pour arracher un peu de sourire aux Togolais rabougris par la vie chère, malmenés par la pluie et inondés par les eaux. La satisfaction est totale. Comme l’a bien exprimé Zoumaro Gnofame, Président du Comité national olympique togolais (CNOT) : «Maintenant que nous avons quand même réussi, en plus de la participation à avoir un plus pour le développement de notre sport pour faire hisser notre drapeau parmi les olympiens, nous ne pouvons qu’être satisfaits ». Cependant, un penseur roumain Titu Maiorescu lance cet avertissement : « Prends garde au lendemain du succès ! ». Pour l’étayer, nous invitons, pour notre part, à prendre garde après les explosions de joie. Ces rappels sont adressés à ceux qui gèrent les institutions sportives de notre pays et au gouvernement qui devra ouvrir son chéquier.
Le sport togolais est plombé du fait du copinage, de l’amateurisme, de la navigation à vue et des querelles intestines. Les structures sportives nationales sont considérées par certains comme leur chasse gardée et ils s’y accrochent même si les résultats se font désirer. En plus, les problèmes de personne n’en manquent pas. La conséquence, c’est qu’il existe deux fédérations ou deux bureaux pour la même discipline. Ailleurs, ce sont les membres du bureau qui se détestent à mort. Des situations qui n’arrangent pas notre pays qui regorge de sportifs et de talents. Il faut voir tous ces gens qui prennent d’assaut les rues, les aires de jeu tous les jours et surtout les week-ends! Mais curieusement, nous n’avons pas de champion parmi eux. C’est la faute aux responsables de fédération et aux gouvernements successifs qui n’initient pas une politique sportive digne de ce nom et qui ne mettent pas les moyens adéquats à la disposition des fédérations.
« Les succès produisent les succès, comme l’argent produit l’argent », nous enseigne Nicolas de Chamfort. Que la médaille de Boukpeti ne soit pas un vain laurier. Il faut penser à lui donner une valeur, à la multiplier au cours des prochaines compétitions internationales. Ce n’est pas le Togo qui est plus pauvre que la Jamaïque qui émerveille à Pékin avec ses athlètes. Il faut ressusciter le sport à l’école en fournissant à chaque établissement scolaire des enseignants d’éducation sportive. On peut puiser dans l’effectif pléthorique des militaires des gens qui seront recyclés et qui se chargeront de développer le sport à la base. C’est un passage obligé si on veut quantifier l’unique médaille de Boukpeti. A bon entendeur ...
Zeus Aziadouvo |