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Suicide du ministre Agbobli : Des soucis matériels et financiers seraient la vraie cause

La Dépêche #432 du 21 août 2008

Le communiqué du ministre de la Sécurité dans la soirée est venu mettre fin à cette rumeur folle qui a circulé ce 15 août 2008 sur le décès de l'ancien ministre de la Communication. Selon donc le communiqué du ministre de la Sécurité, c'est depuis le 13 août que le ministre AGBOBLI a été admis à la clinique BIASSA suite à une absorption de substances nuisibles à la santé. Après s'être soulagé, il quitte discrètement la clinique sise à Nyékonakpoè à 4 heures du matin sans prévenir son médecin en demandant à son chauffeur de le conduire à Mercure Hôtel Sarakawa après un tour à l’hôtel Palm Beach. A quelques mètres avant l'Hôtel, il descend du véhicule et continue la course à pied. Jugeant son comportement suspect, le chauffeur alerte la famille du ministre. La gendarmerie se déploie sur les lieux pour des recherches. Il est resté introuvable jusqu'à ce 15 août 2008 à 10h où on trouva son corps rejeté sur la plage au niveau du foyer des Marins.

C'est dans ces circonstances donc que notre compatriote, politologue, historien, écrivain et journaliste nous a quittés en laissant  place à de nombreuses interrogations.

Pourquoi le ministre AGBOBLI a quitté sans dire mot à son médecin ? Ensuite, il y a le comportement du chauffeur du ministre AGBOBLI. Son comportement paraît suspect. Voilà un chauffeur qui conduit son patron malade à un endroit. Au lieu de demeurer  constamment aux côtés de son patron malade, ce dernier  parvient à lui échapper jusqu'à aller se donner la mort ! Le ministre AGBOBLI ne méritait pas ça. La clinique BIASA et le chauffeur  doivent dire toute la vérité car leur responsabilité est entière.

Dans l'état actuel des informations, les soupçons se tournent vers un probable suicide. Pourquoi alors le président du MODENA très critique envers le régime Faure  aurait-il décidé de mettre fin à ses jours sans terminer le combat ?

Des soucis financiers

Selon nos informations, le ministre AGBOBLI  avant son décès, était dans un état fébrile. D'autres ont même parlé de délire.

De sources concordantes confirmées par le procureur de la République, l'ancien ministre de la Communication du Président EYADEMA aurait eu des soucis d'argent et survivait grâce à l'aide d'un ami. Il  n'aurait pas digéré les propos en forme de blague de cet ami. Celui-ci lui aurait déclaré " qu'il a raté sa vie ". Ses propos auraient-ils blessé l'amour propre du ministre AGBOBLI au point de le pousser à mettre fin à sa vie ? L'autopsie réclamée par sa famille nous éclairera. En attendant, il est inutile de lancer des accusations sans preuves.

Kao Victoire


Le Togo comme au temps de NOE 

De mi-juillet à nos jours, il n'y a pas un seul jour sans que le Togo n'enregistre un malheur. Tout se passe comme si tous  les diables d'Afrique ont élu domicile dans notre pays.

Depuis quelques semaines, le Togo est sous les eaux. Comme si le ciel avait ouvert sur ce  petit  rectangle qu'est le Togo, une avalanche d'eau qui tellement s'est déferlée sur la terre de nos aïeux qu'elle a noyé nos champs, nos villages, nos villes et nos rues.

Sans pitié pour les Togolais déjà affaiblis par la longue crise sociopolitique, les eaux, comme au temps de Noé, ont détruit  tout sur leur passage. Elles ont emporté les hommes, les biens matériels, les animaux, l'argent, l'or, les diamants, les récoltes de maïs, les palmiers dans les champs de manioc  et tant d'autres choses.

Au temps de Noé, le déluge a été expliqué par la pluie qui a duré 40 jours et 40 nuits. Dieu avait décidé de punir les hommes pour leurs péchés. Actuellement, l'explication est difficile à trouver. Il a plu, certes, mais pas autant pour justifier la catastrophe que connaît le pays. Quelque fois, l'eau a envahi certaines régions alors qu'il n'y a pas plu. Elle y est arrivée de façon spontanée alors que le ciel était beau. D'où est donc  venue cette eau qui inonde  et détruit les  ponts à   Amakpapé, à Togblékopé, à Atchangbadè, à Sokodé, Kpenzindè et ailleurs ? D'où est venue l'eau qui a inondé la vallée du Zio et du Mono ?

Devant l'impossibilité  d'expliquer, beaucoup tentent de croire qu'elle est venue du Ghana où on aurait ouvert le trop plein du barrage d'Akossombo ; ce qui est faux. Pour certains Togolais, elle est venue de nulle part. elle est seulement les larmes du ciel.

Dans la logique de ces malheurs, le Togo a vu plusieurs de ses ponts se couper, paralysant ainsi la circulation dans le sens Sud-Nord et Est-Ouest avec d'énormes conséquences sur le commerce avec le pays de l'hinterland.  L'économie togolaise a pris un sérieux coup. Une bonne partie du réseau routier togolais est détruite.

Toujours dans ce mois d'août, le Togo a échappé de justesse à une autre catastrophe. Un Airbus A320 turc a failli s'écraser sur Lomé avec à bord 196 passagers alors qu'on n'a pas fini de pleurer les victimes des inondations.

Le 15 août, comme si ce n'était pas suffisant, le ministre Atsutsè AGBOBLI  se donne la mort dans des conditions floues et incompréhensibles comme pour dire, je suis fatigué  de ce Togo qui va de mal en pis socialement, économiquement et même politiquement. AGBOBLI, l'homme à l'esprit fertile, quitte ainsi la terre de nos aïeux sans avoir vu la fin de son combat politique.

La dernière perle de malheurs, c'est l'accident que vient de subir un ministre du Gouvernement MALLY. Togo, sacré Togo, l'or de l'humanité, pourquoi tant de malheurs après près de 40 ans de bonheur ?

Quand on interroge notre histoire récente, il semble qu' il y a plus d'un an, la nature donnait déjà des signes que nous n'avons pas su décrypter à tant. A cet effet, rappelons-nous, qu'il y a plus d'un an " Kpendjal, l'une des régions la plus extrême du Nord Togo quasi désertique, s'est inondée sans qu'on ne comprenne rien à la logique climatique. Hasard ou signe des temps ?

L'inondation la saison dernière de la vallée du Mono, en particulier du village d'Avévé, causant d'énormes dégâts au château d'un confrère, était-elle  un hasard ou un présage ?

Tellement, l'acharnement de la nature contre notre pays  est grand et régulier qu'il y a bien lieu de s'interroger sur les raisons. Quel est ce message que les Togolais n'ont pas su saisir  facilement ? Que cache l'ensemble de ces faits qui tirent, chaque jour, le Togo vers le bas ?

Voilà une question qui interpelle les occultistes et les hommes spirituels qui s'efforcent de lire dans les faits de la nature, le message que nous envoient nos aïeux, les dieux et Dieu Tout Puissant.

Pour les animistes, dont la croyance est aussi vieille comme le monde, ce qui arrive à notre pays n'est pas anodin et doit être pris au sérieux. Chaque malheur  est un signal qui porte en  lui un sens qui mérite d'être compris. Pour les  charlatans, les féticheurs et d'autres maîtres de cette science occulte, c'est que les dieux Togolais sont en colère. Ils ont même tourné le dos au peuple togolais. C'est parce que ces divinités ont refusé de combattre que les mauvais esprits ont pu librement atteindre le Togo.

La raison de ce désintéressement est qu'il y a déjà un bon bout de temps que personne, aucun Togolais ne s'occupe d'eux. Pour cette croyance, EYADEMA  était un homme attentif qui a toujours répondu à leurs besoins, faisant des offrandes à toutes les divinités qui sont au Togo, du Nord au Sud, de l'Ouest à l'Est.

Vous auriez compris, pourquoi toutes les forces divines du Togo ont salué la disparition de l'homme par des signes extérieurs visibles.

Rappelons pour cela qu'à la mort de ce grand homme, la nature a réagi par la pluie, la tornade, le vent, un grand vent, des bourrasques, le tonnerre, la tempête et les éclairs. Ces signes se sont répétés aussi bien à sa mort qu'à ses funérailles. Est-il exagéré de conclure que l'homme était un grand " baobab " comme  il aimait le dire lui-même qui protégeait les arbustes de la savane de tous les vents violents? En tout cas, EYADEMA était de son vivant une force qui savait écouter la nature pour protéger son peuple.

Aujourd'hui, les Eglises Catholique, Evangélique et l'Islam généralement plus réservés prennent part aussi à ce débat occulte. Ces religions, par rapport à cette situation que connaît le Togo, appellent les fidèles à plus de prière pour délivrer notre pays de l'emprise des démons. Ceux-ci  ont libre cour au Togo parce que Dieu est en colère, en colère contre le peuple togolais et ses dirigeants qu'il aime pourtant bien. Mais ce que personne ne dit est la raison pour laquelle Dieu est en colère, …. Qu'ont fait les Togolais de si mal pour mériter  la colère du bon père ? A cette question, la hiérarchie de ces deux églises et de l'Islam est muette.

Pour les autres sectes chrétiennes, telles que les christianistes célestes, les Brothers woods, les Alladouras, les Pentecôtistes, les Adventistes et même les Assemblées de Dieu, qui   généralement, sont plus volubiles, ce qui arrive au Togo est une sanction pour nos péchés, péchés commis depuis Agokoli à nos jours en passant par les crimes des Ablodé Sodja, du coup d'Etat, des excès de la Conférence Nationale dite souveraine et les troubles des élections du 24 avril 2005.

Les pasteurs éclairés, les apôtres, les prophètes autoproclamés, les christ-renés ou incarnés de ces églises pensent que le Togo d'aujourd'hui est comme la terre au temps de Noé. Ils citent le Livre de l'Exode qui parle  de la sanction  de Dieu contre Pharaon et son armée, le cas de Sodome et Gomhore où Dieu en colère  contre les pratiques immorales a détruit ces villages. Ils donnent  ainsi le cas du déluge pour étayer leurs argumentations.

Enfin, ces éclairés pensent tous que demain n'est pas la veille pour le Togo. Si rien n'est fait, le Togo aura encore à connaître des jours sombres. C'est pourquoi  les autorités du pays et tous ceux qui ont à cœur le bonheur  du Togo, doivent se déployer pour conjurer les maux qui assaillent la Terre de nos aïeux.

Kao Victoire & Cevre Kodjo 


Dans un communiqué publié le 12 août 2008, le gouvernement, par la voix du ministre du Commerce, de l'Industrie, de l'Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises, M. Yandja Yentchabré, annonçait les nouveaux prix des produits pétroliers à la pompe. Ainsi, les prix de vente des produits pétroliers sur toute l'étendue du territoire national sont fixés comme suit :

-        Essence super sans plomb : 595 F CFA le litre

-        Gaz-oil :                            590 F CFA le litre

-        Mélange deux temps :             575 F CFA le litre

-        Pétrole lampant :            370 F CFA le litre

-        Gaz domestique :                     3.500 F CFA la bombonne de 12,5 kg.

Réuni en conseil des ministres le lendemain, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures suite à l'augmentation de ces prix : relèvement du SMIG et du SMAG à 28.000 F CFA, réduction de l'Impôt sur les sociétés de 7%, de l'IRPP de 10%, octroi d'une indemnité de transport de 5.000 F CFA/mois à tous les agents de l'Etat.  Voilà quelques-unes des dispositions prises  pour améliorer tant soit peu la misère des Togolais.

En effet, le gouvernement, au cours des travaux, s'est penché sur des mesures à prendre afin de permettre à toutes les couches sociales de faire face au phénomène de la vie chère, marqués par la flambée des prix du pétrole et des produits de base.  A cela, vient s'ajouter le coût de grâce des inondations que notre pays vit ces dernières semaines.

Toutefois, le gouvernement a décidé de maintenir le prix du pétrole lampant et du gaz domestique inchangé. Les raisons évoquées sont entre autres : favoriser les populations rurales qui n'ont pas de pouvoir d'achat en leur permettant de s'approvisionner en pétrole lampant et encourager l'utilisation du gaz domestique, ce qui aura pour effet de réduire la pression sur  nos forêts.

Cependant, il est évident que l'augmentation du prix de l'essence par le gouvernement  aura une conséquence directe sur la flambée des prix des produits de première nécessité.

Des mesures encourageantes

Selon le gouvernement, la subvention accordée déjà pour la réduction des prix des produits pétroliers au cours de cette année 2008 est de 18 milliards de F CFA. Mais, les décisions encore salutaires sont entre autres, le relèvement du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) et du Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG) qui étaient d'environ 13.700 F CFA depuis 1990. Or, depuis cette date, l'économie togolaise a subi d'énormes mutations : la dévaluation du Franc CFA, l'inflation généralisée due à la conjoncture économique et les effets de la suspension de la coopération avec nos partenaires en développement. Il est donc vrai que le SMIG et le SMAG en vigueur ne répondent plus aux réalités économiques.

C'est pourquoi, suite aux négociations que le gouvernement  a engagées avec les acteurs sociaux, notamment  le patronat et les syndicats, il a été décidé la revalorisation du SMIG et du SMAG de 28.000 F CFA par mois.  Cette décision prend effet à partir de la fin du ce mois d'Août. A cela s'ajoute l'élimination des frais non tarifaires sur les routes, le maintien des tarifs d'eau et d'électricité, la réflexion sur la création   de magasins témoins, dans les chefs-lieux de préfectures en vue d'assurer l'approvisionnement régulier et à des prix de référence de produits de première nécessité, la formalisation et la redynamisation de la commission nationale ad hoc sur la vie chère créée auprès du Premier Ministre.

Sur le plan  des finances et de l'impôt, on note : réduction de l'Impôt sur les sociétés (IS) (de 37  à 30% pour les industries et 40 à 33% pour les autres), réduction de 10% sur l'Impôt sur le Revenu de Personnes Physiques (IRPP)  à partir de janvier 2009, paiement de l'arriéré de pension de juin 2003 aux retraités de la Caisse de retraite, une indemnité de transport de 5.000 F CFA par mois à titre  transitoire pour tous les agents de l'Etat jusqu'en décembre 2008, la couverture des agents de l'Etat contre les accidents corporels qui peuvent leur être causés entraînant soit le décès, soit l'incapacité permanente ou partielle. Ces mesures sont certes encourageantes, mais le gouvernement doit mieux faire.

          Beaucoup reste à faire

Avec ces nouvelles mesures, les Togolais pensent que le gouvernement commence par s'attaquer au social. Cependant, un bon  nombre de Togolais s'interrogent à propos du relèvement du SMIG et du SMAG. Déjà dès la fin de ce mois, cette décision prend effet : mais les employés des secteurs privés et parapublics se demandent si le gouvernement à pris des dispositions pour que les présentes décisions soient appliquées par le secteur privé ? Et la prime de transport de 5.000 F CFA par mois, qu'est-ce que cela peut ajouter à un fonctionnaire  si le litre d'essence coûte 595 F CFA ? L'autre constat est que le mélange à deux temps n'existe plus dans les stations d'essence.

D'aucuns s'interrogent sur la bonne foi du gouvernement, car des promesses similaires étaient faites par le passé mais cela n'a jamais pris effet.

Malgré l'effort fourni par le gouvernement, les Togolais  tireront toujours le diable par la queue car ils resteront toujours confrontés à la vie chère. Etant donné que chaque jour, les prix des produits  ne cessent d'augmenter (maïs, haricot, fer, ciment, etc..) sans aucun contrôle. L'on s'interroge et déplore aussi le mutisme du gouvernement  sur le train de vie de l'Etat, usage exagéré de voitures de luxe par une minorité quand la majorité croupit sous le poids de la pauvreté extrême. D'autres membres du gouvernement ont poussé l'arrogance jusqu'à aller climatiser leurs garages.

Le gouvernement  doit aller plus loin en revoyant à la hausse la valeur indiciaire et en révisant la grille salariale comme prévue par les états généraux de

l’administration publique. C'est le seul moyen de venir à bout des problèmes des fonctionnaires et salariés de l'Etat.

T. Vivien


Crise au FER : Le courrier ministériel qui absout M. Tchamsi

       Dans notre édition du 13 août 2008, dans deux articles différents, le premier intitulé : " La première tête du clan des amis de Faure est tombée " et le second, titré " Le FER ou le médecin après la mort ", nous nous sommes interrogés en allant au-delà de la campagne médiatique qui a accompagné la dissolution du FER par le Conseil des ministre du 06 août 2008.

          A en croire le communiqué du Conseil des ministres, le FER et ses responsables sont seuls responsables de l'échec de l'institution chargée de l'entretien des Routes. Comme à LA DEPECHE nous nous méfions des déclarations des hommes politiques, nous avons émis à juste titre des doutes en cherchant à comprendre les vrais dessous de la crise au FER. Qui cherche trouve. Comme nous l'avons effleuré dans notre dernière édition, les problèmes du FER ne datent pas de M. TCHAMSI mais remontent très loin dans le temps.

          Comme dans les autres sociétés d'Etat, l'échec du FER provient du non respect des procédures. Dans le cas d'espèce, il y a eu dysfonctionnement entre la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) et le FER. La première devrait contrôler les travaux réalisés par le FER et ce dernier devrait gérer et administrer. Or dans la pratique, la DGTP a joué et le rôle de contrôle et celui de gestionnaire. Elle a été à la fois juge et partie.

          Les textes qui régissent le FER sont là-dessus clairs.

          En effet, la Loi 97-02 du 10 janvier 1997 créant le FER stipule en son article 13 : " Le directeur du FER assure sous l'autorité du président du conseil des Routes, l'administration du FER ".

          Il exécute les délibérations et décisions du Conseil des Routes. Il est l'ordonnateur du budget du FER. Il soumet au Conseil des Routes à la deuxième session trimestrielle, le programme annuel d'activités proposé par la Direction Générale des Travaux Publics.

          L'article 14 de la même Loi dispose : " Le Contrôle de l'exécution des travaux d'entretien routier est assuré par la Direction Générale des Travaux Publics et un expert désigné par le comité exécutif du Conseil des Routes ", et l'article 15 de préciser : " Le Directeur Général des Travaux Publics participe aux séances du Conseil des Routes sans droit de vote ".

          Voilà ce que la Loi qui a créé le FER dit de son fonctionnement. Dans l'application, les textes ont été bafoués et la loi du plus fort a été imposée.

          Pour amener tous nos compatriotes à apprécier tous les enjeux du FER, nous publions ci-après pour vous une lettre du président du Conseil des Routes à son ministre de tutelle.


Le Président du Conseil des Routes

      A  Son Excellence, Monsieur le Ministre de l'Equipement, des Transports, des Postes et Télécommunications

 

Objet : Contribution pour une meilleure gestion du Fonds d'Entretien Routier (FER) et une optimisation du rendement dans l'exécution des travaux.

 

                                                          Monsieur le Ministre,

Faisant suite à l'entretien que vous avez si bien daigné m'accorder, je voudrais partager avec vous quelques réflexions que je me suis permises sur les causes réelles de la mauvaise gestion des fonds alloués à l'entretien routier et les résultats très peu louables de l'entretien routier tel qu'il est pratiqué aujourd'hui.

- I) La cause fondamentale qui entraîne aujourd'hui des dérives et l'inefficacité que l'Autorité à juste titre reproche au FER est la mauvaise interprétation que la Direction Générale des Travaux Publics a fait de la loi 97 - 02 du 10 janvier 1997 créant le FER et l'application inappropriée de certaines dispositions prévues par cette loi.

En effet la loi dispose en soi: article 13:

 le Directeur du FER assure sous l'autorité du Président du Conseil des Routes, l'administration du FER

 Il exécute les délibérations et décisions du Conseil des Routes.

 Il est l'ordonnateur du budget du FER

 II soumet au conseil des routes à la deuxième session trimestrielle, le programme annuel d'activités proposé par la Direction Générale des Travaux Publics

 etc.

Donc à mon entendement le fait de domicilier les procédures de passation de marché et contrat à la Direction Générale des Travaux Publics (DGTP) comme cela est fait actuellement est une entorse à la loi 97 - 02 du 10/0197.

Les marchés et contrats gré à gré, les reconductions de marché et contrat, les ordres de services intempestifs et complaisants décidés par la DGTP avec les conséquences de gestion dramatique (environ 4 milliards de francs CFA dont la justification est douteuse aujourd'hui) sont hors des compétences que la loi lui confère.

I1 est évident que si la direction du FER n'a pas en son sein du personnel qualifié pour les procédures, elle peut se faire assister par la DGTP, mais dans tous les cas la DGTP ne décide pas de l'ordonnancement du budget du FER comme elle le fait actuellement.

Les attributions de la DGTP prévues par la loi 97 - 2  sont comprises dans les article:13,14

 et 15.

L'article 13 prévoit qu'il est de la compétence de la DGTP d'élaborer le programme annuel d'entretien routier, de le proposer au directeur du FER qui le sommet au Conseil des Routes.

Au chapitre IV: TUTELLE

L'article 14 dispose : " le contrôle de l'exécution des travaux d'entretien routier est assuré par la Direction Générale des Travaux Publics et un expert désigné par le comité exécutif du Conseil des Routes ".

Article 15 : " Le Directeur Général des Travaux Publics participe aux séances du Conseil des Routes sans droit de vote ".

Ainsi donc, au sens de la loi 97 - 02 créant le FER, les attributions de la Direction Générale des Travaux Publics se résument en une assistance technique comme maître d'oeuvre qui accompagne la direction du FER dans l'exécution de l'entretien routier.

A ce titre, le suivi permanent de l'ensemble du réseau routier et les différentes expertises que font les cadres de la direction des routes permettront de diagnostiquer, d'évaluer et de définir un programme annuel d'entretien à proposer au FER.

A la phase d'exécution, il me semble plus indiqué que la DGTP qui a élaboré le programme annuel d'entretien se charge du contrôle de l'exécution de ce programme auquel ont participé toutes ses directions régionales plutôt que de le laisser à la charge d'une multitude de bureaux de contrôle dont les compétences et l'efficacité ne sont pas toujours vérifiées.

Par ailleurs le fait que les dispositions de l'article 14 de 1a loi prévoient un double contrôle

-  Contrôle de la DGTP

- Contrôle d'un expert désigné par le comité exécutif du Conseil des Routes montre l'importance que la loi accorde au contrôle et l'efficacité recherchée.

Et pourtant malgré l'insistance du Conseil des Routes, la direction du FER et la DGTP n'ont jamais accepté l'application de l'article 14 tel qu'il est prévu dans la loi.

- II) La deuxième cause de la mauvaise gestion des fonds alloués à l'entretien routier et les résultats très peu efficaces obtenus provient aussi de l'incompétence de la direction du FER en matière d'entretien routier.

En effet, aucun cadre du FER actuellement n'est compétent en ingénierie des travaux publics pour comprendre les propositions de la DGTP et permettre au FER de s'impliquer suffisamment dans l'élaboration des programmes d'entretien routier et les rendre plus efficaces. II n'y a non plus de compétences pour élaborer et contrôler les procédures de passation de marché afin qu'elles soient en harmonie avec les dispositions prévues par la loi dans ce domaine et appliquées par la commission nationale des marchés. L'incompétence de la direction du FER dans ces domaines sus indiqués a réduit son activité au paiement des factures.

Excellence Monsieur le Ministre, voila les quelques réflexions que j'ai voulu partager avec vous. Je remercie et félicite votre franchise au cours de l'entretien que vous avez bien .voulu m'accorder et vous assure de ma franche et sincère collaboration.

Je vous informe pour terminer que le mandat des membres du Conseil des Routes est valable pour deux (2) ans renouvelable. L'actuel Conseil que j'ai l'honneur de présider vient de faire trois (3) mandats.

Par ailleurs le directeur du FER est nommé pour un mandat de deux (2) ans renouvelable une (1) fois. Le Directeur actuel vient de clôturer ses deux mandats réglementaires.

I1 faut envisager de revoir tous ces cas et redynamiser le FER.

Veuillez recevoir Excellence Monsieur le Ministre, mes salutations distinguées.

Lomé, le 23 Août 2005
Le Président du Conseil des Routes
E. SOGOYOU

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