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« Les Etats n’ont pas d’amis ; ils n’ont que des intérêts. » Telle est la doctrine française en Afrique depuis les indépendances de ses ex-colonies.Elle a permis de maintenir des régimes antinationaux despotiques dans toute l’Afrique. Elle a fait reculer considérablement le continent noir. Si l’ancienne métropole voulait faire la démonstration de l’incapacité des Africains à se gouverner, elle ne s’y serait pas prise autrement. Mais, une telle politique a un prix pour l’ex-métropole elle-même : l’immigration africaine en France et en Europe, la haine des peuples meurtris dans leur chair et dans leur amour-propre, l’insécurité des investissements français et européens etc.…
La fermeté de Nicolas Sarkozy suite au coup d’Etat en Mauritanie, inaugurerait-elle un changement de doctrine ? Le président français ne s’est pas seulement limite à des sanctions économiques contre les putchistes. Il va jusqu'à refuser le principe d’élections nouvelles en exigeant le rétablissement de l’Ordre constitutionnel issu des élections de Mars 2007 ! Va-t-on vers un aggiornamento de la politique française en Afrique ? Ce serait a coup sur un événement politique majeur dont la portee politique se ferait sentir a la fois dans l’hexagone et sur le continent. A l’intérieur de l’Hexagone, Sarkozy aura réussi la ou tous les gouvernements de la cinquième République et plus particulièrement les socialistes ont échoue. Il pourrait même se permettre de reprendre à Jean-Marie Lepen un de ses thèmes de campagne en 2002,a savoir,un marche commun de 400 millions d’habitants entre la France et l’Afrique. Sur le continent, ce serait une invitation aux récalcitrants du pré carre a se mettre au goût du jour.
UN AXE A VOCATION DEMOCRATIQUE Certes, Nicolas Sarkozy ne pouvait faire moins que l’Union Africaine et plus précisément que le président tanzanien, président en exercice de l’Union Africaine. Celui-ci, en effet, ne s’est pas fait prier pour suspendre ce mauvais élève. Nous saluons sa fermeté autant que celle du président français. L’on eut aime que le Tanzanien fut a la tête de l’Union Africaine lors du coup d’Etat constitutionnel de Février 2005 au Togo, suivi des massacres que l’on sait ! L’opposition togolaise, s’avisera-t-elle de saisir l’Union Africaine pendant qu’il en est encore temps ? Reste que la suspension d’un de ses membres pour rébellion contre l’Ordre constitutionnel établi constitue une première dans l’histoire de cette organisation continentale. Elle peut marquer sinon une ère nouvelle du moins un début de renaissance de l’organisation continentale pour peu que cette ligne s’appuie sur un axe solide que constitueraient la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Kenya avec Rail Odinga ,le Mali, le Bénin et le Sénégal par exemple. Des pays qui semblent avoir une vocation fortement démocratique.
UNE BASE POUR UNE FEDERATION AFRICAINE ! Sur une autre échelle, La communauté internationale désireuse de favoriser enfin l’essor de ce continent qui semble abandonne a son malheureux sort, pourrait s’appuyer sur cet axe essentiel des lors que les pays qui le constituent auront enfin accepte les conséquences de l’indépendance lesquelles veulent que l’on compte d’abord sur soi-même et accessoirement sur les autres.
Cet axe, s’il venait à se consolider peut être porteur d’une autre perspective à plus ou moins long terme. Il pourrait préfigurer la base d’une Fédération Africaine en quête d’une architecture qui tienne la route ! Aura-t-elle trouve enfin ses architectes ? En tout cas, ne vaut-il pas mieux de commencer a dix ou même moins avec des gens qui savent ou ils vont qu’a 53 avec des impotents qui freinent le décollage. Tel est le défi à relever et le pari a gagner. L’opportunité se présente et l’Afrique semble à deux doigts de saisir son destin. Ce ne sera pas le moindre mérite de Sarkozy que d’apparaître comme le co-fédérateur avec ses pairs africains du continent. En 1960, l’Afrique était mal partie. En 2008, le droit à l’échec lui est interdit. /.
Ayite Maxmibube Sitti Secrétaire Exécutif de la Convention pour Une Fédération Africaine. (CFA) |