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Un prétexte de plus pour renvoyer les réformes politiques aux calendes grecques

Le Regard #392 du 13 août 2008

Les réformes institutionnelles et constitutionnelles préconisées par l’Accord Politique Global du 20 Août 2006 ne semblent pas préoccuper outre mesure, le pouvoir en place. Lors d’une de ses diatribes contre l’UFC et son leader qui en ont pratiquement fait leur leitmotiv, le Ministre de la Coopération, M. Gilbert Bawara s’était insurgé contre le fait pour ce parti de réclamer de façon itérative des réformes institutionnelles et constitutionnelles à un moment où les populations étaient confrontées à des problèmes de survie.

Pendant longtemps, le phénomène de la vie chère qui était devenu le lieu commun de tous les Togolais aura pratiquement servi d’alibi au pouvoir pour s’abstenir d’engager les réformes. Nos gouvernants en avaient fait une priorité, reléguant ainsi au second plan, toutes les  considérations politiques. Les conseils des ministres étaient dominés par ce sujet, à la satisfaction des populations qui espéraient trouver ainsi une solution à leur condition.

De leur côté, les syndicats de travailleurs et les associations de consommateurs avaient pris le devant de la scène et posaient des revendications allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie par le biais de la revalorisation du pouvoir d’achat.

Passer son temps à gérer ces contradictions arrangeait plus le gouvernement que l’inauguration de réformes politiques qui ne seront pas forcément à son avantage.

On en était là quand survinrent les inondations avec leurs cortèges de dégâts et de sinistrés. Cette catastrophe naturelle et ses conséquences sont aujourd’hui, la seule et unique préoccupation du gouvernement.

En moins de deux semaines, le Conseil des Ministres s’est réuni quatre fois et des réunions se sont multipliées entre le Chef de l’Etat et ses collaborateurs. A la primature, le Chef du gouvernement et les personnalités qu’il reçoit en audience ne discutent que des inondations, de la prise en charge des sinistrés et de la réhabilitation des infrastructures détruites. Ainsi donc, aujourd’hui plus que jamais, le chapitre des réformes constitutionnelles et institutionnelles semble renvoyé aux calendes grecques.

Face aux échéances électorales qui approchent à grands pas, les partis de l’opposition sont tous conscients de l’urgence des réformes qui, seules, peuvent garantir un processus électoral acceptable par tous. Mais qui peut aujourd’hui occulter les problèmes de survie auxquels sont confrontées les populations pour parler de ces réformes ? Ce serait une aubaine pour le RPT qui dénoncerait une littérature politicienne. Une simple exigence des réformes pourrait être alors récupérée et brandie comme la preuve du mépris de l’opposition qui n’a cure des malheurs du peuple.

Au plan politique, chacun, à sa manière, tire profit des inondations. On se souvient qu’au lendemain du sinistre, l’UFC était l’une des toutes premières formations politiques à descendre sur le terrain pour porter assistance aux sinistrés. On a vu des députés UFC de Lomé-Commune à pied, à moto ou en pirogue pour apporter des vivres et un message de sympathie aux sinistrés. Une démarche qui parfois prenait des allures de campagne ou de propagande politicienne.

Aujourd’hui, c’est le RPT qui, sans le dire, profite de la situation de désolation créée par les inondations pour éviter de parler, encore moins, d’entamer des réformes qui d’ailleurs ne l’ont jamais enthousiasmé.

L. R.


Réformes constitutionnelles : Vers la résurrection de la Constitution promulguée par Sylvanus Olympio
Lors d’une intervention sur un média de la place, le Ministre Gilbert Bawara avait laissé entendre en substance que s’il doit y avoir des réformes constitutionnelles, il opterait pour un retour à la constitution promulguée par le Père de l’indépendance Sylvanus Olympio le 14 Avril 1961. On peut, a priori, considérer ces propos comme une plaisanterie juste pour taquiner l’UFC. Mais lorsqu’on sait comment fonctionne le RPT qui adore avant toute grande polémique lancer des ballons d’essai, on comprend aisément que ces paroles ne sont pas pour s’amuser. Elles doivent être d’autant prises au sérieux que le Ministre Bawara fait partie des collaborateurs très écoutés du Chef de l’Etat qui n’est autre que le Président national du RPT.

En effet, contrairement à ce qu’on peut être tenté de croire, même si l’UFC se réclame de l’héritage de l’Ablodé, une telle option n’est pas pour lui faire du bien mais plutôt pour le mettre dans l’embarras. Car cette constitution contient des dispositions contre lesquelles l’UFC s’insurge aujourd’hui.

Par exemple en son article 33 alinéa 1, la Constitution de 1961 dispose que : «le Président de
la République est élu pour sept ans au suffrage universel, direct et secret. Il est rééligible.» Une telle disposition consacre pratiquement la présidence à vie d’autant qu’elle constitue une négation du principe de la limitation de mandat aujourd’hui cher à l’UFC.

Nul doute que quand sonnera l’heure des réformes constitutionnelles, les débats seront fort animés à l’Assemblée. Le RPT qui, mine de rien a déjà affiché ses prétentions n’hésitera pas à justifier ses prises de position controversées par des dispositions constitutionnelles datant de l’époque de Sylvanus Olympio. Le RPT cherchera certainement à mettre la pression. Mais l’UFC se laissera-t-elle faire ? On attend de voir.
L. R.


Les dons destinés aux sinistrés suscitent des convoitises
Le Togo se trouve confronté actuellement à de graves inondations  survenues après des pluies diluviennes depuis mi-juillet dernier. Selon le bilan dressé jeudi par les autorités togolaises, les inondations ont fait 4 morts par noyade, 3 disparus et plus de 8.000 sinistrés ainsi que 9 ponts détruits. On se mobilise tant du côté des partenaires extérieurs que de la diaspora pour apporter des aides aux sinistrés mais ces aides seront-elles gérées en toute transparence ?

La CEDEAO a remis samedi un chèque de 50 millions de FCFA au ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Atcha Mohamed Titikpina, pour aider le Togo à surmonter la crise humanitaire résultant des inondations survenues récemment dans ce pays.

La (BIDC), le bras financier de la CEDEAO, a apporté à cette enveloppe un complément de 5 millions de francs CFA et indique qu’elle sera en contact avec les autorités compétentes en vue d’évaluer sa contribution pour la reconstruction des infrastructures endommagées, notamment les ponts et les routes.

L’Italie a décidé d’annuler la totalité de la dette du Togo. Cette annonce a été faite vendredi par Marziano Bianchi, consul d’Italie au Togo à l’occasion d’une rencontre avec le Premier ministre, Komlan Mally. Rome va en même temps offrir aux autorités, 200.000 euros qui serviront à aider les populations victimes des inondations

Le Directeur Général du FMI envisage de recommander au conseil d’administration de ladite institution une augmentation des ressources allouées au Togo au titre du programme appuyé par la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance FRPC en cours d’exécution et ainsi qu’une mission d’évaluation du coût des dégâts causés par ces inondations soit dépêchée au Togo.

Tripoli a envoyé par avion spécial, des médicaments et du maïs. Le don est financé par le «Fonds libyen pour l’Assistance en Afrique».

Le ministre de
la Coopération, Gilbert Bawara, s’est rendu à l’aéroport pour réceptionner cette aide. Il a exprimé la «reconnaissance des autorités togolaises au colonel Kadhadfi et au peuple libyen pour le soutien concret au Togo».

Dans le cadre de ses activités d’assistance humanitaire, l’Ambassade des Etats-Unis à Lomé par le biais de sa Section Politique et Economique a octroyé un fonds de cinquante mille dollars américains ($50.000), équivalent à la somme de vingt et un millions deux cents mille francs (21.200.000 F CFA) à la Croix Rouge Togolaise, en vue de porter assistance aux populations touchées  par des inondations de juillet 2008 au Togo.

Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des Etats-Unis, Monsieur Charles H. Twining, a remis le chèque de l’octroi au  Directeur de la Croix Rouge Togolaise, Monsieur Gagno Norbert Paniah le jeudi 7 août 2008 au siège de l’institution de secours à Lomé.

Parallèlement aux institutions internationales, les Togolais de l’étranger aussi se mobilisent. En Europe et aux Etats-Unis, au Canada, les appels sont lancés aux citoyens togolais ainsi qu’à leurs amis et partenaires étrangers les invitant à envoyer de l’argent dans des comptes bancaires spécialement ouverts pour la circonstance.

Sur place la publicité tapageuse qui entoure les dons souvent symboliques de quelques ONG aux sinistrés amène à s’interroger sur les vrais bénéficiaires de ces dons. Au nombre de tous ceux qui s’agitent, il n’y a pas que des humanistes. Il y a aussi des escrocs patentés et des profiteurs de tout acabit qui y trouvent une belle occasion pour se remplir les poches. Des dispositions urgentes s’imposent donc pour que les aides bénéficient entièrement aux sinistrés.
A. S.


Hausse probable  de prix du carburant de l’ordre de 30 % : Faure Gnassingbé obligé de trouvé des mesures d’accompagnement
Après 4 mois de résistance à la hausse incessante du prix du baril de pétrole, le gouvernement va baisser l’échine dans les heures qui suivent. La pression est si forte que si les dispositions ne sont pas prises à temps, le pays sera confronté à une pénurie de carburant. Déjà le gaz oil et le gaz à butane commencent à se raréfier. On signale une rupture de carburant à Kara.

On susurre que les prix de l’essence super sans plomb et du gaz oil vont connaître une hausse de l’ordre de 30 %  soit 700 F
le litre. Le pétrole lampant connaîtra également une petite augmentation. Si elles venaient à être annoncées officiellement ces mesures vont sans doute réveiller les représentants des travailleurs de leur sommeil syndical. L’intersyndical qui n’a cessé de dissuader le gouvernement d’augmenter le prix du pétrole est aux aguets.

Les autorités sont conscientes que cette hausse bien qu’inévitable par les temps qui courent va susciter des contestations. Ainsi, en guise de mesure d’accompagnement, les travailleurs agents de l’Etat pourraient bénéficier d’un frais de transport mensuel de trois mille francs. En outre l’IRPP et les impôts sur les sociétés pourraient être réduits de 8 %. En outre les autorités envisageraient la mise en place de magazines régionaux où les populations pourraient acheter les céréales à un prix raisonnable.

Toutes ces mesures n’étant qu’à l’étape de proposition, la balle est donc dans le camp de Faure Gnassingbé à qui revient la décision finale. Mais quelles que soient les mesures qui seront prises, la réduction du train de vie de l’Etat s’impose. L’autre problème auquel devra faire face le gouvernement est celui de la spéculation. Quand l’on sait que la hausse du prix du pétrole entraîne inévitablement une nouvelle hausse de prix des produits de première nécessité, le gouvernement devra se donner les moyens de faire face à cette situation.

Comment s’y prendra-t-il pour tenir le coup dans un environnement où le service de contrôle de prix est inexistant et où la moindre amélioration de la grille salariale des travailleurs peut servir d’alibi pour des augmentations sauvages de prix de produits sur le marché ?

A. S.

 
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