|
Au lendemain de l’effondrement du pont d’Amakpapé qui a ouvert le bal à la valse des inondations, le premier réflexe des autorités togolaises a été de crier au secours à l’endroit de la Communauté Internationale. Elles ont été promptes à crier à l’aide internationale. Le Premier ministre Komlan Mally a justement improvisé le mardi 29 juillet, 72 heures après la rupture du pont, une rencontre avec les partenaires économiques et les représentations diplomatiques accréditées au Togo pour ce faire. Aujourd’hui le Togo ne saurait se plaindre d’avoir prêché dans le désert, puisque les aides affluent. Mais ces aides ne portent pas les sceaux des partenaires les plus représentatifs qu’on attendait, ce qui surprend plus d’un observateur avisé.
Des dons à gogo Des pays, organisations internationales et ONG se bousculent aux portes du Togo, se livrent une compétition inédite pour apporter leurs aides. Aux dons de vivres et de non vivres faits, s’ajoutent des contributions financières et logistiques. L’armée ghanéenne ne s’est pas posé de questions avant de mettre son génie militaire au service du Togo. Le voisin ghanéen a donc dépêché une unité avec hélicoptère pour sauver les sinistrés. La Libye n’est pas restée insensible aux cris de détresse des autorités togolaises. Elle a fait acheminer à Lomé une aide d’urgence en faveur des populations victimes des intempéries. Tripoli a envoyé par avion spécial des médicaments et du maïs, don financé par le Fonds libyen pour l’Assistance en Afrique. L’Italie a décidé d’annuler la totalité de la dette du Togo. Cette annonce a été faite vendredi dernier par Marziano Bianchi, Consul d’Italie au Togo à l’occasion d’une rencontre avec le Premier ministre, Komlan Mally. Rome a aussi promis offrir aux autorités 200.000 Euros, plus de cent trente millions (130.000.000) F CFA pour aider les populations victimes des inondations. La Chine a fait des gestes significatifs. La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a aussi mis la main à la poche. L’institution sous régionale, par le biais de sa Commissaire chargée du Développement humain et du Genre, Dr Adrienne Diop, a remis samedi un chèque de cinquante millions (50.000.000) de FCFA au ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Colonel Atcha Mohamed Titikpina, pour aider le Togo à surmonter la crise humanitaire résultant des inondations. La BIDC, le bras financier de la CEDEAO n’est pas restée insensible.
La liste est loin d’être exhaustive. On le voit bien, la solidarité internationale a été vraiment manifestée à l’endroit du Togo. Chaque jour, les dons affluent à tel point que les Togolais ordinaires envient les sinistrés parqués dans les cours d’écoles transformées en centres d’accueil, car ils sont gavés de nourritures. La plupart des sinistrés qui appelaient Dieu au secours avant de dormir au chaud honorent aujourd’hui, à la faveur des inondations, les trois repas quotidiens recommandés. Mais à consulter de près cette liste des donateurs, on constate l’absence des partenaires de premier plan, nommément la France et les Etats-Unis d’Amérique.
Actions limitées Ces puissances ne sont certes pas restées les bras croisés, mais leurs actions ne sont pas à la mesure des attentes, à cause des rapports de choix qui les lient au Togo. La France n’a pas fait grand-chose, à part le fait d’avoir dépêché au Togo une unité de la Force Licorne basée en Côte d’Ivoire, pour secourir les sinistrés. Quant aux USA, l’action majeure de sa représentation diplomatique se trouve être l’apport fait à travers sa Section Politique et Economique à la Croix Rouge Togolaise. En effet l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique a octroyé à l’organisation de secours le jeudi 7 août dernier une enveloppe de cinquante mille dollars américains ($50.000), l’équivalent de vingt et un millions deux cent mille (21.200.000) F CFA, en vue de porter assistance aux populations touchées par des inondations. C’est le Chargé d’Affaires de l’Ambassade, Monsieur Charles H. Twining, qui a remis le chèque de l’octroi au Directeur de la Croix Rouge Togolaise, Monsieur Gagno Norbert Paniah au siège de l’institution de secours à Lomé. A en croire le communiqué de presse de l’Ambassade, cette subvention à la Croix Rouge Togolaise devrait servir à fournir aux ménages sinistrés des ustensiles de cuisine et autres kits (plats, ustensiles, seaux, cuvettes, bouilloires), du matériel vestimentaire, de couchage et d’hygiène (vêtements, matelas, nattes, couvertures, moustiquaires, pains de savon, préservatifs), à procéder à l’adduction d’eau potable ou à la mise à disposition de comprimés d’assainissement d’eau. Les fonds débloqués devraient aussi permettre à la Croix Rouge de conduire auprès des populations touchées, des campagnes de sensibilisation à l’hygiène et à la propreté de l’eau.
Des actions qui se limitent en somme à l’humanitaire. Et on pourrait être tenté de blâmer ces puissances pour ces apports limités. Sans compter que cette attitude est motivée.
Le Togo exige des liquidités Selon des sources bien informées, lors de la rencontre du mardi 29 juillet entre Komlan Mally et les partenaires financiers, ces derniers auraient requis du Togo, pour une aide efficace dans le cadre du sinistre, d’élaborer des projets formels qu’ils n’hésiteraient pas à financer. Mais cette disposition qui vise la bonne gouvernance et permettrait à ces partenaires de bien suivre l’utilisation des fonds, n’aurait pas rencontré l’agrément des autorités togolaises. Selon toujours ces sources, elles exigeraient plutôt de ces partenaires qu’ils leur versent dans l’immédiat des liquidités. Et quand on connaît les réflexes de mauvaise gouvernance des gouvernants togolais, il faut se poser beaucoup de questions sur cette exigence de leur part.
C’est donc ce qui explique que les partenaires financiers de premier plan ne se bousculent pas trop pour apporter leurs aides au Togo. Laissant ainsi les partenaires de seconde zone s’illustrer.
Et visiblement, si tous donnent l’impression de compatir aux malheurs des Togolais, certains d’entre eux veulent plutôt profiter de la situation. Ce serait le cas de la Chine qui, à en croire des indiscrétions, aurait proposé de reconstruire tous les ponts effondrés, mais exigerait en contrepartie que le Togo lui concède l’exploitation des phosphates.
Au demeurant, le pouvoir s’agite pour les bénéfices à tirer de la situation. Mais on ne se démène pas pour solutionner à la base le problème à l’origine des inondations. Tino Kossi
Insalubrité grandissante à Lomé : Gouvernants et gouvernés, même dégât: Qui sauvera donc notre capitale ? Il y a quelques mois, un expatrié européen dont nous avons volontairement choisi de taire la nationalité est arrivé au Togo pour une mission de plus ou moins longue durée dans le cadre de la coopération entre son pays et le nôtre. A l’occasion d’une réception qui a été donnée dans l’un des grands hôtels de la capitale et à laquelle il avait eu à participer quelques semaines seulement après avoir foulé pour la première fois le sol togolais, il s’est déclaré très amusé par la bizarrerie des Togolais et chaque fois que l’occasion lui est offerte, il n’hésite pas à railler nos « togolaiseries ». Signalons qu’à cette soirée, avaient participé quelques Ministres du gouvernement ainsi que des cadres politiques aussi bien qu’administratifs.
L’air naturellement goguenard et toujours enjoué, notre ami européen que nous aimons bien pour son style, ne rate pas l’occasion de décrire cette scène qui ne lui était pas du tout familière et qu’il découvrait pour la première fois de sa vie chez nous au Togo. Elle se passe dans un hôtel. Mais avec le temps, et les jours, les semaines et les mois passant, il en aura vu bien d’autres, notamment le quotidien des Togolais qui rime avec la « sauvage » habitude de jeter dans la rue tout ce dont ils veulent bien se débarrasser, à pied, à vélo, sur une moto, ou en voiture. Ne soyez pas surpris que des gens de niveau d’instruction et de rang social très élevés s’y adonnent eux aussi !
Nous rapportons approximativement ici ses propos : « Vous êtes vraiment bizarres au Togo! (ricanement). J’ai été très amusé de voir que dans un grand hôtel comme celui-là, de grands responsables y compris des Ministres, puissent se permettre de jeter des papiers d’emballage, des boîtes vides de jus et autres boissons dans les jardins à même le gazon, alors que tout près d’eux se trouvaient des poubelles. Non, vous êtes vraiment bizarres au Togo ! (ricanement). A la fin de la réception, au moment de partir, j’ai attendu exprès quelques minutes pour « admirer» le décor ainsi offert par tout cet assemblage hétérogène… (ricanement) et je m’étais dit que les gens doivent être très bizarres au Togo ! ».
Bizarre ! Oui, c’est le mot. Les Togolais ne peuvent qu’être l’objet de la raillerie qu’ils méritent et nous nous plaçons dans la même logique que cet ami Européen qui, nous le croyons, ne se moque pas de nous par méchanceté mais tout simplement parce que cela dépasse son entendement. En ce 21è siècle, est-il possible que des gens qui sillonnent le monde avec leurs gros titres, et dans la réalité, ne donnent pas l’impression d’avoir grand-chose dans le crâne, puissent se comporter comme le bas peuple, sans aucune autocensure, sans élégance, ni pudeur ? Notre ami « blanco » aura, pendant tout le reste de son séjour, le temps de découvrir, voire de s’imprégner (nous osons croire qu’il n’ira pas jusqu’à se laisser contaminer) des autres facettes bizarroïdes chez les Togolais.
Mais, de grâce, les Togolais n’étaient pas des hommes et des femmes bizarres à l’origine. C’étaient des hommes et des femmes très coquets, propres, disciplinés. Ils ne sont pas nés hommes et femmes « sales », et pour être méchant, disons, des hommes et des femmes à l’état de nature. Non, surtout pas ! Le temps d’un régime quarantenaire portant la marque de la prévarication, de la paresse, de la facilité et de la destruction de la fierté de l’Homme, a suffi pour les Togolais dans leur grande majorité, assaillis par la souffrance et la misère, puis poussés vers la mendicité et la dévalorisation de sa personnalité par ce régime, à faire un choix : celui de ne s’occuper que de sa survie qui consiste à ne pas mourir de faim; un point et c’est tout.
C’est dans ce contexte que tout le reste, jusqu’à l’entretien de son environnement lui importera peu, laissant le soin aux prétendues autorités qui les ont tant affamés et perpétuent jusqu’ici cette tradition, de s’en charger. Et sous le précédant régime, le peuple n’avait jamais été au centre des préoccupations des pouvoirs publics, idem sous le régime Faure. Tout ceci pour expliquer à notre cher ami Yovo à qui nous ne saurions guère en vouloir pour sa belle raillerie méritoire, mais bien au contraire, comment le Togolais en est arrivé à « vivre à l’état de nature ». Cela a commencé par le bas peuple, ce que sociologues et psychologues seraient bien indulgents de lui pardonner. Puis, curieusement les hauts placés, comme ceux que le Yovo a vus dans les jardins de ce grand hôtel de la capitale, jetant emballages et autres à même le sol, alors que tout à côté d’eux, se trouvaient des poubelles suspendues et bien visibles.
La semaine dernière, nous avons surpris le véhicule d’une grande personnalité du Ministère des Finances, un véhicule 4X4 climatisé d’où une fillette jeta à deux reprises au niveau du quartier Tokoin Casablanca et sur une distance d’à peu près 300m, deux peaux de banane qu’elle laissa glisser verticalement le long de la carrosserie l’une après l’autre, au beau milieu de la chaussée. Croyez-vous que les parents de cette enfant lui avaient une fois appris les bonnes manières et reproché les mauvaises ? Les connaissent-ils eux-mêmes d’abord? Si c’était le cas, cette « saleté », et cet «état de nature » n’auraient pas été affichés dans la rue. Nos dirigeants et ceux qu’ils dirigent livrent le même combat, depuis belle lurette : le combat contre la propreté de notre environnement et causent le même dégât. Nous n’avons pas jugé utile de relever le numéro du véhicule et procéder à une dénonciation publique. Nous l’aurions fait, si c’était ce haut placé lui-même que nous avions surpris agissant ainsi ou alors présent dans son véhicule au moment de cette scène déshonorante pour tout Togolais.
Jusqu’ici, nous en sommes à attendre le jour où les prétendus gouvernants sortiront de leur somnolence, pour réaliser que, s’ils l’avaient voulu, Lomé aurait déjà commencé par changer de physionomie, puis agir. Et alors, nous leur ferons un grand ban, car mieux vaut tard que jamais. Que coûte-t-il à ceux qui sont au gouvernement avec leur ex-Ministre de la ville, actuellement Chef du Gouvernement, et le Président de la République, de présenter un projet de loi à l’Assemblée nationale en vue de mettre un terme rapide à cette indélicatesse qui consiste à jeter dans les rues tout ce qui devrait avoir sa place dans une poubelle?
Nous avons déjà à deux reprises au moins, dénoncé ce silence de l’Etat face à cette pratique à laquelle se livrent depuis plusieurs années nos populations avec le silence coupable des premiers responsables du pays. Par ces dénonciations qui ne nous dérangent en rien, et que nous rééditerons chaque fois que l’occasion nous est offerte face au silence du Chef de l’Etat et de son Chef du Gouvernement, nous prenons ainsi à témoin toutes les représentations diplomatiques dans notre pays aussi bien que les organismes internationaux. De qui viendra donc le salut de la ville de Lomé et des autres villes togolaises, si ce n’est des pouvoirs publics ? En attendant, c’est un sommeil épouvantable que les Togolais constatent.
Alain Simouba
Grogne dans le secteur des transports : Des conducteurs de titans bloquent la Nationale n°1 et exigent la réhabilitation de la route Notsè-Agou Il était difficile, même impossible hier, de quitter Lomé pour se rendre à l’intérieur du pays et vice-versa. La Nationale n°1 a été bloquée au niveau d’Agoè Zongo et la circulation interdite aux usagers. La voie a été barricadée et les pneus brûlés sur la chaussée. C’est les conducteurs des véhicules titans qui manifestaient. Ils protestaient contre l’indifférence des autorités à leur égard depuis que les routes ont été rendues impraticables par les inondations. Depuis plus de trois semaines, pestent-ils, ils sont bloqués au niveau du Terminal du Sahel avec les marchandises et vivent dans l’insécurité. Ils disent faire constamment l’objet de vols; certains ne disposent plus de ressources et sont dans la détresse.
L’ambiance hier à Zongo était surchauffée. Certains jeunes manifestants étaient extrêmement excités et violents. Ceux qui se rendaient à Tsévié et dans d’autres localités étaient priés de faire demi tour. Les mêmes injonctions sont données à ceux qui allaient à Lomé. De part et d’autre de la route, les véhicules sont bloqués, créant un embouteillage monstre. Tous ceux qui tentaient de forcer le passage en ont eu pour leur compte. Mal en prit à un conducteur de taxi qui a voulu faire à sa tête. Il aurait été lynché, n’eut été l’intervention d’autres manifestants qui l’ont extirpé des griffes de leurs camarades.
Les forces de sécurité déployées sur les lieux ne sont pas arrivées à calmer les ardeurs des manifestants. Face à la colère de ceux-ci, elles ont dû rebrousser chemin. Sûrement pour aller chercher du renfort. Les militaires qui étaient restés ont tenté de dissuader les protestataires pour libérer la voie, mais en vain. Plus ils essayaient de les amener à la raison, plus ils s’échauffaient. Face au dialogue de sourds, les militaires se sont rétractés.
« Il y a des véhicules qui sont bloqués ici depuis un mois pour certains, trois semaines pour d’autres. En plus il y a un problème d’insécurité qui se pose. Tout ce qu’on veut, c’est qu’on nous arrange les routes pour qu’on puisse passer », plaide un conducteur nigérien. Les manifestants disent être conscients que les ponts de Togblékopé et d’Amakpapé ne peuvent pas être réparés dans un court délai. Aussi demandent-ils au gouvernement d’arranger la route de Notsè pour que les véhicules chargés puissent passer par là.
L’effondrement des deux ponts sur la Nationale n°1 a obligé le gouvernement à opérer un contournement par la voie Notsè-Agou pour desservir l’hinterland. Mais ce tronçon est si dégradé qu’à la moindre averse, la route se transforme en bourbier. Seuls les véhicules légers et les engins à deux roues parviennent à emprunter ce tronçon, non sans difficultés. Les poids lourds ne peuvent pas oser s’y aventurer. Les conducteurs de titans exigent des autorités que la route soit réhabilitée. Les manifestants à Zongo sont formels : tant qu’il n’y aura pas de solution à leurs problèmes, il n’y aura pas de passage. «La route sera bloquée jusqu’à nouvel ordre », a martelé un chauffeur.
M.A.
Togo : Somme des malheurs « Le plus malheureux des gouverneurs est celui qui fait le malheur de ses administrés » (Omar Ibn Al-Khattäb) Cette année 2008 ne sera jamais oubliée par les Togolais. L’espoir suscité par la tenue des élections législatives sans violence certifiées par la communauté internationale malgré les quelques « anomalies mineures », s’est mué en cauchemar. La vie chère s’est invitée dans les ménages et vide les paniers. Les prix des produits de première nécessité ont considérablement flambé. Et joindre les deux bouts devient une gageure. Les nombreuses velléités de manifestation des syndicats et des « amis » consommateurs ont été étouffées dans l’œuf. « Le Togo vient de sortir d’une longue crise et il est inopportun d’organiser un quelconque mouvement. Comme la coopération est reprise, il y aura un début de solution. Mais en attendant, nous subventionnons les prix des produits pétroliers ». Ce sont là des arguments que l’exécutif mettait dans la balance pour refroidir les candidats aux manifestations. Etant enfermé dans les discours, il n’a pris aucune mesure efficace pour anticiper sur la spéculation et instaurer l’ordre sur le marché. Résultat, la situation s’est empirée pour le bonheur des commerçants véreux.
Essoufflées, les populations n’avaient foi qu’à la période des récoltes. En ce moment, les prix des produits agricoles au moins pourraient diminuer. Mais la nature avait ses raisons. La saison n’avait pas démarré à temps faute de pluviométrie. Les premières semences après les premières pluies n’ont pas résisté à la canicule. Il fallait tout recommencer. Pendant que la deuxième tentative commence à porter ses fruits, les Togolais doivent faire face à la fureur des pluies. De nombreux fleuves sortent de leur lit et ravagent tout sur leur passage. Plusieurs champs sont emportés, mettant les pauvres paysans devant ce constat de Pierre Corneille dans le « Cid » : « Œuvre de tant de jours en un jour effacée ». Le rêve de voir les produits agricoles dans le panier de la ménagère est loin d’être réalité. Le maïs, aliment de base des Togolais, est devenu de l’or. Il faut désormais débourser 1500 FCFA pour s’offrir le bol.
A ces problèmes, s’ajoute la rupture des ponts. Une dizaine de ponts ont cédé, transformant les 56 600 km² en petites îles. La capitale aussi n’est pas épargnée. Sur toute l’étendue du territoire, on dénombre plusieurs milliers de sinistrés.
De plus, les routes togolaises sont en décrépitude avancée. Les trous qui «embellissent » nos voies sont rouverts. Des pistes de rallye mal maîtrisées par les conducteurs qui occasionnent des accidents. Sans oublier que les tarifs de transports ont été revus à la hausse, voire doublés suite au morcellement du pays.
Un malheur n’arrivant jamais seul, les Togolais connaissent depuis lundi de sérieuses perturbations sur leur ligne téléphonique fixe. Les raisons de ces avaries ne sont jamais révélées par la seule société qui monopolise le marché et joue souvent avec nos nerfs.
On le voit, les populations togolaises souffrent dans leur chair. Et il faut des actions concrètes pour conjurer le mal, pour leur redonner le sourire. Comme l’a fait par exemple le kayakiste Benjamin Boukpéti qui vient d’offrir au Togo sa première médaille aux Jeux Olympiques. Cette médaille de bronze qu’il a gagnée va sûrement faire des émules dans les années à venir.
Zeus Aziadouvo |