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Rumeur d’un coup d’Etat déjoué de justesse : Faure n’a pas fait le déplacement des Jeux Olympiques de Pékin

Le Changement #134  7 aoùt 2008

Dans le cadre des manifestations devant marquer les Jeux Olympiques de Pékin dont l’ouverture est prévue pour demain vendredi 08 Août 2008, le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé avait inscrit dans son agenda, son déplacement personnel de la capitale chinoise pour suivre ces jeux et soutenir les athlètes togolais – au total quatre (04) – dont la liste a été remise officiellement le 29 juillet 2008 par le Président du Comité National Olympique Togolais, le Général Zoumarou Gnofame à l’Ambassadeur de Chine au Togo, M. Yang Min.

Mais, compte tenu des problèmes d’inondation que connaît notre pays, le Chef de l’Etat a dû surseoir à ce grand rendez-vous pour s’occuper du sinistre et trouver une solution à cette catastrophe nationale qui donnait libre cours aux fausses rumeurs d’un coup d’Etat déjoué de justesse si Faure partait dans ces conditions pour suivre les jeux de Pékin.

La rumeur a tellement fait le tour de Lomé surtout lorsqu’on avait montré les images des zones inondées et les populations en détresse. Dans tous les milieux, tout le monde en parle : «si le Chef de l’Etat partait dans ces conditions, il ne peut plus retrouver son fauteuil à son retour». Comme «ils» l’ont fait à Natchaba en 2005 à la suite du décès du Président Eyadema, Faure Gnassingbé, s’il s’entêtait d’aller à cette manifestation aura des problèmes après.

L’ampleur des dégâts

          Plusieurs milliers de familles dont plus de huit mille (8.000) sinistrés sont répertoriés dans les zones de Togblékopé, Adétikopé, Davié-Djogbé, Djagblé, Klobatèmé, Kélégougan, Anfamé, Afanoukopé, Adakpamé, et autres cas signalés à Amakpapé, Yoto, Zio, et dans le grand nord. Les sinistrés sont logés sur des sites dans des conditions précaires. En effet, sur certains sites, il n’y a pas de toilettes ; les conditions d’hygiène sont également défaillantes. On parle de risque de choléra, de paludisme dans les jours à venir.

          Champs inondés, récoltes, maisons, fermes, bétails détruits par-ci, mort d’hommes et ponts effondrés par-là, tel est le triste bilan de la catastrophe naturelle qui secoue notre pays.

La démission du gouvernement

          Dans un communiqué en date du 31 juillet 2008, l’Union des Forces de Changement (UFC) très touchée par ce drame, demande la démission pure et simple du gouvernement Mally. En effet, «après plus de quarante années d’improvisation, d’amateurisme, de gabegie et de violations massives des droits humains sans aucune perspective ni de projet de société, il est temps que le régime RPT reconnaisse son incapacité à diriger ce pays et s’efface. En conséquence, l’UFC demande la démission pure et simple du gouvernement actuel», souligne dans un communiqué le parti de Gilchrist Olympio dont les responsable Patrick Lawson, 1er Vice-Président, Jean-Pierre Fabre, Secrétaire Général, Doe Bruce et autres ont fait le déplacement des lieux pour constater de visu les dégâts et apporter une assistance aux victimes.

          Il est vrai que les Ministres de Faure ont reçu des «instructions fermes» pour se rendre sur le terrain afin d’apporter leur compassion aux sinistrés à qui on distribue des vivres ; mais beaucoup pensent que le pays est mal géré et qu’à l’allure où vont les choses, ce gouvernement ferait mieux de démissionner.

          Dans un tout autre registre, on relève le manque d’autorité du Président Faure qui, visiblement, ne s’impose pas à ses Ministres et autres collaborateurs comme son père feu Président Eyadéma qui, face à des dérives de ses proches, prend des mesures énergiques pour les sanctionner. De l’avis de plusieurs observateurs, Faure Gnassingbé gère le pays avec trop de sentiment vis-à-vis de ses amis qu’il a nommés et placés à des postes de responsabilité. En réalité, lui qui gère le passif de son père doit innover et combler certains déficits relatifs à la mal gouvernance.

          En effet, dans notre dernière livraison, à propos de l’effondrement de nos ponts, nous avions fait un diagnostic en ce qui concerne les causes réelles de cette situation. Parmi elles, la vétusté de ces ponts ; certains qui datent de 1977 n’ont jamais connu de réfection. D’autres ne sont pas construits dans les règles de l’art puisque le marché est confié à des entrepreneurs et ingénieurs des routes, ponts et chaussées sur fond de copinage. Et c’est conscient de cette réalité que Faure Gnassingbé en succédant à son père avait promis de rectifier le tir. On se rappelle que dans ses «Vingt Plus»,  – un document qu’il avait élaboré et qui traçait son programme de société, il avait fait des promesses alléchantes pour mieux gérer le pays. Mais le constat est amer lorsqu’on voit l’état de dégradation de notre pays, il est pire qu’avant. Il suffit de sillonner la ville de Lomé et celles de l’intérieur du pays pour se rendre compte de l’état de délabrement poussé de nos infrastructures.

          Pour parvenir à résoudre cette crise, Faure n’a qu’un seul moyen, celui d’imposer son autorité. Car lorsque les gouvernants observent trop de silence vis-à-vis des gouvernés, ces derniers en abusent. Faure Gnassingbé doit donc agir de manière responsable pour relever le défi. L’exemple du Ghana, du Bénin et d’autres pays de la sous-région doit nous édifier. Il est tant, grand temps pour que Faure agisse.

Amou


Inondations au Togo : L’action du gouvernement ne comble pas encore les attentes : La popularité de Faure à rude épreuve
Suite à l’inondation des habitations consécutive aux pluies torrentielles et à l’effondrement des ponts, les populations déplacées sont en proie à des problèmes divers à savoir : manque d’hébergement, de restauration, de sanitaire, de soins médicaux adéquats, etc.

A Dabarakondji, Mayakopé, Afanoukopé, Dévégo, etc., certains sinistrés se voient obligés de regagner leur domicile inondé pour éviter que le portail de leur maison, les portes, les fenêtres, et certains biens soient emportés non par les eaux mais par les voleurs de grands chemins qui sont à l’affût jour et nuit, prêts à profiter du moindre relâchement. Ceux qui choisissent de vivre dans les centres d’accueil sont contraints à des navettes quotidiennes entre leur nouvelle demeure et leur habitation inondée. Le niveau de l’eau baissant difficilement, des piroguiers, depuis les premières heures du drame, se sont invités au cœur de l’inondation pour aider les sinistrés à se déplacer. Témoignage de K. Kodjo mécanicien de son état, la trentaine dépassée qui, avec une jeune dame, venait de débarquer d’une pirogue à Dabarakondji. «C’est depuis le Ghana où je me trouvais pour quelques jours seulement, que j’avais été informé du sinistre. Depuis que j’ai regagné Lomé il y a trois jours, régulièrement, je me rends dans notre maison inondée pour m’assurer que rien n’a été emporté par les voleurs. Pour le moment, tout est en place, j’en rends grâce au Ciel et remercie ceux qui renforcent la surveillance autour de la maison».

          Nul n’a besoin de souligner que ces sinistrés qui se voient obligés de «vivre dans les habitations inondées et ceux installés dans des centres d’accueil s’exposent à des maladies diarrhéiques et au paludisme, les sanitaires étant impraticables dans les habitations inondées (où pullulent une armée de moustiques) et pratiquement inexistantes dans les centres d’accueil où le manque de moustiquaires aggrave les choses.

          Sur le plan alimentaire, la situation ne semble pas rose : «Nous ne mangeons au centre que lorsque nous n’avons pas d’argent pour nous débrouiller», témoigne une mère de cinq enfants. «La sobriété du plat qui nous est servi ici, n’attire pas l’appétit. Pour le moment, il n’y a que les congrégations catholiques qui nous fournissent des vivres», nous a-t-elle confié la semaine dernière.

          Aujourd’hui toute la zone affectée par l’inondation est paralysée. L’eau ayant investi les lieux au moment où la plupart des habitants étaient au marché, soit ou service, les sinistrés en majorité n’ont conservé que ce qu’ils portaient sur eux au moment de la survenue du drame. Certains ont leurs effets emportés par l’eau. Tous les regards sont tournés vers le gouvernement dont l’intervention ne semble pas combler les attentes des uns et des autres.

          Au sein de la population on est remonté et on trouve que le pouvoir en face n’en fait pas assez. Lorsqu’on est au pouvoir, on doit être à même de trouver des solutions aux problèmes au lieu d’exhorter les sinistrés à la patience. De fait la popularité de Faure Gnassingbé déjà controversée se trouve sérieusement affectée.

          Comme pour donner raison à ses détracteurs, le Chef de l’Etat limite son action à des Conseils des Ministres et à des remous de crise. Aucune descente n’a été faite sur le terrain pour porter de vive voix sa compassion aux populations sinistrées. Ce qui pour plusieurs sinistrés n’est que la manifestation du mépris du pouvoir pour les malheureux sinistrés. On se demande pourquoi lorsqu’il s’était agi d’inondation dans le grand Nord, Faure était allé constater les dégâts de visu alors qu’il se dépêche lentement pour le faire, bien qu’il soit présent à Lomé.

          La colère des uns et des autres est d’autant plus grande que, alors que les populations sont en proie à d’énormes difficultés, dans l’entourage du Chef de l’Etat on continue à faire étalage d’une aisance insolente.

          A moins qu’il ne pose une action éclatante dans les jours qui viennent, Faure aura de grandes difficultés à faire une place dans le cœur des sinistrés.

Le Changement


Grincements de dents à la Présidence de la République : Des conseillers et chargés de mission se plaignent de n’avoir jamais touché de salaire
Les relations entre le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé et ses collaborateurs sont-elles toujours au beau fixe ou y a-t-il crise de confiance ? La question mérite d’être posée au regard des informations qui font état de ce que, depuis plusieurs mois qu’ils sont nommés au poste de conseillers ou chargés de mission à la Présidence de la République, ils ne sont jamais payés à la fin du mois alors qu’ils viennent régulièrement au bureau tous les jours.

Parmi les victimes, on signale deux  Gnassingbé, frère et cousin du Président Faure. Cette affaire, beaucoup en parlent. Seulement il y a des grincements de dents qui se font de plus en plus perceptibles. Faure ne les perçoit pas. Et chacun le gère à sa manière au risque d’être traité de rebelle.

Dès que nous avions eu l’information, nous avions fait les démarches nécessaires pour en savoir plus auprès de supposés ou réelles victimes. Naturellement, comme il fallait s’y attendre, personne ne veut ni confirmer ni infirmer.

Certains soutiennent qu’ils occupaient déjà un poste ailleurs avant d’être nommés à la Présidence. Ils affirment qu’ils ne bénéficient d’aucune indemnité due à leurs rangs en dehors des frais de mission qui leur sont versés s’ils sont cooptés pour des missions. «Je perçois mon salaire là où j’étais avant. Certains étaient dans le privé avant d’être nommés à la Présidence. Je ne peux pas me prononcer sur ces cas...», a laissé entendre un interlocuteur qui souligne qu’il est plus guidé par le Saint Esprit d’accompagner et d’aider le Chef de l’Etat dans sa lourde mission que de parler de salaire. A la question de savoir s’ils sont rémunérés à la fin du mois, il a répondu par un sourire.

En revanche la plupart des victimes, sans ambages et avec amertume, sont clairs : «… tu peux te renseigner auprès des autres ; ils te diront la même chose à savoir que, depuis que nous sommes nommés ici à la Présidence de la République, on n’a jamais eu de salaire.»

A la question de savoir comment ils vivent, ils ont répondu qu’ils vivent avec les moyens de bord, qu’ils se débrouillent à leur manière, et qu’ils pensent que, le Chef de l’Etat en est sans doute, conscient. Dans tous les cas, le mécontentement est général.

Commentaire et analyse
Partout au monde, le Chef de l’Etat travaille toujours avec ses hommes de main, c’est-à-dire ceux en qui il place confiance. En clair, personne ne peut reprocher à Faure d’avoir nommé telle ou telle personne à tel poste. Seulement voilà ! Qu’on travaille mais qu’on ne soit pas payé à la fin du mois, seuls le Chef de l’Etat et les victimes peuvent maîtriser les vraies raisons et surtout le contrat qui les lie.

Si des informations du genre commencent à sortir, c’est que ça va mal, très mal, même si les victimes se réservent d’en parler au Chef de l’Etat.

Dans toutes les présidences, les fonctionnaires ou collaborateurs du cabinet présidentiel ont un salaire et des indemnités sur le budget de la présidence. Faure Gnassingbé ne fera pas exception. Il doit donc veiller à ce que ces cas soient réglés. Ceci pour son image.

Informés de la situation, des esprits malins se demandent en quoi cette affaire nous regarde-t-elle quand on sait que les prétendues victimes roulent dans de grosses cylindrées qui font mourir d’envie bien de salariés togolais. Le Togo comme il va.

Amou

 
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