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Le Fonds d'entretien routier est supprimé : Médecin après la mort

AgoraPress - TCHASSOUA Songoï
Lomé, le 7 août 2008 - La pagaille financière au Fonds d’Entretien Routière a pris fin hier. C’est avec un grand soulagement que le peuple togolais tout entier a appris la nouvelle. Le conseil des ministres a décidé de mettre fin à l’hécatombe financière que les directions qui se sont succédé au FER, se sont mises, chacune, à sa manière à creuser et enterrer cette structure chargée de gérer les routes au Togo.

« Le projet de loi adopté est relatif à la suppression du Fonds d’Entretien Routier (FER)…Le gouvernement a décidé la suppression du Fonds d’Entretien Routier, afin d’asseoir une véritable politique routière qui repose sur un principe fondamental, à savoir que l’Etat construit, gère et entretient les routes et pistes, avec la participation des usagers de ces infrastructures » Ainsi se justifiait le gouvernement dans  le communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres de mercredi 06 août 2008.

Vu l’état de délabrement avancé des routes sur toute l’étendue du territoire et la gestion catastrophique que l’on a fait du secteur, la réaction pour remettre les pendules à l’heure a tardé à venir. « C’est depuis longtemps que les autorités du pays devraient réagir face à ce mauvais traitement réservé à nos routes. On allait éviter ce qui nous est arrivé aujourd’hui », déclare M. AKAKPO Ambroise, Directeur d’une société privée à Lomé. M. AKAKPO, poursuit, « Mais, il ne faut pas  laisser les gens diriger nos sociétés d’Etat comme bon leur semble. Sinon, après, c’est la catastrophe. Voilà dans quelle situation notre pays se trouve aujourd’hui ! Le bilan est très lourd. On ne saurait dire que ce sont des calamités naturelles, c’est plutôt la bavure des hommes. » Rappelons que ce sont les pluies diluviennes qui ont fait effondrer les ponts, détruit certaines voies et inondé plusieurs zones. Selon le communiqué du gouvernement, le bilan de la catastrophe fait état de « quatre morts par noyade,  trois personnes signalées disparues, neuf ponts endommagés, plus de huit milles sinistrés, l’interruption de la circulation sur les axes routiers reliant plusieurs localités, enclavement d’une vingtaine de localités dans les préfectures de Haho, Zio, Vo, et Golfe, les inondations des milliers de maisons d’habitation et de plusieurs hectares de champs de cultures vivrières et de rente ainsi que d’énormes dégâts sur l’environnement. »

Ferdinand Tchamsi ancien directeur du FER

C’est depuis les événements de Kpendjal, dans le nord du pays, l’année dernière que des spécialistes, connaissant bien les routes togolaises, ont prédis le danger de cette année. De plus, ces alertes des spécialistes ont été relayées par les médias togolais en général et en particulier la presse privée. Cela ne disait rien à l'autorité. Aujourd'hui, cette même autorité est obligée par les circonstances de faire ‘’médecin après la mort’’. « Gouverner, c’est prévoir », dit l’adage. Et pour bien gouverner, il faut jouer avec l’opinion nationale et internationale. La presse joue sa partition dans cette opinion. Il faut dire que la situation avait déjà pourri, surtout avec la gestion très calamiteuse de ceux qui se sont succédé à la tête du FER avant l’arrivée de M. TCHAMSI,  qui est à tort ou à raison considéré aujourd’hui comme l’exterminateur. [lire des article relatifs à M. Tchamsi]

Excédé par la situation qui prévalait au FER, le président de la République avait mis en place au début du mois de juillet une commission chargée de situer les responsabilités dans la mauvaise gestion du Fonds. Mais c’était trop tard. Certains membres de la commission auraient les mains souillées, c'est-à-dire que selon certaines langues, ils auraient ‘’mangé avec TCHAMSI’’.  A la première réunion de cette commission, les débats étaient houleux.«L’atmosphère était, en tout cas, délétère », écrivait notre confère

‘’La Dépêche’’ dans sa parution n° 427 du 16 juillet dernier écrivait, « Certains membres de la commission,  avaient le profil bas. Ils ont peur d’être éclaboussés. Ayant aussi bénéficié des largesses du directeur Tchamsi, ces membres qui, en principe méritent d’être récusés, pourraient-ils regarder Tchamsi dans les yeux et apprécier sa gestion »?

Le communiqué du gouvernement précise que le FER  a échoué. « L’objectif assigné au Fond d’Entretien Routier était d’assurer la maintenance du réseau routier national. Mais force est de constater, au regard de l’état actuel de nos routes et pistes rurales, que cet organisme n’a pas atteint ces objectifs, malgré les ressources mises à sa disposition par l’Etat».  Or, selon certaines indiscrétions, le FER a dépassé les limites de son cahier de charges ; le FER, a reconnu le ministre Pascal Bodjona, n’était pas créé pour construire les routes mais pour les entretenir.  

De toute façon, que les directeurs qui se sont succédé à la tête du FER aient pillé le FER ou pas, c’est la responsabilité  des premiers responsables de l’Etat. Pourquoi c’est après ces immenses dégâts d’hier seulement que, l’autorité trouve que la structure a mal fonctionné ? Le FER est mis en place depuis 1997. De 1997 à 2008, il y a 11 ans. Quelle mesure a été prise pendant tout ce temps pour sauver les meubles et éviter le pire ?  Il fallait  savoir,  du moins reconnaître qu’il y avait des problèmes. L’autorité a le devoir  de suivre au jour le jour le fonctionnement des ses sociétés. 

La leçon à tirer par l’Etat est qu’il ne faut  jamais laisser les situations pourrir avant de réagir. Les autorités auraient écouté les medias qu’on aurait évité cette situation.

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