Le face à face houleux UFC-RPT tant redouté à l’Assemblée nationale ce jeudi 07 août 2008 n’a pas lieu. La cotisation d’au moins cent mille francs (100 000 f cfa) par député pour venir en aide aux sinistrés des inondations a donc été la décision qui a sanctionné les travaux de la séance unique de la 2e session extraordinaire de l’année 2008 tenue ce 7 août 2008 au Palais des Congrès de Lomé, siège de l’Assemblée nationale togolaise.
Pour avoir beaucoup plus d’éclaircissement sur le drame et savoir les zones les plus touchées par la catastrophe naturelle qui s’est abattue sur le sud du Togo, les députés ont invité les ministres en charge de la gestion de cette catastrophe à savoir : le ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, de la Sécurité et de la Protection Civile, Atcha Titikkina, des Travaux Publics, des Transports, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Célestin Ekpaoh Talaki.
Le ministre Katari Foli-Bazi de Fonction publique, de la Réforme Administrative et des Relations avec les Institutions de la République a également assisté à cette séance.
A la demande de 43 députés, la tenue de cette séance extraordinaire a porté sur les contributions des députés face à la situation dramatique liée aux inondations que vivent les populations.
C’est le Président de l’Assemblée nationale, El Hadj Abass Bonfoh, qui a ouvert les travaux de cette séance plénière de la 2e session extraordinaire de l’année. Dans son discours d’ouverture, M. Abass Bonfoh a fait un bref rappel des dégâts engendrés par les inondations. « Celles-ci s’illustrent à travers des quartiers et villages engloutis, des récoltes et cultures emportées par les eaux, des ponts détruits dans les régions des plateaux et maritime rendant, entre autres , très difficile le trafic routier vers l’intérieur » a-t-il déploré. Il a également exprimé au nom de l’Assemblée nationale, sa compassion et solidarité aux sinistrés et ses sincères condoléances aux familles éplorées. Pour lui, il s’agit de recueillir les différentes suggestions pour l’apport à manifester à l’endroit des victimes. « En clair, il s’agit de voir comment contribuer pour soulager les populations sinistrées et leur apporter notre soutien par des dons…Ce faisant, la représentation nationale doit aller sur les lieux du sinistre pour apporter son secours d’urgence et sa compassion aux sinistrés » a-t-il indiqué.
Après le discours du président de l’Assemblée nationale, les ministres invités ont pris la parole pour apporter la lumière sur la situation étant entendu qu’ils sont directement impliqués dans la gestion de cette catastrophe naturelle.
C’est le ministre Foli-Bazi qui a d’abord pris la parole pour saluer les députés pour l’intérêt accordé aux populations victimes et réaffirmer la disponibilité du gouvernement à associer tous ceux qui se mobilisent aux côtés des déplacés d’inondations. M. Pascal Bodjona de l’Administration territoriale a, quant à lui, fait remarquer que dans le cadre de cette catastrophe, les infrastructures routières constituent les premières cibles. Il a par ailleurs évoqué les actions du gouvernement en l’occurrence l’apport des secours d’urgence en vivres et autres aux sinistrés, le décret concernant l’organisation des secours en périodes de catastrophes, la réflexion sur les mesures de prévention, la préparation d’un projet de loi relatif à la gestion des infrastructures routières, la suppression du Fonds d’Entretien Routier (FER). Pour sa part, le ministre Atcha Titikpina de la Sécurité, et président du comité national de la gestion des catastrophes, a fait un exposé avec projection de film afin de bien illustrer le drame. Dans la projection, les zones sinistrées ont été montrées. Sur une carte du Togo, le ministre a montré les causes des catastrophes liées essentiellement aux aléas climatiques et à la situation géographique du pays « contrairement aux causes attribuées aux mauvais sorts ». Enfin son collègue Ekpaoh Talaki des Travaux publics a informé les députés qu’une solution serait trouvée au pont de Togblékopé et le trafic serait redevenu normal à cet endroit. Il a en outre confirmé la suspension provisoire des activités des postes de péages de Davié et de Zanguéra. Il a dit aussi que pour permettre aux véhicules de ne pas se tromper, il est mis sur la nationale N° 1 des agents devant indiquer les itinéraires.
Sur insistance des députés à poser des questions aux membres du gouvernement présents, ce qui n’a pas été indiqué dans l’invitation et donc contraire au règlement intérieur, les ministres invités ont demandé 5 minutes de suspension pour se concerter. A la reprise, ils ont marqué leur accord à se prêter au jeu de questions-réponses mais les députés se sont ravisés et ont décidé de se conformer aux dispositions de leur règlement, parce que les garants du respect des lois de la République qu’ils sont, il ne doivent pas aller eux-mêmes à l’encontre de la loi.
Au demeurant, les parlementaires ayant adopté à l’unanimité cette décision de cotisation d’au moins 100 000f cfa par député, ont proposé que la nature de leurs dons, les zones à visiter et le comité de gestion de ces dons fassent objet de discussion à la conférence des présidents de commissions.
« De ce fait, il est vivement souhaité que les infrastructures routières détruites soient vite rétablies entre Lomé et le reste du pays, au regard du rôle important que joue la nationale N° 1 dans l’économie de notre pays et dans la desserte des pays de l’hinterland notamment le Burkina-Faso, le Niger et le Mali » a souhaité le Président de l’Assemblée nationale dans son discours de clôture.
Plus d’une semaine après la catastrophe, voilà nos honorables députés qui sortent de leur silence pour, dit-on, apporter leur contribution à la situation dramatique que vivent les populations sinistrées. Le geste est à saluer, certes où étaient ils ces députés, vrais représentants du peuple ? Sous d’autres cieux, dès le lendemain de la catastrophe, une session extraordinaire devait être convoquée pour se pencher sur la question et envisager les mesures urgentes à prendre. Mais comme nous sommes au Togo où tout est sens dessus dessous, il a fallu attendre plus d’une semaine pour faire médecin après la mort. C’est dommage !
Merci tout de même à la représentation nationale pour l’initiative parce que, selon nos informations, la décision n’a pas été facile à digérer chez certains honorables députés. 100.000 FCFA sur les 633.000 FCFA que vous percevez par mois, ce n’est pas quand même trop demandé, nos honorables députés ! |