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Inondations et écroulement de plusieurs ponts dans le Sud  du pays : La nature se déchaîne contre le pouvoir de Faure

Courrier de la République #82

Depuis près de deux semaines, l’on assiste impuissant  à l’effondrement de plusieurs ponts dans la région maritime. Selon le gouvernement, neuf ponts au total ont été touchés par les graves inondations de ces derniers jours. De ces neuf ponts, un se situe sur le fleuve Haho sur la  nationale N°1 qui relie le Sud du Togo à la partie septentrionale. Depuis le 27 juillet dernier, date de rupture  de ce pont, le pays  est comme coupé en deux entraînant d’énormes conséquences.

La circulation des personnes et des biens entre les deux pôles du pays se fait très difficilement. Bref, les activités économiques tournent au ralenti et compliquent la situation des ménages déjà frappés par le fléau de la vie chère. En quelques jours, les prix des produits  vivriers ont connu une hausse inestimable. Les autorités se tournent vers la communauté internationale pour solliciter l’aide.

Les populations quant à elles se demandent  pourquoi cette situation d’une telle gravité a pu se produire  seulement au Togo alors que dans d’autres pays de la sous région les inondations n’entraînent  pas forcément la rupture de ponts sur les principaux axes routiers. C’est une interrogation légitime quand l’on sait que la direction des routes est censée procéder à un contrôle méticuleux des ouvrages qui ne datent pas d’hier. En réalité, la situation apocalyptique dans laquelle se trouvent les infrastructures  était prévisible, et aurait pu être évitée si le gouvernement, en particulier le ministre des travaux publics jouait convenablement son rôle. Mais les autorités comme à l’accoutumée ont préféré s’occuper de leurs propres intérêts plutôt que d’entretenir les édifices publics.

Les 9 (neuf) ponts qui ont cédé sous le coup des inondations illustrent la négligence coupable du ministère des Travaux Publics. Une chose est sûre, les fonds récoltés au niveau des postes de péage vont dans les caisses de l’Etat afin de lui permettre de maintenir les routes en bon état. Que fait-on de ces entrées?

En fait, si l’organisme humain a besoin d’un contrôle régulier pour son maintien en excellente condition, ces ponts qui sont des ouvrages humains ont eux aussi besoin d’un suivi régulier. C’est de cette façon que l’on peut s’assurer que nos édifices publics sont en état  de résister aux intempéries. Dans un pays  normal où le service d’entretien routier, joue valablement son rôle, ces inondations ne seraient en réalité qu’un  épiphénomène, les eaux n’ayant pas atteint un niveau aussi critique. Personne ne peut rendre les autorités responsables des inondations, car ils n’ont aucun moyen d’arrêter la pluie. Même aux Etats-Unis l’on n’arrive pas à empêcher les eaux de sortir de leur lit. Mais que ces petites inondations aient pu rompre neuf ponts amène à réfléchir. Parce que tous les Togolais savent que le pont n’a pas une durée de vie éternelle. Si un pont est entretenu, il résiste au temps et aux intempéries ; dans le cas contraire, il s’écroule comme une maison construite sur le sable. C’est un fait évident  et le gouvernement ne peut plus se disculper par de faux prétextes.

Dieu merci, au moins cette fois-ci la catastrophe s’est produite aux portes de la capitale. C’est  ce qui a permis à de nombreux Togolais d’expérimenter les conséquences de la mauvaise gestion du pays. Mais cette situation n’est pas un fait isolé dans le pays. C’est ce que vivent nos frères de la préfecture de Kpendjal chaque année. Nous espérons que ce qui se passe dans le Sud permettra aux populations de cette partie de savoir dans quelle situation se trouvent leurs frères des zones reculées.                  

Bin


Gestion des catastrophes : Quand des escrocs se mêlent à la danse
Le 27 juillet dernier, le pont sur le fleuve Haho sur la route nationale N°1 a cédé sous l’effet des inondations. Depuis ce jour, il est impossible de se rendre au-delà d’Amakpapé en empruntant la nationale N° 1. Le pays étant de facto coupé en deux. Face à cette tragique situation les autorités mises à nu dans leur gestion approximative des affaires du pays ont multiplié les déclarations de bonnes intentions. Mais les actes concrets ne suivent pas. Est-ce un défoulement pour montrer qu’on est sous le choc ou c’est empreint de sincérité, on ne saurait se situer en tout cas. Tout d’abord c’est le premier ministre qui, après une visite sur les lieux de la catastrophe s’est empressé de promettre terre et ciel aux populations sinistrées. Il a notamment assuré qu’une déviation  allait être tracée pour rétablir la circulation sur la nationale N°1. Le ministre Talaki a fait de cette déviation qu’on ne voit pas encore son choux gras.

Par la suite, le jeudi 31 juillet dernier, le chef de l’Etat après un « one man show » en hélicoptère dans la zone des inondations a présidé une réunion de crise sur la gestion de la catastrophe naturelle qui frappe le sud du pays. Au cours de cette réunion, le gouvernement a de nouveau égrené un chapelet de bonnes intentions. Les mesures urgentes préconisées sont entre autres :

- L’apport des secours aux populations des zones sinistrées (couvertures, nattes)
- La création d’une déviation au niveau de Togblékopé et le renforcement du pont de la même localité.

Ces deux mesures ont pour objectif de rétablir la circulation sur une partie de la nationale n°1.
-
Le renforcement des ouvrages sur la déviation Lomé-Kpalimé-Atakpamé.

Dans la réalité, toutes ces mesures tardent à se concrétiser dans les actes et font le nid de nombreux escrocs. Au niveau du fleuve Haho, des individus se sont organisés pour mettre des planches sur un vieux pont du temps colonial abandonné. Ainsi, toute personne qui passe sur ce pont est obligée de payer 100F.

Pire encore, les autorités au lieu de s’approprier l’initiative de cette traversée, cautionnent plutôt les escrocs qui profitent de la catastrophe pour extorquer de l’argent aux pauvres citoyens. De sources concordantes, le préfet du Haho se serait déplacé sur les lieux pour demander aux personnes qui ont déposé des planches sur le pont de ferrailles d’exiger
100F par personne au lieu de 200F au début.

Une telle attitude de la part des autorités est inexcusable. Le bon sens aurait voulu que les autorités préfectorales du Haho remboursent les frais des planches aux villageois afin de permettre aux gens de traverser le fleuve gratuitement.

Par ailleurs, l’absence de mesures urgentes devant permettre de rétablir la circulation sur toute la nationale n°1 fait le bonheur des commerçants de vivres sous l’œil complaisant du gouvernement. Le bol de maïs est passé depuis trois jours à
1500 F.

Certes, depuis le Jeudi dernier le gouvernement a rendu public un communiqué mettant en garde toutes les personnes qui entretiennent la surenchère. L’important n’est pas de faire des discours émotifs mais de prendre des mesures concrètes pour diminuer le prix des produits vivriers.

Bin Kohan


Concours de recrutement dans l’administration : Réel besoin de personnel ou une parade de Faure?
Les 1er et 02 août derniers, près de 50 000 chômeurs togolais ont pris part au concours de recrutement de plus de 3 000  agents dans l’administration publique. Ce nombre très élevé des personnes appelées pour très peu d’élues est une illustration parfaite de l’absence d’une véritable politique d’emploi du pouvoir RPT au profit de la jeunesse. Point n’est besoin de rappeler que le pays regorge plusieurs centaines de milliers de diplômés sans emploi puisque ceux qui ont été retenus sont très moins nombreux que ceux qui ont vu leurs demandes rejetées. Par ailleurs, les organisateurs n’ont pas tenu compte de toutes les disciplines de nos écoles et universités.

Pourtant, l’administration manque cruellement  de personnels. Ce qui fait que  des fonctionnaires ayant atteint l’âge de la retraite depuis près d’une dizaine d’année continuent d’exercer leur fonction. Aussi, de nombreuses personnes sont-elles effectivement allées en retraite mais n’ont pas été remplacées. Ainsi dans l’administration les places vacantes sont incomptables. La raison est toute  simple, c’est que pendant près  de 15 ans, à part le secteur de l’enseignement, l’Etat n’a plus recruté d’agents. L’on se demande pourquoi  en dépit d’un manque cruel de personnel dans les services publics, le gouvernement n’offre que l’opportunité à seulement 3 000 personnes.

Cette situation montre à suffisance l’incapacité du pouvoir  RPT à résoudre le problème  de chômage de sa jeunesse. Le président Faure Gnassingbé est personnellement conscient de l’échec de sa politique depuis qu’il est aux commandes des affaires de l’Etat il y a trois ans et plus. Ce concours ne s’inscrit pas en réalité dans une politique de résolution du chômage. Puisque le ministre Foly Bazi Katari et son département n’ont pas tenu compte de tous les besoins réels de l’administration en personnel. De sources concordantes, Faure Gnassingbé, conscient de son bilan a voulu faire un peu de saupoudrage en faisant organiser ce concours. D’aucuns pensent même que ce concours est une occasion de remercier quelques militants du RPT. C’est ce qui justifierait d’après certaines sources, l’obligation faite aux candidats de mentionner sur leur dossier la préfecture d’origine. Vrai ou faux ; nous ne sommes  pas en mesure de confirmer ou d’infirmer ces informations. Seulement, est-il dit qu’il y a dans le RPT des personnes qui disent aux jeunes qu’ils n’auront jamais du travail dans l’administration publique tant qu’ils seront avec l’opposition.

Quoiqu’il arrive, les candidats qui seront admis dans la fonction publique découvriront une nouvelle réalité. Cette réalité, c’est la situation inconfortable dans laquelle se trouvent les fonctionnaires avec des salaires  de misère dont le salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) date de la période coloniale. Avec la dévaluation du franc CFA, contrairement aux autres pays, au Togo aucune mesure d’accompagnement n’a été prise en faveur des fonctionnaires. Les salaires au Togo considérés ironiquement par un président africain comme des perdiems n’ont pas connu d’évolution sensible. C’est seulement en cette année 2008 qu’une augmentation de 3% a été faite sur les salaires. Ce qui en réalité, est une insulte pour les fonctionnaires. En effet, pour avoir 3 000 F de plus, il faut gagner 100 000 F par mois. Alors que dans ce pays, rares sont les personnes qui gagnent 100 000 F par mois.

C.R


Amer constat : L’Afrique, ce cordonnier toujours mal chaussé

En 1962, Réné Dumont, agronome français, spécialiste du tiers monde et des problèmes de développement publiait son fameux livre : « L’Afrique noire est mal partie ». Des pseudo défenseurs du continent noir avaient qualifié cette œuvre de  tendancieuse. Mais, 46 ans après, les faits donnent raison à Henri Dumont. Comme quoi, un  seul homme peut avoir raison contre le monde entier, comme ce fut le cas de Galilée, il y a plusieurs siècles déjà.

          Partie sur un même pied d’égalité que tous les autres continents, l’Afrique est aujourd’hui à la traîne en les comparant aux autres. Et c’est légitimement qu’on peut tenter  de se poser la question de savoir si les pays africains sont sur la voie du développement ou du sous développement. Le continent occupe la dernière place pour toutes les questions de développement. Premier en nombre de personnes vivant avec le VIH Sida, 1er pour le taux de mortalité, 1er en nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Sans exagération, on est tenté  d’affirmer que seul un Africain sur mille (1000) mange à sa faim. Aujourd’hui, la part du continent africain dans le commerce mondial est à peine de 2%. Cette situation est d’autant plus inadmissible que l’Afrique est un continent naturellement bien pourvu que tous les autres. Certaines personnes comparent même les Etats africains à un cordonnier mal chaussé.

          En effet, le continent noir est béni de Dieu du fait des richesses de son sous-sol. Plusieurs études géologiques ont montré que l’Afrique est la première terre au monde pourvue de la quasi-totalité des richesses naturelles. Il y en a même qui qualifient certains pays du continent noir de scandales géologiques. En tout cas les plus importantes réserves  minières et énergétiques se trouvent sur le berceau de l’humanité. Nous  pouvons citer entre autres, le diamant, l’or, l’uranium, les phosphates, le pétrole etc. Toutes ces ressources se vendent aujourd’hui très chères dans le monde et auraient pu permettre aux pays africains d’amorcer véritablement leur développement. Mais malheureusement, c’est l’effet contraire que nous observons depuis plusieurs décennies.

          Le Togo regorge dans son sous sol de la première qualité de phosphate au monde dont les résidus servent à fabriquer de l’engrais. Mais au Togo, avoir un seul sac d’engrais est un véritable parcours de combattants. Les magasins sont vides. L’engrais, si vous l’avez, est très cher, soit 12 000F CFA le sac de 50 kilogrammes. Il est entièrement importé, alors que le pays dispose de la matière première pour sa fabrication.

          Le Nigeria est depuis des décennies, le 6e exportateur mondial du pétrole brut dont le prix du baril dépasse, aujourd’hui, les 130 dollars US. Le pays de Umaru Yara Dua dispose aussi d’au moins, 6 raffineries  de première classe. Mais il est très fréquent d’observer dans les grandes villes nigérianes de longues files d’attente dans les stations d’essence. Parfois, tout le Nigeria est plongé dans une épaisse obscurité pendant 3 trois jours, à cause des coupures de courant électrique. Quant au Niger, il dispose de la plus grande réserve d’uranium au monde. C’est ce minerai qui est utilisé dans le nucléaire civile et militaire. Mais ce pays ne dispose d’aucune centrale nucléaire. De plus, l’on ne sait pas à quoi sert l’argent de la vente de l’uranium.

          C’est tout simplement choquant  et révoltant le cas du noir continent. Cette triste situation mérite encore d’être relevée. D’après nos recherches, deux faits principaux justifient aujourd’hui la dernière place des Africains sur tous les plans.

          Tout d’abord, à l’image des émissaires du village d’Oniateh qui devaient vendre le fétiche d’or pour ravitailler les leurs en vivres, mais ont préféré rester en ville avec l’argent, la plupart des dirigeants africains ont choisi de trahir leurs peuples.

          L’histoire du fétiche d’or est racontée par Madibo Sounkalo Keita dans son œuvre « l’Archer Bassari ». L’écrivain guinéen Thierno Monemembo désabusé par le comportement des premiers dirigeants africains, disait ceci : « Ce ne sont que des espoirs ratés. Eux les intellectuels africains sur qui l’Afrique devrait compter, l’ont trahi ». Le mal de l’Afrique, c’est donc ses dirigeants. Ces derniers ne font que piller leurs pays pour déposer l’argent dans des banques occidentales. Nos Etats sont gérés comme des entreprises privées. Toute personne qui arrive au pouvoir se préoccupe de ses comptes en banque au lieu de penser au peuple sans le quel aucun pouvoir n’a de sens.

          Au Togo par exemple, on estime à plusieurs milliards de dollars l’argent se trouvant à l’étranger. El Hadj Omar Bongo, Sassou N’Guesso, feu Sani Abacha et Olusegun Obasanjo ont tous pillé leurs propres pays laissant leurs sujets dans une indescriptible misère.

          L’évocation par les dirigeants africains de la colonisation et de l’esclavage pour justifier la situation de leur pays est une véritable fuite en avant. La plupart des pays asiatiques ont connu aussi cette page sombre de l’histoire. Mais, des pays comme le Singapour  le Taïwan et la Chine rivalisent avec l’Occident. Alors qu’en 1958, le PIB du Ghana dépassait celui de la Corée du Sud. Aujourd’hui, cette dernière fait partie des nations industrialisées respectées au monde.

          Le second fait qui explique le retard de l’Afrique c’est le double jeu des pays du vieux continent qui sont devenus des paradis fiscaux pour les fonds détournés en Afrique. Les gouvernements occidentaux soutiennent dans nos Etats des régimes corrompus, pourvu que ces derniers leur donnent une partie des richesses volées.

          L’Afrique mérite-t-elle un tel sort ? La réponse est catégoriquement non. Pour sortir de cette situation il faut une prise de conscience collective.

C.R


La nouvelle trouvaille suite aux élections contestées en Afrique : En attendant le partage du pouvoir, on fait couler abondamment du sang innocent

          La situation actuelle de l’Afrique est sujette à de nombreuses interrogations. Comparer l’Afrique aux autres continents ne saurait s’expliquer. En effet, tout est noir sur le noir continent. Jamais des éclaircis mais toujours de gros nuages noirs qui assombrissent les lueurs d’espoir.

          Après plusieurs décennies d’indépendance, les Africains jouent toujours les derniers rôles, et ne peuvent que devenir les laquais des autres. L’Afrique s’est dévoilée à tel point qu’elle est devenue la risée, le champ d’expérimentation des autres. Les plus viles théories ont été expérimentées sur le continent noir, plusieurs générations après, les occidentaux continuent de tailler sur mesure des théories pour l’Afrique. La nouvelle en vogue a trait aux élections.

          En Afrique, on n’accède pas au pouvoir pour le quitter aussi facilement.  Quand on y arrive on cherche à battre le record en longévité au pouvoir en procédant à de monstrueux et honteux tripatouillages pour parvenir à cette fin. On sait l’espérance de vie en Afrique courte, c’est ainsi que des gens viennent à la vie et repartent sans avoir connu d’autres chefs d’Etat que ceux qu’ils sont arrivés au monde trouver.

          Ce qui fait dire de manière amusante qu’en Afrique, on n’a pas de Chefs d’Etats mais de Chefs de cantons ou Chefs coutumiers. Pour ces heureux élus, on peut  toucher à tout sauf à leur pouvoir. « Volez comme vous pouvez, comportez-vous le plus tristement possible, je vous laisserai faire mais ne touchez pas à mon pouvoir ». C’est seulement en Afrique que les opposants sont perçus comme de grands voyous, des gens qui viennent pour usurper une situation établie de fait. Avant le fameux vent de l’Est, les opposants sont bons aux prisons et aux tortures. C’est un crime de lèse-président que de vouloir lorgner du côté du fauteuil présidentiel. A la place de « j’y suis et j’y reste », viennent les récurrents coups de force, les rebellions des écartés de la gestion des affaires publiques, ceci justifie les nombreux foyers de tensions qui sont signalés en Afrique.

La logique funeste en vogue

          «Laissons nos militants s’entretuer et après nous nous asseyons pour négocier », la nouvelle formule consacrée par le pouvoir et l’opposition. L’avant, pendant et l’après des élections en Afrique donnent libre cours à de graves déviations. On sort les machettes, les armes à feu et tout ce qui peut donner la mort. Les hommes proches du pouvoir et ceux de l’opposition sont en sécurité et tels des chiens, ils lancent leurs militants dans les rues. Les mises en garde et les appels à la retenue n’ont en tout cas jamais émoussé les ardeurs des deux camps. Le pouvoir souvent aidé par l’armée manœuvre avec dextérité le bâton pour conserver un acquis, l’opposition aux moyens bien limités avec le leader déjà réfugié dans une chancellerie appelle les militants mains nues à aller à l’abattoir. Quand le pouvoir aura opéré son tour de force avec un nombre éloquent d’individus massacrés, on signe la trêve de la barbarie. Les moyens de coercition n’existent carrément pas, il faut que le summum de l’horreur soit atteint avant que cela ne décide certains à réagir.

          Les Chefs d’Etats africains sont désarmés sachant que ce que leur pair fait a déjà été expérimenté bien avec la manière par eux. La solidarité du syndicat les contraint à assister sans réagir à la boucherie. Quand la forfaiture sera bien consommée, on trouve qu’il faut jouer aux médiateurs. Le scénario auquel on aboutit est toujours le même. Le chef de l’Etat qui s’est imposé par la force des muscles de ses hommes garde sa propriété, le fauteuil présidentiel et la primature à l’opposant qui entre temps est sorti de l’ambassade où il s’était réfugié pour négocier la place qui lui assurera un mieux être.

          C’est bien malheureux qu’on arrive à une telle situation après avoir laissé le sang innocent couler. Au Togo, au Kenya, au Zimbabwe, c’est malheureusement cette bien triste logique qui a prévalu. Comme on fait son lit on se couche, on taille sur mesure des théories qui sont à la taille des bévues des dirigeants africains.

          « Tuez-vous d’abord et on vous convie après à partager le pouvoir autour d’une table ». No comment.

Ben Tchak

 
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