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Inondations au Togo : Le génie militaire ghanéen au chevet des populations : où sont les FAT ?

Forum de la Semaine #375
Les militaires togolais sont-ils uniquement bons pour les défilés, la sécurisation des urnes, la pacification du pays avec son cortège de morts,  la sécurité de Faure ou le racket des taxi-motos ? La question a tout son sens en cette période d’inondations où les populations sont abandonnées à elles mêmes.

Lors des fameux défilés auxquels le pouvoir RPT a habitué les Togolais depuis 40 ans, des laudateurs du régime n’ont jamais cessé de clamer la bravoure, l’ardeur et l’efficacité de cette armée au service d’une seule personne et non du peuple. Les bidasses  eux-mêmes se donnent toujours une importance particulière en fredonnant des chansons du genre : «  pour la patrie nous serons là ; nous veillerons ». Mais depuis une semaine que la patrie est danger, ils sont introuvables de même que leur chef. Comment pouvait-il en être autrement puisque des Togolais bien avertis savaient que cette armée n’exhibait ses muscles que pour combattre un ennemi invisible si ce n’est le peuple?


Le génie militaire togolais introuvable
Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, colonel de son état, a affirmé sur les écrans de la TVT que c’est le génie militaire ghanéen qui a procédé à l’évacuation des populations dans le Zio avant de se réjouir de cette coopération  Sud-Sud.  Cette maladresse est un aveu d’échec qui traduit clairement l’option imposée, contre peut-être leur gré, à ces milliers de soldats habillés et entretenus par les contribuables togolais et qui sont utilisés autrement dans les casernes. «A quoi sert donc cette armée si elle ne peut pas aller au secours des citoyens inondés ?», s’est demandé un sinistré désabusé.  A supposer un seul instant que ce pays soit attaqué de l’extérieur et que dans la stratégie de l’ennemi les ponts venaient à être dynamités, que ferait alors l’Armée togolaise qui visiblement dispose en son sein d’une bonne structure de génie militaire avec matériels et logistiques ?

Les FAT au service des populations ?
L’Armée togolaise dispose certes des officiers compétents. Mais lorsque pour une raison ou une autre le pouvoir les écarte pour faire la promotion des moins valeureux dont la plupart sont des zélés, on ne peut qu’aboutir à ce résultat. Des citoyens profitent de la situation pour racketter leurs propres frères. Des passages payés, le malheur est source d’enrichissement. Tout cela parce que l’armée est bien inactive. Cette armée, celle que nous rêvons tous, doit  jouer pleinement son rôle d’armée républicaine dont les tâches principales sont la défense du territoire et le secours aux citoyens en cas de catastrophes naturelles. «Les contribuables togolais ne peuvent pas continuer d’entretenir une armée qui serait au service d’une personne qui en dispose à tout moment», a déclaré un leader de l’opposition. Chaque soldat togolais quel que soit son grade doit tirer les leçons de cet affront qui consiste à faire venir des troupes spéciales d’un pays voisin pour sauver des concitoyens et ravitailler les villages isolés en vivres pour se repositionner et sauver la République.

Les inondations de ces derniers jours révèlent  d’une armée pléthorique  mais qui demeure inefficace faute de moyens logistiques conséquents. Aujourd’hui face aux inondations, nos militaires n’ont même pas de vedettes et des gilets de sauvetage pour évacuer les populations. Bien triste spectacle. La réforme de la grande muette est plus que jamais d’actualité pour la redéfinition des vrais rôles. Ces rôles seraient bien assumés que des profiteurs et autres opportunistes ne racketteraient pas les sinistrés pour un simple passage frayé.
F-N

 


Une semaine après la catastrophe : Faure toujours introuvable auprès des sinistrés
«Le plus important n’est pas ce qu’on donne mais la manière de donner», dit-on souvent. Après les pluies de critiques qui se sont abattues sur l’ensemble de la classe politique face à leur indifférence suite aux inondations, certains partis politiques se sont enfin décidés à se rendre sur le terrain pour compatir avec les sinistrés. La surprise vient toujours de Faure Gnassingbé. Ses ministres sur ses « instructions fermes» sont  sur le terrain pour survoler la zone sinistrée,  distribuer des vivres ou encore accuser  les populations d’avoir construit des maisons dans des zones inondables, comme si le Togo ne disposait plus d’un service d’Urbanisme et de l’Habitat. Mais la situation actuelle n’est-elle pas si grave pour que le « Leader nouveau » sorte de son bunker pour aller constater de visu sur le terrain le drame que vivent ceux qu’il est censé gouverner ?

Notre bien-aimé Président « largement élu » en 2005 a-t-il horreur des catastrophes naturelles au point d’abandonner ses concitoyens dans la *** ? Le commun des Togolais ne comprend pas cette attitude. Car quand il s’agit des fêtes ou des voyages, Faure est présent, parfois même avant l’heure. Lors des derniers Evala, il s’était même déplacé sous une pluie battante pour suivre les empoignades dans un canton. Le fait d’avoir survolé en hélicoptère la zone inondée et vu les gens d’en haut ne signifie absolument rien; à la limite, c’est une moquerie car les victimes, les Togolais qui sont affectés et éprouvés sont entassés dans des établissements scolaires à la merci des moustiques et leurs maisons abandonnées aux voleurs qui s’en servent à cœur joie. Il n’est donc pas exagéré de dire ouvertement que l’attitude de Faure ne ressemble à rien d’autre qu’à de l’indifférence.

En réalité, Faure Gnassingbé dans son laxisme dans la gestion même des affaires de l’Etat est visiblement dépassé par les évènements. Il est le chef suprême des Armées et le ministère de la Défense est rattaché à la Présidence mais il n’a pas pu décréter l’état d’urgence pour permettre aux militaires de venir en aide aux sinistrés. En d’autres termes, le Togo a un Président investi de tous les pouvoirs mais qui ne sait pas en faire usage surtout au moment où la nation est en danger. Les Togolais peuvent sérieusement s’inquiéter d’avoir un Président de la République dont les préoccupations sont différentes de celles des populations. En attendant que Faure ne se décide à sortir de son isolement, les sinistrés peuvent continuer par s’accommoder des fameuses « instructions fermes» du chef de l’Etat.
Ferdi-Nando


Inondations au Togo et J.O. de Pékin : Faure Gnassingbé entre rester et partir
Ponts effondrés, localités coupées les unes des autres, nationale n°1 sectionnée, habitations et champs engloutis, populations désemparées. C’est le triste spectacle au Togo. L’effondrement du pont d’Amakpapé semble avoir donné le ton. En l’espace d’une dizaine de jours, on se retrouve avec autant de ponts cassés, affranchissant ainsi les eaux. Après Amakpapé, Adétikopé, Togblékopé et autres, Lomé est tombée. Kégué Zogbédji, Attiégou, Kélégougan, Adakpamé, Baguida, Maya Kopé, Dévégo sont submergés.

Devant la furie des eaux, les populations sont impuissantes. Elles voient emporter leurs biens et sont réduites à détaler pour sauver leur peau. Même parmi les populations qui sont pour l’instant épargnées, la prière est de voir les pluies s’arrêter et les eaux se calmer. C’est une question nationale et tous les Togolais se sentent concernés. Tous les Togolais ?

S’agissant des populations, c’est un fait. Chacun se sent concerné et le sujet est au centre de toutes les conversations. A tous les coins de rue, on ne parle que des inondations. Depuis une dizaine de jours, les Togolais ne courent plus pour suivre un feuilleton à la télévision, mais pour ne pas manquer les images émouvantes sur la catastrophe. Les plus superstitieux et autres religieux croient dur comme fer que c’est la manifestation de la colère des dieux ou de Dieu. Aux premiers qui pensent faire des sacrifices aux mânes des ancêtres s’adjoignent les seconds qui se ressourcent dans la prière.

Quid des gouvernants ? Pour leur cas, on ne saurait répondre à l’affirmative. Le gouvernement « serait » touché, à considérer les agitations de part et d’autre. Le « Leader nouveau » quant à lui serait « très préoccupé » par la situation, à en croire les déclarations des différents ministres qui ont eu à parler au nom du gouvernement, que ce soient le préposé à la Sécurité, Atcha Titikpina, son collègue de l’Administration  territoriale et porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona ou la ministre des Inondations, pardon, de l’Action sociale, Ibrahima Mémounatou. Pour preuve, il ne donne que « des instructions fermes » aux ministres et c’est « sur instruction du Chef de l’Etat » que chacun descend sur le terrain.

Soit. Mais, il faut avouer que cette préoccupation du premier des Togolais aurait une signification différente. Lui, il devrait d’abord  tout simplement l’être parce que le Togo s’écroule sur sa tête alors que les sinistrés crient à l’aide. Actuellement l’« Eprit nouveau »  doit être plus préoccupé par la gêne que lui causent ces inondations, les entraves à ses voyages. Et parlant de voyage, l’équation de Faure Gnassingbé pourrait être résumée comme suit : rester au pays pour sauver les sinistrés ou se rendre au pays de la Grande muraille comme programmé.

En effet, l’ « Esprit nouveau » était annoncé depuis plusieurs mois à Pékin, pas en tant qu’athlète, mais comme invité pour assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, prévue le 08 août prochain. Le programme était établi bien avant l’effondrement du pont d’Amakpapé et sa suite d’inondations. Mais devant la situation, l’énigme se complique pour Faure Gnassingbé. Va-t-il s’envoler pour Pékin comme l’a annoncé le Gal Gnonfame, président du Comité National Olympique Togolais (CNOT), quelques jours avant la catastrophe, pour quelques heures de plaisir alors que ses gouvernés qu’il aime tant, se noyent ? Faure Gnassingbé pourra-t-il sacrifier ce voyage au profit du bien-être du peuple qui l’a « démocratiquement élu » ?

Bien malin qui pourra répondre à ces interrogations. Même si des langues le donnent déjà partant pour Pékin, il faut avouer que le choix ne sera pas facile pour l’ « Esprit nouveau ».

N.K.A

 
 
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