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« Face à l’effondrement de la nation, à la dégradation du pays et à l’injustice qui y prévaut, j’ai décidé de prendre une décision grave qui engage ma vie et celle de ma famille ». Ces mots de Messan Agbéyomé Kodjo résument les objectifs visés par l’ancien premier ministre en lançant samedi dernier son parti politique : l’OBUTS (Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire). Dans la foulée, il a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle de 2010.
C’est à la Chapelle Christ Rédempteur (Brother Home) de Lomé que l’ancien premier ministre, Messan Agbéyomé Kodjo et ses partisans ont organisé l’Assemblée générale constitutive créant l’OBUTS. Nouvelle entité sur la scène politique togolaise (en plus de près de la centaine qu’on y enregistre déjà), la formation de M. Agbéyomé se fixe comme mission de changer le destin des Togolais qui, depuis un certain temps, à son avis, sont confrontés à d’énormes difficultés. « Nous sommes prêts à changer le destin des populations togolaises et nous allons le décider ici et maintenant », a lancé le président de ce parti. Selon ce dernier, le Togo se trouve dans une situation de dégradation avancée. Et pour cause, les dirigeants togolais ont échoué dans leur mission de conduire le pays vers des horizons prospères. L’ancien premier ministre en tient pour preuve les inondations auxquelles sont confrontées actuellement différentes populations. « Gouverner, c’est prévoir. Le Togo n’est pas le seul pays sur lequel s’abattent les pluies diluviennes. Pourtant, ce sont les populations togolaises qui en souffrent le plus. Cela est dû à l’incapacité de nos dirigeants qui n’ont pas su prévoir la catastrophe afin de préparer des mesures d’urgence », a laissé entendre Agbéyomé Kodjo. Et d’ajouter que pour diriger un pays, il faut des personnes compétentes, des personnes d’expérience. « Ces personnes, l’OBUTS en dispose et voudrait les mettre à la disposition du pays afin de changer les conditions de vie des Togolais », a-t-il fait comprendre.
Dans la foulée, l’ancien président de l’Assemblée nationale a annoncé sa candidature pour l’élection présidentielle d’avril 2010. « Au vu de mon parcours politique et de ce que j’ai apporté pour ce pays, il est temps que je brigue la présidence de la République pour apporter un changement dans la vie des Togolais et pour rattraper le retard du Togo vis-à-vis d’autres pays », a déclaré Messan Agbéyomé Kodjo.
Qui est Agbéyomé Kodjo ?
Agbéyomé Messan Kodjo est né le 12 octobre 1954 à Tokpli, dans la préfecture de Yoto. Docteur en science de gestion des Organisations de l’Université de Poitiers en France, il a été directeur commercial de la SONACOM (une société togolaise de commerce import et export) en 1985 puis sera appelé au gouvernement le 19 décembre 1988 où il fut ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (1988-1991) puis ministre de l’Intérieur et de la Sécurité (1992-1993). (....) Entre-temps, le 29 août 2000, il sera appelé à conduire l’action du gouvernement. Deux ans après, le 27 juin 2002, contre toute attente, le « bien-aimé » du Général Eyadèma Gnassingbé sort un brûlot contre son « maître » et le système : « Il est temps d’espérer », c’est le nom de ce brûlot. Un comportement qui ne lui sera jamais pardonné. Il dût alors partir en exil à Paris en France. De retour au pays le 8 avril 2005, il fut cueilli à Sanvee-Kondji (frontière Togo-Bénin) et transféré à la prison civile de Kara dans le nord du pays. M. Agbéyomé sera accusé de détournement de fonds alloués au Togo par la BOAD (Banque Ouest Africaine pour le Développement) et l’AFD (Agence Française de Développement). Il sera libéré le 7 juin 2005 après un jugement qui prouva son innocence.
Agbéyomé Kodjo a-t-il les moyens de réaliser son ambition ? Pour y parvenir, il lui faudra d’abord faire connaître son parti aux populations togolaises, ensuite, les convaincre sur sa vision politique et enfin traduire les résultats des urnes dans les faits. Car, au Togo, les urnes n’élisent pas le président. Et lui, Agbéyomé, connaît très bien cette règle de la politique «made in Togo ».
Rodolph Tomegah
Conséquences des inondations au Sud Togo : Professeur Kako Nouboukpo : «Un pays vulnérable n’attire pas les investisseurs»
6 (six) morts, 9 (neuf) ponts effondrés, près de 10.000 sans abris, des infrastructures routières et ferroviaires détruites et plusieurs villages inondés. C’est le dernier bilan des inondations qui ont frappé la partie méridionale du Togo la semaine dernière. Au vu de tous ces dégâts, plusieurs conséquences se profilent à l’horizon et auront des effets sur l’économie nationale. Outre la menace qui plane sur les prochaines récoltes, la désorganisation du marché intérieur du pays et les difficultés de déplacement qui se posent, c’est l’image du pays lui-même qui prend un coup aux yeux des investisseurs. Cette dernière conséquence a été soulevée par Kako Nouboukpo, professeur agrégé d’Economie à l’Université de Lomé au cours d’une sortie médiatique ce week-end. Selon ce dernier, « aucun investisseur n’aimerait investir ses capitaux dans un pays vulnérable ».
Pour le Pr. Nouboukpo, la vulnérabilité en question n’est pas liée aux intempéries qui frappent le pays mais aux mauvais états des infrastructures et voies de communications qui existent sur le territoire togolais.
Selon les explications de cet universitaire, un pays qui se retrouve entièrement paralysé au lendemain d’une catastrophe naturelle, a des atouts de moins pour convaincre ses partenaires économiques. Il se pose alors le problème d’entretien de ces ouvrages sur les voies de communication citées précédemment. Une situation qui affecte déjà l’économie togolaise et pourra la secouer sur le long terme.
Sedjrawodo A. Adry
Suite aux inondations dans le sud du Togo : Le PDP demande la gratuité de l’école primaire pour 2008-2009
Le PDP (Parti démocratique panafricain) dans un communiqué en date du 31 juillet dernier et relatif aux inondations de la semaine dernière, a fait des propositions au gouvernement. La mise en oeuvre de ces propositions devra, selon Bassabi Kagbara, le président national de cette formation politique, permettre aux populations de faire face aux conséquences désastreuses des intempéries. Elles vont de la gratuité de l’enseignement primaire pour le compte de l’année académique 2008-2009, de la recherche dans un bref délai, du logement pour les populations déplacées, l’étude d’une assistance financière aux sinistrés, la mise en place de dispositions médicales pouvant éviter des épidémies à la lutte contre la surenchère et l’escroquerie dans l’augmentation délibérée et exagérée des prix des denrées alimentaires et des transports.
Pour le responsable du PDP, la responsabilité de la recherche de solutions à la catastrophe qui frappe actuellement le Togo incombe au gouvernement qui, n’a pris aucune disposition pour éviter ce drame quand on sait que durant des mois plus tôt, il a été annoncé une forte pluviométrie sur la sous région ouest-africaine. « Nos pauvres populations » qui croupissent « déjà sous le poids de la vie chère face à laquelle le gouvernement ne daigne chercher aucune solution, doivent encore supporter le poids des effets de cette nouvelle situation », s’est indigné le PDP. A cet égard, il demande au pouvoir en place de surseoir pour le moment à une éventuelle hausse du prix des produits pétroliers. Par ailleurs, M. Kagbara dit craindre le pire pour le pays étant donné que selon des prévisions météorologiques, la grande saison des pluies ne vient que commencer.
… L’UFC, la démission du gouvernement
L’UFC (Union des forces de changement) pour sa part demande la démission pure et simple du gouvernement actuel. « Il est temps que le régime RPT (Rassemblement du peuple togolais) reconnaisse son incapacité à diriger ce pays et s’efface », a confié Patrick Lawson, le premier vice-président du parti en estimant que l’incident qui frappe le Togo est le fruit de plus de quarante années d’improvisation, d’amateurisme, de gabegie et de violations massives des droits humains, sans aucune perspective ni projet de société.
S’agissant de la gestion même de la catastrophe, le parti de Gilchrist Olympio accuse le gouvernement de Komlan Mally de faire de « l’exhibitionnisme » en multipliant les conseils des ministres, en « s’employant à émouvoir la communauté internationale dont il attend des ressources qui, en l’absence de tout contrôle institutionnel, seront détournées et dilapidées en toute impunité ». Et d’ajouter : « Les tragédies que vivent à l’heure actuelle nos compatriotes livrés à eux-mêmes démontrent de façon patente à quel point des choix budgétaires désastreux privent l’Etat de moyens propres à faire face aux situations d’urgence des populations en détresse, sinistrées et endeuillées et à leurs besoins réels ».
Le Togo est frappé, depuis la semaine dernière, par des inondations qui ont causé d’énormes dégâts matériels. Selon le dernier bilan officiel, on déplore six victimes. Des localités entières des régions des Plateaux et Maritime sont inaccessibles, leurs infrastructures routières étant sérieusement endommagées.
Abdou Yêkini Radji
En prélude à la conférence de Bruxelles : Le plan intérimaire d’actions prioritaires 2008-2010 validé
L’hôtel Ibis de Lomé a abrité, jeudi 31 juillet 2008, l’atelier national de validation du Plan intérimaire d’actions prioritaires pour la période 2008-2010. Cette rencontre entre dans le cadre de la préparation de la table ronde des partenaires au développement du Togo, rencontre qui se tiendra à Bruxelles (en Belgique) les 18 et 19 septembre prochains.
Le Plan intérimaire d’actions prioritaires pour la période 2008-2010 validé vise un triple objectif. Tout d’abord, le document assure un examen préliminaire de budgétisation en dégageant les besoins additionnels de financement par rapport à ceux acquis pour le programme prioritaire. Ensuite, ce Plan permettra de mettre en évidence les actions à exercer en priorité sur la période 2008-2010 et enfin d’actualiser et d’approfondir le diagnostic économique et social, en ciblant certains secteurs clés. Il s’agit notamment de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement, des transports, de l’agriculture, de l’énergie, de la bonne gouvernance et de la démocratie.
Pour ce faire, a déclaré le ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Gilbert Bawara, le souhait du gouvernement, c’est d’amorcer, dès la rentrée prochaine, le processus d’accès des enfants à l’éducation universelle. Par ailleurs et en vue de redonner au système éducatif togolais ses lettres de noblesse, a-t- il ajouté, un programme de formation et de recyclage des enseignants (de tous les degrés) récemment recrutés est élaboré.
Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, le même Plan vise à élaborer des stratégies de gestion des ordures ménagères, de l’eau usée et la réhabilitation des infrastructures routières. En effet, a reconnu M. Bawara, le réseau routier et ferroviaire togolais est aujourd’hui « très dégradé » et cette triste situation, a-t-il ajouté, est accentuée par les récentes inondations que connaît le Togo.
Un accent est mis sur l’accès des populations aux intrants et aux crédits, la constitution d’un stock de sécurité des produits céréaliers pour stabiliser les prix sur les marchés en matière agricole. Il est également question d’élaborer une politique de la maîtrise de l’eau et la réhabilitation des pistes rurales, indispensables pour le développement de l’agriculture.
Afin de résoudre le problème de déficit énergétique qui porte sérieusement un coup au développement du Togo, le plan intérimaire d’actions prioritaires envisage plusieurs stratégies. Dans cette optique, a poursuivi le ministre de la Coopération, il sera procédé à la réforme de la CEET (Communauté d’énergie électrique du Togo) chargée de la gestion et de la distribution du courant électrique sur le territoire national. Le gouvernement s’engage aussi à apurer ses arriérés de services vis-à-vis de cette société.
Enfin, le Plan suscité prend en compte la bonne gouvernance à travers la mise en place d’une stratégie nationale de réformes de la gestion des finances publiques, le renforcement des capacités de l’Etat susceptibles de lui permettre de mener à bien ses missions et le renforcement des libertés fondamentales. Toujours dans ce registre, il sera procédé au renforcement des capacités de l’Assemblée nationale, celles de la HAAC (Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication), la mise sur pied de la Cour des comptes et autres.
Pour atteindre ces objectifs, a déclaré le ministre Bawara, il s’avère nécessaire de mobiliser les ressources tant sur le plan interne qu’externe, d’où la nécessité de la tenue de la conférence de Bruxelles (les 18 et 19 septembre prochains) qui est une occasion de journées portes ouvertes sur le Togo.
Outre ces objectifs spécifiques visés par cet atelier de validation, la conférence de Bruxelles permettra d’informer les partenaires sur le parcours difficile du pays durant ces 15 dernières années, notamment en ce qui concerne les réformes politiques, économiques et sociales en cours ainsi que d’autres orientations stratégiques en gestation. Ladite table ronde planchera de même sur les bilans perspectifs de développement à court et à moyen terme du Togo. Au cours de cette rencontre, il sera de plus question de discuter des modalités de la reprise intégrale des programmes de coopération avec les partenaires au développement. Ce qui les encouragera à apporter une contribution technique et financière aux programmes d’urgence élaborés par le gouvernement togolais. A cet effet, le Premier ministre Komlan Mally, a convié tous les partenaires d’être les porte-parole du Togo auprès de leurs mandants pour les sensibiliser sur l’importance que son gouvernement accorde à cette rencontre qui consacrera le retour définitif du pays sur la scène internationale.
Grégoire Awesso |