in

ACTUALITÉ / NEWS

Alerte / Pillage du patrimoine national à WACEM : Six camions convoient vers le Ghana une machine démontée en catimini par les Indiens

Liberté Hebdo #388 du 4 auût 2008

Depuis quelques mois, nous ne cessions d’alerter l’opinion ainsi que les gouvernants sur le démontage dans la zone minière de Tabligbo d’une machine qui date de l’époque coloniale allemande. Mais rien n’a été fait pour arrêter ces Indiens dans leur élan de destruction du patrimoine national.

Après avoir observé une trêve suite à nos publications, Prasad Motaparti et les siens sont passés à la vitesse supérieure en démontant la machine «Krupp » qui écrase le clinker. Pour dissimuler le « vol », ils ont enlevé l’insigne « Krupp » avant de charger les véhicules. Au moins six camions remorques sont mobilisés pour faire sortir la machine du Togo. Il y a RT 0893Y/5636Y ; RT 3008Y/4709Y ; RT 9130Y/9601L ; RT AH1313/AH2829 ; RT 7318AC/ 8135D ; RT 5377U.

Selon les informations en notre possession, la machine « Krupp » serait convoyée vers le Ghana où les Indiens auraient un marché d’extraction du calcaire. Comme la route Tsévié-Tabligbo est impraticable, les véhicules ont, depuis samedi, pris leur départ en empruntant l’axe Tabligbo-Aného-Lomé.

R. K 


En trois ans de pouvoir, le leader nouveau a bien montré ses limites : Faure Gnassingbé ou la grande déception des Togolais

            A la présidentielle de 2005, le grand argument brandi par les activistes du RPT au profit de la candidature de Faure Gnassingbé, était la jeunesse de celui-ci (39 ans) face à un adversaire de la coalition physiquement mal en point, Bob Akitani (74 ans). Si même avec son MBA, diplôme américain dont on le disait titulaire, Faure ne faisait pas le poids devant l’actuel Président d’honneur de l’UFC, qui présentait de sérieux arguments intellectuels et une grande expérience professionnelle et politique, pour beaucoup de ses partisans, sa jeunesse était le sésame, comme si, conduire des hommes et développer une nation était une simple affaire de jeunesse, de fraîcheur et de bonne condition physique.

Aujourd’hui, après plus de trois ans à la tête de la nation togolaise, le Président Faure Gnassingbé semble être à court d’idées novatrices, totalement bloqué et presque inexistant. Le cas de la trop longue crise de la FTF en est une des illustrations les plus frappantes. Ainsi, le Togo se présente comme un pays qui avait atteint son apogée et donc n’a plus de chantiers à entreprendre, alors que c’est tout le contraire. Un Togolais s’est amusé à dire il y a peu, que Faure, assailli de tous côtés par des problèmes qui le dépassent, pouvait démissionner aujourd’hui, si la philosophie de son parti concevait la démission comme chose possible et honorable.

            Voici ce que nous confiait à la fin de la semaine dernière un septuagénaire, ancien haut fonctionnaire, au cours d’une causerie à bâtons rompus suscitée par le sinistre que vit actuellement notre pays. « Quand on crie que Faure peut mieux faire que son père et qu’il a de la bonne volonté, moi je reste sceptique, attendant de le voir à l’œuvre pour me prononcer sur sa capacité réelle de mettre ses bagages intellectuels au service de la reconstruction de ce pays. A suivre attentivement Faure dans ses faits et gestes, déjà dès la première année de sa prise de pouvoir, on pouvait déceler en homme avisé et aisément, des signes qui ne trompent pas et qui prouvent qu’il ne réaliserait rien d’extraordinaire au poste où il a été placé ».

Puis il renchérit avec des arguments à l’appui : « Imaginez un peu, qu’en pleine période de saison des pluies, sous Faure, on se permet de construire un bassin d’orage dans la zone marécageuse située à un jet de pierre de l’hôtel Todman à Lomé. Nous étions en mai 2005, soit quelques jours seulement après l’investiture du Président nouvellement « élu ». Les appareils de dragage et autres  acheminés et installés sur place, n’auront fonctionné que quelques jours. Puis arriva la pluie. Il avait fallu, pendant plusieurs mois, mettre fin provisoirement aux travaux, attendant la prochaine saison sèche et l’assèchement de la zone. Comment de « grands diplômés », des intellectuels dignes de ce nom, pouvaient-ils oser pareille aventure? ».

Et notre ami de s’interroger : « Et l’on peut se demander, si dans les conditions dans lesquelles les travaux ont été poursuivis, il n’est pas opportun de poser la question de savoir, si la profondeur prévue au départ pour ce bassin a été atteinte et si les travaux ne sont pas tout simplement achevés en queue de poisson. Ces travaux, pour ma part, je les considère comme de l’argent gaspillé pour rien, des millions encore jetés par la fenêtre, quand on sait qu’aujourd’hui, on n’a même pas l’impression qu’un pareil ouvrage existe en ces lieux; et ce terrain marécageux se présente toujours et exactement tel qu’il était avant lesdits  travaux ».

A l’analyse, on a l’impression que Faure et son équipe avaient tout juste voulu se saisir de cette occasion, pour flouer les Togolais en leur donnant l’impression que l’actuel locataire de la Présidence de la République n’avait pas l’intention de perdre le temps et qu’il était capable de quelque chose. Si cette analyse est exacte, nous disons pour notre part, que des gens sérieux et animés de volonté de refaire le chemin perdu pour rassurer le peuple et lui redonner confiance, ne pouvaient en aucun cas, se livrer à une pareille plaisanterie de mauvais goût, à une pareille comédie.

Nous constatons pour ce qui nous concerne, que depuis l’avènement de Faure Gnassingbé au pouvoir, soit plus de trois ans à la tête du pays, le seul grand chantier qu’il a pu entreprendre est le Boulevard de la Kara, chantier qui se prolonge sur le Boulevard Léopold Sédar Senghor (environ 5 km, de l’hôtel Todman à Wuiti). C’est tout ! C’est le seul chantier auquel on peut coller le label de grands travaux jusqu’ici réalisés. Tout le reste n’est qu’improvisation juste pour flatter le peuple. Autrement dit, les autres rues et ruelles couvertes de bitume à la va-vite à Totsi, Agoè et autres et qui n’auront au maximum que 3 à 5 ans de vie, sont à classer dans le même registre que le bassin d’orage dont il était question plus loin.

Au cours de cette causerie qui a inspiré le présent article et qui a porté sur divers autres sujets, nous avons trouvé intéressante également la remarque de notre interlocuteur à propos de la promesse d’école primaire gratuite de Faure Gnassingbé lors de sa campagne électorale de 2005 vite oubliée. Bientôt la 4ème rentrée scolaire sous Faure et nous sommes certains qu’il n’y aura rien de nouveau sous le soleil togolais. Depuis plus de 3 ans, Faure continue de gérer «ce précieux héritage» de son père que constituent les ordures qui inondent la capitale et jusqu’ici aucun semblant de solution n’est en vue. Pire, aucun texte pour protéger la ville de l’incivisme de ses habitants.

L’autre chose qu’il a eu à aborder, est le cri de détresse lancé constamment à l’endroit du Président de la République entre-temps par le Journal «Liberté» au nom des parents d’une fillette renversée par un véhicule du convoi présidentiel qui roulait de nuit et curieusement tous feux éteints et qui semble affectée à vie. L’élan de patriotisme que nous espérions trouver auprès du responsable suprême du pays, en relayant ce cri, nous l’avons cherché en vain. Voilà autant d’éléments qui montrent à suffisance que Faure Gnassingbé n’est pas l’homme idéal pour le redressement du pays mais plutôt, sous sa direction, le Togo est bien parti pour sombrer davantage. Il constitue, seulement trois ans après son auto proclamation comme Président de la République, une grosse déception pour les Togolais. Il n’a jamais été en mesure de rendre compte à la nation  de ses différentes missions hors du pays.

Nous signalons qu’il eût été plus judicieux que, dans le cas du sinistre qui s’est abattu sur le pays (il faut reconnaître toutefois que l’effondrement de ces différents ponts est à mettre à la charge du père et non du fils héritier), le chef de l’Etat intervienne personnellement pour exprimer de vive voix sa compassion au peuple et aux sinistrés. Ce qui ne serait une fois de plus, certes, que du folklore comme d’habitude, mais les  Togolais l’auraient préféré à la mission confiée sciemment au Ministre des Affaires étrangères dont ce n’est pas l’attribution première (il y a un Ministre de l’intérieur et un Ministre de la sécurité et de la protection civile, une Ministre des Affaires sociales). C’était peut-être l’occasion de livrer le Ministre opposant aux commérages des militants de l’opposition. C’est le prix à payer quand on décide d’accompagner le pouvoir.

A un moment donné, certains malgré eux, se sont efforcés de faire confiance à Faure. Aujourd’hui, il est clair qu’il constitue la grande déception des Togolais. Et plus décevant que lui, tu meures ! Est-ce que ce sont les Togolais dans leur ensemble qui sont maudits ? Est-ce que ce sont les dirigeants seuls qui sont maudits ? Que dans ces conditions, Faure eût pu cautionner l’augmentation du prix du ciment, et compliquer la vie de ses compatriotes, cela les Togolais ne l’oublieront pas de si tôt et ils lui souhaitent bon vent.        

Alain Simouba 


Une véritable épreuve pour le chef de l’Etat : Faure partagé entre aller aux Jeux Olympiques et  régler les problèmes d’inondation

Voyageur infatigable, le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, avait annoncé qu’il serait à Pékin pour assister aux cérémonies d’ouverture des 29èmes Jeux Olympiques. Mais face aux problèmes d’inondation et de rupture de ponts, les Togolais se demandent si leur président va les abandonner dans la « *** » pour aller s’offrir quelques jours de fête dans la capitale chinoise. Dans son entourage, on s’est imposé la loi du silence.

          Bien que les tournois de football commencent les 6 et 7 août, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques a lieu le 8 août. Beaucoup de pays prendront part à cette manifestation solennelle. Après avoir entretenu le flou sur sa participation, le Français Nicolas Sarkozy sera bien à Pékin tout comme l’Américain Georges Bush. D’autres pays comme l’Allemagne qui accusent la Chine de ne pas faire assez de progrès en matière des droits de l’homme et des libertés individuelles, n’entendent pas se faire représenter au haut niveau. Quant aux chefs d’Etat africains, ils n’ont posé aucune condition particulière. Ils ne sont pas prêts à boycotter cette Chine débonnaire qui ne s’intéresse pas du tout à la bonne gouvernance, au respect des droits de l’homme, à la tenue d’élections crédibles, bref cette Chine qui donne sans questionner.

            Comme les autres, Faure Gnassingbé ne peut pas dire non à l’invitation de la Chine qu’il a visitée il y a quelques années. Les relations entre lui et Hu Jintao sont au beau fixe. En témoignent les nombreux accords de financement et de don. La Chine aime tellement le Togo qu’elle peut aller jusqu’à remplacer les moquettes de certains de ses ministères. Outre ces relations entre Etats, le Parti communiste chinois et le Rassemblement du peuple togolais, entretiennent de bons rapports. Les deux partis sont réfractaires à la démocratie, confirmant ainsi l’adage selon lequel « ceux qui se ressemblent s’assemblent ». On se souvient que lors de son récent voyage en Chine, le Secrétaire général du RPT et Conseiller de Faure, Solitoki Esso, s’est insurgé contre le boycott des jeux prônés par certains pays et a ajouté qu’on ne devrait pas mélanger la politique et le sport.

            Quelques jours plus tard, le chef de l’Etat togolais a confirmé sa présence à la cérémonie d’ouverture. Ici, c’est la devise de Pierre de Coubertin qui a pignon sur rue : « l’essentiel est de participer ». Généralement, les Togolais ne vont pas à ces Jeux Olympiques pour gagner des médailles mais pour juste remplir le registre des présents. Pendant qu’un jeune boxeur a jeté l’éponge du fait de la déficience de moyen, c’est une délégation de 28 personnes qui se rendra à Pékin. Mais il n’y a que quatre athlètes dans cette délégation. Le Comité olympique togolais et l’exécutif togolais prennent le grand lot.

            Cependant, la question qui revient aujourd’hui comme un leitmotiv est de savoir si Faure Gnassingbé pourrait, dans le contexte actuel, assister à cette fête mondiale.

En fait, depuis le 26 juillet dernier, le Togo est dans une situation inextricable avec les problèmes d’inondation, la rupture de neuf ponts paralysant toutes les activités économiques. Les régions maritime et des Plateaux sont sinistrées et les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Face au drame, le chef de l’Etat n’est pas allé à la rencontre de ses concitoyens et n’a survolé que la zone. Le reste est une suite d’« instructions personnelles » ou d’« instructions fermes » qu’il aurait données à ses ministres. Lesquelles instructions n’ont rien changé sur le terrain. « Il est anormal que, dans ces cas d’extrême urgence, le chef de l’Etat prenne son avion pour aller assister à ces jeux. Quand on aime son peuple, on doit le soutenir dans les moments difficiles. Et je crois que c’est ce que le chef de l’Etat doit faire. Sinon ce serait bizarre que quelqu’un qui a lancé l’appel à l’aide internationale, vide son pays pour un événement qui n’influencera pas du tout la vie des Togolais », explique le responsable d’une association des jeunes. Même son de cloche chez un militant d’un parti de l’opposition: « Compte tenu des problèmes que nous avons,il urge que le chef de l’Etat revoie le nombre de personnes qui vont effectuer le voyage. Une délégation de dix personnes suffit : quatre athlètes, trois membres du Comité olympique, un médecin et deux membres de l’exécutif. Là, on fera l’économie des 18 personnes qui n’auront  rien  à foutre à Pékin. En plus, le chef de l’Etat doit rester au pays pour suivre la situation de près. Faire voyager 28 personnes sur un avion de ligne qui sera loué  et dire qu’on a des problèmes chez soi, les gens vont se moquer de nous».

Ira ou n’ira pas ? La question reste posée. Mais dans l’entourage du chef, on n’ose pas se prononcer sur le problème. C’est l’omerta même si les médias publics annonçaient jusqu’à samedi que le « fils de la nation » sera bien le chef de la délégation. On verra bien s’il va abandonner les siens dans les eaux pour aller faire plaisir à Hu Jintao et ses Jeux Olympiques. Que de réflexions en ce moment !

R. Kédjagni


Sans détour : C’est à nous de bien gouverner

          « Il n’appartient de proposer des changements qu’à ceux qui sont assez heureusement nés pour pénétrer d’un coup de génie toute la construction d’un Etat » (Montesquieu, De l’esprit des lois)

L’une des conditions de la reprise de la coopération entre Bruxelles et Lomé est la tenue d’élections législatives dont les résultats devaient être acceptables par tous. C’est chose faite depuis le 14 octobre 2007. Les Eurocrates ont notifié la levée des sanctions à travers une correspondance qu’ils ont adressée aux autorités togolaises en novembre dernier. Le mauvais élève en élection et dans le respect des droits de l’homme s’est bien rattrapé et a gagné de nouveau la confiance de la communauté internationale. Ce retour sur la scène mondiale du Togo avait été salué par le pouvoir qui le prenait pour une victoire sur « les forces du mal ». Le Secrétaire général du RPT avait même promis une fête digne de ce nom.

Certes, la levée des sanctions est effective depuis novembre dernier. Puis notre pays est redevenu fréquentable avec les missions qui se succèdent. C’est également cette embellie qui amène les institutions bancaires internationales à annuler une partie de la dette extérieure de notre pays. Mais jusque-là, beaucoup de pays attendent que les autorités togolaises fassent des efforts en matière de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption qui reste un frein à l’épanouissement de l’économie nationale. Sur ce plan, avouons que la bataille est loin d’être gagnée. Nous, citoyens lambda, nous sommes embêtés par les incessants rappels à l’ordre des ambassadeurs et des représentants des institutions internationales. Tout récemment, le représentant de la Banque Mondiale a, au cours de la signature d’un financement, demandé que les fonds soient mieux gérés. De cette bonne gestion déprendront les prochains financements. On a entendu le même message de la part du Chargé des Affaires à l’Ambassade des Etats-Unis au Togo. Des faits qui montrent à suffisance que notre pays est sous observation et qu’il suffit que la bonne gouvernance quitte les discours pour se retrouver dans les comportements de tous les jours pour que tout aille mieux. Si les aides ne tombent pas, c’est parce que les différents partenaires savent que les fonds sont détournés et que les marchés sont offerts dans une opacité totale.

C’est pourquoi nous ne croyons pas, après les nombreux voyages du chef de l’Etat, à la réussite de la fameuse table ronde des bailleurs de fonds pour le Togo qui se tiendra à Bruxelles les 17 et 18 septembre prochains. « Nous allons nous rendre à Bruxelles avec un document pratique pour plaider auprès des bailleurs, la cause du Togo », a lâché le très turbulent ministre de la Coopération lors de la réunion préparatoire qui s’est déroulée à Lomé la semaine dernière. Ce document dont il s’agit est baptisé « Plan Intérimaire d’Actions Prioritaires» et contiendrait les priorités de l’Etat sur la période 2008-2010 : construction des infrastructures, éducation, santé, agriculture, promotion de la démocratie et de l’Etat de droit, réformes administratives, économiques et judiciaires, etc. A l’issue des lamentations des autorités togolaises, les institutions internationales et les partenaires privés européens, américains, asiatiques et arabes devront ouvrir leur chéquier pour aider à reconstruire la « Terre de nos aïeux ». Une initiative qui ne donnera pas grand-chose. Luttons contre la corruption, offrons les marchés dans la transparence, assurons une justice égale pour tous et nous verrons que tout ce beau monde qui assistera à la messe des 17 et 18 septembre se bousculera au portillon de notre économie nationale et nous aidera à reconstruire le Togo. C’est à nous d’agir et non aux autres.

Zeus Aziadouvo

 
 
Retourner à la page Accueil

Comments

No Comments

About togoforum

togoforum a été créé en 1999 juste comme un forum de discussion, puis est devenu un site web en 2001 /// togoforum was first created as a discussiion forum in 1999 and then became a website in 2001
© 2005 www.togoforum.com All rights reserved