in

ACTUALITÉ / NEWS

La fête des Evala et le Sida

Chronique de la Semaine #20 du 1 aout 2008
Chaque année en début du mois de juillet, les Kabyè se retrouvent dans leur préfecture, la Kozah, pour célébrer la fête des Evala. Cette fête est une initiation des jeunes garçons âgés de 18ans à 22ans qui leur permet d'être aguerris pour affronter les difficultés de la vie. Le père de la nation, feu Général Eyadema n'a jamais manqué à cette fête. Il honorait toujours de sa présence la finale de tous les cantons pour vivre cet événement. Aujourd'hui, le Président Faure Gnassingbé ne se dérobe pas à la règle. Il sillonne tous les cantons pour suivre les empoignades des jeunes lutteurs.

Le Sida et les empoignades
Un jeune Evalou (singulier de Evala) doit lutter avec son adversaire de même âge dans le but de le terrasser. Au cours des empoignades, les deux lutteurs se frottent le corps, provoquant parfois des plaies saignantes. Si par hasard les deux lutteurs se blessent au même moment, et si le contact dure quelques minutes, il va sans dire qu'il y aura un contact du sang. Si l'un des Evalou était séropositif, la transmission à l'autre est inévitable dès lors que le Sida se transmet également par le contact du sang.

Autrefois, un jeune commence ses activités sexuelles après justement l'initiation. Mais aujourd'hui, ce n'est pas forcément le cas. Des jeunes à 17ans déjà commencent à courir derrière les jeunes filles, ce qui les expose à la maladie si les rapports sexuels ne sont pas protégés. Or la contamination n'a pas d'âge. Il est donc clair que le rite Evala peut être source de contamination du VIH/SIDA.

Que faire ?
La tradition doit évoluer en tenant compte de la nouvelle donne. Si hier les Evala luttaient sans risque de contamination parce qu'ils respectent les interdits notamment coucher avec un femme avant la fin de l'initiation qui dure trois ans, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les fils de la préfecture de la Kozah doivent y réfléchir pour voir s'il n'y a pas lieu de faire le dépistage systématique aux lutteurs avant les empoignades.

Pour l'heure, Chronique de la Semaine n'a pas sous la main un cas avéré de contamination mais on a vu des blessés dans les différents cantons, il serait souhaitable que certaines mesures soient prises, notamment la sensibilisation des Ahoza (les jeunes lutteurs âgés de moins de 18ans) à s'abstenir de tout rapport sexuel pendant leur période d'initiation et surtout à faire le dépistage systématique des Evala. Il serait dommage qu'après une initiation qui permet à un jeune de rentrer dans la vie active, celui-ci se retrouve avec le VIH/SIDA. Or l'Evalou après l'initiation devient adulte et peut épouser une femme.

D'où la nécessité d'ouvrir les yeux sur ce contact physique des lutteurs qui provoque parfois des lésions et des plaies saignantes. En tout cas, le Sida ne doit pas se propager par le biais de la fête des Evala. Stop Sida aux Evala.

Aliziou Dominique

 

Fait divers : Deux testicules humains pour rétablir le pont d'Amakpapé
C'est hier 29 juillet 2008, aux environs de 16 heures que le sieur Rasak, 38 ans et Peulh de son état est arrivé chez lui au quartier Gnagna à Atakpamé après plus de 6h de séjour sous le pont d'Amakpapé. L'homme a quitté Lomé le mardi 28 juillet 2008 aux alentours de 14 heures à bord d'une moto type CG 125 dénommée Haojin. Il venait de l'acquérir après avoir vendu quelques têtes de son troupeau. Il avait, outre ce qu'il a dépensé pour acheter sa moto, trois cent vingt cinq mille francs CFA.

Il était content de son opération et était persuadé que sa dulcinée Assana allait être comblée de joie. Ses deux enfants Salifou et Smaïla attendaient l'arrivée de cette moto pour eux aussi exprimer leur joie. Rasak avait donc un mobile pour arriver vite à son domicile.

Ainsi s'est-il engagé à "atterrir" chez lui à 22h au plus tard.

" Je me suis dit que je vais arriver de nuit pour surprendre mes voisins. Lorsque le jour se lève, ils entendront des cris de joie chez moi, et ainsi, ils viendront découvrir ma "nouvelle femme" .

Cette déclaration, il l'a faite quelques minutes après avoir été repêché du fleuve Haho.

En effet, arrivé à 20 h TU à la hauteur du pont d’Amakpapé, ouvrage emporté par les eaux le dimanche 27 juillet, Rasak vit un barrage. Il reçut une sommation de la part des éléments de sécurité placés à cet endroit. Malgré le "Halte" et les flashes de torche, Rasak fonça.

" J'ai bien observé le barrage et vu les flashes de la torche mais je craignais d'avoir à faire aux coupeurs de route. Voilà pourquoi j'ai désobéi aux injonctions. Je n'ai pas su que j'allais tout droit dans le fleuve. ", s'est-il expliqué.

Les témoins racontent l'avoir observer rouler à toute allure pour finir sa course dans les eaux. Le pont emporté a laissé à sa place une obscurité donnant l'impression de la continuité de la route.

" Tout s'est passé en une fraction de seconde. Je n'ai pas su que je finissais ma course dans l'eau. N'ayant pas de radio, je n'ai pas appris que le pont a cédé. A l'aller, il était à sa place et ne souffrait d'aucun mal. La circulation était normale.

Quand j'ai chuté dans l'eau, je n'ai pas heurté un obstacle. J'ai tout de suite été emporté par la vague. J'ai plané sur les eaux jusqu'à atteindre les ferrailles du pont rail. J'ai pu les saisir et j'ai pu m'accrocher jusqu'au petit matin avant d'être sauvé. En fait, il n'est pas de mes habitudes de nager. Je peux affirmer que c'est mon Dieu qui m'a sauvé. ", a-t-il dit avant de prier les agents des forces de sécurité à lui pardonner son comportement.

Chose curieuse, sa moto a été également repêchée par des nageurs du milieu. Elle est saine et sauve.

Les dernières nouvelles, sur cette ténébreuse affaire nous apprennent que les prêtres traditionnels d'Amakpapé auraient consulté un grand féticheur au Bénin. Celui-ci leur aurait fait savoir que les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le village et  ses environs seraient provoquées par les "djinns" du fleuve Haho. Le grand voyant aurait révélé que ces génies sont à la recherche de deux testicules humains pour calmer leur colère.

C'est fort probable qu'il ne s'agissait pas de ceux d'un Peulh. Quelle double chance ! Quelle que soit la figure du mouton, la fête a eu lieu chez Rasak !

B. TALOM

 
Retourner à la page Accueil

Comments

No Comments

About togoforum

togoforum a été créé en 1999 juste comme un forum de discussion, puis est devenu un site web en 2001 /// togoforum was first created as a discussiion forum in 1999 and then became a website in 2001
© 2005 www.togoforum.com All rights reserved