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Les pluies diluviennes continuent de causer des dégâts un peu partout. Après Atakpamé où des dégâts matériels considérables et une perte de vie humaine ont été enregistrés, c'est à Amakpapé et à Togblékopé qu'elles ont encore causé des désastres.
En effet, une pluie de trois jours s'est abattue sur la région, causant l'effondrement du pont de 60m sur le fleuve Haho, de même que la submersion du pont de Togblékopé sur la nationale N°1, engendrant ainsi la perturbation de la circulation. On enregistre également d'importants dégâts dans les préfectures de Zio, Yoto, Vo et Golfe. Il s'agit notamment de :
- Huit (09) ponts écroulés sur différents axes routiers ;
- Un (01) pont sous les rails ;
- Deux (02) tronçons de chemin de fer immergés ;
- Les axes Hahotoé-Kpémé, Lomé-Tabligbo et Lomé-Blitta du réseau ferroviaire sont impraticables ;
- Les axes Hahotoé-Kpémé, Tsévié-Tabligbo, Tsévié-Kévé et Lomé-Tsévié du réseau routier sont également rendus impraticables ;
- Les villages et champs situés le long des vallées du Zio et du Haho sont inondés.
Interrogé par la presse sur les causes des inondations et les mesures envisagées par le gouvernement pour venir à bout de cette catastrophe, M. Olivier Passoli, directeur de la Construction et de la Reconstruction, a révélé que, ces inondations ont été provoquées par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région des Plateaux les 25, 26 et 27 juillet. Or, poursuit-il, les fleuves Zio et Haho prennent leur source dans cette région. Comme conséquence, les ouvrages situés dans les lits de ces fleuves ont été touchés. C'est le cas notamment du pont d'Amakpapé sur le Haho et de Togblékopé sur le Zio, et bien d'autres ouvrages encore.
Aussitôt alerté, le Ministère a réagi en mettant sur pied un noyau technique qui s'est chargé de conduire des équipes pour effectuer des missions d'évaluation des ouvrages afin de faire le diagnostic nécessaire et de chercher des solutions urgentes, a confié M. Passoli.
Les résultats de ces évaluations sont déjà connus pour la plupart. Toute la vallée du Zio est inondée, entraînant la submersion des routes comme celle de Togblékopé sur environ 3 km, a révélé M. Passoli. En collaboration avec la direction régionale, un répertoire de tous les ouvrages endommagés sur les tronçons Agou-Notsè, Atakpamé-Kpalimé et Atakpamé-Notsè est en train d'être constitué, a-t-il poursuivi.
Cependant, il se veut rassurant, par rapport à la solution de contournement proposée au niveau d'Amakpapé, où une déviation passant par le pont ferroviaire est prévue. Il s'agira, dit-il, de faire un couplage du pont ferroviaire au pont routier. A cet effet, des consultations ont été menées avec les entreprises performantes et des appels d'offre ont été ouverts au ministère de l'Administration territoriale, a-t-il précisé.
Par rapport à l'ouvrage de Togblékopé, on attend la baisse du niveau d'eau à ce niveau pour évaluer l’état du pont et de la chaussée, afin d'envisager une solution ou la technique de renforcement à adopter. Cela permettra de vite entamer les travaux au niveau d'Amakpapé.
Rappelons qu'au début de ces inondations, le président de la République a dépêché une délégation conduite par le Premier ministre Komlan Mally pour aller constater de visu l'ampleur des dégâts causés par les pluies. Le gouvernement, pour éviter que cette situation ne trouble l'économie nationale et celle des pays de l'Hinterland, a pris des mesures urgentes.
Entre autres mesures, la mobilisation des bailleurs de fonds pour venir en aide aux sinistrés et appuyer la reconstruction des infrastructures détruites.
En attendant, les usagers ont été informés de la déviation au niveau d'Atakpamé en passant par Kpalimé pour ceux qui viennent du nord et à partir de Kpalimé pour ceux qui vont vers le nord. La route entre Notsè et Agou constitue une autre alternative. Les techniciens ont donné leur ok pour son ouverture à la circulation. Cette alternative est un grand avantage a laissé entendre le ministre Talaki, car, dit-il, la route Kpalimé-Atakpamé est très ancienne et les ouvrages qui y sont, sont vulnérables.
Le ministre des Travaux Publics, des Transports, de l'Urbanisme et de l'Habitat a en outre confié que dans une semaine les travaux allaient reprendre sur la route internationale au niveau d'Amakpapé avant que la submersion de Togblékopé ne complique la situation. Il demande à la population de faire preuve de patience face à ce phénomène naturel, imprévisible et incontournable qu'est la pluie.
Les conséquences : L'inondation provoque la flambée des prix
La situation engendrée par cette inondation est catastrophique. Les différents ponts coupés rendent la circulation impossible. Les gros camions qui desservent les pays de l'Hinterland sont bloqués au Port de Lomé or certains chargements comportent des produits périssables. " Mon gros camion est bloqué depuis au Terminal du Sahel. Nos camarades qui ont voulu passer par Kpalimé sont également bloqués. Mon chargement comporte des produits périssables, je ne sais à quel saint me vouer ", déclarait M. Yaro, camionneur de son état. M. Clément, transitaire, renchérit : " Nous sommes dépassés par les événements. J'ai chargé 2 camions pour le Burkina-Faso mais malheureusement ils sont bloqués au Terminal du Sahel. Mon partenaire à Ouaga est sur les nerfs parce que les clients attendent ces produits. Nous attendons le gouvernement pour qu'il nous trouve des voies de contournement ". Heureusement depuis hier, la route Agou - Notsè a été aménagée pour permettre le passage des gros porteurs.
Ces cris de détresse démontrent à suffisance les dégâts économiques causés par l'eau. Mais ce n'est pas fini, la catastrophe provoquée par l'eau semble profiter à certains, notamment les conducteurs des véhicules de transport en commun qui ont augmenté les tarifs à leur convenance et d'une manière anarchique. S'il est vrai que le contournement allonge le trajet, augmentant du coup le kilométrage, il n'en demeure pas moins vrai que les transporteurs exagèrent un peu. Par exemple le trajet Lomé-Sokodé qui coûtait 4 800 FCFA est passé à 6 500 FCFA alors que Lomé-Kpalimé-Atakpamé, c'est-à-dire le contournement fait 50 km seulement de plus que le trajet direct.
La différence entre 4 800 et 6500 est égale à 1700. Cela signifie que les transporteurs ont augmenté 1700 au tarif habituel. Ce qui est exorbitant car le tarif Lomé-Aného distant de 50km n’est qu’à 700 FCFA. Le gouvernement doit donc intervenir pour éviter cette anarchie.
Avec cette augmentation anarchique des tarifs de transport, les prix des produits vivriers ont flambé. Le maïs qui coûtait 500 F à 600 F le bol est passé à 900 voire 1000 F par endroit, ce qui commence par inquiéter les Loméens qui tirent déjà le diable par la queue. Evidemment, les Togolais qui redoutaient l'augmentation des prix des produits pétroliers, source de la flambée des prix, sont plutôt rattrapés par "l'eau".
L'autre conséquence de ce "Tsunami" est l'inondation des zones habitées. En effet, les villages situés le long de la vallée du Zio et de Haho sont inondés. Les maisons en banco n'ont pas résisté à l'eau. Les champs de maïs sont complètement envahis par l'eau. Certaines familles ont pu être évacuées par les sapeurs pompiers tandis que d'autres sont encore cloîtrés dans les ruines attentant des secours.
L'inondation a également causé des dégâts à la société Togolaise des Eaux (TDE). Les tuyaux qui conduisent l'eau des forages de Togblékopé et d'Adétikopé ont été emportés par l'eau. Cette situation a provoqué la suspension de la fourniture d'eau hier. Heureusement, les techniciens de la TDE ont réussi à trouver des solutions provisoires pour rendre l'eau portable disponible dans les ménages.
Au regard des dégâts causés par cette inondation l'on s'interroge quand est-ce que cette eau va arrêter sa destruction. On parle déjà de trois disparus à Kovié et les dégâts causés sont immenses. Si l'eau est une source de vie, cette fois-ci elle devient une source de mort et de destruction.
Pierre Agbanda et Dominique Aliziou |