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Les autorités entretiennent le flou dans les esprits Le vendredi 15 août, un communiqué du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, lu sur la TVT annonçait la mort tragique du président national du MODENA, M. Atsutsè Kokouvi Agbobli. Ledit communiqué dit en substance ce qui suit : « dans la nuit du 14 août, monsieur Atsutsè Agbobli a réussi à échapper à la vigilance du personnel de garde de la clinique Biasa où il était hospitalisé. Une fois au dehors, il a demandé à son chauffeur de le conduire à l’hôtel mercure Sarakawa. Arrivé dans les environs de l’hôtel Palm Beach, il a ordonné au chauffeur de s’arrêter. C’est alors que monsieur Agbobli décida de faire le reste du trajet à pied. Le chauffeur ayant constaté que son comportement est suspect, a alors appelé sa famille au téléphone qui, a son tour, a informé aussitôt les forces de sécurité. Celles-ci se sont jointes à la famille pour rechercher monsieur Agbobli. Les recherches se sont poursuivies jusqu’au vendredi matin à 10 heures avant qu’un corps rejeté par la mer et retrouvé à la plage ne se révèle être celui de monsieur Atsutsè Agbobli ».
C’est avec consternation que les Togolais ont appris cette triste nouvelle. Mais, malgré le choc de la nouvelle, nombre de citoyens se font beaucoup d’idées sur les causes réelles de la mort du président du MODENA, surtout que le communiqué précité n’est pas suffisamment clair. Une seule question est aujourd’hui sur toutes les lèvres : M. Agbobli s’est-il suicidé ou a-t-il été assassiné ? Notre rédaction a interrogé certaines personnes sur cette mort tragique. A propos de ce qui peut avoir causé le décès de M. Agbobli, beaucoup doutent que ce dernier qui n’a apparemment aucun problème de survie, veuille se donner la mort. D’autres évoquent le bagage intellectuel de M. Agbobli pour réfuter la thèse selon laquelle il a volontairement mis fin à ses jours. D’ailleurs, il y a une contradiction entre la TVT et la TV7 sur la cause de l’hospitalisation de M. Agbobli à la clinique.
Nous ne préjugeons de rien à ce propos. Nous ne faisons que notre travail de simple journaliste dont le devoir premier est d’informer sans passion le peuple. Certes, notre doyen (puisqu’il est lui-même journaliste) est un homme politique et certains peuvent vite penser qu’il a été victime d’un assassinat politique. Ce n’est pas cela notre point de vue, puisque les assassinats d’hommes politiques dans notre pays sont un lointain souvenir. Aussi, M. Agbobli, à notre humble avis, n’est pas un leader qui inquiète le pouvoir vers qui naturellement les regards sont tournés lorsqu’un homme politique disparaît dans des circonstances pareilles. Mais seulement, nous constatons que le communiqué des forces de l’ordre contient des zones d’ombre que nous pouvons exprimer sous forme d’une série d’interrogations.
- En dehors du chauffeur, qui d’autre a accompagné M. Agbobli à la clinique ?
- Aucun membre de sa famille n’est-il pas resté à son chevet à la clinique ?
- Comment M. Agbobli a-t-il pu quitter la clinique à l’insu du personnel de garde qui est sensé le surveiller de près ?
- Pourquoi son chauffeur qui le savait malade n’a-t-il pas avisé le personnel de garde et a plutôt accepté de le conduire à l’hôtel Sarakawa ?
- Pourquoi le chauffeur n’a pas préféré le suivre quand il est descendu de la voiture pour faire le reste du trajet à pied ?
- Pourquoi le chauffeur n’a-t-il pas appelé la famille de M. Agbobli lorsqu’il voulait fuir la clinique ?
Nous croyons, en toute sincérité que les forces de l’ordre auraient dû se poser toutes ces questions au lieu de se confiner dans un communiqué sur la base du témoignage de ce chauffeur qui à nos yeux est la première personne suspecte dans cette affaire. En tout cas, on pourra au moins l’accuser de non assistance à personne en danger. Nous espérons que la procédure engagée par le procureur de la République permettra de faire toute la lumière sur la mort de ce brillant intellectuel. Car Agbobli est un homme public et sa vie ou sa mort intéresse tout le monde.
Bin
Lutte pour l’alternance démocratique au Togo : La diaspora togolaise prête à lâcher Gilchrist Olympio?
« Gilchrist Olympio est un vieux leader fatigué. Sa rengaine, c’est au bord du marigot qu’on verra comment traverser, révèle son mode de fonctionnement, tout dans l’improvisation. En somme, comme un amateur, qui n’a rien compris à la politique en termes d’anticipation des enjeux, en termes de stratégies gagnantes. C’est vraiment dommage que les Togolais continuent à lui faire confiance par défaut. Au sortir de son congrès, il apparaît clairement que l’UFC ne s’est pas donné les moyens de revendiquer une victoire si d’aventure, le RPT venait à l’en priver. Dans l’état actuel de la constitution de 1992 révisée en 2002, monsieur Olympio ne remplit pas les conditions d’éligibilité, notamment au regard des clauses de résidence fixées en son article 62 qui stipule que nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s’il ne réside sur le territoire national depuis douze mois au moins. C’est assez limpide. S’il n’est pas en mesure de comprendre cela, on doit s’interroger de savoir ce qu’il est venu chercher en politique. J’ai l’impression que monsieur Gilchrist Olympio ne lit pas les textes fondamentaux qui encadrent notre vie politique et c’est bien dommage. »
Ces propos sont de Comi Toulabor dans une interview qu’il a accordée à Forum de la semaine. Comi Toulabor est une voix autorisée au sein de la diaspora togolaise en Occident. Ses propos témoignent de l’état d’esprit dans lequel se trouvent nos compatriotes basés à l’extérieur. Ces propos marquent le début d’une prise de conscience des Togolais de la diaspora par rapport à leurs choix et stratégies qui n’ont pas favorisé l’alternance. Comi Toulabor est la voix de tous les Togolais qui sont désabusés par le comportement de Gilchrist Olympio, devenu un véritable obstacle sur la route qui mène au changement démocratique au Togo. Certes, cette prise de conscience de la diaspora intervient après dix- huit ans de lutte jonchée de morts, mais sans succès. Mais mieux vaut tard que jamais.
Il faut donner à César ce qui est César et à Dieu, ce qui est à Dieu, a-t-on coutume de dire. Personne ne peut le nier ; la diaspora togolaise a joué un rôle important en faveur de l’implantation de la démocratie sur la Terre de nos Aïeux. C’est aussi un fait avéré que les prises de positions, les choix et stratégies de nos compatriotes vivant à l’étranger n’ont pas toujours été de nature à favoriser l’alternance démocratique au pouvoir. On ne le dira pas assez, la diaspora togolaise a exercé une influence tant sur l’opinion publique nationale qu’internationale. Mais seulement, cette influence n’a pas toujours été positive. Comme quoi, ne dit-on pas souvent que le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions ? Notre objectif n’est pas de livrer les combattants de la démocratie au Togo, vivant hors de nos frontières à la vindicte populaire. Mais au contraire, nous apprécions à sa juste valeur la contribution de la diaspora pour l’instauration d’une véritable démocratie au Togo.
En tout cas, ce que nous écrivons aujourd’hui, nous n’oserons pas le dire si nous n’avions pas constaté une prise de conscience au sein de la diaspora qui se remet en cause quant au soutien sans faille qu’elle a apporté au leader de l’Union des Forces de Changement (UFC), devenu un monstre à leurs yeux.
Les raisons de l’échec des partisans du changement à parvenir à l’alternance sont légions. Mais, ici nous ne citerons qu’un exemple qui est une parfaite illustration du fait que la diaspora n’a pas toujours rendu la tâche facile aux combattants de l’intérieur. A un moment de la lutte pour l’alternance, le peuple a été piégé par certains leaders qui ont réussi à transformer le combat pour la démocratie en un duel entre les familles Gnassingbé et Olympio. Les Togolais de la diaspora ont contribué à faire perdurer cet état de fait. C’est sous l’impulsion de la diaspora que les Togolais ont cru que seul Gilchrist Olympio pouvait faire l’affaire face au pouvoir. C’est cette même diaspora qui a cultivé et entretenu les clichés du vrai opposant qui se trouve en exil et du faux opposant qui est au pays. Il suffisait qu’un autre leader critique Gilchrist pour être qualifié de vendu au Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). La diaspora a mis en œuvre tous les moyens de communication pour diaboliser les opposants de l’intérieur.
En agissant ainsi, les Togolais de la diaspora ont automatisé le peuple en faveur d’un leader qui n’a pas de stratégie de conquête du pouvoir. Gilchrist Olympio est devenu par la faute de nos compatriotes à l’extérieur un monstre difficile à gérer. Me Agboyibo, le professeur Gnininvi, Edem Kodjo, Zarifou Ayéva ont été affaiblis au profit du ‘’vrai’’ opposant, Gilchrist Olympio qui, malheureusement, est à court d’idées.
Comi Toulabor a eu le mérite de jeter le pavé dans la marre. La diaspora a pris conscience que Gilchrist est un facteur handicapant pour parvenir à l’alternance.
Bin
Présidentielle 2010 : Un candidat atypique dans la course
· Un simple faire valoir du pouvoir ou un véritable opposant capable d’inquiéter Faure ?
Dans moins de deux ans, les Togolais seront appelés aux urnes pour le compte de la présidentielle de 2010. Mais déjà, les candidatures s’annoncent une à une. Après Gilchrist Olympio, Agbéyomé Kodjo, un troisième candidat s’est déclaré le samedi 09 août. Il s’agit de Thomas Kokou N’Soukpoé, président du Bloc d’Action pour le Changement (BAC). Les deux premières candidatures apparaissent un peu plus naturelles et étaient presque attendues. C’est vrai que la candidature de Gilchrist a suscité de nombreux commentaires par rapport aux conditions d’éligibilité. Mais à part cela, il n’y a pas eu beaucoup de surprises à l’annonce de celle-ci. Par contre, la volonté du président du BAC à briguer la présidence de la République en 2010 a surpris tout le monde. En effet, Thomas Kokou N’Soukpoé est presqu’un inconnu sur la scène politique nationale. Du moins, il n’a pas la même notoriété que les candidats de l’Union des Forces de Changement (UFC) et de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS).
Une élection est un moment important dans la vie d’une nation moderne et démocratique. C’est pourquoi le peuple doit avoir tous les repères nécessaires qui puissent lui permettre de se prononcer en faveur de tel ou tel autre candidat. Nous, nous sommes intéressés au parcours politique de Thomas Kokou N’Soukpoe, parce que des trois candidats déjà déclarés, il est le moins connu. Nous voulons par nos écrits faire connaître des électeurs ce candidat.
Avant 2003, le candidat du BAC était un militant actif du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Il était même très proche de Me Agboyibo qui a inspiré le BAC. Au cours du procès intenté par Messan Agbéyomé Kodjo contre le bélier noir, N’Soukpoé a réussi à mobiliser de nombreux partisans du changement devant le palais de justice de Lomé. Sauf que par la suite, lors d’une des nombreuses séances de ce procès, le président du BAC a simulé un enlèvement sur sa personne pour se faire populaire. En réalité, le BAC, au départ, regroupait des lycéens et étudiants militants du CAR. En tout cas, c’était des jeunes qui avaient la confiance de Me Agboyibo. C’est donc en 2003 que les chemins de Me Agboyibo et ceux de son fils spirituel se sont définitivement séparés par la faute de ce dernier. En mission commandée par le pouvoir de Lomé II, Thomas Kokou N’Soukpoe avait organisé une conférence de presse lors de laquelle il avait raconté toutes sortes de bêtises sur le président national du CAR. C’est alors que commencèrent les errements politiques de celui qui se présente aujourd’hui contre le pouvoir RPT comme une alternative à l’opposition qu’il qualifie de vieillissante. Mais, ses camarades du BAC sont restés au CAR et ne l’ont pas suivi dans son aventure.
Depuis lors, N’Soukpoé a trouvé refuge au sein de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) dont il est l’un des membres fondateurs. Celle-ci était au départ un regroupement de tous les jeunes de l’opposition démocratique, mais elle s’est muée par la suite en parti politique. Au sein de la NDP, le président du BAC ne s’est pas montré très actif. Parce que, entre temps, il a quitté Lomé pour travailler dans une institution de micro crédit à Sokodé. Pendant ce temps, il a entretenu de bonnes relations avec certaines personnes à Lomé II pour qui, il va de nouveau vouloir accomplir une mission en 2005 à la mort du président Eyadema. En ce moment, pendant que tous les démocrates réclamaient le retour à la légalité constitutionnelle, Thomas N’Soukpoé va chercher à retourner, en vain, certains jeunes actifs de l’opposition, notamment ses anciens camarades de lutte au profit du RPT.
De retour à Lomé, le candidat N’Soukpoé va tenter sans succès de se rapprocher de Me Agboyibo. Une rencontre a même eu lieu en décembre dernier entre les deux hommes ; mais le président du CAR a refusé de refaire chemin avec le fils spirituel perdu. Comme quoi, chat échaudé craint l’eau froide. C’est depuis ce moment que Thomas N’Soukpoé a ressuscité le BAC qui n’est qu’une coquille vide mais qu’il utilise comme un épouvantail pour faire peur. Il est tout de même resté militant de la NDP d’où il vient d’être exclu depuis quand il a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2010.
Comme tout le monde peut le constater, Thomas Kokou N’Soukpoé n’est pas resté fidèle à ses convictions politiques de départ. C’est aujourd’hui lui qui pense apporter l’alternance au peuple en qualifiant l’opposition de vieillissante. Dans quel camp lui-même se trouve-t-il ? Le peuple doit-il lui faire confiance ? Nous laissons la prérogative à chacun de répondre. Nous conseillons par contre, le peuple de se rappeler que Jacques Amouzou et Adani Ifè qui en 1993 ont servi de faire valoir au régime RPT. Il faut éviter de se laisser distraire.
Bin
Traque des trafiquants du mais : L’UFC sur un terrain glissant Les Togolais sont contraints depuis maintenant huit mois à acheter à prix d’or le maïs vendu par les particuliers sur les marchés. Cette situation est certes, une manifestation de la crise alimentaire mondiale. Toute personne sérieuse est d’accord sur ce principe mais il y a d’autres raisons plus déterminantes qui rendent le prix du maïs hors de portée de près de 90% des ménages togolais. Ces raisons sont entre autres, la spéculation et les réseaux de faussaires qui font sortir le maïs du pays vers d’autres Etats créant ainsi sur place la pénurie. Celle-ci entraîne une flambée du prix des produits vivriers.
L’Observatoire pour la Sécurité Alimentaire au Togo (OSAT) fait un effort pour juguler la crise en vendant à bas prix son maïs. Mais il se trouve toujours des personnes sans scrupule qui sabotent les efforts de ce service dont l’action a permis d’éviter au pays une catastrophe humanitaire. Aux grands maux, les grands remèdes dit-on souvent. Pour ne pas voir ses efforts tombés à l’eau, l’OSAT a mis depuis un temps un dispositif efficace de traque contre les réseaux de trafiquants du maïs togolais vers les autres pays à la satisfaction de la majorité des Togolais. Le mercredi 06 Août, de gros poissons, pardon des macro trafiquants de maïs sont tombés dans les filets de Ouro Agadadzi et ses collaborateurs.
En effet, la gendarmerie de Sokodé a arrêté un camion titan plein de tonnes de maïs. Cette cargaison de maïs a été ensuite conduite à l’OSAT pour les besoins d’enquête.
Cette action de la gendarmerie de Sokodé a eu un effet dissuasif sur les commerçants qui ont très vite revu à la baisse le prix du bol du maïs au grand bonheur des ménages à bout de souffle. Dans ce concert de joie, l’UFC se signale négativement comme si être dans un parti de l’opposition, c’est nier que la terre n’est pas ronde. En effet, le parti de Gilchrist a adressé une correspondance en date du 13 août au ministre de la sécurité pour s’insurger contre l’arrestation de ces trafiquants de maïs qu’il appelle abusement des commerçantes. L’UFC s’est permise de faire des ampliations aux ambassadeurs de la France, de l’Allemagne, au Chargé d’affaire de la commission de l’UE, à l’Monsieur le représentant résident du HCDH, à Madame la représentante du PNUD.
L’UFC en tant que parti politique qui aspire à diriger le pays a le devoir de se préoccuper de la liberté des citoyens et du libre exercice de leurs activités. C’est normal. Mais avant toute chose, ce parti doit savoir placer l’intérêt de la nation au dessus des intérêts partisans. Les militants de l’UFC ne sont pas au dessus de la loi. Ce n’est pas parce que certaines commerçantes arrêtées sont des militantes de l’UFC que la gendarmerie ne doit pas faire son travail. On ne peut faire la politique de la sorte en sapant l’image de son pays à l’extérieur. L’UFC doit apprendre à connaître le fonctionnement de la République sinon elle risque un jour d’écrire à la communauté internationale pour se plaindre qu’un de ses militants a été piqué par un moustique.
L’Etat de droit que réclamons de tous nos vœux n’est pas de vains mots, mais un comportement. Si Jean Pierre Fabre qui a signé la lettre se croit plus démocrate que les autres ; pourquoi n’a-t-il pas conseillé les « victimes » à se plaindre à la justice. Pourquoi en ce moment où nous parlons tous de la réconciliation n’est-il pas allé voir Ouro Agadazi pour connaître la vérité ?
En agissant de la sorte, l’UFC ne peut prouver quelle n’a pas une intention cachée. Mais qu’elle sache que quand le maïs coûte cher ce n’est pas le pouvoir qui récolte les pots cassés, mais la population pour laquelle elle prétend lutter. Nous disons tout simplement que l’UFC doit cesser de faire de l’intoxication même contre la vie des populations. Nous invitons le Colonel Ouro Agadazi à faire dans la justice son devoir sans se soucier des critiques inutiles.
De la nécessité de faire de l’OSAT un véritable food power Le prix du bol de maïs a franchi pour la première fois au Togo, la barre symbolique de 1000F en 2005. A cette époque, il n’y avait pas de crise alimentaire mondiale comme c’est le cas aujourd’hui. Mais, le bol de maïs se vendait à prix d’or. Selon de nombreux économistes, cette flambée du prix du bol de ce produit vivrier était liée à la mort du président Eyadema. En effet les commerçants avaient profité de la peur consécutive à l’incertitude de la situation politique pour entretenir la surenchère sur le maïs.
Il avait fallu l’intervention de l’Observatoire pour la Sécurité Alimentaire au Togo (OSAT) pour que les ménages puissent supporter le coup de la vie. Cet organisme de l’Etat avait réussi à faire chuter le prix pratiqué sur les marchés par les commerçants en déversant des milliers de tonnes de maïs dans toutes les régions du pays. L’OSAT vendait le maïs à un prix défiant toute concurrence, permettant ainsi à toutes les bourses de s’en approvisionner. En toute sincérité, l’offre de l’OSAT avait été à la hauteur de la demande et les Togolais se rappellent cette période avec fierté. Toujours, est-il que la flambée du prix du maïs n’avait duré qu’un petit temps.
En plus du fait de déverser son stock de vivres sur le marché togolais, l’Observatoire dirigé par le colonel Ouro Koura Agadazi avait aussi tissé une toile d’araignée efficace autour des commerçants véreux qui font sortir le maïs du pays entraînant sur place sa pénurie. Cette traque menée par l’OSAT contre les réseaux mafieux a produit ses effets jusqu’à la fin 2007.
Malheureusement, depuis le début de cette année, les Togolais assistent, impuissants à une nouvelle flambée du prix de l’aliment de base dans le pays, mais cette fois-ci encore plus grave. Parce que la hausse du prix du maïs est accompagnée de celle de nombreux produits de première nécessité. Cette situation, d’après de nombreux économistes est une conséquence logique de la crise alimentaire mondiale ; puisque notre pays ne vit pas en autarcie.
L’OSAT est de nouveau entré dans la bataille pour influencer à la baisse le prix du maïs, la denrée de première nécessité la plus concernée par la hausse exponentielle des prix. Comme par le passé, l’Observatoire a ouvert sur toute l’étendue du territoire national des points de vente de son maïs. Pendant que le bol de ce produit vivrier se vend par les commerçants particuliers à 1000 F, 1200 F, voire 1500 F, l’OSAT livrait le sien à 350 F, au plus 400F. Cette action du colonel Ouro Agadazi et ses collaborateurs a permis de desserrer l’étau que les commerçants ont mis autour des populations. Ce maïs providentiel n’a pas certes répondu aux attentes de toute la population. Mais des milliers de ménages respirent encore aujourd’hui grâce à l’OSAT. L’on se pose la question légitime de savoir combien de nos concitoyens seraient décédés, victimes de la famine, si l’Observatoire n’avait pas déversé ses stocks de maïs sur les marchés. Point n’est besoin d’être un mathématicien pour savoir combien de personnes le maïs de l’OSAT a permis d’être encore en vie. Les choses sautent aux yeux ; sans Ouro Agadazi et son service stratégique, les drapeaux seraient mis en berne depuis maintenant huit mois, puisque la crise alimentaire dure depuis ce temps.
Mais la longueur de la crise semble avoir épuisé l’OSAT. Cet organisme étatique a certes réussi à mettre la hausse du prix du maïs derrière nous. Cependant, des sources nous rapportent que l’Observatoire est à bout de souffle et ne pourrait pas tenir longtemps si une nouvelle crise alimentaire devait survenir l’année prochaine. Or, rien ne prouve que dans les années à venir le prix du maïs ne connaîtra pas une nouvelle hausse, peut-être même plus grave.
Ne dit-on pas très souvent que gouverner c’est prévoir ? L’OSAT fait tellement du bon travail que le bon sens commande que l’on lui dote des moyens nécessaires pour sa politique, pour refaire ses stocks quasi épuisés. Il a par exemple besoin de moyens financiers pour octroyer des prêts scolaires aux parents d’élèves pour s’assurer que ceux-là ne braderont pas leur récolte pour acheter des fournitures. L’OSAT doit avoir les moyens d’accorder par exemple aux agriculteurs qui acceptent vendre leur récolte exclusivement à ses services. Ne serait-ce que s’occuper pour un an de la scolarité des enfants de ces agriculteurs. Nous explorons ici des pistes possibles ; mais l’important pour le gouvernement, c’est d’apprécier sans passion l’immense travail abattu par le colonel Ouro Agadazi, et en même temps, lui donner des moyens d’œuvrer pour le bonheur du pays. Il faut faire de ce service un véritable food power.
L’Etat doit aussi doter l’OSAT de moyens techniques et de ressources humaines lui permettant de traquer les commerçants véreux. Ce ne serait pas mauvais de mettre à la disposition de ce service un dispositif sécuritaire à l’image de l’opération araignée ou des détectives privées pour démasquer tous les spéculateurs et les réseaux de faussaires. Aucun moyen ne doit être épargné pour rendre l’OSAT efficace. Alphonse De Lamartine disait : « Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle s’il n’a l’âme, la lyre et les yeux de Néron ». Nous n’osons pas croire que les autorités préféreraient chanter quand l’OSAT manque cruellement de moyens de sa politique
Bin Kohan |