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De source proche du CAR, on indique que le parti a été invité à l'ouverture du congrès de l'UFC qui se tient ce vendredi 18 juillet 2008. Mais souligne-t-on, le Comité politique du CAR sera saisi et la question sera débattue. On estime toutefois que la présence ou non du CAR au congrès de l'UFC dépendra de l'attitude de Gilchrist Olympio à l'égard du parti de Me Agboyibo.
Depuis l'extérieur, le président national de l'UFC avait promis à Me Agboyibo qu'à son retour, il le rencontrera pour des discussions en vue d'aplanir les divergences.
"Nous avons appris qu'il est là et nous attendons de voir ce qu'il en sera". Comme il l'a promis au téléphone, Gilchrist Olympio prendra-t-il contact avec Me Agboyibo pour exposer ses réelles intentions ? Lundi, les deux hommes se sont vus à l'ambassade de France à l'occasion de la fête du 14 juillet. Sans plus. Mais de lundi à vendredi tout est possible.
En principe, il n'y a aucun mal à ce que par simple courtoisie, les partis invités soient présents à ce congrès. Plusieurs partis ainsi que des organisations de la société civile ont été invités sans doute pour montrer que le principal parti de l'opposition organise cette sortie sous le signe de la mobilisation de toutes les couches sociales. Mais les rapports tendus entre les deux partis ont vite fait de transformer ce geste insignifiant en un enjeu politique.
En fait, l'invitation en soi plonge particulièrement Me Agboyibo dans une position délicate. Car déjà, il lui est difficile de calmer les responsables de son parti et non des moindres, qui considèrent qu'il s'agit plutôt d'une nouvelle ruse de Gilchrist Olympio pour amener le CAR à soutenir sa candidature en 2010 après avoir tout mis en œuvre mais en vain pour faire disparaître ce parti de l'échiquier politique.
Des responsables du CAR doutent de la sincérité du leader de l'UFC ou plutôt considèrent qu'il se moque de leur parti quand ils se rappellent que :.
L'UFC s'était opposée de toutes ses forces à l'élection de Me Agboyibo à la présidence du Dialogue intertogolais puis ensuite à l'Accord Politique de Base.
L'UFC après la signature de l'APG a dénoncé la nomination de Me Agboyibo à la Primature, boycotté le gouvernement et présenté le CAR comme un allié du RPT. L'UFC s'est également opposée à l'érection du CAR en un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale. Autant de griefs qu'un simple appel à oublier le passé ne saurait facilement effacer.
Quoiqu'il en soit, la présence ou l'absence de Me Agboyibo ou de la délégation du CAR à l'ouverture du congrès de l'UFC sera fort significative.
S'il ne se prête pas au jeu, cet acte pourrait être interprété à dessein comme un refus de la main tendue de l'UFC comme pour signifier à l'opinion que malgré la démarche réconciliatrice de Gilchrist qui, pour faire oublier le passé et rassembler les forces de changement, a bien voulu tendre la main à Me Agboyibo, ce dernier s'y oppose. Il n'en faudra pas plus pour présenter à nouveau le CAR comme un satellite du RPT comme ce fut le cas lors des législatives.
En revanche, si le CAR répond à l'invitation en envoyant une délégation à l'ouverture du congrès, cette présence sera interprétée comme la fin des divergences entre le CAR et l'UFC et le début d'une stratégie unitaire pour l'alternance en 2010.
Dans les deux cas, la fin justifiant les moyens en politique, l'objectif est d'envoyer un message fort aux électeurs du CAR dont l'UFC a besoin pour gagner en 2010. Toute action visant donc à amener par quelque moyen que ce soit, les électeurs du CAR à se détourner de Me Agboyibo et à voter massivement l'UFC n'est pas à exclure. Mais pour Me Agboyibo, ce serait aller trop vite en besogne que de s'engager dans des procès d'intention contre l'UFC sur l'utilisation qu'elle ferait de la présence du CAR à son congrès. Mais l'issue de l'imminente rencontre entre Gilchrist Olympio et Me Agboyibo donnera des indications sur la nature des futures relations entre les deux partis de l'opposition parlementaire.
Abass SAÏB
CAR-UFC : Les deux divergences fondamentales à surmonter
Le débat sur la possibilité d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC offre l’occasion de relever ce qui unit les deux partis et les points de divergences qu’ils devront surmonter à l’occasion d’une rencontre tant attendue.
Quand l’on se réfère aux prises de position et aux programmes politiques des deux partis, on remarque un point commun sur la détermination commune du CAR et de l’UFC à œuvrer pour le changement démocratique et l’amélioration des conditions de vie des populations togolaises ainsi que pour le changement du système politique en place.
Mais sur la manière d’y arriver, il y a de profondes divergences. Point n’est besoin de revenir sur l’histoire des deux hommes et leur parcours politique qui ne se ressemblent pas. Plus qu’une question d’alliance électorale, le défi auquel sont confrontées les deux formations de l’opposition représentées à l’Assemblée réside dans leur capacité à amener le pouvoir en place à opérer des réformes dans un cadre consensuel. Mais les points de divergence se situent à deux niveaux.
D’abord l’APG
L’Accord Politique de Base défendue par Agboyibo et pourfendu à l’époque par l’UFC avait voulu qu’avant les élections législatives, on mette en place une commission pour étudier les réformes à opérer. Mais, sur insistance du parti de Gilchrist Olympio qui réclamait l’intervention d’une facilitation, le dialogue s’est transporté à Ouaga et malheureusement l’APG a confié avec le consentement de l’opposition, les réformes à opérer aux nouvelles institutions qui seront mises en place après les élections. En acceptant cette formule, l’opposition n’avait sans doute pas tenu compte de l’éventualité où le RPT se trouverait majoritaire à l’Assemblée. Devant donc une telle situation inattendue, les deux partis sont obligés d’éviter les obstacles dressés par le parti au pouvoir.
Il ne leur reste plus qu’à explorer les voies de contournement des institutions noyautées par le RPT qui – pour rien au monde – ne ferait pas de réforme contre lui-même pour faire plaisir à ses adversaires. Il eût été plus conséquent que le CAR et l’UFC harmonisassent leurs positions sur le cadre des réformes indispensables pour la bonne tenue des prochaines élections.
Pour Me Agboyibo, l’Accord Politique Global est une chance historique pour notre pays et donc il faut l’appliquer fidèlement jusqu’au bout. Et la première chose à faire pour concrétiser la volonté de respecter l’APG, c’est la mise en place du Conseil National de Concertation et de Dialogue Politique. Pour le CAR donc, toute démarche qui ne s’inscrirait pas dans la défense des acquis de l’APG n’a aucun sens. Les institutions issues des élections ne pouvant pas opérer des réformes sérieuses, le CAR considère que le Cadre permanent de dialogue est un cadre idéal pour discuter des questions touchant au plus haut point à la vie de la Nation. «Le CNCDP est l’antichambre ou on mâche on travaille dans un esprit consensuel et une fois l’entente faite, les textes sont transmis à l’assemblée Nationale», dit-il.
Par contre, l’UFC n’est pas très regardante en ce qui concerne la mise en place du cadre de concertation prévu par l’APG. Le parti de Gilchrist Olympio pense que toutes les décisions qui y seront prises n’étant pas exécutoires dans la mesure où elles ne s’imposent pas aux institutions légales, il est plus impérieux que les discussions sur les points restants de l’APG se fassent plutôt dans le cadre d’un dialogue bilatéral avec le RPT. Dans ses propos lors de l’émission «Plateau de la Semaine» de la TVT, Me Agboyibo lui-même n’a pas dit en quoi le cadre qu’il réclame véhémentement a force de loi. L’article 9 dispose d’ailleurs que «les avis du CNCDP peuvent être transmis en cas de besoin aux autorités compétentes pour suite à donner. Un communiqué établi à partir des questions débattues est remis à la presse».
Pour le parti de Gilchrist Olympio, le dialogue bilatéral qui aurait le mérite de rassembler les deux principales forces politiques du pays, devrait aboutir à une solution consensuelle qui devra ensuite être soumise à l’Assemblée pour approbation. L’UFC qui n’a cessé de réclamer ce dialogue à deux avec le parti au pouvoir ne dit pas elle non plus en quoi le résultat de ces discussions bilatérales s’imposent de facto aux institutions légales contrôlées par le RPT.
Que ce soit le dialogue bilatéral cher à l’UFC ou le cadre ou le Conseil défendu par Me Agboyibo, l’Assemblée Nationale devra se prononcer en dernier ressort. On évite tout simplement le gouvernement. Le RPT peut envenimer la polémique pour faire traîner les débats empêchant toute décision consensuelle sur les réformes, afin de recourir à sa confortable majorité à l’Assemblée.
Ensuite le type de message
La deuxième profonde divergence porte sur le type de message à envoyer à la population. Le CAR à ce sujet considère qu’il est impérieux d’indiquer clairement aux populations la manière dont il faut gérer le pays pour éviter toute confusion. Le CAR croit dur comme fer que le Togo est confronté à une crise profonde liée aux agrégats ethniques et historiques et que pour casser ces agrégats, les forces politiques doivent discuter au sein du cadre permanent de dialogue pour définir la manière de cogérer le pays.
Pour Me Agboyibo, la situation dans laquelle se trouve le Togo ne permet à aucune force politique de le gouverner sur la base du principe majoritaire. «Lorsque le système consensuel échoue et qu’un parti est tenté de vouloir imposer la majorité, les minorités n’ont pas le choix. Ils seront obligés de s’organiser et on risque de retrouver les scènes de violence qu’on a vécues par le passé». Aucun parti ne pouvant prétendre gérer seul le pays, c’est ensemble qu’il faut y aller. Bien que ce type de message reste incompris et n’attire pas les électeurs le CAR continue de le soutenir par principe.
Par contre le CAR n’adhère pas «au double langage de l’UFC». Un avant les élections et un autre après. C’est ce qui éloigne fondamentalement les deux partis. Pour plaire aux populations et obtenir leur suffrage l’UFC tient un discours de rupture avec le RPT. Lors de la dernière campagne électorale, ce parti s’était clairement prononcé contre la cogestion et indiqué qu’il entend gouverner seul le pays en cas de victoire. Souvent après les élections ce discours de rejet systématique fait place à une volonté de dialogue avec le RPT et l’UFC n’exclut pas de gouverner le pays ensemble avec le parti au pouvoir.
Pendant plusieurs années, les Togolais ont été classifiés en bons et mauvais et la population a été habituée au rejet de l’autre. L’UFC ne fait que jouer sur cette psychologie en reprenant ce discours de rejet à son compte pendant la campagne quitte à se raviser après les élections.
«C’est cette dualité du message qui nous pose problème au CAR» indique Me Agboyibo qui attend donc de l’UFC un langage clair indiquant qu’elle s’inscrit dans la logique de la coexistence des forces politiques.
Dans une récente interview qu’il a accordée au journal burkinabé l’Observateur Paalga le 9 juillet 2008 à Gilchrist Olympio rappelle :
«J’ai eu deux ou trois discussions avec le président Faure Gnassingbé. D’abord à San’t-Egidio à Rome, à Ouaga, à Lomé, sous le parrainage du président Blaise Compaoré. Nous avons cru comprendre alors, que Faure restait président pendant cette période de transition et l’UFC devait désigner le Premier ministre. » Cette déclaration montre si besoin en ait que l’UFC a opté pendant longtemps pour la co- gestion du pays ensemble avec le RPT. Alors pourquoi tenir un autre discours à l’occasion des élections s’interroge-t-on au CAR ?
Pour récapituler, on note que le CAR considère que les problèmes auxquels sont confrontés notre pays sont si graves qu’aucun parti ne peut prétendre le gouverner seul tandis que le discours servi par l’UFC indique que ce parti s’inscrit dans le système majoritaire tout comme le RPT. Mais il ne faut préjuger de rien. En politique tout est possible. Il se peut que ce qui apparaît comme de profondes divergences ne soit qu’une série de malentendus rapidement surmontables. Attendons de voir.
- S.
Faure accusé de promouvoir des opposants
"Ce n'est pas possible ! Le petit là est allé trop loin, un opposant à ce poste stratégique ? Il a osé faire ça ? C'est très grave".
Ainsi s'exclamait un téléspectateur furieux d'entendre présenter l'invité du Plateau de la Semaine Kangni Alemdjrodo comme représentant personnel du Chef de l'Etat auprès de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Celui qui s'exprimait ainsi comme on peut le deviner, est un nostalgique de l'époque Eyadema où il fallait à tout prix démontrer son adhésion "à la politique salvatrice du Timonier" avant de prétendre occuper un poste de ce genre. Ils sont encore légion, ces nostalgiques d'un passé pas si lointain, à croire que le Togo est un champ de maïs d'une certaine famille, d'une certaine ethnie ou à défaut d'un certain parti politique. Au nom de cette curieuse façon d’appréhender la gestion du pays, les Togolais doués de compétence inégalée, faute d'appartenir à au moins l'une des trois catégories n'ont pu mettre leur génie au profit du pays qui les a vus naître et qui les a formés. C'est ainsi que voyant leur avenir bouché à cause de la consécration de la médiocratie pour des raisons farfelues, des compatriotes ont dû monnayer leur talent à l'étranger.
C'est vrai qu'il n'est pas facile de se débarrasser du jour au lendemain d'un système quarantenaire bâti sur le "mèdèfrerisme" mais du temps du «Général bien aimé, Guide Eclairé, bâtisseur de la Nation, Premier Togolais, Timonier national», il n'était pas possible même de rêver que des Togolais artisans du soulèvement du 5 Octobre farouches opposants au pouvoir RPT puissent occuper la moindre fonction administrative. La neutralité politique étant alors considérée comme une traîtrise, des citoyens ont dû se livrer à du zèle pour pouvoir préserver leur emploi.
En raison du rôle qu'ils avaient joué dans la résistance contre le système Eyadema, la présence de Aduayom Adimado, Léopold Gnininvi, Cornélius Aïdam dans un gouvernement coiffé par le fils du Général-Président est considérée comme un affront par les tenants de la Gestion familiale et militante du pouvoir d'Etat. S'il faut appréhender la gestion de l'Etat en termes de mise à l'écart de certains Togolais en raison de leurs prises de positions politiques par le passé, seule la famille Gnassingbé et alliés ainsi que leurs lèche-bottes ont voix au chapitre. Alors tous ceux qui avaient de près ou de loin défié le pouvoir RPT aux premières heures de la conquête de la démocratie devraient dans ce cas changer de nationalité pour pouvoir se mettre en valeur.
A l'ouverture de la Conférence Nationale Souveraine, lorsque le Général Eyadema fit son entrée dans la salle, tous les délégués, au moins par respect pour l'institution qu'il incarnait se sont levés sauf un seul qui s'appelait Antoine Folly. Lorsqu'on revoit les images et qu'on entend les propos que le «Combattant» Folly a tenus à l'égard du pouvoir RPT de 1990 à 1994, on ne peut imaginer qu'il pourrait un jour serrer la main à un militant du RPT. Mais ironie du sort, il se sent mieux dans le gouvernement. Bien évidemment, cette ouverture n'est pas pour plaire aux fous du RPT qui ne sont pas prêts à pardonner à celui qui a eu le culot de nommer autour de lui des gens qui ne s'étaient pas "sacrifiés" pour le RPT. Pour ceux-là qui confondent le Togo à ce parti, Faure devrait nommer ses plus proches collaborateurs parmi les militants zélés qui ont «lutté» pour le parti. C'est-à-dire ceux qui ont chanté le RPT en exhibant la poitrine nue sous le chaud soleil et surtout les "vaillants militants" qui ont pourchassé et zigouillé ces ennemis d'opposants à l'aide des gourdins cloutés pendant les élections. Pour eux, en aucun cas, il ne fallait permettre à des "Togolais entièrement à part", c'est-à-dire qui n'ont pas la même opinion politique que les dépositaires autoproclamés du titre foncier de notre pays, de se mettre au service de la nation. Pour cette «espèce» de Togolais, patriotisme rime avec la persécution de ceux qui osent critiquer le système en place.
Malgré tout, les Togolais n'en sont pas arrivés à un affrontement armé comme en Côte d'Ivoire. Là-bas les frères ennemis qui s'étaient pourtant tirés dessus gèrent le pays ensemble. Qui aurait pu imaginer que Guillaume Soro qui au début de la rébellion ne jurait que par le départ de Gbagbo deviendrait au bout du compte son Premier ministre de ce dernier ?
L. S.
Amah Gnassingbé va-t-il relever le défi ? Le congrès de l’UFC s’ouvre vendredi prochain alors que les postes de 1er et 2e Vice-présidence du parti sont vacants. Si le vieux Bob Akitani sera absent pour des raisons qu’on connaît, par contre, le 2e Vice-président Amah Gnassingbé devrait relever le défi en se présentant au congrès. En dépit de sa mise à l’écart non officielle suite à son entrée au gouvernement après les législatives Gnassingbé de Lama ne continue pas moins de déclarer à qui veut l’entendre qu’il est plus UFCiste que le président Gilchrist Olympio lui-même et qu’il détiendrait le récépissé dudit parti. S’il se réclame toujours responsable de l’UFC, c’est le moment ou jamais de le prouver non seulement en participant au congrès mais aussi en se faisant élire par acclamation à la place de Gilchrist Olympio.
L. R.
Les distributeurs agréés affrontent CIMTOGO
Le torchon brûle entre la direction commerciale de CIMTOGO et le Syndicat National des Distributeurs agréés de ciment du Togo. Lundi 14 juillet, on a noté une paralysie des activités de livraison du produit.
CIMTOGO demande aux clients qui avaient passé les commandes deux, trois voire quatre mois auparavant de payer la différence avant de leur livrer le ciment.
La tonne de ciment CIMTOGO qui était précédemment de 69.600 F CFA est passée à 81.000 F CFA et FORTIA, de 66.000 la tonne à 77.000 F CFA. Des commandes de 1.000, 10.000 voire 30.000 tonnes avaient été passées avant cette hausse de prix que les producteurs ont tout mis en œuvre pour obtenir du gouvernement. «Ce qui pose problème est que la Direction nous demande de compléter les commandes antérieures qu’ils auraient dû nous livrer avant la hausse du prix». A leurs yeux cela frise la tricherie surtout que ces commandes sont passées voici environ trois mois. «Nous avons passé nos commandes et payé depuis plus de deux mois», se plaignait hier un syndicaliste qui souligne que «normalement, nous devons être servis depuis. Mais quand on vient aujourd’hui, on nous dit de revenir demain et ils ont continué à nous tourner en bourrique jusqu’à ce jour».
«Nous sommes simplement victimes de la discrimination. Alors que nous avons payé depuis, des clients viennent et sur-le-champ on les sert et paradoxalement parmi eux, il y en a qui ne sont même pas des agréés. Et cela s’est poursuivi jusqu’aujourd’hui où nous sommes rattrapés par la hausse du prix», a renchéri un autre.
Et pour manifester leur désarroi, les syndicalistes ont haussé le ton. Ils se sont servis de leurs camions pour bloquer l’entrée par laquelle transitent les chargements. Devant le fait accompli, la direction a ouvert les discussions, mais tout en demeurant campée sur sa position menaçant même de faire venir la gendarmerie pour dégager le passage. On rapporte que des responsables menacent même de livrer les commandes réservées si les syndicalistes n’obtempèrent pas au motif que la demande est plus forte que l’offre.
Dans la foulée, on apprend que les distributeurs agréés concernés ne sont en réalité pas en odeur de sainteté avec la direction commerciale. Il se dit qu’ils sont pour la plupart les victimes de la fermeture des dépôts officiels de la société ordonnée de façon arbitraire par le même directeur commercial à travers tout le pays.
Réduits au chômage, ils ont dû se convertir en distributeur mais toujours est-il que leur ancien patron ne veut aucunement les sentir et leur livre une guerre sans merci. Jusqu’où ira cette nouvelle fronde ?
Devant cette injustice flagrante, les autorités gouvernementales semblent ne rien constater. Peut-être que comme d’habitude, on attend que surviennent le pire avant de réagir.
K. Ségniagbéto |