|
Le phénomène d’insécurité urbaine refait surface à Lomé, la capitale togolaise. La nuit fait peur actuellement dans la ville, car c’est le moment que choisissent les malfrats pour mener leurs opérations.
Pauvre« zémidjan! » (Conducteur de taxi-moto) ! Il est abandonné à son triste sort par ses bourreaux sur le bord de la Rue de la Trinité (qui relie le Boulevard G. Eyadema à partir de l’immeuble Auba au Boulevard Jean-Paul II) après avoir reçu des coups de marteau à la tête, une fracture au bras gauche et des contorsions sur le corps. Et la moto ? N’en parlons pas, puisque c’est l’objet même du vol. La scène s’est déroulée le mardi 08 juillet dernier aux environs de 00 heure au lieu précité. La victime, âgée d’une trentaine d’année environ, a beaucoup saigné avant d’être évacué sur le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Lomé grâce à ses amis conducteurs, alertés probablement par les cris de détresse.
Malheureusement, le cas susmentionné n’est qu’un parmi tant d’autres. La même semaine, dans ce même quartier, une revendeuse de bijoux s’est vue dérober une mallette contenant une somme de six millions de FCFA. Ailleurs dans la ville, des paisibles citoyens sont quotidiennement victimes de braquages et des vols à main armée. Il est donc aujourd’hui imprudent aux populations de Lomé de sortir la nuit. Or, dans plusieurs quartiers de la ville, la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo), la société de distribution et de commercialisation du courant électrique au Togo éprouve d’énormes difficultés pour assurer la fourniture de l’énergie.
Les modes d’opérations des brigands
Pour tromper la vigilance de leurs victimes, les malfrats s’emploient à trouver des méthodes très subtiles. Très souvent, ils opèrent à bord des motos dans les pénombres des ruelles, loin donc des regards et des rares lampadaires. Dans la plupart des cas, ces voleurs se déguisent en conducteurs de taxi-motos à la recherche de clients. Une fois le passager remorqué, le supposé conducteur simule une défaillance de son engin. Dans ses tentatives de réparation, il se retourne contre le passager et, sous la menace d’une arme blanche voire d’un fusil, il le dépouille de ses biens.
Comble du malheur, certaines victimes en sortent avec de graves blessures, d’autres en viennent à perdre leur vie surtout quand celles-ci tentent de résister à leurs bourreaux. « Ils (les voleurs) étaient au nombretrois à me coincer dans un « von » de la Rue du Commerce (récemment baptisée Rue Sylvanus Olympio) en m’intimant l’ordre de leur remettre tout ce que je possède. Je n’ai pas voulu m’exécuter et cela a entraîné une bagarre entre nous. Finalement, ils ont décidé de faire usage d’une machette et j’étais obligé de leur remettre tous mes effets », raconte l’air désabusé une victime.
Par ailleurs, il se fait que certains « zémidjans » ne sont en fait que de véritables malfaiteurs. Ceux-ci pratiquent ce qu’on peut appeler la « loi de 03 contre 01 ». De quoi s’agit-il exactement ?
Dans ce cas précis, le scénario est tout simple. Un des trois « faux » zémidjans remorque son compagnon (ils sont alors deux) tandis que le troisième fait semblant de chercher un autre conducteur pouvant l’aidé à rallier sa destination. Tout se passe comme si les deux clients allaient à la même destination. Or, le but de la manœuvre est de parvenir à coincer quelle que part le second conducteur. Ainsi, une fois que les motos démarrent, les trois brigands prennent soin d’emprunter les ruelles les plus sombres. Avant que l’ « honnête » conducteur ne se rende compte du piège qui lui est tendu, celui-ci se referme. Et ce n’est pas tout. Ils emploient d’autres stratégies. D’après plusieurs témoignages, il existerait actuellement à Lomé un réseau de malfrats bien organisé qui opère dans plusieurs quartiers. Des cas de vols ou de braquages rapportés, il en ressort que ces individus s’en prennent souvent aux femmes. Les hommes ne sont pas pour autant exclus. Dans un premier temps, les malfaiteurs choisissent bien leurs victimes, c’est-à-dire ceux ou celles qu’ils jugent susceptibles de disposer d’importantes sommes d’argent ou d’autres objets de valeurs dans leurs portefeuilles. S’agissant de la seconde phase de l’opération, « le voleur- conducteur » alerte ses compagnons par téléphone en leur indiquant sa position dès qu’il s’éloigne un peu du lieu d’embarquement du client. Les membres du réseau les plus proches dans le secteur le rejoignent. Ensemble, ils violentent la victime et la dépouillent.
Le « feuilleton insécurité » à Lomé tel que décrit plus haut n’est malheureusement pas le récit d’un film Western de John Wayne. Il est la triste réalité que vivent des habitants de certains quartiers de la capitale togolaise. Et pourtant, les autorités en charge de ces questions se disent déterminées à combattre le mal.
« Araignée », où es-tu ?
En 2007, pour lutter contre le grand banditisme dans la capitale togolaise, le gouvernement a lancé l’ «Opération araignée», destinée à sécuriser la ville et à traquer les « hors la loi » qui sèment la désolation au sein des populations. Des véhicules de Police et de Gendarmerie flambant neufs avec des numéros spéciaux ont été réquisitionnés à cet effet. A ses débuts, l’opération araignée s’est imposée en procédant à quelques arrestations ce qui a dissuadé un temps soit peu les malfaiteurs.
Mais, depuis ces derniers temps, ce dispositif sécuritaire semble montrer ses limites. Ils (ses agents) sont visibles sur les grandes artères pendant la journée alors qu’à la tombée de la nuit, on les voit rarement sinon quasiment pas. On a souvent l’impression que leurs interventions se résument aux contrôles de routine des taxi-motos et autres usagers de la route. Pendant ce temps, dans les quartiers reculés, de paisibles citoyens sont à la merci des brigands. Souvent, la police n’arrive que trop tard pour se retrouver devant le fait accompli.
La question de la lutte contre l’insécurité avait été évoquée le 26 avril 2006 par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé à l’occasion de sa toute première adresse aux Parlementaires (l’ancienne représentation nationale), en marge de la célébration du 46ème anniversaire de l’indépendance du Togo. A l’époque, Faure Gnassingbé promettait l’ « enfer » aux bandits qui oseraient encore troubler la quiétude des citoyens. Il avait annoncé le « recrutement de futurs éléments pour renforcer la Police et les forces de sécurité ».
Aujourd’hui, nombre de Loméens s’interrogent sur les capacités réelles de « l’Opération araignée » à faire face au phénomène. La Police a-t-elle suffisamment de moyens et les ressources humaines conséquents ? Estimés à plus de 6.000 éléments, les forces de police et de gendarmerie appuyées parfois par des unités des FAT (Forces Armées Togolaises) n’arrivent pas toujours à mettre hors d’état de nuire ces malfrats qui, de toute vraisemblance, ne semblent reculer devant rien.
Noël Y. A. Glissou
Suite à la hausse du prix du ciment Le Comité ad hoc contre la vie chère vole en éclats
Suite à l’augmentation du prix de vente du ciment décidée en conseil des ministres le mercredi 09 juillet dernier, l’ATC (Association togolaise des consommateurs) a tenu une table ronde le vendredi suivant pour se prononcer sur la situation. Elle annonce la suspension de sa participation aux travaux du comité ad hoc mis en place en mai dernier par le Premier ministre Komlan Mally pour apporter des solutions à la crise de la vie chère et réclame un remaniement ministériel technique. Quelques jours auparavant, c’est l’ISTT (inter syndical des travailleurs du Togo) qui s’est désolidarisé des propositions soumises au gouvernement par le comité. En somme, des désistements qui mettent à mal le comité dirigé par le directeur de Cabinet de Komlan Mally.
« L’ATC suspend sa participation à tous les Comités ou groupes de travail initiés par le Gouvernement sur la vie chère », c’est ainsi que l’association annonce sa séparation du cadre de discussions préconisé par le gouvernement pour contrer la crise de la cherté de la vie au Togo. C’était au cours d’une table ronde tenue le vendredi dernier à l’auditorium de l’institut d’hygiène à Lomé. En effet, l’association reproche au gouvernement d’avoir pris unilatéralement la décision d’augmenter les prix du ciment. Il n’a pas consulté ses partenaires sociaux comme cela devait l’être en principe. Cet acte, selon les défenseurs des droits des consommateurs, vient discréditer les différents cadres de concertations mis en place pour juguler la crise de la vie chère dans le pays.
Ainsi, le comité censé rassembler les propositions des différents acteurs pour trouver des solutions à la flambée générale des prix semble de plus en plus fragilisé. Il y a quelques jours, l’ISTT a confié n’avoir pas paraphé le document final des propositions que ce comité a déposé sur la table du gouvernement. Selon Ephrem Tsikplonou, porte-parole en exercice de l’ISTT, ce comité n’a véritablement jamais existé étant donné que la primature n’a jamais pris de décisions pour clairement définir ses attributions. Toutefois, la sous-commission chargée d’élaborer les propositions pour juguler la crise a transmis les résultats de ses travaux au gouvernement depuis le 22 mai dernier. Document dont l’inter syndical s’est désolidarisé et entend organiser une journée de réflexions le mercredi 16 juillet prochain pour rendre public ses propositions de sortie de crise.
Par ailleurs, précise M. Agouta Aladjou, secrétaire général de l’ATC, jusqu’à ce jour, aucune des propositions faites par ce comité à l’exécutif togolais pour juguler la crise n’est encore mise en application. De plus, ajoute M. Aladjou, le gouvernement, en passant outre le comité ad hoc et ses propositions de sortie de crise pour procéder à l’augmentation du prix du ciment, « vient poignarder dans le dos les acteurs qui ont travaillé et lui ont soumis des propositions ». Car, d’après lui, cette augmentation ne pouvait se faire sans l’avis du cadre de concertations mis en place et sans tenir compte des propositions faites par le comité ad hoc.
Ainsi, des principaux acteurs constituants le comité (gouvernement, patronat, intersyndical et l’ATC) dirigé par Sinfétchéou Pré, directeur de cabinet du Premier ministre, deux ont pris leurs distances. Une situation qui montre à suffisance, selon un observateur que l’exécutif et ses partenaires sociaux ont du mal à accorder leurs violons.
L’ATC demande un remaniement ministériel
En analysant la réaction du gouvernement face à la pénurie du ciment, l’ATC estime qu’« un remaniement ministériel s’impose au sein du gouvernement afin que le chef de l’Etat et le Premier ministre soient mieux informés sur les questions de la flambée des prix ». L’association à travers son communiqué s’en prend à l’exécutif. Elle demande en outre qu’une enquête parlementaire soit diligentée par les députés pour situer le peuple sur la spéculation et la pénurie du ciment et du maïs au Togo. Et comme solution à la situation actuelle, l’association propose une augmentation des revenus des Togolais, la détaxation des produits de base et le contrôle des prix sur le marché national.
La dernière révision à la hausse du prix du ciment sur demande des sociétés productrices du produit sans consultation des autres partenaires sociaux porte à croire, d’après un universitaire togolais que le gouvernement se moque des propositions de ce comité ad hoc. « Sa mise en place n’a été que stratégique pour empêcher les syndicats et les associations de descendre dans les rues » a-t-il ajouté.
Sedjrawodo A. Adry
Avec l’implantation de l’ucao-uut : Le canton de Zanguéra entame son développement
Sur la route de Kpalimé, à moins de 4 kilomètres d’Adidogomé (banlieue située au Nord-Ouest de Lomé) , se situe un canton, celui de Zanguéra qui depuis 2007, abrite l’un des sites de l’UCAO-UUT (Université Catholique du Togo-Unité Universitaire de l’Afrique de l’Ouest). Ce nouveau joyau, créé sur l’initiative de la Conférence des Evêques du Togo (CET) en accord avec la Conférence des Evêques de l’Afrique de l’Ouest Francophone (CEAOF), fait désormais partie de l’univers universitaire du Togo. Au-delà des contributions qu’elle veut apporter au monde de l’intelligentsia togolaise, l’UCAO-UUT offre un avantage certain au canton de Zanguéra : celui de la contribution, à la faveur de son implantation, au développement de ce milieu.
Situé à la sortie de Zanguéra (en allant vers Kpalimé) à peu près 400 m du côté droit de la chaussée, le campus de l’UCAO-UUT, de l’avis des autochtones de ladite localité, a poussé comme un champignon en pleine brousse. Sur le site de ce campus, se dressent des bâtiments à étage (flambant neufs) qui, de par leur architecture, n’ont rien de commun avec les habitations situées dans les alentours. De quoi impressionner tout visiteur de ces lieux. Dans l’enceinte de l’Université, les ouvriers sont encore à l’œuvre. « Bien que l’essentiel des bâtiments, notamment celui devant servir de salle de cours ainsi que de bloc administratif soient achevés, il reste encore quelques travaux à effectuer pour finir définitivement le chantier », explique un des chefs maçons. En plus des deux bâtiments sus-énumérés, celui devant servir de cité universitaire est également prêt pour accueillir les étudiants.
Les jardiniers ne sont pas du reste. Ils sont affairés à planter différentes espèces de fleurs. « Comme dans tout complexe universitaire moderne, il faut soigner l’espace vert afin de rendre le cadre d’études beaucoup plus attrayant », commente un responsable de cette université.
Développement de Zanguéra à la faveur de l’implantation de l’UCAO-UUT
Un petit tour effectué dans les environs immédiats du site de l’université révèle l’existence d’une multitude de chantiers en cours de finition. Chacun se presse. Qui pour achever son chantier laissé en suspend depuis plusieurs années, qui pour entamer le sien. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’UCAO-UUT commence à attirer du monde vers le canton de Zanguéra. Selon, Mme Marie-louise, qui réside dans cette zone d’habitation, il ne passe aucun jour, depuis que les travaux de construction de l’université ont commencé, où on ne voit des dizaines de voitures visiter les environs. « Autrefois, nous étions presque les seuls à habiter ces parages. Mais aujourd’hui, grâce à la construction de l’université, d’autres familles ont choisi de devenir nos cohabitants», fait-elle remarquer. Un point de vue que partagent ses voisins qui, de leur côté, avouent avoir choisi d’habiter Zanguéra du seul fait de la situation géographique de l’UCAO-UUT. «J’ai acheté mon terrain dans ce canton il y a sept ans. Mais, il faut l’avouer, l’idée d’y construire et de venir m’y installer ne m’a jamais frôlé l’esprit à cause du caractère un tout petit peu inhospitalier des lieux. D’ailleurs, ma femme et mes enfants n’étaient pas partants pour y arriver ; tout simplement parce que la zone leur faisait peur. Il a fallu qu’on apprenne qu’il y a une université en construction dans les environs pour être rassuré et venir y construire puisque l’implantation de ce temple d’études nous a donné une certaine garantie de sécurité », a laissé entendre un père de famille. D’autres par contre ne semblent pas voir les choses de la même manière. Pour eux, le monde qui envahit la zone trouble de plus en plus leur tranquillité. « Notre père a quitté le centre-ville pour Zanguéra parce qu’il est malade et a besoin de repos. Mais vous le constatez par vous-même, il n’y règne plus un grand climat de tranquillité », se plaint un jeune homme. Toutefois, ce dernier reconnaît que tout le monde a quand même le droit de venir habiter dans les environs.
Il faut signaler que l’accès au site de l’université ainsi qu’aux habitations situées dans ses alentours a été facilité par la construction d’une route de près de 500 mètres que les responsables de l’UCAO-UUT envisagent recouvrir de pavés. C’est cette route qui sert également d’itinéraire aux camions qui, d’habitude, vont acheter du sable (sable servant à la construction d’habitations) dans la carrière de Zanguéra.
hausse des prix des parcelles de terrain…
L’implantation de l’UCAO-UUT à Zanguéra semble surtout profiter aux autochtones. Mieux encore, ce sont les propriétaires terriens qui en sortent gagnants. A cause du campus, de plus en plus de personnes voudraient s’acheter une parcelle dans la localité. Les vendeurs en profitent donc pour faire de la surenchère.
Ainsi, un terrain d’un lot situé dans les environs immédiats du campus universitaire coûte aujourd’hui dans l’ordre de 3,5 à 4 millions de Fcfa. De quoi donner du vertige aux acheteurs quand on sait qu’avant la construction de ce complexe universitaire, le prix d’un lot de terrain n’excédait pas 800.000 Fcfa. Pour Komlantsè, un propriétaire terrien, le phénomène n’a rien d’étonnant. « C’est tout à fait normal que les terrains coûtent plus cher de nos jours. Nous ne pouvons plus les vendre au même prix qu’auparavant car avec l’université, l’environnement de Zanguéra va beaucoup changer et les acheteurs le savent. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils accourent de partout pour se payer un terrain », ajoute-t-il. Au vu de la demande de plus en plus croissante, d’après cet habitant du canton, une prochaine hausse du prix des terrains n’est pas à exclure. « Ceux qui nous sollicitent pour rentrer en possession de parcelles sont de plus en plus nombreux. Et tenez-vous bien, ils ne sont pas membres de la classe sociale pauvre. Ce sont des gens qui arrivent avec de grosses voitures. Certaines fois, précise-t-il, il s’agit de Blancs. A cette allure, ne soyez pas étonné que de 4 millions de F CFA, le coût du lot de terrain monte à 6 millions dans les prochains mois. Même à ce prix, il y aura toujours d’éventuels acquéreurs», précise-t-il. Tout compte fait, l’implantation de l’UCAO-UUT fait énormément l’affaire des propriétaires terriens qui se frottent les mains, car ayant trouvé l’occasion de se remplir les poches. Par contre, elle aménise les chances de ceux qui comptent encore s’acheter à moindre coût une parcelle dans une banlieue de Lomé.
…et le développement du secteur informel
Il n’y a pas que les propriétaires terriens qui bénéficient des retombées de la construction de l’université dans cette partie de la Région Maritime. Il y a également les femmes, du moins celles qui y tiennent de petits commerces (de riz, du haricot, d’« akpan » ou boules de pâtes de maïs). Celles-ci font la joie des ingénieurs et autres ouvriers qui travaillent sur le chantier du campus et qui se tournent vers ces dernières pour leur apaiser quotidiennement la faim. L’université catholique de Zanguéra, avouent-elles, a apporté un petit plus à leur commerce. « Nous avons beaucoup plus de clients avec les travaux», confie une revendeuse de riz. Et à sa collègue revendeuse d’ « akpan » de renchérir: « Autrefois, je ne pouvais pas vendre plus de 1.000 F CFA de nourriture par jour. Aujourd’hui, je fais plus de 2.500 Fcfa de quotidiennement». Dans la foulée de l’ouverture des portes de cette université, une femme en a même profité pour installer une gargote à 100 m du campus. Et c’est là que les maçons qui ne veulent pas se restaurer avec les plats précités vont s’offrir du fufu et de la pâte de maïs.
A ces revendeuses, s’ajoute la propriétaire d’une boutique d’alimentation générale. Tout comme les précédentes bonnes dames, elle reconnaît avoir donné un coup de fouet à ses activités depuis que l’université catholique a posé ses tréteaux à Zanguéra. Mieux, elle compte réaliser beaucoup plus de chiffres d’affaires les années à venir.
En somme, l’installation de l’UCAO-UUT dans le canton de Zanguéra augure d’un avenir radieux pour cette localité qui, comme la plupart des banlieues de Lomé, a de la peine à se développer. Il est vrai que pour le moment, aucune école n’est encore construite dans les environs du campus universitaire catholique. Mais, à cette allure, tout porte à croire que certains n’hésiteront pas à s’y lancer. D’ores et déjà, on peut dire sans trop se tromper que l’implantation de cette université commence par influencer les mentalités. D’habitude, très récalcitrants à scolariser leurs enfants, les autochtones du milieu, séduits par l’architecture de l’UCAO-UUT, n’hésitent pas à promettre à leurs enfants de les y inscrire. Komlantsè, le propriétaire terrien cité plus haut semble le plus décidé. « On nous a dit que pour étudier dans cette université, on doit débourser 850.000 Fcfa. A voir le cadre du campus, ce n’est pas grand-chose. Si mon enfant réussi à décrocher le baccalauréat, je n’hésiterai pas à vendre mes terrains pour l’y inscrire », a-t-il promis.
Rodolph Tomégah |