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C’est un secret de polichinelle, le Togo n’existe que de nom. Car c’est un pays exsangue et chancelant sur tous les plans : politique, économique, social, et des infrastructures. Point n’est besoin de revenir sur le cas particulier des infrastructures hospitalières et routières, cela se vit au quotidien. Tout de suite on pourrait être tenté, à raison d’ailleurs, de culpabiliser « l’autre régime» dont le porte-flambeau s’en est allé le 05 février 2005. Il ne saurait d’ailleurs se défendre devant son passif, si l’occasion lui pouvait être encore donnée. Laisser un tel tableau après presque un demi-siècle de régence sans partage est inconcevable. Mais ses inconditionnels trouveront l’argument idéal pour se dédouaner : la rupture de la Coopération avec l’Union Européenne. Au-delà de cette accusation générique et impersonnelle, d’autres responsabilités individuelles et non des moindres s’en dégagent lorsqu’on va dans les détails des faits. Il pourrait y avoir, à ce niveau, une liste aussi longue qu’il y a de militants ou d’affidés du RPT ayant été dans les rouages de la gestion publique du Togo, et subsidiairement en annexe une liste de personnes qui pour leurs affaires privées, ont bénéficié de largesses des premiers. C’est justement ici que le nom de Faure Gnassingbé pourrait être cité, du fait qu’il ait occupé le ô combien important ministère de l’Equipement sous la coupole de son père.
C’est un département qui assure tout ce qui concerne la logistique, les programmes infrastructurels du pays. Ce ministère a donc en charge de gérer les besoins en équipement du Togo, dans les différents secteurs publics : Travaux publics, hôpitaux, écoles, voirie, etc. « Ce département a en charge l’acquisition des équipements publics et en a parfois une gestion exclusive ou partagée avec les services de l’Etat qui en assurent l’exploitation. Cette tâche permet d’assurer un suivi des investissements en équipements, leur exploitation, leur entretien et leur renouvellement. C’est pourquoi ce ministère est souvent couplé dans nos pays avec celui du Plan, du Développement et constitue la charnière centrale de la réussite. C’est dire que tout l’avenir d’un pays repose sur le sérieux du travail d’un service de l’Etat, même si ce sérieux peut être exigé de l’ensemble des services. La particularité du ministère de l’Equipement dans nos pays est qu’il est d’une importance capitale dans la mesure où la décentralisation n’est pas chose faite dans nos pays», nous fait savoir un observateur avisé.
Si Faure Gnassingbé a, du vivant de son géniteur, eu en charge la gestion d’un tel ministère capital, les Togolais lui doivent donc aujourd’hui : l’état désastreux de nos hôpitaux qui sont devenus des mouroirs, faute d’équipements adéquats, même ceux de premières nécessités ; l’état piteux de nos routes ; le tableau délabré des infrastructures scolaires ; l’état désastreux de la salubrité publique; l’état calamiteux de nos infrastructures énergétiques dont le symbole reste le délestage énergétique devenu un cancer qui ronge une économie déjà à l’agonie etc.
La crise énergétique est assez révélatrice, une addition en fait de la gestion approximative faite de ce département par les uns et les autres avant la « catastrophe nationale » et pérennisée à merveille aujourd’hui par la bande des copains. Et ce n’est donc pas un hasard que ce ministère de l’Equipement fut au lendemain du coup d’Etat de février 2005, confié à un copain d’enfance, puis délégué et placé sous tutelle de la Présidence. C’est sans oublier les conditions d’attribution des marchés de travaux publics.
Si hier la pratique consistait à acheter du matériel « troisième main », c’est-à-dire d’occasion reconditionné, par une révision sommaire et l’échange de quelques pièces, facturé au Trésor public au prix du neuf, et le reste des sous empoché -confère le dossier des phosphates –, elle est couplée aujourd’hui à des disparitions systématiques de la totalité des fonds, sans qu’il y ait des responsables désignés ou susceptibles de l’être. Les copains en profitent et s’en mettent plein les poches. On connaît de ces mecs rentrés d’Europe, à la faveur de la «catastrophe nationale », pauvres comme des rats d’église et qui n’avaient pour seul bien que la veste qui couvrait leurs os -suivez nos regards. Mais c’est eux qui roulent aujourd’hui dans les plus grosses cylindrées, multiplient les villas au pays, s’en procurent même dans les capitales occidentales et mènent une vie princière.
Dans cette crise énergétique on a vu des solutions intelligibles être proposées mais refusées par les partisans de la gouvernance opaque, puisque ces propositions sérieuses ne laisseraient pas de place à la magouille et aux pots de vins souterrains qui sont les habitudes de la maison. Quoi de plus normal qu’aujourd’hui après trois ans de régence, on en soit encore à parler de recherche de solutions pour juguler la crise énergétique, et sans aucune honte, d’une hypothétique régulation à partir de 2010. 2010 une date dont l’évocation a des allures de chantage. C’est un message tacite envoyé à l’endroit des Togolais : Electricité garantie en 2010 si le peuple accordait à nouveau sa confiance au « Leader nouveau»
Tino Kossi
Lomé la poubelle, fierté du Chef de l’Etat togolais et de ses Ministres ? Une prime pour le prochain Conseil des Ministres
On a du mal à le croire, pourtant c’est la triste et dure réalité que tous les Togolais qui se voient malheureux pour ce petit pays qu’ils auraient tant aimé voir diriger autrement, doivent se condamner à avaler, la mort dans l’âme. Nous osons le dire sans détour, car nous ne voyons vraiment pas d’avenir pour ce Togo, en dépit de tout ce que nos gouvernants nous font miroiter : séminaire organisé à Notsé par le Premier Ministre Edem Kodjo avec son gouvernement d’alors par-ci, autre séminaire organisé à Nangbéto par le Premier Ministre Komlan Mally prétendu pour une sorte d’imprégnation de ses Ministres à la notion de bonne gouvernance par là, lutte contre la corruption «nouvelle formule » du Chef de l’Etat, Ministre de la Ville par-ci et peut-être demain un Ministre de la Campagne par là, etc.
On a du mal à croire qu’avec tout ce que le Togo a connu à la mort de Gnassingbé Père, (à savoir des femmes rouées de coups par la soldatesque alors qu’elles organisaient une marche pacifique et un meeting, pour réclamer le retour à la légalité constitutionnelle; des centaines de compatriotes tués et des mutilés à vie pour rien après la mascarade électorale d’avril 2005; plusieurs mois d’exil éprouvant au Bénin, au Ghana et ailleurs dont les grands perdants se trouvent en définitive être nos frères et soeurs exilés; des élections législatives avec un chiffre record d’annulations fantaisistes de plusieurs centaines de milliers de bulletins au détriment de l’opposition, des militants de l’opposition arbitrairement emprisonnés, etc.), toutes les promesses de bonne intention du pouvoir en place, trois années après la prise de pouvoir par Monsieur «Lui c’est lui, moi c’est moi » -expression qui en 2005 avait semblé rassurer un tout petit peu certains Togolais à leur corps défendant-, on en soit à regretter que le Togo ait perdu tous ces braves citoyens et enduré toutes ces brimades pour se retrouver encore à la case départ. Regret, parce que, en dépit des apparences, ce n’est pas ça.
Le seul baromètre fiable à la portée de tout le monde et à partir duquel il est facile pour tout Togolais, même pour la catégorie des hommes simples d’esprit, de juger de la bonne volonté et d’un réel désir de changement des hommes actuellement aux affaires par rapport au passé, c’est l’ÉTAT DE LA VILLE DE LOME, notre capitale, la vitrine de tout le pays. Depuis toujours, nous nous posons la question de savoir, ce que ça coûte pour nos autorités politiques, ceux qui prétendent nous diriger, de prendre au cours d’un Conseil des Ministres un décret sous forme de projet de loi devant réglementer la gestion de la ville de Lomé en ce qui concerne la salubrité. Ce qui devra être soumis à l’Assemblée Nationale pour vote.
Le tout n’est pas de faire des « Lomé, ville propre » comme c’était la mode sous le père du fils ou de mettre en place une équipe recrutée par la Voirie, chargée des balayages nocturnes. Ce texte devra notamment lancer un sévère avertissement à l’endroit de tout citoyen que l’on surprendrait désormais jetant des peaux de banane, d’orange, sachets plastiques, tortillons de papier, emballages de bonbons, de biscuits, bref tout objet susceptible de salir la ville.
Quand, par euphémisme ou par peur de, on ne sait trop quoi, certains Togolais, sur les médias, lancent à l’occasion de certains débats, que la propreté de nos quartiers ou de notre ville doit commencer par nous-mêmes (cela peut être vrai ailleurs), et qu’on ne doit pas tout attendre de l’Etat, cela nous fait sourire et en même temps, mal au cœur et nous nous demandons ce qu’ils entendent par «tout attendre de l’Etat ». Quel effort fait l’Etat lui-même et au centre duquel se trouve réellement le Togolais, si ce n’est le blocage des avancements des fonctionnaires pendant une bonne décennie, leur rendant la vie difficile, alors que les hauts perchés eux-mêmes se la coulent douce avec tous les avantages ?
Pendant ce temps, on augmente le tarif de la légalisation des papiers à la Mairie, à l’Etat Civil, idem pour les timbres-poste et les timbres du service du domaine. Pendant ce temps, on augmente abusivement le prix de l’établissement du passeport, de la carte nationale d’identité, etc. Pendant ce temps, on augmente presque régulièrement le prix du carburant, puis l’on trouve le moyen de rassembler des badauds pour aller féliciter un Chef d’Etat pour l’augmentation du prix du carburant. Pendant ce temps, on surfacture la consommation de l’électricité pour les pauvres Togolais en période de délestage, pour amener le consommateur togolais à payer au guichet de la CEET plus qu’il ne payait par temps de non délestage, etc. Des aberrations à la togolaise !
Il n’est pas exact de dire que les Togolais ne doivent pas tout attendre de l’Etat et que les initiatives doivent venir d’eux. Cela peut être vrai dans un pays où les autorités font des efforts ressentis par les populations comme destinés à leur rendre la vie agréable, mais pas dans le cas du Togo. Les Togolais, pendant longtemps ont été habitués à la politique du gros bâton. Nous n’en voudrions pour preuves que les « Lomé, ville propre » auxquels tout le monde participait à contrecœur et mécontent. Cela était légion. Dans ces conditions, on aura dégoûté le citoyen qui déjà, joint difficilement les deux bouts, de l’esprit de civisme.
Et ainsi, depuis longtemps, beaucoup de Togolais limitent leur esprit d’initiative et leur civisme, à leur concession et à la devanture de leur habitation ou à la place du marché où ils mettent leurs étals. Ne soyez pas surpris si au Togo, des citoyens qui s’aventurent à entreprendre une œuvre d’utilité publique louable et à titre gratuit, se voient sanctionnés, puis démotivés au lieu d’être encouragés ou même, se voir décerner une distinction honorifique du genre « Chevalier de l’ordre du Mono » ou de l’ordre du mérite, pour susciter d’autres vocations. Ne le sait-on pas ? Pas à nous de répondre à cette question, mais à EUX ! Au Togo, l’Etat même ne sait pas encourager l’esprit de civisme et les récompensés ne sont pas forcément les meilleurs.
Dans une telle situation, l’initiative devant ramener les Togolais à s’approprier leur chose doit émaner de l’Etat, du sommet et pour emballer toute la base. A quoi servent au juste ces dizaines de poubelles suspendues ici et là aux abords de certaines rues ? Combien y ont déjà jeté un emballage de « pure water » ou une peau de banane ? Très peu. Le sol est l’endroit le mieux indiqué pour beaucoup. L’habitude viendra et tout le monde y adhérera, à partir du jour où, une loi rigoureuse sanctionnera les citoyens qui veulent toujours salir «notre Lomé la belle». Le jour où un tel décret verra le jour et connaîtra un début d’application, on saura qu’un vent nouveau souffle sur le Togo.
Pour l’heure, le Chef de l’Etat et ses Ministres sortent du Togo et découvrent des villes attrayantes, mais ils semblent tous ignorer comment se construit la belle ville ou alors ils ne savent pas profiter des belles choses que l’on découvre chez les autres. Cela fait mal au cœur de toujours voir des Togolais jeter depuis un taxi, un tortillon de papier ou une peau d’orange dans la rue. Osez le leur reprocher ! Vous récolterez une insulte que vous n’oublierez pas de si tôt. A qui la faute ? En tout cas, pas à ces bêtisiers inciviques. Quand on s’est spécialisé dans la répression pour la conservation du pouvoir, il faut apprendre aussi à réprimer pour la sauvegarde d’une fierté nationale. C’est le plus important d’ailleurs et nous l’attendons. Lomé doit cesser d’être une poubelle !!!
Alors, nous espérons décerner une prime spéciale dite «PRIME DU MEILLEUR CONSEIL DES MINISTRES AU TOGO» au prochain Conseil des Ministres que présidera le Président Faure Gnassingbé, car nous sommes dans l’expectative de voir le gouvernement Mally relever le défi que nous lançons à ceux qui tiennent les rênes du pays, en dépit de l’acerbité de notre critique.
Alain Simouba |