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Longtemps écartée, l’idée d’augmenter le prix du Kilowattheure du courant électrique tend à présent à s’imposer aux Togolais. « Tôt ou tard dit Messan Kodjo Pédassou, directeur général de la CEET (Compagnie d’énergie électrique du Togo), on va devoir augmenter le prix du Kilowattheure ». C’était vendredi 4 juillet dernier lors d’une conférence de presse organisée sur le site de la CTL (Centrale thermique de Lomé).
D’après le numéro 1 de la CEET, sa structure a besoin de 0,6 l de carburant (gasoil) pour produire un kilowattheure de courant. Or poursuit-il, sa société investit aujourd’hui 200FCFA dans la production d’un kilowattheure de courant avec ses groupes diesel pour le revendre à environ 85 FCFA à la clientèle. Expliquant ainsi que la CEET vend à perte. Et d’ajouter que la hausse du cours du baril du pétrole n’arrange pas la situation. « Heureusement, s’exclame un analyste financier, la dépréciation du cours du billet vert (le dollar) depuis juin 2007 a atténué un temps soit peu l’effet de la flambée du cours du baril sur les produits ». Le cours du baril étant libellé en dollar.
A 60 dollars américains (près de 25.200 F CFA) en juin 2007, le cours du baril s’est envolé pour atteindre des records historiques. Vendredi 04 juillet dernier, à la bourse de Londres, le baril du pétrole cotait à 144 dollars (60.480F CFA environ). Les spécialistes évoquent l’hypothèse d’un baril à 200 dollars d’ici la fin de l’année. Toute chose qui donne du souci aux industriels. Plus inquiétante pour les décideurs politiques, la hausse du cours du baril a des répercussions sur le prix des produits de première nécessité. Elle est la première cause de la crise de la cherté de la vie. On a encore en mémoire les marches de protestation contre ce phénomène à Yaoundé et à Douala au Cameroun, à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou au Burkina Faso, ou encore à Dakar au Sénégal et à Abidjan en Côte d’Ivoire. Il en est de même des tentatives de marches des organisations syndicales et de la société civile togolaise.
Si Lomé a pu jusque là, par des artifices politiques, réussi à ‘‘décourager’’ les responsables des organisations syndicales et ceux de l’association des consommateurs, il est à noter qu’elle n’a pas réussi à bouter hors de ses frontières le phénomène de la vie chère. Les subventions du prix du carburant à hauteur de 10 milliards entre janvier et avril dans un premier temps et 7 milliards de F cfa ensuite entre mai et juillet courant, ne sont visiblement pas la meilleure solution. Ainsi donc, face à la hausse continue du prix du baril du pétrole, il n’est pas exclu que les populations togolaises soient sous la menace d’une hausse du prix du courant.
Le 31 mars dernier, lors d’une conférence de presse au siège de la CEET, Kodjo Messan Pédassou, alors directeur général Adjoint de la société avait laissé entendre que des études étaient encours pour une telle éventualité. Ce que confirme aujourd’hui une source proche du ministère de l’Energie qui confie que plusieurs hypothèses sont à l’étude. Et de préciser que le seul handicap est l’assurance de la disponibilité du courant au lendemain d’une éventuelle hausse.
En somme, après la flambée des prix des produits de première nécessité, celle de certains métaux comme le fer qui intervient dans la construction ; et la spéculation autour de certains matériaux comme le ciment (ce matériau est vendu aujourd’hui entre 4.000 FCFA et 5.000 FCFA le paquet de 50kg sur le marché togolais), tout porte à croire que les Togolais vont encore subir dans les semaines ou mois à venir une autre hausse : celle du prix du courant. Faure Gnassingbé et son ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau vont-ils laisser cette éventualité s’accomplir ou réussiront-ils à épargner leurs compatriotes de cette ‘‘solution’’ ? La question reste toute entière. Le seul souci des Togolais est de disposer d’un pouvoir d’achat devant leur permettre de faire face au « drame » social. Et c’est ici que les tenants du pouvoir sont le plus attendu.
Par ailleurs, lors de sa rencontre avec la presse ce vendredi, le patron de la CEET est revenu sur les mesures prises par sa compagnie pour atténuer la crise énergétique. C’est ainsi qu’il a fait part de la livraison d’une partie des groupes diesel commandés par l’Etat pour augmenter la production énergétique domestique de 14 mégawatts de courant. D’après M. Pédassou, le gouvernement aurait aussi entamé des discussions avec la société Contour Global (qui est sensé produire 100 mégawatts de courant à partir de turbines à gaz). L’idée serait d’emmener cette compagnie à fournir au Togo les 100 mégawatts de courant susmentionné à partir des moteur diesel. « Mais, prévient le DG de la CEET, cette option nécessite 18 mois de travaux techniques ». « Toutefois, fait-il observer, les pluies du mois d’août permettront à la CEB d’avoir suffisamment d’eau dans les barrages et de disposer d’assez d’énergie au cours du dernier trimestre de l’année ». Pour l’heure, le délestage continue, et la population est invitée à l’économie de l’énergie. Marc D. Kouakani-Assi
Commercialisation du ciment au Togo : Les consommateurs coincés entre pénurie et spéculation Au moment où le prix du ciment est toujours en hausse sur le marché local, dans plusieurs dépôts de Lomé et de l’intérieur du pays le produit se fait de plus en plus rare.
Si officiellement le prix du ciment n’est pas revu à la hausse au Togo, la réalité est toute autre dans les différents dépôts de vente et de distribution. Le paquet de ciment qui était vendu à 3.300 F CFA il y a encore 6 mois coûte aujourd’hui dans l’ordre de 4.500 F CFA voire 5.000 F CFA selon les localités où ces points de vente se situent et compte tenu de la rareté du produit sur le marché. La fermeture de certains dépôts suffit pour comprendre le malaise qui gagne progressivement le secteur de la vente du ciment au Togo. C’est presque un calvaire que vivent actuellement les Togolais qui ont du mal à s’acheter des paquets de cet important matériau de construction.
La situation est bien préoccupante face à des autorités togolaises qui affichent grandement leur impuissance. Le gouvernement de Faure Gnassingbé a promis des mesures visant à soulager les peines des populations qui s’échinent à s’approvisionner en ce produit. C’est ainsi qu’il a été annoncé un dispositif sécuritaire de suivi en collaboration avec les deux principaux producteurs WACEM et CIMTOGO dénommé « opération Togo d’abord ». Le dispositif consistait à accompagner les camions chargés de ciment des agents de la police munis de la liste des grossistes agréés et des dépôts de vente à servir, pour éviter que les transporteurs n’organisent un détournement vers l’extérieur du pays ou vers des destinations non signalées. Le but est d’assurer que les localités indiquées et listées seront véritablement desservies. En plus de cela, tous ceux qui auront à acheter le ciment au prix non officiel sont appelés à se présenter à un poste de police munis de leur facture. Toutes ces mesures sont destinées à éviter la spéculation. Qu’à cela ne tienne, les vrais problèmes sont toujours là. Selon certains observateurs de la vie socio-économique togolaise, des proches amis de ces sociétés et du pouvoir enfreignent ces dispositions et le produit continue de traverser les frontières togolaises. Conséquence : les Togolais n’ont pas de ciment et le peu qui leur est destiné fait l’objet de spéculation. Ceux qui avaient poussé un ouf de soulagement à l’annonce de ces mesures, sont aujourd’hui désillusionnés. La fin du calvaire n’est pas pour demain au regard de l’évolution de la situation sur le terrain.
Yêkini Abdou Radji
1ère édition du tournoi de lutte traditionnelle de la cedeao : Le Togo rentre bredouille au bercail La moisson n’a pas été du tout bonne pour les lutteurs togolais qui ont participé du 03 au 05 juillet dernier à Dakar au Sénégal, à la 1ère édition du tournoi de lutte traditionnelle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). D’après le classement publié hier par le site APA (Agence de presse Africaine), aucun des lutteurs togolais n’a réussi à monter sur le podium.
Le Sénégal a plané sur cette 1ère édition, en remportant quatre des six médailles d’or mises en jeu. L’une des quatre médailles a été enlevée en compétition par équipe alors que les trois autres ont été remportées en catégorie individuelle par Adama Diouf (75 kg), Abdoulaye Thiam (85 kg) et Alioune Faye (+100 kg).
A la suite des lutteurs sénégalais, les Nigérians ont également fait parler d’eux. Ils se sont adjugés les deux autres titres grâce à Tawari (65 kg) et Sinowie Betic (-100 kg).
Organisée par le Centre de développement de la jeunesse et des sports de la CEDEAO basé au Burkina Faso, cette compétition vise la promotion de la lutte et l’intégration sous-régionale.
La 1ère édition du tournoi de lutte traditionnelle de la CEDEAO a regroupé onze pays notamment le Sénégal, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, la Guinée, la Gambie, la Guinée Bissau, le Togo, du Libéria et la Côte d’Ivoire.
Gabin Koissidjin
Relever les défis du transport aérien en Afrique Ethiopian Airlines et ASKY s’unissent D’ici la fin de l’année 2008, le ciel ouest-africain sera desservi par une nouvelle compagnie aérienne dénommée ASKY « Ciel d’Afrique ». Un mémorandum a été signé entre la nouvelle compagnie et Ethiopian Airlines, son partenaire stratégique. C’était le 24 juin dernier à Addis-Abeba (en Ethiopie) en présence des principaux responsables des deux compagnies.
Au terme de cette convention, la compagnie nationale éthiopienne (Ethiopian Airlines) s’engage à contribuer à hauteur de 20% au capital de la nouvelle compagnie sous-régionale. Bien plus, Ethiopian Airlines va user de ses compétences pour garantir la sécurité des tout premiers vols d’ASKY. Mieux, les deux sociétés attendent travailler ensemble dans un partenariat solide qui couvre tous les domaines d’activités relevant des transports aériens.
En outre, la signature de cette convention citée précédemment permettra à Ethiopian Airlines de construire un hub à l’aéroport international Eyadèma Gnassingbé de Lomé-Tokoin. Ainsi, Lomé, la capitale togolaise, en dehors d’Addis-Abeba, devient la deuxième plus importante plate tournante pour les desserts des pays de la sous-région et du reste du monde par les avions d’Ethiopian Airlines. Un apport de plus et de poids à l’économie togolaise en perspective !
Carte postale d’ASKY…
Les « nouvelles ailes » de l’Afrique de l’Ouest (ASKY) sont avant tout le fruit d’une initiative multinationale à vocation privée et qui par ailleurs se veut une entité panafricaine. Le Groupe ECOBANK, la BIDC (Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO), la BOAD (Banque Ouest-Africaine de Développement) et plusieurs autres opérateurs économiques en sont les promoteurs. Ses ressources financières sont estimées à 200 millions de dollars (environ 84 milliards de FCFA). La nouvelle compagnie se veut un acteur de premier plan en répondant à l’attente du marché des transports aériens en Afrique de l’Ouest et du Centre dont la demande est sans cesse grandissante. Elle compte également fournir à ses clients un service de haut standing après la disparition d’Air Afrique, de Nigeria Airways, de Ghana Airways et bien d’autres fleurons du ciel africain.
Le projet a reçu l’aval des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine). Ceux-ci, au terme des résolutions et décisions issues de leurs différentes rencontres ont affiché leur engagement à doter les deux espaces (CEDEAO et UEMOA) d’un outil d’intégration régionale dans le domaine du transport aérien.
…et d’Ethiopian Airlines
Ethiopian Airlines dont le vol inaugural a été effectué en 1946 est classé parmi les plus grandes compagnies aériennes du continent africain. Elle jouit d’une grande réputation dans le domaine du transport aérien sur le plan international au point qu’elle dessert actuellement 50 destinations à travers le monde, dont 30 en Afrique. La compagnie éthiopienne utilisera très prochainement sur ses vols d’après les informations, « le Boeing 787 Dreamliner » dans la région Afrique, Moyen-Orient et Europe. Une première pour une compagnie africaine!
Ses bonnes prestations lui ont permis de rafler plusieurs distinctions dans le domaine aéronautique. En 2006, la revue « African Aviation Journal » l’a élue Compagnie aérienne de l’année. L’année suivante, le gouvernement ghanéen et le Magazine « African Times/USA » l’ont choisie comme « Lauréate de la réussite économique et financière sur le continent noir ».
En choisissant « Ethiopian Airlines » comme partenaire stratégique, ASKY veut donc s’attacher les services d’un géant du trafic aérien mondial pour ne pas connaître le triste sort de ses sœurs africaines dont la durée de vie est assimilable à celle d’un feu de paille.
Noël Y.A. Glissou |