in

ACTUALITÉ / NEWS

Me Yawovi AGBOYIBO au Plateau de la Semaine : "La configuration des résultats des législatives constitue par elle-même une illustration de la crise togolaise"

La Dépêche #425 du mercredi 2 juillet 2008

Invité de l'émission " Plateau de la Semaine ", l'ex-Premier ministre Togolais, Me Yawovi Madji AGBOYIBO est revenu dimanche dernier sur un certain nombre de sujets qui divisent la classe politique togolaise. Les questions relatives aux réformes constitutionnelles et institutionnelles d'une part et la position du CAR par rapport aux consultations nationales d'autre part ont particulièrement retenu notre attention tout le long de l'entretien.

En effet, selon Me Agboyibo, le CAR s'inscrit dans la logique du système consensuel conformément à l'esprit de l'Accord Politique Global (APG). Or, cette voie consensuelle à l'origine des progrès réalisés dans notre pays depuis avril
2006, a été foulée aux pieds par le RPT après sa victoire aux dernières législatives au profit du système majoritaire. " Le passage du système consensuel au système majoritaire ne peut pas se faire de façon brusque", a déclaré Me Yawovi AGBOYIBO. Il estime que le système majoritaire imposé par le RPT au mépris de l'esprit du consensus prévu par l'APG est inadéquat au stade actuel du développement de notre pays. Le Togo doit commencer d'abord par être un modèle d'organisation politique. " Si le pays marche aujourd'hui, c'est parce que depuis avril 2006, nous sommes en cogestion. Ensemble et de façon consensuelle, on a défini les règles du jeu électoral. Ensemble dans la CENI, nous avons organisé les élections. Aujourd'hui voyez ce qui se passe à l'Assemblée nationale. C'est une cogestion ; c'est extraordinaire. A l'Assemblée, c'est une erreur de voir les choses en terme d'opposition… "    

Par ailleurs, Me AGBOYIBO a fustigé l'attitude du RPT qui a, selon lui, rompu avec le processus de sortie de crise dont la première phase venait à peine d'être bouclée avec les législatives. Une fois cette phase réussie, le pouvoir RPT a malheureusement estimé que c'était le bout du tunnel et qu'il pouvait se permettre de faire prévaloir sa supériorité sur les autres. Pour lui, si les législatives se sont bien déroulées, cela ne veut pour autant pas dire que la crise est résolue. " Le mandat de ceux qui sont élus, c'est de faire face à la crise. La crise n'est pas derrière eux ; elle est devant eux… ", a-t-il déclaré avant de poursuivre que la configuration des résultats de ces législatives constituait par elle-même une illustration de la crise et qu'il fallait une certaine irresponsabilité pour dire qu'on n'est pas en crise… " Il a aussi précisé que l’attitude du  RPT qui a foulé aux pieds le système consensuel oblige les autres partis à former des blocs. C’est peut-être une façon de  dire qu’il pourrait répondre favorablement     à une énième union que l’UFC tentera certainement de lui   proposer. C’est une possibilité même si le CAR continue de se montrer méfiant vis-à-vis de l’UFC. En témoigne la réponse du président du CAR à la question de savoir s’il  répondra favorablement à l’invitation à lui adressée par Gilchrist Olympio. En effet, Me Agboyibo a déclaré qu’il n’était pas dupe. Allez y comprendre.

Interpellé sur la question de savoir si la main tendue par le RPT au lendemain des législatives n'était pas une façon de lui proposer cette cogestion, Me AGBOYIBO a répondu que la cogestion a besoin d'avoir ses propres règles et ne doit pas être une improvisation. Ceci étant, le CAR n'entend pas s'associer à une initiative qui n'est pas respectueuse des principes définis par l'APG. C'est le cas du " cadre permanent de dialogue " prévu par l'APG et le " Conseil National de Concertation et de Dialogue Politique " (CNCDP) créé par décret présidentiel le 14 mai 2007 ; deux concepts qui divisent le RPT et le CAR et qui fondent le refus de ce dernier de s'associer à la démarche du pouvoir majoritaire RPT.

S'agissant des consultations nationales conduites par le Haut Commissariat des Droits de l'Homme (HCDH), le président du CAR a déploré ce qu'il a souvent appelé " l’inversion des rôles ". En effet, pour Me AGBOYIBO, " il y a un cadre permanent pour toutes les discussions d'intérêt national. L'APG a prévu la mise en place d'une Commission Vérité. Pour mettre en place cette commission, il faut des discussions. Ces discussions doivent se dérouler dans le cadre qui est défini et c'est le CNCDP… " Si le cadre venait à constater qu'il faut procéder à des consultations, c'est à ce cadre de dire quelles sont les personnalités habiletées à apporter leur concours…

Dans tous les cas, certains ont dû se tromper sur la commission vérité prévue par l'APG par rapport à
la Commission dont a fait état une mission de l'ONU en 2005. Cette commission était une commission onusienne pilotée par l'ONU et limitée à une période donnée (de février à mai 2005) tandis que la commission prévue par l'APG couvre une période totalement différente. C'est une commission nationale. C'est une initiative des Togolais et il ne peut pas être question de dire qu'il faut la confondre avec la commission onusienne et la placer sous le pilotage d'une autorité de l'ONU. C'est deux initiatives différentes ".

Par rapport aux élections locales, le président du CAR pense qu'il y a urgence à les organiser pour permettre aux collectivités locales d'être à la hauteur des tâches de développement de nos  villes et villages.

La question de l'impunité a aussi retenu l'attention de Me AGBOYIBO dimanche dernier. Pour lui, le problème de l'impunité est avant tout le problème de l'indépendance de la justice. Notre justice telle qu'elle fonctionne aujourd'hui n'est pas outillée pour régler la question de l'impunité, selon lui.
Joël K.


France-Togo : Les intérêts de SARKOZY doivent-ils passer avant ceux des Togolais ?
Dans une de nos publications, nous vous annoncions que le président français, M. Nicolas SARKOZY avait  tancé le président Faure lors du Sommet Euro Afrique de Lisbonne sur la querelle franco-française au Port de Lomé en l’obligeant de choisir entre BOLLORE et PROGOSA. L'affaire portée au tribunal, le verdict a été rendu en faveur du groupe BOLLORE dans une affaire de manutention. Ce qui agace le gouvernement français c’est que la décision de la justice ne soit pas exécutée. Depuis, l'affaire BOLLORE/PROGROSA est devenu une épine dans la gorge du gouvernement togolais car, le président SARKOZY, élu par la Cac
40 (le milieu de la haute finance) est un proche du groupe BOLLORE.

Selon le confrère "
La Lettre du Contient ", lors du Sommet Euro Afrique de Lisbonne, SARKOZY aurait apostrophé notre président  en lui déclarant que " lorsqu'on se dit ami de la France, il faut penser aux intérêts de la France ". De quoi fait rougir les Togolais que nous sommes. Au nom de quel principe démocratique à chaque fois, les intérêts français doivent pré évaluer sur ceux des Africains ? Est-ce cela la rupture dont SARKOZY et ses proches nous parlent ?

On peut critiquer Faure pour son copinage au Sommet de l'Etat. Mais, delà à lier son sort  au pouvoir à la protection des intérêts de la France, c'est exécrable et inadmissible. On préfère le pillage du pays par Faure et ses amies et amis au pillage du pays par la France. On ne peut pas au même moment  nous parler de rupture dans les relations franco-africaine et au même moment, vouloir exercer des pressions économiques  et politiques sur nos pays. L'alternance en Afrique francophone ne doit pas se limiter seulement à la protection des intérêts français. Il faut en finir avec le réseau françafrique. Les Africains ont applaudi quand SARKOZY a prononcé le mot rupture. Mais malheureusement, du Maroc au Sénégal, en passant par le Gabon, le Cameroun, le Tchad, le Togo,
la Centrafrique, la Côte d'Ivoire et d'autres, la rupture est un  discours et rien de plus. Ce qui laisse patois les peuples africains car pour reprendre une expression chère à mon professeur d'économie politique à Paris II, " la France est puissance mondiale parce qu'elle est puissance africaine ". En clair, la France ne compte que par  les richesses qu'elle puisse de l'Afrique.

Komi EDEFU


Solitoki ESSO
Secrétaire Général du RPT

Le RPT : Solitoki Esso et la méthode clouée
Le RPT a-t-il encore un avenir ? C'est la question à laquelle tous les militants de ce parti se posent et continuent de se poser.

Ce qui est sûr, c'est qu'un sentiment  de fissure se dessiner au sein du parti au lendemain du scrutin du 14 octobre dernier. Les militants désemparés ne comprennent plus la ligne qu'emprunte le parti.

Préoccupés à s'enrichir au pouvoir au nom du RPT, les nouveaux venus au parti ne manifestent aucun intérêt  pour cette formation dont ils se réclament.  Quant aux militants actuellement démotivés, ils sont désormais dans l'attente d'un sauveur  du parti. Ils sont désemparés devant une situation qui semble être synonyme de confusion à la tête du parti. La situation actuelle du RPT correspond - t- elle - à " l'autre vision de Faure " dont nous parle récemment M. Solitoki Esso  lors de l'émission " Plateau de la Semaine
" de la TVT ?

Si " autre vision de Faure " il y a, elle semble coûter cher au parti qui est en perdition. Ecoutons notre secrétaire général du RPT disserter sur ce qu'il appelle " l'autre vision de Faure " lors de l'émission " Plateau de la Semaine " sur
la TVT. Selon lui, " l'autre vision de Faure, c'est de construire  un Togo démocratique. " Evidemment, déclare t-il, pour le faire, cela exige beaucoup de moyens sur le plan humain et beaucoup de méthodologie et de réflexion. Parfois, la méthode et la stratégie utilisées rencontrent un certain nombre de difficultés auprès de certaines personnes qui ont du mal à suivre,  qui n'arrivent pas peut être à  retrouver le milieu naturel dans lequel ils évoluaient avant et çà les gêne un tout petit peu. Mais ce sont là des circonstances qui passent et que, on ne peut pas à partir de là dire que le RPT est en déphasage avec les militants, en déphasage avec telle ou telle structure sur le plan national ". " Non, poursuit-il, " aujourd'hui, on ne peut dire qu'il y a risque d'implosion ou risque d'éclatement. Je pense que tout ceci est fait pour démontrer tout simplement qu'il y a toujours des problèmes et ceux qui le disent pensent que tant qu'il ne sont pas là , les problèmes ne disparaîtront pas ".

C'est ce qu'on appelle la méthode clouée. Ce refus de voir les problèmes en face en fonçant droit au mur. Dire aujourd'hui que tout va au RPT, c'est se moquer des valeureux militants.

On connaît bien M. Solitoki Esso..

Il est l'un des rares barons rescapés à tirer son épingle du jeu. Rarement on n'a vu les militants d'un parti politique être frustrés pareillement  du fruit de leur victoire au profit des amis du chef de l'Etat qui du reste n'ont jamais connu le chemin qui mène au siège du parti. Ce sont aujourd'hui ces militants  de la onzième heure qui fait la loi et Solitoki croit que cela réjouirait les vrais militants qui ont consacré leur vie à la survie du parti.

Au reste à quoi a concrètement servi  les fameuses élections primaires pour les candidats à la candidature des législatives. Solitoki  Esso lui même en a fait les frais.

Si le Secrétaire Général du RPT ne le sait pas nous l’informons que le parti est au bord de l’explosion si rien n’est fait dans un avenir proche car, des gens en ont assez d’être marginalisés. Il faut s’attendre à l’émergence d’autres forces vraiment rénovatrices si la situation actuelle perdure, à moins que ce soit l’objectif poursuivit.
Jacques TOM

 
Retourner à la page Accueil

Comments

No Comments

About togoforum

togoforum a été créé en 1999 juste comme un forum de discussion, puis est devenu un site web en 2001 /// togoforum was first created as a discussiion forum in 1999 and then became a website in 2001
© 2005 www.togoforum.com All rights reserved