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July 2008 - Posts

  • Bonne Gouvernance Economique : Attention, le Président Faure avertit : " Je n'ai pas d'amis à protéger "

    La Dépêche 427 du mercredi 16 juillet 2008

    Comme son feu père, le président Faure à jusqu'à présent, montré sa fidélité à ses amis du Collège Chaminade. Ceux-ci, très tôt ont été coptés pour l'aider à exercer le pouvoir.

     Seulement, saoulés trop par les délices du pouvoir, ces amis ont vite montré leurs limites. Pressés de s'enrichir, ils se sont mis à manger avec les pieds et les mains en narguant les autres Togolais à cause de la confiance que le président  a placée en eux. A cet effet, il  suffit d'observer le comportement de certains hauts responsables de la place pour s'en convaincre. S'il y avait lieu d'évaluer les hommes qui sont aujourd'hui aux commandes des affaires aux côtés du président Faure, on constaterait que ces hommes sont les premiers en vol, en pillage, en gabegie, en sabotage économique, en détournement de deniers publics. Bref, ils sont premiers en tout. Ce qui est en principe répréhensible.

    Tirant trop sur la corde, elle a fini par se couper.  Faure, qui a pris la mesure de la nuisance du comportement  de ses amis aurait-il pris ses distances après 3 années d'exercice du pouvoir. C'est comme si cela s'avérait, le courage du président est  à saluer. En tout cas, c'est une belle initiative car ce n'est pas aisé de se soustraire des amis avec lesquels on a flirté. Dans le sens des mesures nobles, s'inscrit la création du Comité ad hoc qui comprendra, outre les membres mentionnés dans notre dernière parution, les ministres DAMIPI et PRE.

    Déjà, ce comité ad hoc a tenu sa première réunion avec le FER. De sources proches de ce comité, cette première réunion aurait  été houleuse. L'atmosphère était en tout cas délétère.

    Excédé par les nombreuses accusations, le directeur du FER ne risquerait-il pas de parler tout haut ce que certains membres soucieux pensent tout bas. Ses révélations risquent, dit-on, de faire des vagues car des membres de la présente Commission auraient  émargé dans les registres du FER lors des législatives passées. Aujourd'hui, certains membres de la Commission ont le profil bas. Ils ont peur d'être éclaboussés. Ayant aussi bénéficié des largesses du directeur TCHAMSI Ferdinand, ces membres qui en principe méritent d'être récusés, pourront-ils regarder TCHAMSI dans les yeux et apprécier sa gestion ? Dans tous les cas, les réflexes humains recommandent que celui-ci ne meure pas seul. " L'arroseur arrosé ". Voilà ce qui risque de se passer.

    C'est le lieu d'attirer l'attention du Président Faure lors de la formation des Commissions de vérification et de contrôle de trouver les personnes idoines, propres et irréprochables s'il veut redorer son blason auprès de l'opinion qui pense qu'il protège ses amis qu'il a placés à des postes clés où coulent le lait et le miel. Pour cela, il doit se servir de ces services de renseignements.

    " Je n'ai pas d'amis à protéger "

    Tels sont les propos qu'on prête au Président Faure au lendemain de la formation de la Commission ad hoc chargée d'assainir le réseau routier dans le pays. Si ces propos sont vérifiés, ils sonnent comme un avertissement sérieux envers tous ceux (oncles et amis) qui se réclament bruyamment de son amitié pour semer le bordel partout.

              On peut aussi dire sans risque de se tromper que quelque chose va changer ou est en train de changer dans l'entourage du chef de l'Etat.

              En effet, voici trois ans que le Président Faure est parvenu au pouvoir en privilégiant dans son entourage et aux postes clés de l'administration ses amis d'enfance ou de classe. Personne ne trouverait rien à dire si ces amis aidaient le chef de l'Etat à relever les défis auxquels le pays est confronté : mal gouvernance, corruption, pauvreté endémique, réduction du pouvoir d'achat des fonctionnaires et salariés, le coût élevé de la vie etc. Alors que la majorité des Togolais gisent dans la misère, et ses amis exhibent leur vie ostentatoire. Malgré les appels de la société civile et les revendications des médias privés, Faure et ses amis sont restés sourds.

     C'est dans ce contexte de crise sociale aggravée que nous avons appris la mise en place de la Commission chargée d'assainir le secteur du réseau routier qui engloutit les plus gros investissements et où sévit malheureusement la corruption sous toutes ses formes.

              La présente Commission et les propos qu'on prête au chef de l'Etat sonnent comme une prise de conscience au sommet de l'Etat de la grave crise que traverse le pays. Après avoir tout donné à ses amis, Faure veut-il enfin se consacrer au peuple qui l'a plébiscité. C'est la seule voie qui s'offre à lui s'il veut aborder les échéances de 2010 sous de bons auspices. Mieux vaut tard que jamais. Wait and see.

    Kao Victoire 


    Françafrique : Transparency International traque les Chefs d'Etats africains qui n'aiment pas leurs pays

    Au moment de l'Esclavage qui a fait rage sur le continent noir, on raconte que les rois et chefs noirs sur nos côtes, pour un morceau de foulard ou une bouteille de Gin, n'hésitaient pas à vendre leurs sujets aux négriers qui s'enrichissaient sur nos côtes. En échange du commerce honteux, nos rois envoyaient leurs princes s'instruire chez l'homme blanc, appelé YOVO (en réalité AYEVU chien rusé en éwé). Ça, c'était l'histoire. Une histoire qu'il faut rappeler pour comprendre aujourd'hui les comportements de nos chefs d'Etats envers leurs peuples.

    L'image  qu'ils nous projettent n'est pas différente des rois complices de l'Esclavage. L'esclavage et le colonialisme ont laissé la place à l'impérialisme et au néo-colonialisme. Les indépendances n'ont rien apporté aux populations noires. Les pères des indépendances qui avaient une vision pour leur pays, Nasser Modibo Keïta, Patrice Lumumba, N'Krumah, Sankara et autres ont été exterminés et remplacés par des régimes fantoches à la solde de l'homme blanc qui veut avoir les richesses du monde pour lui seul.

    C'est ainsi qu'en Afrique, les rois fantoches ont été amenés à ne pas aimer leurs pays et leurs populations.

    Les aides  au développement retournent aux donneurs sous plusieurs formes.

    Les peuples ploient sous le poids du néocolonialisme au moment où nos rois n'arrivent pas à comptabiliser leurs biens chez l'oppresseur. Ceci a duré depuis la dénaturation de nos indépendances à nos jours.

    Mais comme le dit un dicton, au pays des Blancs, chaque Nègre a son maître. C’est ainsi que la société civile occidentale s’est mise à la trousse de nos dirigeants qui n’aiment pas leur pays.

    Parmi ces ONG sérieuses, on peut citer Amnesty International et la dernière  née, Transparency International. Cette dernière qui a vu le jour il y a seulement trois ans, fait un travail remarquable à travers le monde. Elle lutte pour la transparence dans la gestion des Etats et n'hésitent pas à montrer du doigt les coupables. C'est ce qu'elle vient de faire le 9 juillet 2008 à Paris en déposant une plainte contre 5 chefs d'Etats pour recel et abus de biens publics. Ces cinq chefs d'Etats sont accusés d'avoir détourné les fonds publics de leurs Etats pour acheter des immeubles et hôtels de luxe en France au moment où leurs peuples luttent désespérément contre la vie chère.

    Ces faussaires transfrontaliers sont : Bongo du Gabon, Blaise Compaoré du “Pays des hommes Intègres”, Denis Sassou du Congo, Théodore NGUEMA de Guinée Equatoriale et Dos Santos d'Angola.

    La plainte contre ces cinq chefs d'Etats intervient un an après celle déposée par l’association Survie qui a été rejetée par la justice française aux ordres du roi gaulois.

    Il faut saluer le courage et la détermination de Transparency International pour le travail qu'il abat au nom des peuples meurtris par leurs dirigeants.

    Kao Victoire


    Evala 2008 : Kpatcha à droite de Faure

    Lors de la visite du Colonel KADHAFI (13-15 juin 2008), nous écrivions que la sérénité était revenue dans la famille GNASSINGBE à l'appui d'une image  montrant le colonel libyen, le président Faure, l'honorable député Kpatcha et MEY à la chasse au parc animalier de SARAKAWA. Nous avions salué ce rapprochement entre les deux frères GNASSINGBE tout en souhaitant que d'autres actes plus forts suivent pour enterrer définitivement la hache de guerre. C'est aujourd'hui  chose faite. Au cours des EVALA 2008 qui se déroulent en ce moment en pays kabyè, on a vu le président Faure et son jeune frère assis côte à côte. Une autre image plus forte  a été renvoyée à l'opinion nationale, comme pour dire tout va bien. C'est quand le président Faure a appelé Kpatcha pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille.  Il a fallu de peu que les artisans de la division de la famille GNASSINGBE tombent évanouis sous l'apatam à la finale de Tchitchao où se déroulait la scène. Comme quoi, rien ne peut opposer durablement les frères de la même famille. Mais pour que la confiance revienne définitivement, Faure et Kpatcha peuvent mieux faire.

    Kao Victoire

     
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  • Le CAR invité au congrès de l’UFC

    Le Regard #604 du mardi 15 juillet 2008

              De source proche du CAR, on indique que le parti a été invité à l'ouverture du congrès de l'UFC qui se tient ce vendredi 18 juillet 2008. Mais souligne-t-on, le Comité politique du CAR sera saisi et la question sera débattue. On estime toutefois que la présence ou non du CAR au congrès de l'UFC dépendra de l'attitude de Gilchrist Olympio à l'égard du parti de Me Agboyibo.

              Depuis l'extérieur, le président national de l'UFC avait promis à Me Agboyibo qu'à son retour, il le rencontrera pour des discussions en vue d'aplanir les divergences.

              "Nous avons appris qu'il est là et nous attendons de voir ce qu'il en sera". Comme il l'a promis au téléphone, Gilchrist Olympio prendra-t-il contact avec Me Agboyibo pour exposer ses réelles intentions ? Lundi, les deux hommes se sont vus à l'ambassade de France à l'occasion de la fête du 14 juillet. Sans plus. Mais de lundi à vendredi tout est possible.

              En principe, il n'y a aucun mal à ce que par simple courtoisie, les partis invités soient présents à ce congrès. Plusieurs partis ainsi que des organisations de la société civile ont été invités sans doute pour montrer que le principal parti de l'opposition organise cette sortie sous le signe de la mobilisation de toutes les couches sociales. Mais les rapports tendus entre les deux partis ont vite fait de transformer ce geste insignifiant en un enjeu politique.

              En fait, l'invitation en soi plonge particulièrement Me Agboyibo dans une position délicate. Car déjà, il lui est difficile de calmer les responsables de son parti et non des moindres, qui considèrent qu'il s'agit plutôt d'une nouvelle ruse de Gilchrist Olympio pour amener le CAR à soutenir sa candidature en 2010 après avoir tout mis en œuvre mais en vain pour faire disparaître ce parti de l'échiquier politique.

              Des responsables du CAR doutent de la sincérité du leader de l'UFC ou plutôt considèrent qu'il se moque de leur parti quand ils se rappellent que :.

              L'UFC s'était opposée de toutes ses forces à l'élection de Me Agboyibo à la présidence du Dialogue intertogolais puis ensuite à l'Accord Politique de Base.

              L'UFC après la signature de l'APG a dénoncé la nomination de Me Agboyibo à la Primature, boycotté le gouvernement et présenté le CAR comme un allié du RPT. L'UFC s'est également opposée à l'érection du CAR en un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale. Autant de griefs qu'un simple appel à oublier le passé ne saurait facilement effacer.

              Quoiqu'il en soit, la présence ou l'absence de Me Agboyibo ou de la délégation du CAR à l'ouverture du congrès de l'UFC sera fort significative.

              S'il ne se prête pas au jeu, cet acte pourrait être interprété à dessein comme un refus de la main tendue de l'UFC  comme pour signifier à l'opinion que malgré la démarche réconciliatrice de Gilchrist qui, pour faire oublier le passé et rassembler les forces de changement, a bien voulu tendre la main à Me Agboyibo, ce dernier s'y oppose. Il n'en faudra pas plus pour présenter à nouveau le CAR comme un satellite du RPT comme ce fut le cas lors des législatives.

              En revanche, si le CAR répond à l'invitation en envoyant une délégation à l'ouverture du congrès, cette présence sera interprétée comme la fin des divergences entre le CAR et l'UFC et le début d'une stratégie unitaire pour l'alternance en 2010.

              Dans les deux cas, la fin justifiant les moyens en politique, l'objectif est d'envoyer un message fort aux électeurs du CAR dont l'UFC a besoin pour gagner en 2010. Toute action visant donc à amener par quelque moyen que ce soit, les électeurs du CAR à se détourner de Me Agboyibo et à voter massivement l'UFC n'est pas à exclure. Mais pour Me Agboyibo, ce serait aller trop vite en besogne que de s'engager dans des procès d'intention contre l'UFC sur l'utilisation qu'elle ferait de la présence du CAR à son congrès. Mais l'issue de l'imminente rencontre entre Gilchrist Olympio et Me Agboyibo donnera des indications sur la nature des futures relations entre les deux partis de l'opposition parlementaire.

    Abass SAÏB


    CAR-UFC : Les deux divergences fondamentales à surmonter

              Le débat sur la possibilité d’un rapprochement entre le CAR et l’UFC offre l’occasion de relever ce qui unit les deux partis et les points de divergences qu’ils devront surmonter à l’occasion d’une rencontre tant attendue.

              Quand l’on se réfère aux prises de position et aux programmes politiques des deux partis, on remarque un point commun sur la détermination commune du CAR et de l’UFC à œuvrer pour le changement démocratique et l’amélioration des conditions de vie des populations togolaises ainsi que pour le changement du système politique en place.

              Mais sur la manière d’y arriver, il y a de profondes divergences. Point n’est besoin de revenir sur l’histoire des deux hommes et leur parcours politique qui ne se ressemblent pas. Plus qu’une question d’alliance électorale, le défi auquel sont confrontées les deux formations de l’opposition représentées à l’Assemblée réside dans leur capacité à amener le pouvoir en place à opérer des réformes dans un cadre consensuel. Mais les points de divergence se situent à deux niveaux.

    D’abord l’APG

              L’Accord Politique de Base défendue par Agboyibo et pourfendu à l’époque par l’UFC avait voulu qu’avant les élections législatives, on mette en place une commission pour étudier les réformes à opérer. Mais, sur insistance du parti de Gilchrist Olympio qui réclamait l’intervention d’une facilitation, le dialogue s’est transporté à Ouaga et malheureusement  l’APG a confié avec le consentement de l’opposition, les réformes à opérer aux nouvelles institutions qui seront mises en place après les élections. En acceptant cette formule, l’opposition n’avait sans doute pas tenu compte de l’éventualité où le RPT se trouverait majoritaire à l’Assemblée. Devant donc une telle situation  inattendue, les deux partis sont obligés d’éviter les obstacles dressés par le parti au pouvoir.

              Il ne leur reste plus qu’à explorer les voies de  contournement des institutions noyautées par le RPT qui – pour rien au monde –  ne ferait pas de réforme contre lui-même pour faire plaisir à ses adversaires. Il eût été plus conséquent que le CAR et l’UFC harmonisassent leurs positions sur le cadre des réformes indispensables pour la bonne tenue des prochaines élections.

    Pour Me Agboyibo, l’Accord Politique Global est une chance historique pour notre pays et donc il faut l’appliquer fidèlement jusqu’au bout. Et la première chose à faire pour concrétiser la volonté de respecter l’APG, c’est la mise en place du Conseil National de Concertation et de Dialogue Politique. Pour le CAR donc, toute démarche qui ne s’inscrirait pas dans la défense des acquis de l’APG n’a aucun sens.  Les institutions issues des élections ne pouvant pas opérer des réformes sérieuses, le CAR considère que le Cadre permanent de dialogue est un cadre idéal pour discuter des questions touchant au plus haut point à la vie de la Nation. «Le CNCDP est  l’antichambre ou  on mâche on travaille dans un esprit consensuel et une fois l’entente faite, les textes sont transmis à l’assemblée Nationale», dit-il.

              Par contre, l’UFC n’est pas très regardante en ce qui concerne la mise en place du cadre de concertation prévu par l’APG. Le parti de Gilchrist Olympio pense que toutes les décisions qui y seront prises n’étant pas exécutoires dans la mesure où elles ne s’imposent pas aux institutions légales, il est  plus impérieux que les discussions  sur les points restants de l’APG se fassent plutôt  dans le cadre d’un dialogue bilatéral avec le RPT. Dans ses propos lors de l’émission «Plateau de la Semaine» de la TVT, Me Agboyibo lui-même n’a pas dit en quoi le cadre qu’il réclame véhémentement a force de loi. L’article 9 dispose d’ailleurs que «les avis du CNCDP peuvent être transmis en cas de besoin aux autorités compétentes pour suite à donner. Un communiqué établi à partir des questions débattues est remis à la presse».

    Pour le parti de Gilchrist Olympio, le dialogue bilatéral qui aurait le mérite de rassembler les deux principales forces politiques du pays, devrait aboutir à une solution consensuelle qui devra ensuite être soumise à l’Assemblée pour approbation. L’UFC qui  n’a cessé de réclamer ce dialogue à deux avec le parti au pouvoir ne dit pas elle non plus en quoi le résultat de ces discussions bilatérales s’imposent de facto aux institutions légales contrôlées par le RPT.

    Que ce soit le dialogue bilatéral cher à l’UFC ou le cadre ou le Conseil défendu par Me Agboyibo, l’Assemblée Nationale devra se prononcer en dernier ressort. On évite tout simplement le gouvernement. Le RPT peut envenimer la polémique pour faire traîner les débats empêchant toute décision consensuelle sur les réformes, afin de recourir à sa confortable majorité à l’Assemblée.

    Ensuite le type de message

              La deuxième profonde divergence porte sur le type de message à envoyer à la population. Le CAR à ce sujet considère qu’il est impérieux d’indiquer clairement aux populations la manière dont il faut gérer le pays pour éviter toute confusion. Le CAR croit dur comme fer que le Togo est confronté à une crise profonde liée aux agrégats ethniques et historiques et que pour casser ces agrégats, les forces politiques doivent discuter au sein du cadre permanent de dialogue pour définir la manière de cogérer le pays.

              Pour Me Agboyibo, la situation dans laquelle se trouve le Togo ne permet à aucune force politique de le gouverner sur la base du principe majoritaire. «Lorsque le système consensuel échoue et qu’un parti est tenté de vouloir imposer la majorité, les minorités n’ont pas le choix. Ils seront obligés de s’organiser et on risque de retrouver les scènes de violence qu’on a vécues par le passé». Aucun parti ne pouvant prétendre gérer seul le pays,  c’est ensemble qu’il faut y aller. Bien que ce  type de message reste incompris et n’attire pas les électeurs  le CAR continue de le soutenir par principe.

              Par contre le CAR n’adhère pas «au  double langage de l’UFC». Un avant les élections et un autre après. C’est ce qui éloigne fondamentalement les deux partis. Pour plaire aux populations et obtenir leur suffrage  l’UFC tient un discours de rupture avec le RPT. Lors de la dernière  campagne électorale, ce parti s’était clairement prononcé contre la cogestion et indiqué  qu’il entend gouverner seul le pays en cas de victoire. Souvent après les élections ce discours de rejet systématique   fait place à une volonté de dialogue  avec le RPT et l’UFC n’exclut  pas  de gouverner le pays ensemble avec le parti au pouvoir.

              Pendant plusieurs années, les Togolais ont été classifiés en bons et mauvais et la population a été habituée au rejet de l’autre. L’UFC ne fait que jouer sur cette psychologie en reprenant ce discours de rejet à son compte pendant la campagne quitte à se raviser après les élections.

              «C’est cette dualité du message qui nous pose problème  au CAR» indique Me Agboyibo qui attend donc de l’UFC un langage clair indiquant qu’elle s’inscrit dans la logique de la coexistence des forces politiques.

    Dans une récente interview qu’il a accordée au journal burkinabé l’Observateur Paalga le 9 juillet 2008 à Gilchrist Olympio rappelle :

    «J’ai eu deux ou trois discussions avec le président Faure Gnassingbé. D’abord à San’t-Egidio à Rome, à Ouaga, à Lomé, sous le parrainage du président Blaise Compaoré. Nous avons cru comprendre alors, que Faure restait président pendant cette période de transition et l’UFC devait désigner le Premier ministre. » Cette déclaration montre si besoin en ait que l’UFC a opté pendant longtemps pour la co- gestion du pays ensemble avec le RPT. Alors pourquoi tenir un autre discours à l’occasion des élections s’interroge-t-on au CAR ?

    Pour récapituler, on note que le CAR considère que les problèmes auxquels sont confrontés notre pays sont si graves qu’aucun parti ne peut prétendre le gouverner seul tandis que le discours servi par l’UFC indique que ce parti s’inscrit dans le système majoritaire tout comme le RPT. Mais il ne faut préjuger de rien. En politique tout est possible. Il se peut que ce qui apparaît comme de profondes divergences ne soit qu’une série de malentendus rapidement surmontables. Attendons de voir.

    1. S.

    Faure accusé de promouvoir des opposants

              "Ce n'est pas possible ! Le petit là est allé trop loin, un opposant à ce poste stratégique ? Il a osé faire ça ? C'est très grave".

              Ainsi s'exclamait un téléspectateur furieux d'entendre présenter l'invité du Plateau de la Semaine Kangni Alemdjrodo comme représentant personnel du Chef de l'Etat auprès de l'Organisation Internationale de la Francophonie. Celui qui s'exprimait ainsi comme on peut le deviner, est un nostalgique de l'époque Eyadema où il fallait à tout prix démontrer son adhésion "à la politique salvatrice du Timonier" avant de prétendre occuper un poste de ce genre. Ils sont encore légion, ces nostalgiques d'un passé pas si lointain, à croire que le Togo est un champ de maïs d'une certaine famille, d'une certaine ethnie ou à défaut d'un certain parti politique. Au nom de cette curieuse façon d’appréhender la gestion du  pays, les  Togolais doués de compétence inégalée, faute d'appartenir à au moins l'une des trois catégories n'ont pu mettre leur génie au profit du pays qui les a vus naître et qui les a formés. C'est ainsi que voyant leur avenir bouché à cause de la consécration de la médiocratie pour des raisons farfelues, des compatriotes ont dû monnayer leur talent à l'étranger.

              C'est vrai qu'il n'est pas facile de se débarrasser du jour au lendemain d'un système quarantenaire bâti sur le "mèdèfrerisme" mais du temps du «Général bien aimé, Guide Eclairé, bâtisseur de la Nation, Premier Togolais, Timonier national», il n'était pas possible même de rêver que des Togolais artisans du soulèvement du 5 Octobre farouches opposants au pouvoir RPT puissent occuper la moindre fonction administrative. La neutralité politique étant alors considérée comme une traîtrise, des citoyens ont dû se livrer à du zèle pour pouvoir préserver leur emploi.

              En raison du rôle qu'ils avaient joué dans la résistance contre le système Eyadema, la présence de Aduayom Adimado, Léopold Gnininvi, Cornélius Aïdam dans un gouvernement coiffé par le fils du Général-Président est considérée comme un affront par les tenants de la Gestion familiale et militante du pouvoir d'Etat. S'il faut appréhender la gestion de l'Etat en termes de mise à l'écart de certains Togolais en raison de leurs prises de positions politiques par le passé, seule la famille Gnassingbé et alliés ainsi que leurs lèche-bottes ont voix au chapitre. Alors tous ceux qui  avaient de près ou de loin défié le pouvoir RPT aux premières heures de la conquête de la démocratie devraient dans ce cas changer de nationalité pour pouvoir se mettre en valeur.

    A l'ouverture de la Conférence Nationale Souveraine, lorsque le Général Eyadema fit son entrée dans la salle, tous les délégués, au moins par respect pour l'institution qu'il incarnait se sont levés sauf un seul qui s'appelait Antoine Folly. Lorsqu'on revoit les images et qu'on entend les propos que le «Combattant» Folly a tenus à l'égard du pouvoir RPT de 1990 à 1994, on ne peut imaginer qu'il pourrait un jour serrer la main à un militant du RPT. Mais ironie du sort, il se sent mieux dans le gouvernement. Bien évidemment, cette ouverture n'est pas pour plaire aux fous du RPT qui ne sont pas prêts à pardonner à celui qui a eu le culot de nommer autour de lui des gens qui ne s'étaient pas "sacrifiés" pour le RPT. Pour ceux-là qui confondent le Togo à ce parti, Faure devrait nommer ses plus proches collaborateurs parmi les militants zélés qui  ont «lutté» pour le parti. C'est-à-dire ceux qui ont chanté le RPT en exhibant la poitrine nue sous le chaud soleil et surtout les "vaillants militants" qui ont pourchassé et zigouillé ces ennemis d'opposants à l'aide des gourdins cloutés pendant les élections. Pour eux, en aucun cas, il ne fallait permettre à des "Togolais entièrement à part", c'est-à-dire qui n'ont pas la même opinion politique que les dépositaires autoproclamés du titre foncier de notre pays, de se mettre au service de la nation. Pour cette «espèce» de Togolais, patriotisme rime avec la persécution de ceux qui osent critiquer le système en place.

              Malgré tout, les Togolais n'en sont pas arrivés à un affrontement armé comme en Côte d'Ivoire. Là-bas les frères ennemis qui s'étaient pourtant tirés dessus gèrent le pays ensemble. Qui aurait pu imaginer que Guillaume Soro qui au début de la rébellion ne jurait que par le départ de Gbagbo deviendrait au bout du compte  son Premier ministre de ce dernier ?         

    L. S.


    Amah Gnassingbé va-t-il relever le défi ?
    Le congrès de l’UFC s’ouvre vendredi prochain alors que les postes de 1er et 2e Vice-présidence du parti sont vacants. Si le vieux Bob Akitani sera absent pour des raisons qu’on connaît, par contre, le 2e Vice-président Amah Gnassingbé devrait relever le défi en se présentant au congrès. En dépit de sa mise à l’écart non officielle suite à son entrée au gouvernement après les législatives Gnassingbé de Lama ne continue pas moins de déclarer à qui veut l’entendre qu’il est plus UFCiste que le président Gilchrist Olympio lui-même et qu’il détiendrait le récépissé dudit parti. S’il se réclame toujours responsable de l’UFC, c’est le moment ou jamais de le prouver non seulement en participant au congrès mais aussi en se faisant élire par acclamation à la place de Gilchrist Olympio.

    L. R.


    Les distributeurs agréés affrontent CIMTOGO

              Le torchon brûle entre la direction commerciale de CIMTOGO et le Syndicat National des Distributeurs agréés de ciment du Togo. Lundi 14 juillet, on a noté une paralysie des activités de livraison du produit.

              CIMTOGO demande aux clients qui avaient passé les commandes deux, trois voire quatre mois auparavant de payer la différence avant de leur livrer le ciment.

              La tonne de ciment CIMTOGO qui était précédemment de 69.600 F CFA est passée à 81.000 F CFA et FORTIA, de 66.000 la tonne à 77.000 F CFA. Des commandes de 1.000, 10.000 voire 30.000 tonnes avaient été passées avant cette hausse de prix que les producteurs ont tout mis en œuvre pour obtenir du gouvernement. «Ce qui pose problème est que la Direction nous demande de compléter les commandes antérieures qu’ils auraient dû nous livrer avant la hausse du prix». A leurs yeux cela frise la tricherie surtout que ces commandes sont passées voici environ trois mois. «Nous avons passé nos commandes et payé depuis plus de deux mois», se plaignait hier un syndicaliste qui souligne que «normalement, nous devons être servis depuis. Mais quand on vient aujourd’hui, on nous dit de revenir demain et ils ont continué à nous tourner en bourrique jusqu’à ce jour».

              «Nous sommes simplement victimes de la discrimination. Alors que nous avons payé depuis, des clients  viennent et sur-le-champ on les sert et paradoxalement parmi eux, il y en a qui ne sont même pas des agréés. Et cela s’est poursuivi jusqu’aujourd’hui où nous sommes rattrapés par la hausse du prix», a renchéri un autre.

              Et pour manifester leur désarroi, les syndicalistes ont haussé le ton. Ils se sont servis de leurs camions pour bloquer l’entrée par laquelle transitent les chargements. Devant le fait accompli, la direction a ouvert les discussions, mais tout en demeurant campée sur sa position menaçant même de faire venir la gendarmerie pour dégager le passage. On rapporte que des responsables menacent même de livrer les commandes réservées si les syndicalistes n’obtempèrent pas au motif que la demande est plus forte que l’offre.

              Dans la foulée, on apprend que les distributeurs agréés concernés ne sont en réalité pas en odeur de sainteté avec la direction commerciale. Il se dit qu’ils sont pour la plupart les victimes de la fermeture des dépôts officiels de la société ordonnée de façon arbitraire par le même directeur commercial  à travers tout le pays.

              Réduits au chômage, ils ont dû se convertir en distributeur mais toujours est-il que leur ancien patron ne veut aucunement les sentir et leur livre une guerre sans merci. Jusqu’où ira cette nouvelle fronde ?

              Devant cette injustice flagrante, les autorités gouvernementales semblent ne rien constater. Peut-être que comme d’habitude, on attend que surviennent le pire avant de réagir.

    K. Ségniagbéto

     
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  • Me Yawovi Madji Agboyibo : «Le CAR se détermine essentiellement par rapport à l’attitude que les autres formations adoptent à l’égard de l’APG»

    Triangle du 15 juillet 2008
    Depuis un certain temps, on parle d’une probable alliance CAR-UFC qui suscite des doutes et une certaine lassitude au sein de la population. Pour plus d’éclaircissement, nous avons approché le président national du CAR, Me Yawovi Agboyibo, qui a bien voulu nous accorder cette interview exclusive.
     

    Depuis un certain temps, on parle d’une probable alliance CAR - UFC. Cette énième tendance fait douter plus d’un
    Togolais qui manque de confiance. Que dites-vous par rapport à ces interrogations des Togolais?
    Me Agboyibo:
    La classe politique togolaise a fonctionné depuis avril 2006 par autonomie d’expression des positions et recherche de consensus. Dans ce nouveau contexte fait de rupture avec la période antérieure des blocs, le CAR se détermine essentiellement par rapport à l’attitude que les autres formations adoptent à l’égard de l’Accord Politique Global (APG). De ce point de vue, nous nous sentons en convergence avec toute formation politique qui s’inscrit dans la logique de l’APG et croit comme telle à la nécessité de respecter ses dispositions visant à préserver et à consolider, après les élections du 14 octobre 2007, le processus consensuel en cours. Il en est ainsi notamment du cadre permanent de concertation et de dialogue. Après le clin d’œil que Gilchrist Olympio m’a fait le dimanche 29 juin 2008, le CAR attend de voir si l’UFC est disposée à défendre la mise en place du cadre permanent ou si elle préfère contourner, en entente avec le RPT, cette disposition capitale de l’APG en acceptant d’examiner directement, au niveau de l’Assemblée Nationale, les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

    Par ailleurs, notre parti considère que les diverses composantes de la classe politique ne peuvent résolument sortir le pays de la crise qu’en tenant à l’égard de nos populations, un langage clair allant dans le sens du consensus. Le double langage consistant à prôner le rejet de l’autre pendant les campagnes électorales pour rechercher le partage du pouvoir aussitôt après les élections, a suffisamment fait du tort à notre pays.

    Dans l’immédiat, il est indispensable que l’on sache s’il est possible de parvenir ou non à une convergence de vues sur ces points au sein de l’opposition. Chacun pourra alors mieux se déterminer.

    Etes-vous du moins prêts pour une probable alliance pour les enjeux électoraux de 2010 ?
    Je crois avoir déjà répondu à votre question.

    Hier, c’est la flambée des prix de premières nécessités. Aujourd’hui c’est le ciment. Demain ce sera peut être le carburant. Alors quelle est votre réaction par rapport à ce phénomène surtout qu’aucune mesure n’est visible pour freiner cet élan. Est-ce que tout cela ne portera pas préjudice aux élections de 2010 ?
    Les soubresauts que le Togo et la plupart des Etats africains ont connus à partir de 1990, ont eu pour cause la soif de la démocratie. Un certain nombre de pays ont réalisé à cet égard des efforts d’organisation d’élections qui ont débouché sur des formes plus ou moins réussies d’alternance. Mais la question de la vie chère a brutalement mis à rude épreuve les effets bénéfiques que l’on pouvait attendre de ces efforts. Aujourd’hui, il apparaît de plus en plus que les défis que les pays africains ont à relever sont tels qu’il faut que les élites politiques du continent se penchent sur le mode d’organisation politique approprié à une plus grande mobilisation des énergies face à ces défis. C’est dans cet esprit que se situe la cogestion proposée par notre parti. La cogestion n’est pas une démarche visant à partager des portefeuilles ministériels. Elle n’est pas synonyme de Gouvernement d’union nationale. Elle est avant tout un engagement de la classe politique à conjuguer les énergies pour régler les problèmes auxquels nos populations sont confrontées.

    Propos recueillis par Jérôme SOSSOU

     
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  • Probable alliance UFC –CAR : Ce que cela cache

    Triangle du 15 juillet 2008

              Le monde politique togolais s’apprête une fois encore à jeter, de la poudre aux yeux des pauvres citoyens déjà épinglés par la vie chère qui sévit actuellement dans le pays.  Le nouveau ancien concept « coalition » ou plutôt « alliance » entre partis de l’opposition revient.

              Le concept en soit n’est pas nouveau. Il n’est venu qu’à point des formes que les initiateurs avaient déjà présentées dans leur menu d’actions et programmes politiques à un suffrage électoral togolais aussi indélicat qu’il soit. Dans notre parution N°07 de la semaine passée, nous nous sommes posés une question celle de savoir si le pourparler entre l’Union des Forces du Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) pouvant déboucher sur une probable alliance n’est il pas une alliance de trop ? La réponse ne sera que oui. Car ce probable alliance quelle que soit sa raison d’être sera un  véritable saupoudrage pour endormir définitivement le peuple. En réalité, les enjeux électoraux de 2010 sont gagnés d’avance par le RPT,  c’est-à-dire des tractations se font de gauche à droite pour maintenir Faure au pouvoir. Et comme les partis de l’opposition et surtout le plus grand parti de l’opposition l’Union des Forces du Changement (UFC) n’a jamais les moyens de sa politique pour arriver au pouvoir en 2010, il faut qu’il adopte des stratégies lui permettant cette fois-ci de quitter sa position radicale pour bénéficier de la magnanimité du parti au pouvoir. Cela veut dire tout simplement que Gilchrist Olympio a finalement compris que le partage du pouvoir avec le RPT passera forcement par sa position flexible et diluée. Au cas où, il ne bénéficiera jamais des fruits de ces longues années de combat contre le système. Il faut alors trouver un allié qui peut lui permettre de faire l’affaire.

     Il sont nombreux et pas des moindres : Edem Kodjo (CPP), Léopold Messan Gnininvi (CDPA), Zarifou Ayéva (PDR), Me Yawovi Agboyibo (CAR), les alliés d’hier souvent considérés  comme des traîtres pour avoir déjà accepté la collaboration avec le parti de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui, l’UFC donne-t-elle raison à ces partis de l’opposition qui ont une fois au moins collaboré avec le RPT afin de savoir réellement le fonctionnement de cette machine conservatrice, les méthodes anciennes ou plutôt a-t-elle compris finalement que la collaboration avec le RPT est un passage obligé pour bénéficier des mœurs de la politique Togolaise. Si cela est le cas, il faut alors trouver un allié de tous les temps malgré les divergences, les querelles de personnes et de leadership…

     L’essentiel est que, cette fois-ci on puisse connaître les raisons qui ont poussé les uns et les autres à descendre dans les arènes du pouvoir (la primature). Il le faut puisque Gilchrist Olympio s’est rendu compte de l’évidence : sa position radicale ne lui facilitera pas les choses. La preuve est que ses multiples rencontres avec Faure (Rome, Abuja, Ouaga…) n’ont rien donné malgré les promesses alléchantes qui lui ont été faites et même devant le facilitateur du Faso, Blaise Campaoré. Une alliance avec le CAR aujourd’hui pour un probable partage du « gâteau » national est enfin une suite logique, la remise en question de sa position de radical qui d’ailleurs n’a rien apporté au changement du pays. Plutôt, cela a causé assez de torts (Barbarie, violences, tuerie de tout genre, renforcement de la dictature au niveau du pouvoir RPT etc.…). S’il est convenu entre le parti au pouvoir le RPT  et l’UFC de Gilchrist Olympio un prochain partage du pouvoir qui passera par une alliance il faut que cette énième avec le CAR  soit cette fois-ci une alliance d’objectivité et de franche collaboration  et non une alliance de façade et de déboires pour les militants.

     Nul ne peut aujourd’hui être contre l’adhésion de l’UFC au partage du pouvoir, certes, mais les Togolais ont besoin aujourd’hui d’une seule chose : vivre décemment. Point n’est besoin de lui servir une plate politique hautement pleine d’inutilité, et encore moins de querelles creuses de personnes. Les élections de 2010 constituent alors un enjeu fondamental pour le Togo à atteindre la cour des nations qui aspirent aux grandes orientations modernes. Pour ce faire, que le jeu soit déjà clair pour tous les togolais au lieu qu’il lui soit encore réservé une sublime supercherie qui ne dira pas son nom.

    J.S


    Mauvaise foi de Faure : Les ministères de Gnininvi et d’Antoine Folly toujours sans directeurs de cabinet
    Un ministre ne peut bien accomplir son travail que s’il dispose de l’ensemble de ses collaborateurs. Mais force est de constater que depuis plus de 7 mois après la formation du gouvernement deux ministères demeurent sans directeurs de cabinet. Celui de la Jeunesse et des sports d’Antoine Folly et celui des Affaires étrangères du professeur Gnininvi. Selon la tradition le directeur de cabinet doit être nommé par le président de la République sur sa propre initiative ou sur proposition du ministre. Selon des informations, ni l’un ni l’autre solution n’est adoptée jusqu’à ce jour et pourtant des propositions venant des ministres sont toujours sur la table de Faure Gnassingbé. La conséquence de cette situation est le désordre que l’on observe dans ces deux ministères avec des conflits de compétence entre les cadres. Au ministère des affaires étrangères par exemple, certains cadres se permettent de saboter le travail du ministre et parfois de dissimuler des missions. La diplomatie togolaise est malade et la venue du professeur Gnininvi dans ce département laissait présager des reformes mais aujourd’hui rien ne semble se profiler à l’horizon. Des diplomates en fonction depuis 15 ou 20 ans à l’extérieur refusent de rentrer à la base pour permettre à d’autres jeunes nouvellement formés d’entamer leur carrière de diplomate. Il n’est plus l’ombre d’aucun doute que Faure en enrôlant certains opposants dans son gouvernement ne visait qu’un seul objectif améliorer son visage vis-à-vis de l’extérieur sans pour autant changer quoi que ce soit et ce rôle le professeur Gnininvi et Antoine Folly le jouent si bien.

    TE


    Hausse des prix du ciment : Les vraies fausses raisons du gouvernement
    Nous prend-on dans ce pays pour des bêtes ou sommes-nous vraiment des bêtes justes destinées à l’abattoir plutôt qu’aux verts pâturages et à l’abreuvoir ?

    Parce que le ciment coûte plus cher ailleurs qu’ici, les distributeurs spéculent. Et parce que les distributeurs spéculent, le Togo souffre de pénurie du ciment. Les mystérieuses mesures prises par le gouvernement n’ayant pas réussi à endiguer le flot de nos ciments vers l’extérieur, et compte tenu de patati, et compte tenu de patata, notre tout puissant gouvernement, lui qui ne cède aucunement aux revendications des consommateurs et des travailleurs, cède aisément à la demande du Lobby du ciment et procède ainsi à la hausse des prix de ce produit si cher aux Togolais mais qui devient de plus en plus un produit de luxe, comme tant d’autres.

    Vous conviendrez alors avec nous que cette décision a de quoi faire à la fois sourire en coin et rire jaune, puisqu’elle traduit le ridicule, le cynisme et le manque de la moindre considération du gouvernement à l’égard des consommateurs et des travailleurs togolais.

    A bien y regarder, cette mesure prise pour mettre un terme à la spéculation sur le ciment, plutôt que de pénaliser les spéculateurs et de soulager les consommateurs, comme le suppose le gouvernement, ne pénalise, au finish, que les derniers !

    Au Togo, nous le savons tous, nous n’avons ni le même pouvoir d’achat ni le même niveau de vie que dans les pays où le ciment se vend plus cher que chez nous. Ainsi réévaluer nos prix par rapport aux prix pratiqués dans ces pays, c’est revoir aussi nos souffrances à la hausse, surtout par ces temps de vie chère. Comme dirait l’autre : « C’est vendre le voleur pour acheter le sorcier ». C’est ni plus ni moins qu’une nouvelle fuite en avant.

    Selon le contrat qui lie le Togo aux entreprises installées en zone franche chez nous (c’est le cas de Wacem), les produits de ces dernières ne sont-ils pas destinés exclusivement à l’exportation ? Le Togo n’avait ainsi fait qu’ouvrir une brèche par laquelle de « bons » commerçants s’engouffrent. Et qui sont d’ailleurs ces commerçants que des mesures du gouvernement n’ont pas pu arrêter dans leur recherche effrénée du plus grand bénéfice ailleurs, comme tant de nos cerveaux qui sont allés mieux monnayer leur génie sous d’autres cieux faute de peu ici ? Allez savoir ! Et puis, les bénéfices qu’ils réalisent là-bas, y sont –ils investis ou sont-ils rapatriés au Togo pour renflouer nos banques et renforcer notre économie ? A demande forte ne devrait-il pas correspondre grande offre ? Et puis, et puis, la hausse des prix du ciment va-t-elle empêcher ces commerçants de réaliser d’autres bénéfices ? C’est toujours le pauvre consommateur qui en paye le prix et qui s’appauvrit davantage. Et dans leurs beaux discours, les gouvernants vont continuer à nous faire croire qu’ils luttent pour notre bien-être.

    Incapable de mettre un terme à la hausse anarchique des prix des denrées de premières nécessités par de véreux commerçants, c’est le gouvernement lui-même qui, à son tour, entre dans ce jeu fatal pour la majorité des Togolais. A quel produit est-ce bientôt le tour ? Quand est-ce que le gouvernement arrivera-t-il à brandir la bonne baguette pour conjurer une fois pour de bon le mauvais sort des Togolais ? A quand la révision de la grille salariale et le paiement régulier des salaires et des pensions ?

    On pourra nous rétorquer que le gouvernement en fait déjà beaucoup, qu’il subventionne le pétrole, l’électricité  et tutti quanti. Nous n’en disconvenons pas. (Nous lui en sommes d’ailleurs quelque peu reconnaissants !) Nous disons tout simplement que ce n’est pas assez. Tant que tous ses enfants ne jouiront pas d’un certain bien-être, un père de famille n’aura jamais assez fait. Si l’on juge salutaire de réévaluer les prix du ciment chez nous par rapport aux prix de l’extérieur pour empêcher la spéculation, ne trouve-t-on pas aussi salutaire de réévaluer notre pouvoir d’achat par rapport au pouvoir d’achat dans ces pays pour éviter et la misère et la fuite des cerveaux ?

    Nous osons espérer qu’un prochain conseil des ministres nous donnera gentiment la bonne réponse.

    Nous sommes toute ouïe !

    Papa Razy

    Processus de réconciliation au Togo : Une manœuvre du pouvoir RPT pour bluffer le peuple
    Le processus de réconciliation en cours actuellement au Togo est le nouveau concept mort-né du parti au pouvoir le RPT. Cette manœuvre est un véritable saupoudrage pour bluffer l’opinion nationale et internationale

    En effet, depuis le 15 avril 2008, Faure Gnassingbé a lancé le processus de réconciliation nationale à l’intention des fils du pays. Peine perdue. Ce processus souffre à sa naissance de plusieurs manquements. Comment un processus de réconciliation peut aboutir à un objectif fiable si l’impunité bat encore son plein dans le pays ? Comment un processus de réconciliation peut être sérieux si la chasse à l’homme continue dans la clandestinité ? Comment cela peut-il être possible que des jeunes embastillés lors des revendications populaires post-électorales (2005)  croupissent encore dans le mouroir de la prison civile de Lomé au moment où l’Armée qui a tiré à balles réelles sur les pauvres citoyens  circule en toute impunité dans les rues de la capitale. Le processus de réconciliation en cours est voué à l’échec pour la simple raison que l’ex ministre de l’intérieur François Boko qui avait préparé les élections est dans le collimateur de l’Armée Togolaise. Plus, le Président du Rassemblement pour le Soutien à la Démocratie et le Développement (RSDD), candidat malheureux de ces élections d’avril 2005, dont le parti disposait du plus grand nombre de députés à l’Assemblée Nationale d’alors, Harry Olympio est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

    Ce qui nous réconforte dans cette logique reste le zèle des éléments incontrôlés et incontrôlables de l’Armée despotique et clanique du feu générale Eyadema, qui ont instauré actuellement un système de chasse à l’homme et d’enlèvement clandestin à l’endroit des jeunes soupçonnés impliqués dans des affaires politiques ou qui ont des visions « rebelle » contre le système archaïque de conservation et de prise en en otage du pays. Le cas pathétique du jeune Akpabli Koami, Wilson Adjé et autres Folligan Folly, confirme cette assertion selon laquelle le processus de réconciliation lancé par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé est un véritable saupoudrage. En effet, le jeune Akpabli Koami est un ingénieur informaticien qui a conservé assez de fichiers frauduleux des élections législatives du 14 octobre 2007 qu’il se propose de donner à l’opposition Togolaise. Ces fichiers, bien entendu, permettront à cette opposition de déceler les méthodes de fraudes électorales surtout à l’orée des enjeux électoraux de 2010. Akpabli Koami constitue alors un danger pour le pouvoir en place. Il doit être anéanti, détruit ou tout simplement enlevé. Alors des individus non identifiés rôdent au tour de son domicile presque tous les jours. Ainsi depuis un certain moment il est introuvable. Sa famille et ses amis s’inquiètent de sa disparition brusque. Aucun signe pour annoncer sa survie. On se demande s’il est déjà enlevé par cette bande de zélés éléments incontrôlables de l’Armée Togolaise qui sèment la terreur et la zizanie dans le cœur des Togolais. Dans tous les cas le jeune Akpabli doit être protégé s’il est encore en vie quelque part. Encore un  cerveau dissipé pour le Togo. Ce bras valide, cette tête pleine doit être sauvée pour qu’il ne vienne pas mourir en prison.                    

    T.E

     
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  • Le délestage et ses corollaires : A quand la fin des ennuis liés au non fonctionnement des feux tricolores ?

    AgoraPress Lomé - Dosseh SOHEY 

    S’il faut ajouter quelque chose aux innombrables inconvénients liés au délestage, ce sont sans nul doute les difficultés qu’éprouvent les véhicules et autres engins aux carrefour des principales artères de la ville de Lomé. Les feux tricolores étant hors d’usage pendant les moments de coupure d’électricité, chacun des usagers de la route veut se frayer un chemin pour arriver à temps soit au service, soit à un rendez-vous. Dans ces conditions, en l’absence des agents de police à ces différents endroits pour réglementer la circulation, il n’est pas rare de constater des accidents d’ici et là et des rappels au code de la route et à la notion de conduite entremêlés d’injures pour sanctionner son prochain en infraction. Parfois les carrefours ressemblent à un cimetière de véhicules où tout est immobile à cause du non respect du principe de priorité qui consiste à laisser passer normalement son prochain avant soi. Dans des cas pareils, les conducteurs de motos arrivent à tirer leur épingle du jeu en empruntant les trottoirs au mépris de toute règle de circulation pour se retrouver très loin devant. Ce qui amène les autorités à dépêcher dans les carrefours des agents de police pour se substituer aux feux tricolores.
     
     Depuis le début de la semaine passée, il y a une diminution de coupures intempestives d’électricité. D’aucuns l’interprètent comme une façon de permettre à un bon déroulement des épreuves du baccalauréat qui prennent fin ce 14 juillet avec les épreuves de musique. « Le gouvernement nous a permis de passer l’examen dans de très bonnes conditions parce que nous n’avons pas constaté assez de perturbations électriques durant les épreuves » a déclaré un candidat.  Un autre d’ajouter que
    « ce temps de répit n’est pas un hasard ; les autorités sont conscientes de l’importance de cet examen en assurant de l’électricité pour que tout se déroule normalement. »
     
     
    Du côté des autorités du secteur de l’énergie électrique, cet aspect n’est pas à négliger, mais « ce sont les fruits des efforts du gouvernement pour permettre le retour à une vie normale dans les foyers, les lieux de travail et sur toute l’étendue du territoire national. »
     
     
    Cependant certains sont sceptiques quant à la résolution totale de la crise énergétique d’ici à 2010 annoncée par les responsables de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET). Raisons évoquées, les 14 groupes électrogènes commandés par la CEET ont besoin de carburant pour fonctionner. Or le gouvernement avait annoncé son incapacité à alimenter tous les groupes qui existaient en carburant. Raison évoquée, il a dépense beaucoup plus en carburant par les groupes électrogènes qu’il ne bénéficie des redevances provenant des factures d’électricité. L’autre aspect est que la subvention des produits pétroliers par le gouvernement arrive à échéance à la fin de ce mois. Si aucune autre mesure de soutien n’est prise, on assisterait indubitablement à la flambée des prix des produits pétroliers. Et il y aura toujours des difficultés car avec les prix actuels, le gouvernement n’arrive pas à assurer le fonctionnement de tous les groupes. Qu’en serait-il d’une flambée des prix des produits pétroliers face à un nombre croissant de groupes électrogènes à alimenter en produits énergétiques ?

     
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  • Plus d’une trentaine d’éléments des forces de sécurité et de défense détenus à la Prison de Lomé

    Liberté Hebdo #379 du 14 juillet 2008

    L’intransigeance de la hiérarchie militaire face aux braquages : Plus d’une trentaine d’éléments des forces de sécurité et de défense détenus à la Prison de Lomé
    Depuis quelques années, les populations togolaises sont victimes des braquages et des vols à main armée. Les conducteurs de taxi-moto sont ceux qui payent le lourd tribut.

    Aujourd’hui, les autorités togolaises ne font plus de cadeau aux malfrats quel que soit leur rang social. L’actuel haut commandement de la gendarmerie, de la police et des forces de défense donne le bon exemple en sanctionnant ceux des leurs impliqués dans des braquages et autres crimes. Tolérance zéro pour les éléments des forces de sécurité et de défense  reconnus coupables d’infractions.

    C’est ainsi que plus d’une trentaine d’agents de sécurité et de défense sont actuellement détenus à la prison civile de Lomé. Ils sont incarcérés et connaissent le même sort que les civils. « Ce sont des gens qui sont impliqués dans des braquages et autres vols à main armée. Ils profitent souvent de leur temps de repos pour commettre ces forfaits alors que ce sont eux qui devraient en principe assurer la sécurité des populations. La hiérarchie militaire est intransigeante et les sanctionne durement. A ceux-ci s’ajoutent les réformés qui organisent les réseaux », explique une source proche du dossier.

    Selon certaines informations en notre possession, ces détenus fomenteraient un projet de destruction du centre pénitentiaire aux fins de s’échapper. Ces rumeurs seraient prises au sérieux par l’administration qui veille au grain. 

    R. K.


    Mauvaise gouvernance des sociétés d’Etat au Togo : L’ICAT victime de détournement de 100 millions de cotisations sociales du personnel
    Les ruses pour s’enrichir sur le dos de ceux qui tirent le diable par la queue n’en manquent pas au Togo. C’est ainsi que tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir de décisions dans le pays s’emploient à merveille à ponctionner non seulement les travailleurs au SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) faible mais aussi l’économie nationale à l’agonie. C’est bien le cas de ce qui s’est passé à l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT) entre février 2004 et juillet 2007. Il est établi la volatilisation de plus de 100 millions F CFA de cette société d’Etat.

    En réalité, cette somme constituait les cotisations sociales du personnel que l’ICAT devrait en principe reverser à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Mais pour des raisons encore non élucidées, cette somme a atterri ailleurs que sa destination initiale. Comment en est-on en arrivé là pour que les vieux jours des agents contractuels qui, sous la pluie ou sous le chaud soleil arpentent les monts et  vallées ou encore mordent de la poussière sur les pistes rurales et les routes cabossées, soient en voie d’être hypothéqué ? Telle est la question que se posent nombre de Togolais qui connaissent cette société d’Etat et les conditions de travail de ses agents.

              En effet, le Trésor public togolais qui versait les cotisations sociales à la CNSS, a fini par accumuler des impayés à cette institution de la prévoyance sociale entre 1999 et janvier 2004. C’est ainsi qu’à la suite des négociations entre la Direction de l’ICAT et le Trésor public, il était convenu entre les parties que désormais l’intégralité du salaire à savoir 16,5 % des charges patronales de l’employeur et le salaire brut du personnel soient alloués à l’Institut tous les mois. « C’est  pour pallier à un certain nombre de problèmes que le Trésor public a accepté de déléguer à l’ICAT des fonds correspondant à la totalité de ses charges salariales avec l’obligation pour celui-ci de verser les cotisations sociales à la CNSS tous les mois », a-t-on appris de sources syndicales. Il revient à l’ICAT alors de reverser les 16,5 % et les 4 % prélevés sur le salaire brut du personnel soit un total de 20,5 % de cotisations sociales à la CNSS tous les mois. Mais il a été constaté la disparition de plus de 100 millions de francs CFA correspondant à seize (16) mois de cotisations sociales qui n’ont jamais été reversées à la CNSS comme il était convenu entre les parties.

              Le pot aux roses a été découvert lors de la passation de service entre les DAF (Directeurs Administratifs et Financiers) MM. Tchassanti Ouro-Bodi, le sortant et Tèkoé Fogan, l’entrant. Il faut souligner qu’entre-temps, Dr. Odou, Directeur général de l’ICAT a été saisi par un rapport de la Cellule Audit Interne et Contrôle de Gestion de l’institut à en croire une correspondance datée du 15 septembre 2007 du Collectif des Agents Contractuels de l’ICAT adressée au Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, sur la gestion catastrophique des fonds reçus du Trésor public et le non versement des cotisations à la CNSS. L’on note également que durant cette période, la dotation de carburant aux agents de terrain (Conseillers Agricoles) qui est de dix (10) litres par mois n’a pas été régulière. Même situation pour les Directions de Délégation Régionale qui étaient sevrées de fonds de fonctionnement. La gymnastique comptable était  mise à contribution afin de camoufler la malversation financière. « Notre Directeur Général s’est identifié au DAF et à la comptabilité au titre de se sentir directement offensé par toute remarque d’amélioration faite à la comptabilité. Ce climat de travail délibérément institué par notre Directeur général a laissé le champ libre au DAF qui a instauré une gestion financière anarchique en toute impunité et au mépris de toutes les règles de procédure comptable et financière de l’Institution, qui s’est soldé par le détournement de cent millions de nos cotisations sociales », a écrit le Collectif au Ministre.

              Cette situation lamentable a été rendue possible selon nos investigations par une défaillance organisationnelle. La preuve, le poste de Chef de Division Comptabilité et Finances pourtant prévu n’a pas été pourvu. Ainsi, M. Tchassanti a cumulé et le poste de DAF et celui de Chef Division Comptabilité et Finances. De ce fait, ce dernier avait les mains libres sur les Finances de l’Institut. Ainsi, il ordonnait les dépenses et les exécutait en toute liberté et en complicité avec le Directeur général. Le DAF alors stagiaire aurait été propulsé à ce poste par le DG au moment où ce poste était vacant pour cause de départ volontaire de son titulaire, à en croire des témoignages. Il faut souligner qu’entre-temps, le DAF a été démis de son poste et avant l’entrée en fonction du nouveau, le Directeur Général s’était empressé de nommer un Chef Division Comptabilité et Finances. «Pourquoi a-t-on attendu jusque là alors que ce poste était indispensable et constituait un garde-fou dans le système de gestion d’entreprise ? », se demande-t-on.

              Contacté sur la question, Dr Odou a déclaré que la Direction générale ne se voit coupable de rien. « Je crois que nous n’avons rien détourné au sein de l’ICAT. Nous sommes tranquilles. On n’a rien détourné. C’est une situation qui s’est déjà posée et nous avons éclairci le problème au sein du ministère et les responsables du ministère ont compris  que ce n’est pas un détournement », a-t-il répondu. « Donc, je crois qu’aujourd’hui si quelqu’un se met à dire que la direction générale a détourné et qu’on va publier un article, vous pouvez publier cet article. Nous sommes là. Nous allons répondre à qui de droit », a-t-il menacé.

              La résignation des agents de l’Institut que l’on a contactés est d’autant plus grande du fait que le Collectif et le syndicat des encadreurs qui ont fait le déplacement du Cabinet se sont tus. « Cette réunion a certainement eu de l’effet sur nos représentants. Sinon, nous ne comprenons pas pourquoi  ils se sont réfugiés dans ce mutisme notoire et coupable.  Et pire, c’est l’abandon suspect des réclamations qui n’ont pourtant pas trouvé de réponses. Ont-ils été menacés, intimidés ou même corrompus ?  Seul Dieu sait ce qui se passe. Mais, à ce que je sache tout cela mine cette affaire. Et par dessus tout, c’est nous qui sommes pénalisés par des personnes véreuses. Tout ce que nous voulons, c’est qu’ils fassent tout pour reverser nos cotisations sociales pour nos vieux jours », a confié un agent qui a requis l’anonymat de peur de s’attirer la foudre de la Direction générale.

    Il faut souligner que l’ICAT est un institut créé en 1999 et placé sous la  tutelle du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Il a pour mission de vulgariser l’agriculture au Togo.
    Affaire à suivre
    Didier LEDOUX


    Sans détour : L’éternelle résignation
    « En se résignant, le malheureux consomme son malheur » (Honoré de Balzac, César Biroteau)

            Les livres d’histoire nous enseignent que le premier Président du Togo, Sylvanus Olympio, était un homme populaire, adulé par les populations et que c’est fort de cette assurance qu’il n’avait pas jugé utile de renforcer la sécurité autour de lui. Il n’avait jamais pensé que quelqu’un pouvait attenter à sa vie. C’est pourquoi il aurait balayé d’un revers de la main les informations de son ministre de l’Intérieur sur un probable renversement de son régime. Il croyait que les Togolais qui l’estimaient, allaient se mobiliser si quelqu’un touchait à son cheveu. C’est ce que nous lisons dans certains livres d’histoire. Mais quand il fut assassiné au petit matin du 13 janvier 1963, cette mobilisation n’eut pas lieu. Les populations avaient accueilli la nouvelle sans grand bruit. Au fil des années, elles se sont accommodées du nouveau pouvoir de Nicolas Grunitzky, puis de celui de Gnassingbé Eyadema. Ce détour pour dire que le peuple togolais est un peuple qu’on ne comprend pas, qui, tout en boudant publiquement une situation, l’accepte, encaisse sans broncher.

              C’est sous le règne du Général Eyadema que les populations togolaises ont été le plus abruties. Pendant plusieurs années, elles ont dansé et chanté pour un pouvoir « gentil » le jour et répressif la nuit. C’est à la Conférence nationale souveraine de 1991 qu’elles seront  informées des pires atrocités commises par le régime du « Père de la nation ». L’histoire des sorciers Kabyè déportés dans le Kpendjal, l’affaire de Kazaboua, les répressions liées à la politique de la protection de l’environnement, etc. Après les courageuses manifestations qui ont permis d’enclencher le processus démocratique, les Togolais n’ont pas pu supporter la terreur. Ils n’ont rien fait quand la soldatesque a tenté plusieurs fois de renverser les institutions de la transition qui avaient pourtant reçu l’adhésion populaire. Le massacre de Fréau Jardin en janvier 1993 et « l’immigration choisie » de  certains leaders politiques les ont fortement entamés. Ils ont dû passer plusieurs années de silence, de jérémiades, de douleurs.  Ce n’est qu’après le trépas du « baobab » qu’ils ont pris part à des manifestations publiques pour le retour à l’ordre constitutionnel. Fermons cette parenthèse.

              En réalité, les populations togolaises adoptent une attitude surprenante quand leurs intérêts sont mis en cause. Elles crient, elles gémissent et puis, elles s’adaptent à la situation créée. Parfois, certaines d’entre elles allaient remercier le chef de l’Etat pour avoir augmenté les prix d’un produit donné. En 2004, le Général-président avait, de façon unilatérale, revu à la hausse les prix des produits pétroliers. Pour protester contre cette situation, certains syndicats et partis politiques avaient organisé une marche pacifique. Quelques jours plus tard, des associations et syndicats proches du RPT s’étaient rendus en grand nombre à Lomé 2 pour louer le maître des lieux pour cette clairvoyance. Or, la mesure pénalisait tout le monde.

    C’est souvent ce silence complice des Togolais qui fait que les gouvernants ne les consultent pas avant de prendre ses décisions. Depuis que ce phénomène de la cherté de la vie a éclaté, ils se complaisent dans leurs lamentations et continuent de tirer le diable par la queue. Le gouvernement rechigne à réduire les taxes sur les produits de première nécessité bien que les économistes et autres spécialistes le trouvent réalisable. Pour démontrer son mépris envers ce peuple «sommeillant», il vient d’augmenter de manière exagérée les prix du ciment. Suivront bientôt d’autres produits. Mais les populations ne réclament et ne réclameront rien. Elles sont devenues les partisans du stoïcisme béat : « Homme, supporte et abstiens-toi ». Alors qu’il est connu de tous que « la vie est un combat ». Au Niger par exemple, les organisations de la société civile ont réussi à contraindre les députés à ranger dans les placards un projet d’augmentation de leurs indemnités. Actuellement, elles multiplient les manifestations contre la vie chère. Mais au Togo, c’est l’éternelle résignation. 

    Zeus Aziadouvo

     
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  • Insécurité à Lomé «Taxi-motos» et simples citoyens à la merci des brigands

    Golfe Info #420 du 14 juillet 2008

    Le phénomène d’insécurité urbaine refait surface à Lomé, la capitale togolaise. La nuit fait peur actuellement dans la ville, car c’est le moment que choisissent les malfrats pour mener leurs opérations.

    Pauvre« zémidjan! » (Conducteur de taxi-moto) ! Il est abandonné à son triste sort par ses bourreaux sur le bord de la Rue de la Trinité (qui relie le Boulevard G. Eyadema à partir de l’immeuble Auba au Boulevard Jean-Paul II) après avoir reçu des coups de marteau à la tête, une fracture au bras gauche et des contorsions sur le corps. Et la moto ? N’en parlons pas, puisque c’est l’objet même du vol. La scène s’est déroulée le mardi 08 juillet dernier aux environs de 00 heure au lieu précité. La victime, âgée d’une trentaine d’année environ, a beaucoup saigné avant d’être évacué sur le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Lomé grâce à ses amis conducteurs, alertés probablement par les cris de détresse.

    Malheureusement, le cas susmentionné n’est qu’un parmi tant d’autres. La même semaine, dans ce même quartier, une revendeuse de bijoux s’est vue dérober une mallette contenant une somme de six millions de FCFA. Ailleurs dans la ville, des paisibles citoyens sont quotidiennement victimes de braquages et des vols à main armée. Il est donc aujourd’hui imprudent aux populations de Lomé de sortir la nuit. Or, dans plusieurs quartiers de la ville, la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo), la société de distribution et de commercialisation du courant électrique au Togo éprouve d’énormes difficultés pour assurer la fourniture de l’énergie.

    Les modes d’opérations des brigands

    Pour tromper la vigilance de leurs victimes, les malfrats s’emploient à trouver des méthodes très subtiles. Très souvent, ils opèrent à bord des motos dans les pénombres des ruelles, loin donc des regards et des rares lampadaires. Dans la plupart des cas, ces voleurs se déguisent en conducteurs de taxi-motos à la recherche de clients. Une fois le passager remorqué, le supposé conducteur simule une défaillance de son engin. Dans ses tentatives de réparation, il se retourne contre le passager et, sous la menace d’une arme blanche voire d’un fusil, il le dépouille de ses biens.

    Comble du malheur, certaines victimes en sortent avec de graves blessures, d’autres en viennent à perdre leur vie surtout quand celles-ci tentent de résister à leurs bourreaux. « Ils (les voleurs) étaient au nombretrois à me coincer dans un « von » de la Rue du Commerce (récemment baptisée Rue Sylvanus Olympio) en m’intimant l’ordre de leur remettre tout ce que je possède. Je n’ai pas voulu m’exécuter et cela a entraîné une bagarre entre nous. Finalement, ils ont décidé de faire usage d’une machette et j’étais obligé de leur remettre tous mes effets », raconte l’air désabusé une victime.

    Par ailleurs, il se fait que certains « zémidjans » ne sont en fait que de véritables malfaiteurs. Ceux-ci  pratiquent ce qu’on peut appeler la « loi de 03 contre 01 ». De quoi s’agit-il exactement ?  

    Dans ce cas précis, le scénario est tout simple. Un des trois « faux » zémidjans remorque son compagnon (ils sont alors deux) tandis que le troisième fait semblant de chercher un autre conducteur pouvant l’aidé à rallier sa destination. Tout se passe comme si les deux clients allaient à la même destination. Or, le but de la manœuvre est de parvenir à coincer quelle que part le second conducteur. Ainsi, une fois que les motos démarrent, les trois brigands prennent soin d’emprunter les ruelles les plus sombres. Avant que l’ « honnête » conducteur ne se rende compte du piège qui lui est tendu, celui-ci se referme. Et ce n’est pas tout. Ils emploient d’autres stratégies. D’après plusieurs témoignages, il existerait actuellement à Lomé un réseau de malfrats bien organisé qui opère dans plusieurs quartiers. Des cas de vols ou de braquages rapportés, il en ressort que ces individus s’en prennent souvent aux femmes. Les hommes ne sont pas pour autant exclus. Dans un premier temps, les malfaiteurs choisissent bien leurs victimes, c’est-à-dire ceux ou celles qu’ils jugent susceptibles de disposer d’importantes sommes d’argent ou d’autres objets de valeurs dans leurs portefeuilles. S’agissant de la seconde phase de l’opération, « le voleur- conducteur » alerte ses compagnons par téléphone en leur indiquant sa position dès qu’il s’éloigne un peu du lieu d’embarquement du client. Les membres du réseau les plus proches dans le secteur le rejoignent. Ensemble, ils violentent la victime et la dépouillent.

    Le « feuilleton  insécurité » à Lomé tel que décrit plus haut n’est malheureusement pas le récit d’un film Western de John Wayne. Il est la triste réalité que vivent des habitants de certains quartiers de la capitale togolaise. Et pourtant, les autorités en charge de ces questions se disent déterminées à combattre le mal.

    « Araignée », où es-tu ?

    En 2007, pour lutter contre le grand banditisme dans la capitale togolaise, le gouvernement a lancé l’ «Opération araignée», destinée à sécuriser la ville et à traquer les « hors la loi » qui sèment la désolation au sein des populations. Des véhicules de Police et de Gendarmerie flambant neufs avec des numéros spéciaux ont été réquisitionnés à cet effet. A ses débuts, l’opération araignée s’est imposée en procédant à quelques arrestations ce qui a dissuadé un temps soit peu  les malfaiteurs.

    Mais, depuis ces derniers temps, ce dispositif sécuritaire semble montrer ses limites. Ils (ses agents) sont visibles sur les grandes artères pendant la journée alors qu’à la tombée de la nuit, on les voit rarement sinon quasiment pas. On a souvent l’impression que leurs interventions se résument aux contrôles de routine des taxi-motos et autres usagers de la route. Pendant ce temps, dans les quartiers reculés, de paisibles citoyens sont à la merci des brigands. Souvent, la police n’arrive que trop tard pour se retrouver devant le fait accompli.

    La question de la lutte contre l’insécurité avait été évoquée le 26 avril 2006 par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé à l’occasion de sa toute première adresse aux Parlementaires (l’ancienne représentation nationale), en marge de la célébration du 46ème  anniversaire de l’indépendance du Togo. A l’époque, Faure Gnassingbé promettait l’ « enfer » aux bandits qui oseraient encore troubler la quiétude des citoyens. Il avait annoncé le « recrutement de futurs éléments pour renforcer la Police et les forces de sécurité ».