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Echec d’une diplomatie de tintamarre et de bluff : Le régime de Faure Gnassingbé confronté au refus des bailleurs de décaisser les fonds

Forum de la Semaine #364 du 26 juin 2008

Malgré les chapelets de signatures des projets de financement entre le Togo et la communauté internationale des bailleurs de fonds, force est de constater que la couleur des liquidités reste un mystère pour nos autorités. Les bailleurs conditionnent le décaissement des fonds à une volonté matérialisée de Faure Gnassingbé à mettre hors d’état de nuire, les «siphonneurs » de l’économie nationale qui rodent autour de lui. Autrement, il faut attendre le bon déroulement de la présidentielle de 2010 et la mise sur pied d’un gouvernement légitime et légal pouvant inspirer confiance en matière de bonne gouvernance pour voir les fonds décaissés pour le Togo. En d’autres termes, les mains de l’actuel gouvernement sont, en matière  de bonne gouvernance, « impures » pour obtenir et gérer les fonds de la communauté internationale qui ne se laisse pas berner par les déclarations de bonnes intentions qui demeurent lettres mortes aussitôt faites.

Le ministre de la Coopération, le thuriféraire Gilbert Bawara, dans un entretien qu’il a accordé au site officiel de la République togolaise, republicoftogo.com il y a quelques jours,  a pratiquement, pour ce faire, supplié les  bailleurs de fonds de traiter le Togo avec « indulgence », révélant par la suite «qu’une certaine méfiance s’était instaurée entre nous et nos partenaires ces quinze dernières années. Maintenant où ils ont commencé à revenir, ils essaient de nous jauger. Ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance avant de se déployer entièrement ».

Le diagnostic de la vérité
Voilà ! Tout est clairement dit : « ils essaient de nous jauger, ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance». No comment, comme diront les Anglais ! Mais, à partir du moment où lui-même et son mentor reconnaissent que « les fonds sont toujours à la disposition des partenaires qui financent » des projets spécifiques conformément à des procédures et que les critères de la  «jauge » sont bien définis (ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance), ils peuvent et doivent « se jauger » eux-mêmes en trouvant  honnêtement la réponse à cette question qu’ils doivent tourner comme suit: «nous (les gouvernants, décideurs politiques, siphonneurs de l’économie nationale), avons-nous réellement changé ? Est-ce que nous (ainsi définis plus haut) avons évolué en bonne gouvernance ? »

Nécessité d’une autocritique
Une honnête réponse à cette question aura pour mérite de situer clairement nos dirigeants quant au degré de leur admissibilité pour obtenir et gérer les fonds de la communauté internationale et devait épargner à notre pays, cette image humiliante de supplication en vue d’obtenir l’indulgence d’une tierce, fut-elle communauté internationale.

La bonne gouvernance, ce n’est uniquement pas la fin des prédations économiques, mais aussi et surtout la gestion efficiente des ressources allouées ou disponibles dans le pays. Y compris bien sûr et surtout la fin des villégiatures et des visites à l’étranger et des missions onéreuses qui ne rapportent pas grand-chose aux pays et à ses habitants, si ce n’est d’attirer le courroux des bailleurs de fonds qui, sans le dire, surveillent les faits et gestes des dirigeants de même que tout ce qu’ils dilapident au cours de leurs nombreuses villégiatures et périples.

«En dernier lieu, le délabrement du tissu social, de l’économie nationale et la dégradation poussée des conditions de vie des populations sont tels que pour faire la différence et rendre perceptibles les changements, il faut disposer d’une masse critique de ressources financières. En clair, le retour progressif à la normale  n’est pas pour les proches avenirs.... », constate sans grande amertume le site officiel. Pendant ce temps, nos dirigeants se la coulent douce : prochaine visite du chef de l’Etat avec sa délégation pléthorique après Rome, New-York, Cotonou et  Abuja, Charm El Cheikh en l’espace d’un mois, c’est  Beijing pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques !!! Qu’est-ce que ce voyage peut rapporter au peuple togolais ? Combien d’ailleurs, les athlètes togolais ont-ils reçu pour leur préparation et leur participation à ces jeux ? Combien sont-ils ?  Le Chef de l’Etat a-t-il tellement investi dans la chose, tellement misé qu’il attend ne serait-ce qu’une médaille de bronze pour s’intéresser à ce point à ces JO ? Ces dizaines de millions de francs qui seront jetés dans ces périples onéreux peuvent servir à soutenir nos athlètes abandonnés à eux-mêmes afin de voir le Togo honoré avec la plus petite des médailles lors de ces Jeux ou tout au moins, de préparer les Eperviers pour le tournant décisif qui les attend dans les tout prochains jours.

Encore une fois cette question se pose et s’impose : «nous (les gouvernants, décideurs politiques, siphonneurs de l’économie nationale, avons-nous réellement changé ? Est-ce que nous (ainsi définis plus haut), avons évolué en bonne gouvernance au point de s’attendre à gérer d’autres fonds de la communauté internationale ? » That’s the question !
FS


Consultations nationales :  Quand le HCDH joue sa crédibilité
Dans certains pays, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses structures dérivées n’ont plus aucune valeur aux yeux des populations à cause du scandale qu’ont créé des Casques Bleus envoyés en mission de paix et de sécurisation. Des éléments se sont illustrés dans le viol de femmes et de mineures. Au Togo, c’est le Haut Commissariat des Droits de l’Homme qui risque de ne plus avoir de crédibilité aux yeux des citoyens de par le jeu malsain qu’ils jouent dans le processus des Consultations nationales.

Le dire autrement serait faire preuve de trop d’euphémisme. Le HCDH joue le jeu du clan au pouvoir, volontairement. La structure onusienne a bien accepté l’ « inversion des rôles » que lui reproche le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Elle devrait très simplement accompagner le processus et non le régenter comme elle le fait actuellement. D’ailleurs, l’initiative des consultations n’est pas consensuelle. Elle émane de la seule volonté du pouvoir qui lui donne l’orientation voulue. Le clan n’a pas associé les autres composantes de la classe politique, car elles seraient trop regardantes sur certains pans du processus. Tout a été fait pour ne pas mettre en place le Cadre permanent de dialogue et de concertation recommandé par l’Accord Politique Global (APG) du 20 août 2006.  Bien que le décret portant création de cette structure soit signé par le chef de l’Etat depuis plus d’un an, sa matérialisation ne s’est pas encore traduite dans les faits. Et l’appel au HCDH n’émane que de la seule volonté du pouvoir.

La conséquence logique est que le processus ne recueille l’adhésion ni de la classe politique ou de la société civile, ni de la population. Le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue,
la Démocratie et le Développement (GRAD) a exprimé ses craintes vis-à-vis du processus. Le MODENA (Mouvement pour le Développement National) d’Atsutsè Agbobli n’attend rien de ces consultations. Le CAR et son leader Yawovi Agboyibo contestent la manière dont les choses sont organisées et boycottent les différentes manifestations organisées par le HCDH. L’Union de Forces de Changement (UFC) n’a jamais exprimé une quelconque confiance au processus bien que participant aux rencontres du HCDH. La diaspora non plus n’est confiante. Le Conseil pour le Sursaut National-Togo de l’ex-président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) Akué Adoté Ghandi a formulé des regrets. Quant à la population, les Togolais qui croient en ce processus se compteraient au bout des doigts.

Ce rôle de caution au pouvoir en place que joue le HCDH va certainement entamer sa crédibilité. Déjà le scénario qui a abouti au maintien de Mme Ige Olatokunbo au Togo malgré qu’elle soit au terme de son mandat a fait douter plus d’un du sérieux de cette organisation onusienne. Le pouvoir togolais qui n’a pas facilité l’installation au Togo du bureau du HCDH, a, comme par enchantement, enclenché un lobbying monstre auprès de ses employeurs à Genève aux fins de la garder au Togo pour qu’elle conduise à terme le processus des Consultations nationales. Etait-ce parce que Mme Ige Olatokunbo est trop compétente ? On ne le croit pas. C’est parce qu’elle n’est pas une ennemie du pouvoir… et donc elle peut faire l’affaire. C’est à croire que son remplaçant Moussa Gassama, lui, n’est pas assez compétent pour présider aux destinées de ce processus. Tout ce jeu sent comme un deal auquel le HCDH a souscrit pour biaiser la véritable lutte contre l’impunité.

Au demeurant, c’est la crédibilité du Haut Commissariat des Nations Unies au Droits de l’Homme qui en pâtira.
N.K.A.
 


Environnement :  L’état des forêts togolaises en question
Reboiser le territoire national sur une superficie de 30%. C’est l’objectif de l’ODEF, Office de Développement et d’Exploitation des Forêts, afin de valoriser le domaine forestier au Togo.

Dans le cadre du mois de l’arbre, l’ ODEF a organisé du 19 au 24 juin, une tournée des espaces reboisés. Des délégations des ministères de l’Intérieur, de l’Environnement, de l’Agriculture, des eaux et forêts, des Finances ainsi qu’une quinzaine de journalistes ont participé à cette exploration. Au total, 19 forêts ont été visitées via les villes de Tsèvié, Notsè, Atakpamé, Kara, Mango…

Durant le parcours, les responsables de l’ ODEF ont déploré la décrépitude des forêts. « A force de couper les arbres sans reboiser, nos forêts ont perdu en qualité et en densité. Aujourd’hui,  elles sont considérées comme de simples végétations à l’échelle mondiale », confie le directeur régional maritime de l’ODEF, Komi  Améko.

Afin de pallier au déboisement provoqué par l’absence de volonté étatique et par le vol des populations locales dans le besoin, l’ODEF réaménage les plantations en teck. « Un  bois résistant, utile aux Togolais et avantageux économiquement », explique Komi Améko.

D’autres variétés, comme l’eucalyptus, sont aussi entretenues pour protéger la faune sauvage.

En parallèle, l’ ODEF tente de réglementer l’exploitation des forêts. D’une part, ses agents travaillent dans l’approvisionnement des villes, notamment Lomé en bois de chauffe...

D’autre part, à cause du manque de moyens, l’ ODEF doit octroyer gratuitement des terrains aux paysans, en échange d’un entretien rigoureux en faveur de l’épanouissement des forêts et d’un salaire annuel. Cette alternative est moins coûteuse pour l’office. Elle permet également de sensibiliser les populations sur la nécessité de sauvegarder les forêts et d’empêcher le réchauffement climatique qui sévit sur toute la planète.

Actuellement, les forêts togolaises ne peuvent être considérées comme un des poumons de la Terre, à l’image des grandes forêts sénégalaises ou de l’Amazonie.
Audrey TAUPENAS (Stagiaire)

 

 
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