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(Enquêtes de voyage, analyses, critiques, et propositions pour rebâtir un Togo uni et réellement réconcilié. Suite et fin) Faisons la part des choses entre Kabyè et « Ahouna » La géographie nous a enseigné les quatre points cardinaux. L’objectif, à l’origine, n’était pas de mettre des clichés sur les occupants des aires géographiques, en distinguant les bons des mauvais, les civilisés des non civilisés, etc, mais simplement de pouvoir s’orienter, d’avoir des repères. Pendant longtemps et à un degré moindre de nos jours, on a trouvé des comportement-types ou des caractères communs propres aux habitants de certaines localités ou régions données selon les pays. Cela a fait qu’au fil des ans, pour le cas du Togo par exemple, les populations originaires des villes côtières, nous l’avions déjà dit, du fait de leur contact avec les Blancs esclavagistes, ont copié un peu leurs manières de vivre et se sont trouvé une certaine supériorité à l’égard de leurs compatriotes qui n’ont pas eu un tel privilège.
Du coup, les familles telles que les de Souza, Olympio, Lawson, Johnson, Wilson, dos Reis, da Silva, da Silveira, de Medeiros, d’Almeida et consorts, issues de métissage et grands commerçants, installées sur la côte, avaient réussi à s’imposer et ont constitué une aristocratie togolaise. Pendant longtemps, les populations de l’intérieur (Vogan, Tabligbo, Kouvé, … et toutes les autres localités jusqu’à Dapango) étaient perçues par ces familles comme des «non civilisées », pardonnez-nous le terme. C’est dans un tel contexte que Sylvanus Olympio émergea et devint le Premier Ministre du Togo, puis Président de la première République jusqu’à son assassinat en 1963. Ceux qui l’ont bien connu, disent de lui qu’il était un homme assez imposant, très imbu de lui-même et un économiste rigoureux.
C’est ce sexagénaire qui (comme tout homme, il avait ses bons et sûrement ses mauvais côtés aussi) fut assassiné par le Sgt Eyadèma, originaire, lui, du nord-Togo et plus précisément du pays kabrais aujourd’hui kabyè, et qu’on taxa de tribaliste. A tort ou à raison ? Nous ne saurions le dire avec exactitude, mais ce dont nous sommes sûr, d’après nos sources, c’est qu’il était si opposé à la domination et à l’impérialisme français, qu’il n’était pas homme à être tendre envers ceux qui cautionnaient le jeu de sabotage et de division de la part de la France. Certains lui trouvèrent même des dérives autocratiques. Il alla jusqu’à se brouiller même avec ses propres frères et ses amis d’hier, car pour lui, les intérêts du pays passaient avant toute chose. Faut-il penser qu’il était tribaliste, qu’il haïssait les gens du Nord, et qu’il n’aimait pas sa maman originaire du Nord ?
A l’arrivée au pouvoir d’un homme du Nord en 1967, année de prise effective du pouvoir par Eyadèma âgé alors de 30 ans, celui-ci s’employa à exacerber la haine tribale et interethnique et contribua pleinement à diviser davantage le pays, alors qu’il avait promis de réconcilier les Togolais et réaliser l’unité nationale. A cet effet, tous les partis politiques d’antan allaient disparaître. Alors, naquit le parti unique : le Rassemblement du peuple togolais (RPT) qui n’aura finalement de rassemblement que le nom. Comment comprendre que le Gal Eyadèma, prônant l’unité nationale, eût pu prendre l’initiative de créer, fin 70 début 80, l’Amicale des Etudiants et Elèves du Nord Togo (AMENTO) ? Pour quoi faire ? Elle était destinée à jouer un rôle similaire à celui de l’UCPN (Union des Chefs et Populations du Nord) des colons français.
Par simple respect pour les morts, nous voudrions nous abstenir de fournir d’autres preuves du rôle très négatif joué par le défunt président Eyadèma dans la dégradation du tissu social, dans le renforcement de la division Nord-Sud, et dans l’alimentation constante de la haine entre Kabyè et «Ahouna ».
Pour notre part, nous n’avions jamais considéré qu’il y a une réelle opposition Nord-Sud au Togo, car les gens du Nord, en dépit des apparences, ont plus souffert des affres du régime que ceux du sud. Les « Ahouna » se sont laissés malheureusement prendre à ce jeu de division que beaucoup n’ont compris que trop tardivement (mais dans le contexte de l’époque, comment pouvaient-ils l’éviter ?) et tous les gens du Nord (Tchokossi, Moba, Bassar, Losso, Lamba, Kotokoli, Tem, …) à un moment donné, étaient désignés sous le vocable de « Kabrais wo » avec dégoût, certes, par nos fameux « Ahouna ». Si elle existait, cette division n’était que fictive, de façade. On faisait semblant de porter tout le Nord dans le cœur.
Qui vous dit que beaucoup de nos frères et sœurs du Nord aujourd’hui n’ont pas compris que même avec eux, les Kabyè font la distinction et savent à qui donner la priorité ? Dans les services, pour les missions et autres c’est manifeste ! Dans la réalité, ce sont les gens de l’ethnie Kabyè qui étaient ou sont les plus visés dans les promotions et autres avantages, et dans les montées en grade, etc. On se contentait de saupoudrer le tout avec une petite pincée des gens issus des autres ethnies du Nord-Togo et le tour était joué.
Par ailleurs, tout le Nord étant pris en otage et chacun craignant pour sa vie, quelle personne du Nord étais-tu pour prétendre créer un journal ou un parti d’opposition pour dénoncer les travers du régime ? Combien avaient pu être fous pour oser le faire ou se réclamer ouvertement de l’opposition ? Ainsi le paysage médiatique et politique se présentait comme si, seuls les gens du Sud avaient des griefs contre Eyadèma, ce qui n’est pas exact. Des gens pris en otage avaient préféré ce silence pour pouvoir vivre ou survivre.
Dans un tel contexte, à force de faire une promotion socioprofessionnelle aveugle de ses frères kabyè (et là encore, il y a Kabyè et Kabyè), qui très souvent, depuis les bancs du collège, du lycée ou de l’université, étaient assurés d’occuper tel ou tel poste à la fin de leurs études, étant donc « bien nés », (ce qui ne s’était jamais produit auparavant), il en a résulté la naissance d’une morgue hautaine en nos frères et sœurs kabyè. Il était même arrivé que des gens ont perdu leur emploi dans ce pays, tout simplement parce qu’il a été rapporté qu’ils ont eu à insulter Untel au cours d’une dispute, par son ethnie. Il fallait avoir du cœur et une terrible maîtrise de soi, pour pouvoir faire semblant de ne pas entendre, ni voir les provocations. Au fil des ans et des décennies, les « Ahouna » ont accumulé haines sur haines et ce, jusqu’à ce jour. On n’a pas besoin d’être psychologue pour savoir l’effet inverse que cela pourrait produire sur les brimés, et soupçonner la pérennisation de la haine que cela devrait engendrer.
C’est dans cette situation que, lors des manifestations du 5 octobre 90, il nous a été donné à plusieurs reprises d’entendre des propos qui nous répugnent souvent du genre : « Kabrais wo né yi aho!» (que les Kabrais rentrent chez eux !) et bien d’autres propos qui n’étaient que haineux. Nous l’avions déjà dit, si Eyadèma avait voulu être un bon président, il l’aurait été et aurait laissé de bonnes traces et non des trous après sa mort. Quand, dans une famille, les enfants ne s’entendent pas, cela, tout le monde le sait, le père ne prend pas position pour l’un contre l’autre, sous prétexte qu’il a un faible pour l’un.
Autre élément, nous avons depuis les années 80 une grande amie Kabyè qui avait toujours reconnu avec toute sa lucidité pour laquelle nous avons de l’admiration pour elle, que Eyadèma en faisait réellement de trop. Mais à partir du jour où, à bord de son véhicule, elle subit des menaces tribalistes pendant les manifestations du 5 octobre 90 et avec des propos haineux du genre cité plus loin, elle se révolta et nous confia que « si c’était cela la démocratie, ce n’était pas nécessaire ». Mais c’est un faux problème! Qui rend justice au chat, rend également justice à la souris. Nous l’avions comprise, mais de l’autre côté, il s’agit aussi pour elle de se mettre à la place de l’autre en se demandant : « Et si c’était moi ? ». C’est simple. Et c’est de là que vient facilement le pardon. Ces propos font mal, certes, mais d’où tirent-ils leur origine ? Comprendre l’autre est l’émanation d’un effort personnel.
Autre chose, toujours pour appuyer le problème de tribalisme et de provocations gratuites érigés en méthode de gouvernement par le système en place : comment comprendre qu’un Procureur de la République et Kabyè, Procureur, et donc homme de loi, censé rendre une justice équitable pour tranquilliser les esprits, eût pu avoir le courage de déclarer: « Les Kabyè sont incontournables en Première Instance »? Cela s’est passé au Togo et il n’y a pas longtemps. Nous n’en faisons pas un commentaire particulier mais nous avons tenu à rappeler ces faits dans ces moments spéciaux, afin que tout Togolais, qu’il soit du Sud ou du Nord, de l’opposition et du pouvoir, riche ou pauvre, sache que tous les actes que nous posons à un moment donné de notre vie nous suivent toujours; d’où la nécessité surtout pour les intellectuels que nous prétendons être, de bien réfléchir avant d’agir, surtout si l’on est à un poste de responsabilité aussi important.
Cette opération « Vérité, Justice et Réconciliation » doit amener les Togolais de quelque ethnie qu’ils soient, à véritablement changer de comportements et surtout nos frères et sœurs Kabyè et « Ahouna » pour que les rancoeurs, la méfiance, la haine tribale et le régionalisme soient définitivement enterrés. C’est la méfiance des « Ahouna » à l’égard des Kabyè qui avait poussé lors des élections de 2003, les partis de l’opposition à ne pas faire confiance à M. Dahuku Péré. La meilleure stratégie aurait pu pousser les leaders de l’opposition à lui faire confiance et même à le positionner comme candidat de la coalition, eu égard aux actes audacieux et fort louables posés dans un passé récent, et démontrer par là, que là où Eyadèma, lui, semait la haine, eux ils préféraient l’amour et un lien solide entre Nord et Sud. Mais qu’avions-nous vu ? La méfiance dont il avait été l’objet l’avait poussé à se mettre à l’écart avant les élections. Une pareille méfiance doit disparaître entre Togolais et faire place à la confiance mutuelle.
Ceux qui s’acharnent à créer de toutes pièces une bourgeoisie dite des gens du Nord, pour, croyons-nous savoir, contrer la bourgeoisie du Sud, doivent savoir que ceux du sud ne se sont pas rabattus sur les caisses de l’Etat, sur l’argent volé et mal acquis pour devenir riches. Ce sont des commerçants bien rôdés dans le business qui ont transmis ce savoir de génération en génération et ont travaillé à leur aisance financière à la sueur de leur front. Que cet ancien Ministre irresponsable originaire de Bassar, qui disait vers fin 2005 à Bassar au cours d’une réunion: « D’ici 10 ans, les cadres du Nord dépasseront ceux du Sud », que ce vieil homme gâteux et tribaliste, comprenne que des propos de ce genre sont indécents venant d’un Ministre, d’un homme d’Etat. Qu’il apprenne à l’approche de « Vérité, Justice et Réconciliation », à cultiver la vraie réconciliation autour de lui. Les hommes passent, les peuples demeurent ! Que ceux qui pensent qu’ils sont plus « civilisés » que d’autres comprennent de leur côté, qu’il n’y a pas de meilleures « civilisations » au monde. A preuve, la France qui se dit civilisée, ne voyons-nous pas le traitement qu’elle fait de la vie des êtres humains, de la vie des millions d’Africains en souffrance pour ses intérêts propres, en soutenant vaille que vaille, bourreaux et dictateurs sanguinaires africains contre leur peuple ? Que des gens comprennent qu’il n’y a pas de meilleures langues, de meilleurs dialectes quelle que puisse être la musicalité des sons. Que des gens comprennent, qu’il n’y a pas de meilleures cultures, et que toutes les cultures se valent. La chorale Kabyè par exemple, quel beau chef d’œuvre !
Eyadema avait-il réellement aimé les siens ? Lorsque nous avons eu à séjourner à Kara, puis à Pya, c’est là où nous avons vraiment compris beaucoup de choses. Nous avons compris que le Président Eyadema s’est servi de ses frères Kabyè pour asseoir son pouvoir personnel et c’est tout. Quand nous le disons, cela doit sonner mal dans les oreilles de certains, mais c’est la triste réalité. Car jusqu’ici nous avons du mal à comprendre nous-mêmes, comment pareille chose peut être possible, tellement cela dépasse notre entendement. Nous tenons à dire ce que nous, nous considérons comme une vérité, afin que cela ne se répète pas demain pour ceux qui prétendent diriger ce pays après lui, qu’ils soient du Nord ou du Sud.
Quand nous avons débarqué à Kara, nous avons trouvé que la ville n’est pas aussi mal qu’on le dit. Nous y avons découvert de très majestueux et gigantesques édifices dont nous avons apprécié la splendeur. Nous avons déclaré ce qui suit à un habitant de la ville avec qui nous nous sommes lié d’amitié au 4è jour de notre arrivée : « Il y a de très beaux édifices à Kara, ce n’est pas mal, la ville de Kara ! ». Sa réponse fut celle-ci et avec rire : « C’est maintenant que vous venez à Kara pour la trouver comme cela. Qui es-tu pour construire ces grandes maisons à Kara du temps du Vieux ? C’est après sa mort en 2005, qu’à partir de 2006 toutes ces grandes maisons ont poussé comme cela ». Puis il nous indiqua un imposant et joli bâtiment dont le propriétaire serait un ex-fonctionnaire de l’OPAT. Ce bâtiment est situé non loin du Centre communautaire de la ville. Nous sommes allés le découvrir le lendemain.
Cette maison, nous raconte-t-il : « Le Vieux ou son fils Ernest, je ne sais plus trop qui d’entre les deux, avait fait arrêter sa construction depuis des années et c’était devenu un lieu de défécation pour certains. C’est quand Eyadèma est décédé, qu’il est un peu présentable aujourd’hui, mais je crois que son propriétaire n’a plus d’argent pour continuer les travaux ». Alors nous lui avons posé la question de savoir pourquoi cela ? Et à lui de nous répondre : « Il n’aime pas que les gens l’égalent, c’est sa nature ». Curieuse nature ! Nous avons cherché à avoir confirmation et presque exactement les mêmes propos nous ont été rapportés par deux autres sources.
Autre cas, celui d’un fortuné commerçant originaire de Pagouda. Il est le propriétaire du grand et imposant immeuble LA CONCORDE situé à côté de la poste. On raconte qu’il a été confronté à tous les problèmes du monde pour arriver à finir cette magnifique réalisation qui contribue pourtant au petit charme de la ville de Kara. Ce refus d’urbanisation, même le dernier des paysans Kabyè le sait, n’est pas destiné à baliser la voie du développement de la ville en question, mais à la maintenir dans un état d’arriération. Qu’est-ce qui fait la beauté d’une ville ? Nous sommes si stupéfaits par ce drame, et en fait de drame, c’en est vraiment un, que nous nous demandons si c’était une malédiction pour ce pays.
Alors que l’on refusait aux citoyens kabyè comme non kabyè d’investir convenablement dans la pierre pour relever le charme de Kara, l’Etat n’est même pas en mesure de construire des bâtiments pour abriter comme il se doit, des services publics. Ainsi tout comme c’est le cas à Lomé, des maisons d’habitation baillées auprès des privés abritent des services publics. C’est le cas des locaux abritant l’inspection de l’Enseignement du Premier degré. C’est le cas également des locaux de l’inspection de l’Enseignement du Second degré par exemple, entre autres. Le Palais de Justice de Kara est un vieux et laid bâtiment datant d’une époque très lointaine. Etait-ce par amour ou par haine que le Président fondateur du RPT n’a pas voulu donner un look digne de ce nom à Kara, son fief ? Incroyable!
Il paraît paradoxal que le grand immeuble LUFTHANSA, centre commercial de l’un des fils du Président défunt, ait été construit sans problème depuis quelques années, même s’il est aujourd’hui en partie la demeure des chauves-souris, alors qu’il n’est pas donné à d’autres, fils de la région de la Kara ou non de construire des immeubles de grande envergure dans la ville. C’est un peu comme si, aucun Togolais, ne pouvait se permettre de concurrencer la « famille la plus privilégiée du pays » : la famille Gnassingbé. Ceci nous permet de rappeler comment à Pya, d’après nos informations, un certain M. Assih, qui avait amené du courant dans sa maison, il y a quelques années, s’était vu reprocher « cette audace» par l’ancien Maire décédé de Kara. Il le lui fit d’ailleurs couper purement et simplement. Il reprocherait, nous a-t-on dit, à M. Assih, natif de Pya comme le Président, de vouloir concurrencer celui- ci. Avoir du courant chez soi, est-ce un luxe ? Ceci, au moins peut être mis au compte du zèle, selon notre analyse.
Concernant la ville de Kara, signalons que plusieurs rues ignorent ce qu’on appelle des réverbères. L’électrification y est défaillante. Côté propreté, et par rapport à Lomé, la ville de Kara est beaucoup plus propre. Le seul reproche à adresser sur ce plan, c’est le fait que la Mairie semble muette face au déversement des ordures par la population sous les ponts où coulent les eaux. C’est désagréable à voir et la Mairie devra impérativement réagir.
Pour une grande ville comme Kara, son stade laisse à désirer. Que le village de Womé, nous disons bien village, dispose depuis des années d’un stade de bon niveau construit de la poche de l’un de ses fils, que le village de Masséda, se prépare à accueillir un stade de 10.000 places, œuvre également de l’un de ses fils, alors que la grande ville de Kara ne dispose que d’un tout petit et minable stade, avec une tribune à la toiture hum…, alors que des Ministres et pas des moindres, présidents de club ainsi que des présidents de la FTF avec 8 ans de présidence à leur actif sont originaires de la Kara et n’ont pas œuvré à construire un stade digne pour la ville, c’est déplorable, même triste !
Il y a mieux à faire au lieu de s’acharner à constituer une bourgeoisie soit disant pour contrer une autre. Kara, cette ville si splendide de par sa situation géographique, devrait être une véritable attraction, si elle avait bénéficié de la pitié de nos dirigeants. On croyait que c’était Lomé seule qui était laissée à l’abandon avec ses ordures et autres. Malédiction pour le Togo de n’avoir pas eu des dirigeants du genre Blaise Compaoré ou Houphouët-Boigny, ou encore Rawlings, … pour bâtir leur notre ? Oui, il faut le croire.
Au compte des bonnes surprises, et que nous mettons à l’actif du Pouvoir de Faure Gnassingbé, nous avions été agréablement surpris de voir pendant tout notre séjour, presque chaque jour, des gens habillés à Kara de T-shirts de l’UFC tout comme il y en avait en T-shirts RPT ou CAR. Ce n’était pas possible du temps du Gal Eyadema. Nous le saluons et considérons que sur ce plan au moins, c’est un signe de changement de mentalité.
Nous avions parlé de la découverte à Kara et à Pya d’un peuple fantastique et plein de sympathie. Les raisons en sont les suivantes. Dans les rues, que ce soit en ville ou dans les quartiers périphérique du centre-ville, les salutations sont spontanées chez la plupart des gens qui vous dépassent. On n’a pas besoin de vous connaître. Par ailleurs, dans la maison d’un ami où nous avons logé, quand les enfants rentrent de l’école, petits enfants comme collégiens, ils viennent vous saluer très poliment. Parfois, ils viennent vers vous et vous demandent s’il y a quelque chose à faire pour vous. Au moment de quitter, des cadeaux comme arachides crues, mangues, moutarde n’ont pas manqué. Chacun s’est efforcé de donner ce qu’il pouvait, ce que nous avions gentiment accepté. Les étudiants abordés dans la rue revenant des cours, à la question de savoir pourquoi déjà à 9h, ils revenaient des cours, poliment, ils vous répondent que le professeur n’était pas arrivé. Cela s’est passé plusieurs fois ainsi.
La déduction pour nous, c’est que les Kabyè, c’est un peuple qui éduque bien sa progéniture avant que les politiciens « mécréants » ne leur inoculent leur virus de l’arrogance. Car aucune comparaison entre les Kabyè que nous avons connus à Lomé dans les services administratifs et ceux découverts dans le Nord. Nous avons conclu que nos frères et sœurs Kabyè ne sont pas mauvais par essence. Les mauvais, les gens qui ne comprennent jamais rien ou très difficilement, il y en a dans toutes les ethnies du Togo et ailleurs. Ce n’est pas l’apanage d’un peuple donné.
Par ailleurs, vu que nos petites sœurs Kabyè continuent après 38 de régime Eyadèma à être des domestiques un peu partout, constitue pour nous la preuve que Eyadèma n’a pas fait le bonheur des siens en dépit des apparences. Il y a tout simplement un groupuscule de gens proches de lui, Ministres tout puissants, DG tout puissants, Secrétaires généraux tout puissants, tout-puissants Membres du Comité central du RPT et que savons-nous encore, qui respirent bien. A les voir, on se dit que les Kabyè sont bien, plus heureux que les autres ethnies. Mais combien sont-ils ? A Pya, une dame avec qui nous faisions une blague en lui disant: « Pourquoi tu te plains tant ? Il y a Monsieur X qui porte le même nom de famille que toi et tu te plains ? », nous a répondu : «Il me connaît où ? S’il est Ministre c’est pour sa femme et ses enfants. C’est ce que vous pensez quand vous êtes à Lomé?».
A Dapaong, nous n’avions rien trouvé d’extraordinaire. Sauf que les festivités de l’Indépendance 2007 ont amené à l’amélioration de l’état de certaines artères. A Mango, rien de spécial, la ville des Issifou Kantchati, Natchaba et consort où trônait son Monument de l’Indépendance, seul trésor pratiquement de la ville nous a donné l’impression d’une ville à l’abandon. Et pourtant ! Que dire de Kanté, Niamtougou, Siou, Sokodé, Tchamba, … La misère est endémique. Malgré les tapages, Eyadèma et le RPT pendant 38 ans de règne n’ont rien fait pour le Nord. Ils se sont permis de le monter contre le Sud pour rien en s’en mettant pleins les poches. C’est le triste constat.
Quelques propositions pour une vraie réconciliation Comment le processus va se passer ne nous préoccupe pas trop. Ce qui nous tient le plus à cœur, c’est l’après « Vérité, Justice et Réconciliation ». Compte tenu de tout ce que nous avons eu à passer en revue, il est clair que le Régime RPT est l’artisan principal de la haine entre les fils d’une même nation.
Pour remédier à cette situation, des engagements fermes doivent être pris par nos autorités, afin que tout acte de discrimination soit à jamais banni sur le territoire national, car il est aberrant que des dirigeants politiques prônent et encouragent la division entre les fils d’une même nation. Par le passé, des journaux ont eu à dénoncer certains propos discriminatoires et haineux tenus par des Préfets, et autres. Mais les plus hautes autorités en place et pour lesquelles ils roulent, n’ont jamais eu à réagir par rapport à ces comportements indignes.
Pendant longtemps des autorités politiques du pouvoir RPT ont véhiculé sans vergogne lors des meetings, des informations fausses alimentant la haine tribale. Nous souhaitons que, désormais on confectionne des spots publicitaires sur les média d’Etat (télé et radio surtout) et dans tous les dialectes du genre : «Togolais, que tu sois du Sud ou du Nord, nous sommes tous des frères et des sœurs, embrassons-nous et tournons dos au passé. Désormais allons-y main dans la main pour reconstruire notre pays dans l’amour, la vérité et le travail ! Personne ne viendra le faire à notre place ».
Nous proposons aussi d’instituer une journée dénommée : «Journée de l’Unité Nationale ». A une date précise chaque année, et cela pendant 3 ans, des manifestations populaires vont avoir lieu sur toute l’étendue du territoire pour sceller cette réconciliation qui est prévue et ce, dans l’Unité de la Nation retrouvée. La journée devra donc être chômée et payée naturellement.
Un haut fonctionnaire assez crédible des Nations Unies devra être nommé qui résidera pendant quelques années au Togo pour suivre l’après réconciliation et aviser sans parti pris. Ce sont là nos modestes propositions à l’attention des membres de la commission chargée de la réconciliation nationale.
Conclusion Si, après l’opération « Vérité, Justice et Réconciliation » dans laquelle s’implique la Communauté internationale, les vieilles méthodes réapparaissent, notamment, les emprisonnements arbitraires, et toutes autres pratiques discriminatoires à caractère tribaliste ou régionaliste, notamment dans les recrutements dans la fonction publique, dans la police, la gendarmerie, l’armée, dans les nominations à des postes de responsabilité, alors il sera clair pour tous que l’opération « Vérité, Justice et Réconciliation », même après le génocide de 2005 aura été une comédie de plus, car on ne peut pas tourner dos au passé et continuer à user des mêmes pratiques qui génèrent la haine, la division et la méfiance.
Enfin, nous nous étonnons que des gens prétendus togolais puissent, pour assouvir leur soif de pouvoir, être amenés à diviser leur territoire en deux et travailler d’arrache-pied à pérenniser une telle attitude, opposant sciemment des ethnies entre elles et semant haine et désolation dans une population dont ils ont pour charge de faire le bonheur. Alain Simouba
Bonne gouvernance : Point sur la lutte contre le blanchiment d’argent au Togo . Les banques très exposées à la menace de l’argent sale « C’est dire que la corruption, peu à peu, gagne du terrain et devient endémique. Utilisant des techniques savamment mises au point, les réseaux de corruption agissent dans l’ombre et organisent le détournement, à leur profit personnel, des maigres ressources de l’Etat. Dans ce domaine, je dois souligner le rôle néfaste joué par quelques sociétés installées chez nous. Au lieu de contribuer au développement de notre pays, elles ne respectent pas leurs obligations dès lors qu’elles ont réussi à corrompre quelques fonctionnaires véreux. Se croyant à l’abri, ils ne s’acquittent pas de leurs impôts, se livrent à la fuite de capitaux et au blanchiment d’argent », a indiqué le chef de l’Etat togolais dans son discours lu par le Premier ministre Komlan Mally à l’occasion de l’atelier sur la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la Corruption. Le blanchiment d’argent représente un danger pour l’économie et les systèmes financiers. Ceci dit, on ne peut pas prendre la voie de la bonne gouvernance en se taisant devant ce mal. Quel est alors le point sur la lutte contre le blanchiment d’argent au Togo ?
En fait, le blanchiment d’argent est une réalité au Togo. Avec la pourriture sociopolitique des années 1990, des hommes d’affaires véreux ont pris d’assaut le pays. Ces gens qui viennent à Lomé avec peut-être un pantalon et une chemise, deviennent en l’espace de quelques mois des richissimes. Les biens mal acquis sont injectés dans les circuits financiers pour leur donner un caractère « normal ». Ce sabordage de l’économie nationale n’est rendu possible que par la complaisance des gouvernants dont certains entretiennent des rapports étroits avec les « fraudeurs ». Ceux-ci passent par des sociétés fictives pour « laver » l’argent sale. Les sociétés qui sont sur la liste pour les élections à la Chambre de Commerce et de l’Industrie au Togo en sont une illustration. Des sociétés bizarres pilotées par des gens bizarres.
En outre, il y a trois ans, le Togo était régulièrement épinglé par plusieurs rapports sur le trafic de drogue. Des experts espagnols, français et même américains ont mené des enquêtes jusqu’à Lomé. Tout le monde a en mémoire l’affaire du navire PITEA. Acculées, les autorités togolaises étaient obligées de créer des structures pour contrer ces trafics, même s’il reste encore aujourd’hui des efforts à faire dans ce domaine.
Au Togo, des mesures efficaces contre le blanchiment d’argent ne sont pas encore prises, même si le phénomène continue de faire son petit bonhomme de chemin. L’idée de la lutte anti-blanchiment n’a réellement commencé à exister qu’avec la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et le Sabotage Economique (CNLCSE). Elle s’est appropriée ce sujet pour la simple raison qu’il y avait des opportunités qui permettraient de glaner quelques sous sur le plan régional.
Du fait, en décembre 1999, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO ont, pour lutter contre ce fléau, porté sur les fonts baptismaux le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette structure sous régionale sera appuyée par l’adoption en septembre 2002, par l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) d’une directive relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux dans les Etats membres. « En dehors des services de police, de gendarmerie et des douanes qui mènent des actions marginales et collatérales contre le blanchiment d’argent à travers une lutte très active contre le trafic illicite des stupéfiants et des substances psychotropes, il n’existe pratiquement pas d’institutions spécialisées ayant vocation à lutter contre le blanchiment d’argent au Togo », faisait remarquer la CNLCSE à l’époque. Elle comptait sur le GIABA pour coincer les adeptes de l’argent sale.
La GIABA a pour objectifs : de protéger les systèmes financiers et bancaires, et les économies nationales de l’argent du crime ; d’améliorer et intensifier la lutte contre le blanchiment des produits du crime ; de veiller à la mise en place d’une manière harmonisée et concertée des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent. Sur le plan organisationnel, ce groupe est représenté au niveau de chaque Etat membre par un Correspondant National chargé d’y animer la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. C’est ainsi qu’au Togo le sieur Panassa Awoki, membre de la CNLCSE a été désigné Correspondant National. Interlocuteur du GIABA auprès du Gouvernement de son pays, le Correspondant National, a pour rôle de faire le lien et la coordination des activités des différents acteurs nationaux de la lutte contre le blanchiment. Il constitue le Point Focal de la lutte contre le Blanchiment d’Argent. Il devrait aussi diagnostiquer la situation du blanchiment d’argent, mettre à niveau la législation, et créer un Service de Renseignement Financier. Mais malheureusement, il n’y a aucune activité qu’on puisse mettre à l’actif du Correspondant National. Le sieur Panassa n’a rien fait pour changer la donne.
De plus, la directive et la loi uniforme de l’UEMOA prévoient la création dans chaque Etat membre d’un service de renseignement financier, appelé Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), qui sera l’organe opérationnel dans le combat engagé contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. C’est seulement tout dernièrement que les autorités togolaises ont pensé mettre en place cette structure. Cette cellule a pour mission de « recevoir, d’analyser et de traiter les renseignements propres à établir l’origine des transactions ou la nature des opérations faisant l’objet de déclaration de soupçon auxquelles sont astreintes les personnes physiques ou morales assujetties ». Il sera composé d’un haut fonctionnaire issu soit de l’administration des douanes, soit du trésor public, soit de l’administration des impôts, d’un magistrat spécialisé dans les questions financières, d’un haut fonctionnaire de la police judiciaire, d’un représentant de la BCEAO, et de deux chargés d’enquêtes.
Un effet d’annonce ? De toutes les façons, les Togolais ne savent pas si cette cellule a été déjà mise en place et quelles sont les personnes qui la composent. Pendant ce temps, le blanchiment d’argent continue et reste une menace pour les institutions financières. A en croire le Directeur de l’Audit et du Respect des normes d’une banque de la place qui a participé en avril dernier à une session de formation du GIABA, les institutions sont d’autant plus exposées que les moyens utilisés par les blanchisseurs sont divers et variés en raison de la globalisation du commerce et des marchés financiers, de la déréglementation, de l’accès facile à Internet, etc. « Face à cette menace, les institutions financières doivent mettre en place des politiques proactives et préventives de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme», a-t-il préconisé. Il a défini les grandes lignes de ces politiques. Celles-ci comprennent en premier lieu l’identification du client et de ses activités depuis son entrée en relation avec les banques. Ensuite, elles doivent consister à mettre en place des dispositifs internes de contrôle précoce et de détection des flux financiers anormaux, c’est-à-dire qui ne sont pas en rapport avec les activités réelles du client. La fixation d’un seuil d’alerte, c’est-à-dire des montants à partir desquels des contrôles seront effectués, est la troisième mesure préventive proposée par le Togolais. Enfin, il a émis l’idée de la coopération avec les institutions régionales et internationales pour mieux faire face à ce fléau.
Si aucune action efficace n’est engagée contre le blanchiment d’argent, la lutte pour la bonne gouvernance sera vaine au Togo. Que les structures à mettre en place soient conduites par des gens intègres, rigoureux et rompus à la tâche. R. Kédjagni
Sans détour : Cen-Sad : « La déclaration de guerre » du Guide « Le Nigeria fait partie de la CEDEAO et c’est une institution qui fonctionne très bien, a résolu des conflits majeurs, il n’est pas question de la dissoudre » (Samuel Ekpa - haut responsable du ministère nigérian des Affaires étrangères)
A l’origine, la Communauté des Etats sahélo sahariens (Cen-Sad) était conçue comme un cadre de concertation mis en place le 4 février 1998 en Libye par une demi douzaine de pays riverains du Sahara et du Sahel, sous l’impulsion du Guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi. Mais à cause de la magnanimité sans borne de son concepteur, beaucoup de pays ont adhéré à cette organisation. C’est une véritable course contre la montre. La Cen-Sad compte aujourd’hui 28 Etats membres avec l’arrivée de trois nouveaux mendiants: Mauritanie, Kenya et Sao Tomé et Principe. On croit savoir qu’elle représente 45 % de la superficie de l’Afrique, 48 % de la population du continent et 44 % de son produit intérieur brut. En dépit de ces potentialités, nombreux sont les pays de la Cen-Sad qui n’arrivent pas à assurer leur autosuffisance alimentaire. C’est pour trouver des solutions à cette situation qu’il a été mis sur l’agenda de ce sommet le thème « Développement rural et sécurité alimentaire dans l’espace Cen-Sad ».
Cependant, l’hôte de cette dixième messe africaine était la seule personne à gloser sur ce thème et à ébaucher des pistes. Il propose entre autres « la création d’une Autorité chargée de la coordination des politiques agricoles dans l’espace CEN-SAD, en vue d’une meilleure harmonisation des efforts pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la mise en place d’un fonds Cen-Sad de développement agricole, pour faire face aux besoins financiers importants relatifs aux mesures à long terme, notamment les aménagements de terres agricoles, la création de fermes semencières et la maîtrise de l’eau ». Mais malheureusement, l’ancien Directeur Général de la BOAD n’a reçu que l’écho de ses propres cris. Il a oublié une chose : le riche et le pauvre n’ont pas les mêmes préoccupations. Quand le nécessiteux est en quête de ce qu’il faut pour calmer la furie de ses intestins, le riche déjà repu s’occupe des futilités. Vie chère, création de fermes semencières, maîtrise de l’eau, etc. ne sont pas les priorités du Guide. Il n’en a cure. En foulant le sol béninois, Kadhafi n’avait qu’une idée en tête: la mise en place d’un gouvernement de l’Union Africaine qui va aboutir aux « United States of Africa» (Etats-Unis d’Afrique), un décalquage du modèle américain. Il a même donné le la au Togo en traitant certains de ses pairs de « réactionnaires » et de « traîtres » à la solde de l’impérialisme.
Sur la tribune de Cotonou, le Guide a encore improvisé un galimatias dans lequel il s’en est directement pris aux autres dirigeants après avoir souhaité le décès des organisations régionales. Les idées sont jetées pêle-mêle. « L’existence de ces communautés régionales est un obstacle à l’intégration africaine et cela risque de créer des guerres de régions et de frontières. L’Afrique ne sera jamais unie tant que l’on parlera de communauté régionale. C’est un échec, il n’y a pas d’union régionale », a-t-il martelé bien qu’il préside lui-même l’Union du Maghreb Arabe. Pour lui, « l’échec » de la défunte OUA est dû au fait que « l’Afrique n’avait pas de gouvernement pour exécuter les décisions prises par les chefs d’Etat depuis 1963 ». Il a déploré que la même situation perdure aujourd’hui sous l’Union africaine. Or, « l’idée de 1963 était de créer un gouvernement et non un nom d’unité africaine. Et si cela avait été fait, l’Afrique serait aujourd’hui développée comme les Etats-Unis ». N’importe quoi! Enfin pour enfoncer le clou, il a indiqué que des Etats ou chefs d’Etat sont soit « des ignorants », soit « des traîtres » ou alors feignent d’ignorer la réalité pour la simple raison qu’ils travaillent pour l’expansion des produits des occidentaux, des colonisateurs… Le Guide a parlé et la dizaine de chefs d’Etat obnubilés par les dollars ont applaudi. C’est une « déclaration de guerre » à quelques jours du prochain sommet de l’UA qui risque d’être houleux. Wait and see. Zeus Aziadouvo |