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June 2008 - Posts

  • Mise en oeuvre de l’APG Qui pour enclencher les réformes constitutionnelles ?

    Golfe Info #412 du 25 juin 2008

    Qui est ce qui doit enclencher  le processus des réformes constitutionnelles et institutionnelles prévues par l’APG (Accord Politique Global)? La  question fait actuellement l’objet d’une polémique au sein de la classe politique togolaise. Chacun des acteurs y va de son argumentation. Pendant ce temps, la présidentielle de 2010 s’approche à grands pas. A défaut de prendre ses responsabilités, l’opposition togolaise risque de ramasser une nouvelle fois les pots cassés. Encore faut-il qu’elle ait les moyens de prendre le devant des choses. L’opposition togolaise a-t-elle vendu la peau du loup avant de le tuer ? La question mérite d’être posée car, avant les élections législatives du 14 octobre 2007, tous les indices montraient que l’Opposition allait écraser le parti au pouvoir. elle devrait à ce titre entreprendre les réformes en vue d’épurer la Constitution de certaines dispositions taillées sur mesure. Mais, les pronostics ont été déjoués. Le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) est sorti du scrutin avec une majorité écrasante de 50 députés, suivi de l’UFC (Union des Forces de Changement) avec 27 élus contre seulement 04 pour le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau).

    Le jeu de « tu m’accuses, je t’accuse »
    S’agissant des réformes en question, l’APG du 20 août 2006 stipule en son point 3.2 que :« Les parties prenantes au dialogue national engagent le gouvernement (issu de l’APG, ndlr) à étudier les propositions de révision constitutionnelle, notamment : le régime politique, la nomination et les prérogatives du premier ministre, les conditions d’éligibilité du président de la République, la durée et la limitation du mandat présidentiel, l’institution d’un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle. Le gouvernement prendra en charge ces propositions pour la prochaine législature ».

    Dans l’état normal des choses, lesdites réformes devraient être enclenchées par le gouvernement issu de l’APG. Mais, 14 mois durant, l’équipe de Me Yawovi Agboyibo n’a pas pu le faire en raison, soit de l’absence de l’un des signataires (de l’accord suscité) au gouvernement (UFC), soit par des calculs politiciens du parti au pouvoir, soit encore par « inconstance » du premier ministre.

    Aujourd’hui, la question se pose en terme de « Qui » va enclencher le processus. Et dans chacun des états-majors politiques du pays, on semble se renvoyer la balle. Au cours des manifestations entrant dans le cadre de la célébration du 48e anniversaire de l’indépendance du Togo, le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio, dans une déclaration à la presse, a sommé le gouvernement d’enclencher rapidement les réformes dictées par l’APG. La réaction du parti au pouvoir ne s’est pas faite attendre. Et, c’est du côté du « bouillant » ministre de la Coopération, Gilbert Bawara,  que viendra la réplique : « Les réformes institutionnelles et constitutionnelles ne sont pas la priorité du gouvernement… », a-t-il confié lors d’une émission télévisée. A sa suite, le 1er vice-président de la représentation nationale, Sélom Klassou, également membre du parti au pouvoir, abordant le même sujet la semaine dernière, a accusé le gouvernement Agboyibo de n’avoir pas accompli sa mission car, n’ayant pas posé les fondements des réformes. Or, tout le monde connaît les péripéties traversées par cette équipe gouvernementale, réduite à un moment donné à ne s’attacher exclusivement qu’au volet électoral de sa mission.

    Une autre réaction venant toujours du RPT est celle de son secrétaire général, Esso Solitoki. D’après lui, si le gouvernement actuel n’a pas encore entrepris les réformes, rien n’empêche l’Opposition parlementaire de le faire : « Pourquoi l’Assemblée nationale n’initie-t-elle pas le débat en ce sens ? », s’est-il questionné le week-end dernier. Une proposition intéressante a priori, mais qui ne répond pas à l’esprit de l’APG.

    Qu’en est-il exactement ?
    Pour pouvoir introduire une proposition de loi à l’Assemblée nationale, il faut que cela vienne d’un cinquième (1/5) des députés soit 16 élus. Mathématiquement, le CAR de l’ancien Premier ministre est mis sur la touche, ne disposant que 04 élus. L’initiative ne peut venir que du RPT et de l’UFC.

    Le RPT et l’UFC, on le sait, sont les deux poids lourds sur l’échiquier politique national et aussi des « ennemis irréductibles ». La tendance a été confirmée lors des dernières élections législatives. Dans les débats à l’Assemblée nationale, ces deux entités s’accordent sur les sujets d’ordre général. Autrement dit, sur des questions ne touchant pas la «prunelle» de l’exercice du pouvoir, ces deux parties trouvent rapidement les clés à utiliser. C’est ainsi que le code forestier, la loi portant relèvement de l’âge du départ à la retraite, la loi portant statut des agents des collectivités locales ont été votés sans « accrochages ». Mais, quand il s’agit des sujets sensibles, on assiste à des divergences de tous ordres et les calculs politiciens prennent le pas sur l’intérêt national. Lorsque M. Solitoki demande à l’opposition parlementaire d’initier le processus des réformes constitutionnelles et institutionnelles, il sait pertinemment que de toute évidence, elle ne pourra pas le faire. « Si vous lisez bien l’APG, vous vous rendrez compte que tout a été décidé au détriment du RPT…Aujourd’hui, les résultats des urnes ont déjoué tous les calculs. C’est pour cela qu’ils (les députés de l’opposition ndlr) n’arrivent pas à enclencher les débats », a-t-il affirmé. En fait, la question ne se situe pas à ce seul niveau. Il faut aussi une volonté politique. Dans cette logique, on voit mal comment ces deux partis pourront introduire en toute impartialité et responsabilité des propositions visant des modifications de certaines dispositions constitutionnelles devenues aujourd’hui caduques et donc inadaptées aux nouvelles donnes politiques du pays. D’après un analyste, ni le groupe parlementaire RPT ni celui de l’UFC ne peuvent entreprendre ces démarches et le faire dans l’intérêt supérieur des Togolais, c’est-à-dire en tenant compte des aspirations profondes du peuple. Chacun va vouloir se servir d’abord. D’où, estiment d’autres observateurs, la nécessité de se tourner vers d’autres créneaux.

    Le « Conseil » ou « Cadre » permanent du dialogue ?
    Le CAR s’accroche au cadre permanent de concertation, l’instance susceptible de constituer un prolongement du dialogue inter togolais. A ce propos, l’APG dit en son point 5.1 : « Les parties prenantes au Dialogue conviennent de la création d’un cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d’intérêt national ». Le parti de Me Yawovi Agboyibo est intrigué par le fait que le parti au pouvoir traîne le pas à ce que cette structure devienne opérationnelle. Ce, d’autant plus qu’elle a été créée depuis le 14 mai 2007 par décret présidentiel.

    Par ailleurs, il y a une forme de divergence dans l’interprétation même des termes de cette structure. Le problème se retrouve au niveau des thématiques « Cadre » de « Conseil » de discussion. D’après un responsable du CAR, peu importe la dénomination de la structure (cela peut être les deux voire un autre terme), l’essentiel aujourd’hui est qu’elle devienne opérationnelle et fasse son travail. Au CAR, on estime que la réticence du RPT constitue une preuve de « mauvaise foi ».

    Dans son fonctionnement, le CNCDP (Conseil National de Concertation et de Dialogue Politique) est chargé selon l’article 2 du décret du 14 mai 2007 de débattre des questions d’intérêt national. En outre, il est composé des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% aux élections législatives et le gouvernement. Par ailleurs, l’article 7 de cette structure stipule que : « Le CNCDP peut consulter, s’il le juge nécessaire, les principales confessions religieuses (catholique, protestante, musulmane notamment), la chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la société civile et des personnalités désignées par le chef de l’Etat sur certains sujets d’intérêt national ». La polémique née autour des réformes montre que la classe politique togolaise n’est pas encore prête à taire ses penchants égoïstes pour aller vers l’essentiel. Les réformes institutionnelles et constitutionnelles constituent une étape cruciale dans l’organisation des futures élections (locales et présidentielle) pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. La chose étant qu’en matière d’élection, le Togo détient le record du mauvais élève dans la sous-région ouest africaine. Du reste, refuser d’enclencher le processus, c’est se moquer des Togolais et de la Communauté internationale qui ont consenti assez de sacrifices pour l’apaisement du climat politique. L’histoire saura juger les défenseurs des intérêts égoïstes qui oeuvrent encore à remettre en cause l’accalmie retrouvée après les violences d’avril-mai 2005.
    Noël Y. A. Glissou


    A propos de la future commission anti-corruption : Prof. N’Buéké Goeh-Akué: «Il faut que cette Commission soit à la hauteur de sa mission»
    Le professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Lomé, N’buéké Goeh-Akué, a profité d’une sortie médiatique pour se prononcer sur l’institution de la nouvelle Commission anti-corruption.

    Parlant de l’ancienne Commission mise en place en 2001 par feu Eyadema Gnassingbé pour démasquer les saboteurs de l’économie nationale, M. Goeh-Akué a indiqué que celle-ci a failli à sa mission parce que n’ayant pas publié de manière officielle un rapport situant aux yeux du peuple, la responsabilité de ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué au pillage de l’économie togolaise. Cela dit, il se déclare pessimiste quant à la capacité de la nouvelle Commission  à accomplir effectivement son travail craignant qu’elle ne puisse véritablement mettre la main sur les vrais corrompus du pays. En outre, le professeur Goeh-Akué craint que de « commission en commission, on ne finisse par noyer le problème togolais ».

    Par ailleurs, il a tenu à mettre en évidence les amères conséquences du phénomène de corruption sur la situation économique du Togo. Parlant de l’Etat désastreux des routes togolaises qui, jeudi 19 juin dernier, a fait l’objet d’un débat au parlement, M. Goeh-Akué a estimé que cette situation est due, d’une part, à la corruption qui règne dans le choix des entreprises chargées d’exécuter les travaux. « Les entreprises sont choisies sur la base du copinage et non par rapport à leur véritable compétence. Et lorsque le choix est porté sur une d’entre elles qui n’a pas la compétence nécessaire pour un tel travail, il est normal que les travaux  soient mal exécutés et que l’on se retrouve avec des nids de poules quelques temps après la construction des  routes », a-t-il déclaré avant de préconiser le suivi par le gouvernement de ces genres de travaux, quelque soit l’entreprise chargée de les exécuter.

    D’autre part, l’historien pense que l’état catastrophique de nos routes est dû au manque d’entretien. « Nous ne prenons pas grand soin de nos routes. Or, compte tenu de nos conditions climatiques (climat tropical), il faut régulièrement les entretenir pour qu’elles ne se dégradent pas », a souligné M. Goeh-Akué qui s’est interrogé sur le rôle réel joué par le  FER (Fonds d’Entretien Routier), organisme parapublic chargé de l’entretien des routes au Togo, et la manière dont les fonds récoltés par cette société sont gérés. A cet effet, il a souhaité  que l’argent récolté par le FER, au lieu d’être détourné ou de servir à d’autres fins inutiles, serve effectivement à entretenir nos voies car dit-il, « les routes ont une importance capitale dans l’économie d’un pays ».

    En vue de lutter de manière efficace contre la corruption, M. Goeh-Akué propose à l’Etat de mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. « Nous ne pouvons pas lutter contre ce phénomène en plaçant certaines personnes  à la place qu’elles ne méritent pas. Or, c’est ce qui se remarque dans notre administration. Ce faisant, nous encourageons le laxisme et nous faisons de l’administration togolaise une administration dépourvue d’éthique et de moral », a-t-il affirmé. Aussi, a t-il appelé l’un après l’autre, le gouvernement à former des citoyens compétents, conscients de l’intérêt général et la future Commission anti-corruption à être à la hauteur de sa tâche.
    Rodolph TOMEGAH

     
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  • Lutte contre la corruption au Togo : La NDP soutient l’initiative du chef de l’Etat

    AgoraPress Lomé - Alain Nococo

    Pour une société éprise de liberté, de justice et de prospérité et de la croisade contre la corruption au Togo,  la Nouvelle Dynamique populaire (NDP) de l’ancien Secrétaire d’Etat chargé de la Promotion des Jeunes, M. Gilbert K. Atsu donne son avis favorable à la démarche du Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Le parti souscrit au concept selon lequel, seule l’éradication de la corruption pourrait permettre l’émergence d’un Etat démocratique assorti des valeurs de citoyenneté et de la répartition équitable des ressources.

    Cet engagement de
    la NDP  intervient suite au discours du Chef de l’Etat prononcé par le Premier ministre Komlan Mally lors de l’ouverture de l’atelier sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies contre la corruption au Palais des Congrès de Lomé le 9 juin.

    Pour le parti de Gilbert Atsu,  seule cette démarche peut permettre le retour à une vie saine car l’enrichissement illicite, l’hémorragie financière nationale organisée par des réseaux mafieux, la dilapidation de l’économie nationale d’une minorité au détriment de la population sont autant de facteurs qui renforcent le clivage et accentuent la paupérisation.

    Cependant le parti ne manque pas de préciser  les dangers que pourraient encourir ceux qui auront à mettre en œuvre l’initiative étant entendu que les partisans de la gestion peu orthodoxe des deniers de l’Etat ne sont pas prêts à lâcher du lest. De ce fait, ils tapissent dans l’ombre pour faire échec au processus de démocratisation et de l’Etat de droit dans le but de sauvegarder et poursuivre leurs pratiques malsaines. Pour se faire, le parti exhorte le peuple tout entier à apporter son soutien au Président de la république pour un aboutissement heureux de cette noble mission.


    Voici in extenso le communiqué de la NDP

    Dans le cadre de l'atelier sur la mise en oeuvre de la convention des Nation Unies contre la corruption tenue le mardi 9 juin 2008 au Palais des Congrès de Lomé, le Premier Ministre Komlan Mally a lu le discours du Chef de l'Etat faisant état du niveau de la corruption au Togo.

    Ce discours dénonce sans ambages, des pratiques frauduleuses organisées à tous les niveaux de la vie socio-économique pour dilapider les maigres ressources de l'Etat. De l'administration publique aux sociétés tant du secteur public que privé, du planton au chef service, personne ne lésine sur les moyens lui permettant de s'enrichir de façon illicite sur le dos des pauvres citoyens. En dehors des réseaux mafieux de corruption, véritables fossoyeurs  de l’économie nationale, le Togo est aussi victime du rôle funeste de certaines sociétés étrangères qui, avec la complicité de certains compatriotes, ne s’acquittent jamais de leurs obligations fiscales créant ainsi un manque à gagner au trésor public. Ce sabotage économique est responsable de la pauvreté dans laquelle vivent nos  laborieuses populations. Dans cette situation, seul 1e peuple togolais paye un lourd tribut.

    La Nouvelle Dynamique Populaire (N.D.P) fidèle à son idéologie et à ses principes fondés sur la Liberté et la Justice
    adhère totalement à ce discours courageux et patriotique du Président de la République.

    Ce message qui vise à trouver une solution à la paupérisation sans cesse croissante de notre pays par une lutte contre la corruption, annonce le début d'une nouvelle ère, celle d'une société moderne imbue des valeurs de citoyenneté et de justice. Pour permettre à tous les togolais de bénéficier des fruits de la coopération retrouvée, il est indispensable de mener une lutte farouche contre ces comportements antipatriotiques qui ne contribuent qu'à spolier l'Etat Togolais.

    La Nouvelle Dynamique Populaire  reste consciente que vouloir enrayer la corruption dans un pays comme le nôtre est un pari risqué à cause des intérêts en jeu des groupes d'hommes et de femmes peu soucieux du mieux être de nos populations. Nous devons nous ressaisir et nous rendre à l'évidence que la corruption dans notre pays a atteint des proportions intolérables. Le combat politique engagé par le peuple togolais depuis 1990 pour un Togo libre et prospère ne peut aboutir si des mesures idoines ne sont prises pour décourager ces réseaux mafieux de corruption qui, dans l'ombre, œuvrent inlassablement pour empêcher l'avènement de la démocratie et de l'Etat de droit à cause de leurs intérêts égoïstes. Aussi la politique de réconciliation et du grand pardon prônée par la classe politique togolaise, serait un leurre tant que des efforts ne seront pas faits pour combattre ces pratiques frauduleuses qui creusent un grand faussé entre une minorité privilégiée, riche, opulente et la majorité pauvre, affamée.

    Pour ce faire, le peuple togolais et particulièrement la jeunesse, première victime de cette situation doit se mobiliser aux côtés du chef de l'Etat pour combattre ce fléau qui gangrène l'économie nationale. C'est une lutte âpre qui mérite d'être accompagnée et soutenue par tous. Les partis politiques, les différentes organisations syndicales, les mouvements estudiantins et la société civile doivent se mobiliser pour mettre fin à la corruption qui constitue une violation flagrante des droits de l'homme ; le droit pour tous les citoyens de bénéficier d'un traitement égal par les services publics et le droit de jouir du fruit de leur labeur.

    La NDP manifeste son soutien au Chef de L'Etat dans ce combat contre la corruption et l'exhorte à prendre des dispositions pratiques car elle est convaincue que les populations togolaises y trouveront leur compte et lui seront très reconnaissantes. C'est le seul moyen qui conduira à coût sûr à une croissance économique, à l'amélioration du niveau de vie à une réduction de la pauvreté  et à une redistribution équitable des richesses de notre pays à tous les niveaux.

    Fait à Lomé le 26 Juin 2008
    Pour la NDP, le Président
    Gilbert K. Atsu

     
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  • Mise en œuvre de l’APG : Me Agboyibo étale au grand jour le double jeu du pouvoir RPT

    Liberté Hebdo #371 du 26 juin 2008

    Depuis un certain temps, le CAR de Me Agboyibo s’est mis en marge des actions qui sont menées dans le cadre des consultations nationales relatives au processus de « Vérité-Justice-Réconciliation » et de l’atelier conjointement organisé par le PNUD et le ministère des Droits de l’Homme et de la Démocratie visant à consolider l’Etat de droit au Togo. L’ancien Premier ministre trouve que toutes ces réformes devraient être faites par le « cadre permanent de dialogue et de concertation » préconisé par l’Accord Politique Global (APG).

    « Les parties prenantes au dialogue conviennent de la création d’un cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d’intérêt national. Le gouvernement d’union nationale fixera les missions, la composition et les modalités de fonctionnement de cette structure », précise le point 5.1 de l’ APG. Sur ce point, le leader du CAR croit avoir joué sa partition. Les Togolais comprennent aujourd’hui les cris de cœur de l’avocat qui estime que le pouvoir est en train de dévoyer l’accord consensuel du 20 août 2006. Il avait travaillé sur le dossier et un décret était pourtant pris à cet effet. Il ne restait qu’à l’appliquer.

    Ce décret portant création d’un Conseil national de concertation et de dialogue politique (CNCDP) publié par « Le Regard » était signé depuis le 14 mai 2007. Selon son article 2, il regroupe les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ou ayant obtenu 5% des voix aux élections législatives et le Gouvernement. Chaque parti y est représenté par son leader ou un représentant. Il devait plancher sur la constitution, la charte des partis politiques, le code électoral et la régularité des scrutins, les prérogatives constitutionnelles des institutions, l’accès équitable aux médias d’Etat, les droits et devoirs de l’opposition, le code de bonne conduite (Lire le décret à la page 7).

    Plus d’un an après, aucun de ces sujets n’est abordé dans le cadre du fameux CNCDP. La structure qui avait été créée par le Premier ministre Me Agboyibo et qui avait reçu l’aval du chef de l’Etat est rangée dans le placard dès le départ de l’avocat de la Primature. On
    n’en parle même plus et le pouvoir se replie sur les partenaires pour exécuter comme bon lui semble les autres points de l’APG. Conscient qu’il prêchait dans le désert, le Président du CAR est passé à la vitesse supérieure en étalant sur la place publique la mauvaise foi du pouvoir RPT et de son chef. Faure qui avait donné son accord au CNCDP, s’est rebiffé après qu’il eut poli son pouvoir acquis dans les conditions qu’on sait. Il n’en a plus besoin. Déjà au RPT, on indique que le CNCDP est différent du « Cadre permanent de dialogue et de concertation» prévu par l’APG et qu’on ne saurait accorder un quelconque intérêt à la trouvaille de Me Agboyibo. Un fait qui rappelle un peu la bisbille autour de la carte d’électeur « infalsifiable et sécurisée ». A l’époque, le RPT soutenait mordicus que la carte d’électeur «infalsifiable et sécurisée » n’avait rien à avoir.

    Si on se réfère au décret, seuls les trois partis représentés à l’Assemblée et qui ont obtenu les 5% et peut-être
    la CPP du « Président annexe » seraient concernés par les discussions au sein du CNCDP. Ce qui n’enchante pas le RPT qui entend noyer les réformes dans la cohorte de partis politiques qui enrhument le microcosme togolais. Le ministre de l’Administration territoriale, Pascal Bodjona, qui avait signé le décret en tant que Directeur de cabinet du Président de la République, a donné le ton lors de son passage à l’Assemblée nationale. « On voit mal comment trois délégués peuvent se mettre autour d’une table et prétendre résoudre les problèmes de toute une nation », a-t-il dit.

    Comme on le voit, Me Agboyibo a été tout simplement tourné en bourrique par « l’homme nouveau » dont il vantait les mérites lorsqu’il était aux affaires. On faisait croire aux Togolais que le «petit » est « bon » et que c’est son entourage qui le « corrompt ». Les faits sont là.
    R. Kédjagni
     


    Vérité-Justice-Réconciliation : Une pluie de critiques s’abat sur les consultations nationales
    Les Consultations nationales lancées le 15 avril dernier à grand renfort médiatique par le premier des Togolais abordent aujourd’hui leur phase active. Ceci fait suite à une campagne de séduction entreprise par les décideurs quelques jours auparavant, où ils ont crevé les écrans de télévision et pris d’assaut les studios de radios pour quémander la foi des populations au processus. Si seulement la démarche recueillait l’adhésion des organisations politiques et de la société civile ! Malheureusement c’est une pluie de critiques qui s’abat sur le processus. Sur place comme à l’international, des voix s’élèvent pour critiquer ouvertement la manière dont il est conduit.

    La diaspora émet des regrets
    Le dernier cas en date est celui du
    Congrès Togolais pour un Sursaut National (CSN-TOGO) de l’ancien Président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) Akué Adoté Ghandi. Le Comité Directeur de cette organisation de la société civile s’est réuni il y a quelques jours à Washington aux Etats-Unis d’Amérique. Au cours de la rencontre, plusieurs sujets d’intérêt national et international ont été abordés et des résolutions ont été adoptées. La réunion a planché sur les violences xénophobes en Afrique du Sud et la percée politique de Barack Obama, mais l’actualité politique au Togo faite des Consultations nationales a occupé la plupart du temps. Si le CSN-Togo se réjouit de cette initiative engagée par le pouvoir, n’a pas fait connaître dans l’immédiat sa position sur cette initiative du gouvernement et promet le faire ultérieurement, il ne s’est tout de même pas empêché d’exprimer des « regrets ». L’association regrette que ce processus soit conduit pour le moment par le gouvernement de « façon secrète et exclusive » sans associer vraiment l’opposition et des personnes ressources. L’organisation de la diaspora souhaite que le processus soit « une marche franche et sincère vers la fin de la culture de l’impunité », une nécessité absolue de faire justice et de donner réparation aux victimes des exactions diverses afin d’aboutir à une véritable réconciliation ainsi qu’à la vraie paix souhaitées par les Togolais. Cette paix qui, pour être effective, doit passer par la fin du recours à la violence systématique en réaction aux manifestations du peuple dans sa quête de liberté, a fait savoir l’association. Le CSN-Togo demande au gouvernement Togolais de « rectifier rapidement le tir » et de rendre le processus « plus inclusif », «transparent », « populaire », « consensuel » et «légitime » en incluant toutes les couches socioprofessionnelles et toutes les forces vives de la Nation.

    Les craintes du GRAD
    Ces échos de la diaspora viennent s’adjoindre aux nombreuses critiques faites au processus sur le plan local. Le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement (
    GRAD ) a exprimé la semaine dernière des « craintes » sur le processus. L’association de M. Victor Alipui a donné suite à ces inquiétudes à travers un document public intitulé « Le GRAD s’interroge : les consultations nationales sont-elles une voie obligée vers la commission Vérité-Justice-Réconciliation ? »

    Pour le GRAD, les enquêtes prévues dans le cadre de ces Consultations visant à recueillir les avis des populations sur la commission Vérité - Justice – Réconciliation à mettre en place, «comportent beaucoup plus de risques de manipulation », et vont augmenter « les menaces d’insécurité ou d’intimidation à l’endroit des personnes appelées à répondre au questionnaire proposé », en raison de la « faible garantie de confidentialité des entretiens au regard du mode de recrutement des enquêteurs et de la gestion par les commanditaires des résultats recueillis ». L’association « craint que l’organisation des consultations nationales telle que présentée n’entretienne en réalité le dilatoire, compte tenu du contexte historique et politique de la longue crise togolaise ». Le GRAD suggère plutôt la prise en compte des résultats des enquêtes des Nations unies, du gouvernement togolais et de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), suite aux violences survenues lors de la présidentielle de 2005, après le décès du président Gnassingbé Eyadéma.

    Le MODENA pessimiste
    Au Mouvement pour le Développement National (MODENA), on n’est guère excité par le processus. C’est le même pessimisme. Le confrère en ligne « letogolais.com » a requis l’avis de son leader Atsutsè Kokouvi Agbobli à l’occasion d’une interview. « Revenons à l’actualité avec notamment les consultations nationales en vue de la formation de
    la Commission Vérité-Justice-Réconciliation. Avez-vous confiance à cette initiative sous contrôle du pouvoir RPT et du clan Gnassingbé ? », lui a demandé le confrère. La réponse de l’historien -politologue ne s’est pas fait attendre. Avec un franc-parler qu’on lui connaît, il n’a pas voilé son pessimisme. « Au sujet des errements constatés en ce qui concerne les consultations nationales en vue de la constitution de la commission « Vérité, Justice et Réconciliation », le MODENA est loin d’être surpris. Quand on connaît les habitudes de la maison togolaise où l’impunité fut toujours la règle au su et au vu d’une communauté internationale dont les représentants stipendiés tout le temps préfèrent jouer les autruches, il ne faut pas attendre des gouvernants togolais actuels qu’ils traînent devant les tribunaux ceux qui firent les sales boulots leur permettant aujourd’hui de jouir des délices du pouvoir. D’ailleurs, nous pensons au MODENA que le triomphe de la juste cause, qui est matérialisée par le triptyque « Vérité, Justice et Réconciliation » ne mérite pas que l’on brandisse le couperet du justicier ». Sans commentaires.

    Les dénonciations du CAR
    C’est sans rappeler la position du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). C’est d’ailleurs cette formation politique qui incarne la contestation. Me Yawovi Agboyibo et son parti dénoncent « une inversion des rôles » par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH). Pour le CAR, c’est le Cadre permanant de dialogue et de concertation prévu par l’Accord Politique Global (APG) qui doit plancher sur cette question, présider aux Consultations nationales et faire éventuellement appel au HCDH pour accompagner le processus, s’il en éprouve le besoin. Cette structure n’est pas mise en place et c’est le pouvoir seul qui a pris l’initiative et confié son exécution au HCDH, plutôt à une personne : Mme Ige Olatokunbo. Raisons pour lesquelles Me Yawovi Agboyibo et son parti boudent les différentes manifestations organisées par le HCDH. Le CAR a boycotté une rencontre avec les partis politiques le jeudi 05 juin dernier. « Le CAR ne peut pas souscrire à l’inversion des rôles en acceptant d’être consulté par le HCDH qui se mettrait ainsi à l’avant-garde du processus au lieu de l’accompagner. Le CAR ne peut donc pas participer au forum », a signifié le parti à travers un courrier adressé à l’institution onusienne.  Son leader a aussi brillé par son absence au forum des anciens Premiers ministres, Présidents de l’Assemblée nationale et de
    la Cour constitutionnelle organisé le mercredi 11 juin par l’émissaire du Facilitateur, M. Moumouni Fabré. Le parti prend ainsi ses distances par rapport au processus.

    L’UFC réservée, pour le moment
    Tout porte à croire que l’Union des Forces de Changement (UFC) épouse la manière unilatérale dont le pouvoir conduit le processus, puisque le parti, lui, participe aux séminaires et ateliers organisés par le HCDH. Contrairement au CAR qui a affiché clairement sa position, le parti de Gilchrist Olympio ne l’a pas fait. Mais ce n’est pas pour autant que l’UFC voue un optimisme béat au processus. Des responsables du parti joints confient que la participation à ces manifestations du HCDH ne signifie pas l’adhésion au processus tel qu’il est régenté par le pouvoir. Si c’était le cas, on l’aurait clairement signifié à travers une déclaration publique, comme l’a fait
    la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) de Léopold Gnininvi, qui a appelé les populations à adhérer au processus, nous a-t-on confié.

    On le voit bien, c’est une pluie de critiques qui s’abat sur le processus et très peu de partis politiques s’extasient, si ce n’est le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et ses satellites dont Le Nid de Gabriel Dosseh-Anyron. Le cas de la CDPA est compréhensible ; on ne scie pas la branche sur laquelle on chie, la bouche qui mange ne parle pas, dit-on. 
    TINO Kossi


    Togopharma « vampirisée» par un réseau de hauts cadres véreux : Les employés traînent 21 mois d’arriérés de salaires
    «21 mois de salaires impayés, 38 cas de décès et 48 agents au chômage depuis 2002 », c’est le constat amer dressé par les agents de la première société de distribution des produits pharmaceutiques au Togo, Togopharma.

    Cette situation remonte à une dizaine d’années lors de la faillite de l’entreprise pour mauvaise gestion. Et depuis 2002, tous les employés ont été mis en « congé technique ».

    « Rien n’a été fait pour nous soulager; ni nos droits, ni nos arriérés n’ont pas été payés », déplore un ex-employé de Togopharma. Ce dernier reconnaît toutefois que quelques agents ont été recrutés par
    la Centrale d’Achat de Médicaments Essentiels et Génériques (CAMEG) et d’autres déversés dans les Centres Médico-sanitaires (CMS) et les Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) avec un salaire dérisoire.

    Togopharma, une société saignée à blanc
    Le moins qu’on puisse dire est que Togopharma a été ruinée par ceux qui tenaient les rênes de cette société.  A l’issue d’un contrôle de près d’un an, l’Inspection d’Etat vient de mettre à nu un réseau de hauts cadres véreux dans le détournement des recettes fiscales. La plupart des instigateurs de cette vaste escroquerie ont été appréhendés par
    la Gendarmerie Nationale qui a approfondi les enquêtes dont les premières conclusions ont été transmises à la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et le Sabotage Economique (CNLCSE). C’est à la suite d’un redressement fiscal à Togopharma que le Directeur financier et administratif et deux Inspecteurs des Impôts se seraient arrangés pour détourner le montant du complément d’impôts à payer par cet établissement. Pour y parvenir, ces agents indélicats auraient fait appel à la société « Majody » dont le DG aurait fabriqué de fausses factures qui ont servi à toucher à la Direction du Trésor, des chèques trésor de plusieurs centaines de millions (205 938 340 F CFA) correspondant aux restes de taxes fiscales dues par Togopharma à la Direction des Impôts. Avec la complicité active du DG du Trésor Public, cette somme a été encaissée et partagée allègrement entre eux. Les principaux protagonistes de cette cabale financière ont d’ailleurs reconnu les faits.

    Alors que les travailleurs de Togopharma sont réduits à la portion congrue, n’ayant pas été payés depuis plusieurs mois, certains cadres de cette société ont trouvé les moyens de «vampiriser » les ressources financières qui pouvaient servir à payer les émoluments et les dépenses courantes de fonctionnement notamment d’électricité, le courant ayant été coupé depuis belle lurette à Togopharma.

    Créée en 1967, Togopharma avait le monopole de distribution des produits pharmaceutiques. Elle disposait de 98 dépôts de vente de produits sur toute l’étendue du territoire.
    M.A.

    Sans détour :  Zimbabwe : Silence et réactions timides de l’Afrique
    « Non, parce que Mugabe est imperméable à la persuasion, la seule manière de le forcer à négocier est de l’isoler sur le plan international » (Ibrahim Fakir - Chercheur au Centre d’études politiques à Johannesburg)

    Sachant que son sort est déjà scellé, le Président Robert Mugabe a instauré un climat de terreur dans son pays. Par des actes primitifs, son pouvoir entend réduire à néant l’opposition qui a gagné les élections générales de mars dernier. Il a parlé de la guerre, il a indiqué que de son vivant, l’opposition n’accèderait jamais au pouvoir et enfin, il s’est replié sur Dieu qui,  seul, peut le faire partir. La situation sécuritaire s’est complètement détériorée et les militants de l’opposition sont soumis à de pires atrocités. Combien de fois Morgan Tsvangirai du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) n’a-t-il pas été interpellé avant d’être relâché ? Combien de fois les militants de l’opposition n’ont-ils pas été empêchés de tenir leurs manifestations dans le cadre de la campagne électorale ? Combien de fois les bus de campagne de l’opposition n’ont-ils pas été pris à partie par la soldatesque et les milices aux services du vieil homme ? Le N°2 du MDC ne croupit-il pas derrière les barreaux pour des accusations dénuées de tout fondement ?

    Ces exactions d’une autre époque qui ont  cours dans l’ex-Rhodésie du Sud n’ont jamais ému les dirigeants du « Noir Continent » encore moins l’Union Africaine du Gabonais Jean Ping. Peu regardants sur le respect des droits de l’homme et du verdict des urnes, tous ces dirigeants se sont tus face au drame zimbabwéen. Même le Président sud-africain, l’aède de la « diplomatie silencieuse » n’a pas su mettre son ami le dictateur à sa place. Son manque de fermeté a pourri les choses au point que l’opposition, pour ne pas « risquer la vie » de ses électeurs, a préféré se retirer de la course pour la présidence qui lui tendait la main depuis quelques mois.

    Mais en Afrique, son cri de cœur n’a pas reçu un grand écho. La plupart des dirigeants ont choisi le silence. Le Président sénégalais Wade, qui était en visite officielle au Zimbabwe l’année dernière et qui avait proposé sa médiation, est muet comme une carpe. Tout comme Kadhafi, le rêveur des Etats-Unis d’Afrique, qui n’a d’ailleurs jamais connu des bulletins de vote, des urnes… Même son de cloche chez Faure Gnassingbé, qui n’est pas un modèle en la matière. Seuls quelques rares chefs d’Etat comme Paul Kagame du Rwanda, Levy Mwanawasa de la Zambie qui préside la Communauté des pays d’Afrique australe (SADC) ou encore le Premier ministre kényan Raila Odinga se sont prononcés sur la « mugabecratie ». Des réactions somme toutes timides sans oublier l’hypocrisie béate du Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping, qui fait remarquer que « Cette évolution et le nombre croissant d’actes violents à l’approche du second tour de l’élection présidentielle sont un sujet de vive préoccupation». C’est tout, juste pour suivre la vague de condamnations des autres institutions qui sont incisives dans leurs réactions. L’ONU est contre la tenue d’un deuxième tour au Zimbabwe. « Je découragerai fortement les autorités d’aller de l’avant en organisant comme prévu vendredi le second tour. Il y a eu trop de violences et trop d’intimidations. Un vote dans ces conditions serait privé de toute légitimité », a fait savoir le Secrétaire Général des nations Unies Ban Ki-moon. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont appelé la communauté internationale à ne pas reconnaître le régime du président Mugabe et le durcissement des sanctions contre les autorités zimbabwéennes est envisagé. La France, par le truchement de son chef de la diplomatie Bernard Kouchner, a qualifié le vieil homme « d’escroc et d’assassin ». Un discours direct même si les dirigeants de ses ex-colonies sont de mauvais élèves en démocratie. Si c’était un pays francophone, Paris adopterait un langage sinueux. Nous autres Togolais, nous en savons quelque chose.
    Zeus Aziadouvo

     
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  • Echec d’une diplomatie de tintamarre et de bluff : Le régime de Faure Gnassingbé confronté au refus des bailleurs de décaisser les fonds

    Forum de la Semaine #364 du 26 juin 2008

    Malgré les chapelets de signatures des projets de financement entre le Togo et la communauté internationale des bailleurs de fonds, force est de constater que la couleur des liquidités reste un mystère pour nos autorités. Les bailleurs conditionnent le décaissement des fonds à une volonté matérialisée de Faure Gnassingbé à mettre hors d’état de nuire, les «siphonneurs » de l’économie nationale qui rodent autour de lui. Autrement, il faut attendre le bon déroulement de la présidentielle de 2010 et la mise sur pied d’un gouvernement légitime et légal pouvant inspirer confiance en matière de bonne gouvernance pour voir les fonds décaissés pour le Togo. En d’autres termes, les mains de l’actuel gouvernement sont, en matière  de bonne gouvernance, « impures » pour obtenir et gérer les fonds de la communauté internationale qui ne se laisse pas berner par les déclarations de bonnes intentions qui demeurent lettres mortes aussitôt faites.

    Le ministre de la Coopération, le thuriféraire Gilbert Bawara, dans un entretien qu’il a accordé au site officiel de la République togolaise, republicoftogo.com il y a quelques jours,  a pratiquement, pour ce faire, supplié les  bailleurs de fonds de traiter le Togo avec « indulgence », révélant par la suite «qu’une certaine méfiance s’était instaurée entre nous et nos partenaires ces quinze dernières années. Maintenant où ils ont commencé à revenir, ils essaient de nous jauger. Ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance avant de se déployer entièrement ».

    Le diagnostic de la vérité
    Voilà ! Tout est clairement dit : « ils essaient de nous jauger, ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance». No comment, comme diront les Anglais ! Mais, à partir du moment où lui-même et son mentor reconnaissent que « les fonds sont toujours à la disposition des partenaires qui financent » des projets spécifiques conformément à des procédures et que les critères de la  «jauge » sont bien définis (ils veulent s’assurer que nous avons changé réellement d’habitude, que nous avons évolué en matière de bonne gouvernance), ils peuvent et doivent « se jauger » eux-mêmes en trouvant  honnêtement la réponse à cette question qu’ils doivent tourner comme suit: «nous (les gouvernants, décideurs politiques, siphonneurs de l’économie nationale), avons-nous réellement changé ? Est-ce que nous (ainsi définis plus haut) avons évolué en bonne gouvernance ? »

    Nécessité d’une autocritique
    Une honnête réponse à cette question aura pour mérite de situer clairement nos dirigeants quant au degré de leur admissibilité pour obtenir et gérer les fonds de la communauté internationale et devait épargner à notre pays, cette image humiliante de supplication en vue d’obtenir l’indulgence d’une tierce, fut-elle communauté internationale.

    La bonne gouvernance, ce n’est uniquement pas la fin des prédations économiques, mais aussi et surtout la gestion efficiente des ressources allouées ou disponibles dans le pays. Y compris bien sûr et surtout la fin des villégiatures et des visites à l’étranger et des missions onéreuses qui ne rapportent pas grand-chose aux pays et à ses habitants, si ce n’est d’attirer le courroux des bailleurs de fonds qui, sans le dire, surveillent les faits et gestes des dirigeants de même que tout ce qu’ils dilapident au cours de leurs nombreuses villégiatures et périples.

    «En dernier lieu, le délabrement du tissu social, de l’économie nationale et la dégradation poussée des conditions de vie des populations sont tels que pour faire la différence et rendre perceptibles les changements, il faut disposer d’une masse critique de ressources financières. En clair, le retour progressif à la normale  n’est pas pour les proches avenirs.... », constate sans grande amertume le site officiel. Pendant ce temps, nos dirigeants se la coulent douce : prochaine visite du chef de l’Etat avec sa délégation pléthorique après Rome, New-York, Cotonou et  Abuja, Charm El Cheikh en l’espace d’un mois, c’est  Beijing pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques !!! Qu’est-ce que ce voyage peut rapporter au peuple togolais ? Combien d’ailleurs, les athlètes togolais ont-ils reçu pour leur préparation et leur participation à ces jeux ? Combien sont-ils ?  Le Chef de l’Etat a-t-il tellement investi dans la chose, tellement misé qu’il attend ne serait-ce qu’une médaille de bronze pour s’intéresser à ce point à ces JO ? Ces dizaines de millions de francs qui seront jetés dans ces périples onéreux peuvent servir à soutenir nos athlètes abandonnés à eux-mêmes afin de voir le Togo honoré avec la plus petite des médailles lors de ces Jeux ou tout au moins, de préparer les Eperviers pour le tournant décisif qui les attend dans les tout prochains jours.

    Encore une fois cette question se pose et s’impose : «nous (les gouvernants, décideurs politiques, siphonneurs de l’économie nationale, avons-nous réellement changé ? Est-ce que nous (ainsi définis plus haut), avons évolué en bonne gouvernance au point de s’attendre à gérer d’autres fonds de la communauté internationale ? » That’s the question !
    FS


    Consultations nationales :  Quand le HCDH joue sa crédibilité
    Dans certains pays, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses structures dérivées n’ont plus aucune valeur aux yeux des populations à cause du scandale qu’ont créé des Casques Bleus envoyés en mission de paix et de sécurisation. Des éléments se sont illustrés dans le viol de femmes et de mineures. Au Togo, c’est le Haut Commissariat des Droits de l’Homme qui risque de ne plus avoir de crédibilité aux yeux des citoyens de par le jeu malsain qu’ils jouent dans le processus des Consultations nationales.

    Le dire autrement serait faire preuve de trop d’euphémisme. Le HCDH joue le jeu du clan au pouvoir, volontairement. La structure onusienne a bien accepté l’ « inversion des rôles » que lui reproche le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR). Elle devrait très simplement accompagner le processus et non le régenter comme elle le fait actuellement. D’ailleurs, l’initiative des consultations n’est pas consensuelle. Elle émane de la seule volonté du pouvoir qui lui donne l’orientation voulue. Le clan n’a pas associé les autres composantes de la classe politique, car elles seraient trop regardantes sur certains pans du processus. Tout a été fait pour ne pas mettre en place le Cadre permanent de dialogue et de concertation recommandé par l’Accord Politique Global (APG) du 20 août 2006.  Bien que le décret portant création de cette structure soit signé par le chef de l’Etat depuis plus d’un an, sa matérialisation ne s’est pas encore traduite dans les faits. Et l’appel au HCDH n’émane que de la seule volonté du pouvoir.

    La conséquence logique est que le processus ne recueille l’adhésion ni de la classe politique ou de la société civile, ni de la population. Le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue,
    la Démocratie et le Développement (GRAD) a exprimé ses craintes vis-à-vis du processus. Le MODENA (Mouvement pour le Développement National) d’Atsutsè Agbobli n’attend rien de ces consultations. Le CAR et son leader Yawovi Agboyibo contestent la manière dont les choses sont organisées et boycottent les différentes manifestations organisées par le HCDH. L’Union de Forces de Changement (UFC) n’a jamais exprimé une quelconque confiance au processus bien que participant aux rencontres du HCDH. La diaspora non plus n’est confiante. Le Conseil pour le Sursaut National-Togo de l’ex-président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) Akué Adoté Ghandi a formulé des regrets. Quant à la population, les Togolais qui croient en ce processus se compteraient au bout des doigts.

    Ce rôle de caution au pouvoir en place que joue le HCDH va certainement entamer sa crédibilité. Déjà le scénario qui a abouti au maintien de Mme Ige Olatokunbo au Togo malgré qu’elle soit au terme de son mandat a fait douter plus d’un du sérieux de cette organisation onusienne. Le pouvoir togolais qui n’a pas facilité l’installation au Togo du bureau du HCDH, a, comme par enchantement, enclenché un lobbying monstre auprès de ses employeurs à Genève aux fins de la garder au Togo pour qu’elle conduise à terme le processus des Consultations nationales. Etait-ce parce que Mme Ige Olatokunbo est trop compétente ? On ne le croit pas. C’est parce qu’elle n’est pas une ennemie du pouvoir… et donc elle peut faire l’affaire. C’est à croire que son remplaçant Moussa Gassama, lui, n’est pas assez compétent pour présider aux destinées de ce processus. Tout ce jeu sent comme un deal auquel le HCDH a souscrit pour biaiser la véritable lutte contre l’impunité.

    Au demeurant, c’est la crédibilité du Haut Commissariat des Nations Unies au Droits de l’Homme qui en pâtira.
    N.K.A.
     


    Environnement :  L’état des forêts togolaises en question
    Reboiser le territoire national sur une superficie de 30%. C’est l’objectif de l’ODEF, Office de Développement et d’Exploitation des Forêts, afin de valoriser le domaine forestier au Togo.

    Dans le cadre du mois de l’arbre, l’ ODEF a organisé du 19 au 24 juin, une tournée des espaces reboisés. Des délégations des ministères de l’Intérieur, de l’Environnement, de l’Agriculture, des eaux et forêts, des Finances ainsi qu’une quinzaine de journalistes ont participé à cette exploration. Au total, 19 forêts ont été visitées via les villes de Tsèvié, Notsè, Atakpamé, Kara, Mango…

    Durant le parcours, les responsables de l’ ODEF ont déploré la décrépitude des forêts. « A force de couper les arbres sans reboiser, nos forêts ont perdu en qualité et en densité. Aujourd’hui,  elles sont considérées comme de simples végétations à l’échelle mondiale », confie le directeur régional maritime de l’ODEF, Komi  Améko.

    Afin de pallier au déboisement provoqué par l’absence de volonté étatique et par le vol des populations locales dans le besoin, l’ODEF réaménage les plantations en teck. « Un  bois résistant, utile aux Togolais et avantageux économiquement », explique Komi Améko.

    D’autres variétés, comme l’eucalyptus, sont aussi entretenues pour protéger la faune sauvage.

    En parallèle, l’ ODEF tente de réglementer l’exploitation des forêts. D’une part, ses agents travaillent dans l’approvisionnement des villes, notamment Lomé en bois de chauffe...

    D’autre part, à cause du manque de moyens, l’ ODEF doit octroyer gratuitement des terrains aux paysans, en échange d’un entretien rigoureux en faveur de l’épanouissement des forêts et d’un salaire annuel. Cette alternative est moins coûteuse pour l’office. Elle permet également de sensibiliser les populations sur la nécessité de sauvegarder les forêts et d’empêcher le réchauffement climatique qui sévit sur toute la planète.

    Actuellement, les forêts togolaises ne peuvent être considérées comme un des poumons de la Terre, à l’image des grandes forêts sénégalaises ou de l’Amazonie.
    Audrey TAUPENAS (Stagiaire)

     

     
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  • Lutte contre la corruption nouvelle version : M. KPADE Eric explique…

    Chronique de la Semaine #15 du 26 juin 2008

    L'un des fléaux qui menacent le développement de l'Afrique reste incontestablement la corruption. Le Togo n'échappe pas à cette gangrène qui plombe le décollage de l'économie nationale. Cette corruption est perceptible dans tous les domaines d'activités, notamment l'administration, la douane, le secteur de la santé, de l'éducation, les forces de sécurité etc… Face à ce fléau, le Togo sous feu Eyadema GNASSINGBE avait signé le 09 octobre 2003 au Mexique la convention des Nations

    Unies contre la corruption qui a été ratifiée le 05 juin 2005. C'est justement sur la base de cette convention que le gouvernement d'alors avait mis en place la Commission Nationale de Lutte Contre la Corruption et le Sabotage Economique (CNLCSE) présidée par M. Folivi ASSIOMGBON. Cette commission avait à son temps traqué certains corrompus dont certains avaient remboursé la somme détournée et donc n'étaient plus inquiétés. Par contre ceux là qui ont refusé de verser l'argent volé ont été envoyés au bagne. Cette Commission dont les actions avaient été diversement appréciées par les Togolais, était tombée dans le coma après le décès du père de la nation en 2005. Elle vient de se réveiller en organisant du 09 au 11 juin 2008 à l'hôtel IBIS, un atelier sous le thème " Mise en œuvre de la convention des Nations Unies contre la corruption ". Ce réveil traduit la volonté du président Faure de combattre le phénomène sous tous les angles en redonnant confiance aux partenaires aux développements que les fonds qui seront investis n'iront pas dans les poches des corrompus mais serviront à la bonne cause. C'est d'ailleurs pourquoi malgré son absence au pays, le chef de l'Etat a fait lire un discours musclé contre les corrompus. C'est pour avoir de l'éclairage sur la nouvelle structure qui sera mise en place pour traquer les corrompus que votre journal Chronique de la Semaine a rencontré le vice-président de la CNLCSE, M. Eric KPADE, ancien député. Selon M. KPADE, la corruption existait depuis des siècles au Togo, avant la colonisation, pendant la colonisation, après les indépendances jusqu'à nos jours. Elle a pris de l'ampleur dans les années 70 où certains Togolais malhonnêtes ont initié des ''éléphants blancs'' pour pouvoir empocher des sous. ''C'est vraiment dans les années 90, c'est-à-dire après la conférence nationale que la corruption a atteint son paroxysme.

    C'est face à l'ampleur du fléau que feu Eyadema GNASSINGBE a tiré sur la sonnette d'alarme dans un discours à la nation le 14 janvier 2001''. C'est justement 8 semaines après ce discours qu'il a pris un décret en conseil des ministres pour créer la CNLCSE. ''Cette commission a fait son temps avec ses forces et faiblesses''. M. KPADE estime que avec la nouvelle donne politique, il est nécessaire de redonner une autre impulsion à cette structure de lutte contre la corruption. Pour ce faire, la CNLSE a lancé une enquête sur toute l'étendue du territoire pour recueillir le point de vue des Togolais sur l'état de la corruption au Togo. Evidemment après le dépouillement, les populations sont très amères contre ce fléau et réclament que ses prédateurs soient poursuivis. A l'issue de l'atelier, un manifeste a été élaboré et soumis au gouvernement. Celui-ci se chargera d'élaborer un projet de loi qu'il soumettra à l'Assemblée Nationale. ''Dans les propositions du manifeste de l'atelier, il est décrit la composition de la nouvelle structure de lutte contre la corruption qui peut être une agence, une commission ou une haute autorité. Cette structure doit comprendre toutes les couches sociales, notamment un avocat, le patronat, la société civile, l'administration, le secteur privé etc… L'essentiel c'est que les membres aient une probité morale, soient disposés à travailler en toute honnêteté et surtout qu'ils soient dégagés de toute fonction''. Bref, les futurs membres de la Commission doivent être libres de tout engagement pour s'occuper essentiellement de leur tâche, c'est-à-dire lutter contre la corruption et ralentir tant soit peut le phénomène, car ''on ne peut pas éradiquer totalement la corruption''.

    Comme on le voit, la nouvelle structure de lutte contre la corruption aura du pain sur la planche car d'ores et déjà, certains grands dossiers attendent sur la table, notamment l'audit de la SOTOCO qui soulève les polémiques, la situation de l'IFG dont la mutation en SNPT a du plomb dans l'aile, sans oublier les opérateurs économiques étrangers qui refusent de payer les impôts. Heureusement que le service des impôts, a à sa tête une dame de fer, Mme AWADE Ingrid, qui ne se laisse pas marcher dessus. Aussi l'état de nos routes réalisées par des entrepreneurs véreux qui au lieu de réaliser des ouvrages durables, préfèrent empocher les sous et faire des routes de mauvaise qualité qui se dégradent à la première pluie. Les députés ont donné le ton le jeudi 19 juin lors de leur séance en interpellant le ministre des Travaux publics, des transports, de l'urbanisme et de l'habitat.

    Il va sans dire que la corruption a tellement gangrené la société Togolaise à tel point que tous les Togolais doivent participer à son éradication. Le chef de l'Etat a été clair dans son discours lu par premier ministre Komlan MALLY. ''Tolérance zéro de corruption dans notre pays''.
    Aliziou Dominique
     


    Journée Internationale de Lutte Contre la Drogue L'ONG : Vie Libre et Positive interpelle le président Abass Bonfoh sur le cas Habia
    Le 26 juin est consacré à travers le monde comme une journée Internationale de Lutte contre la drogue. Au Togo la célébration de cette journée sera marquée par le lancement officiel des manifestations au poste frontière de Kodjoviakopé. Placé sous le thème " la drogue contrôle-t-elle la vie ? " la cérémonie sera présidée par le ministre de la santé et celui de la Sécurité et de la protection civile.

    Au regard des ravages de la drogue et du tabac sur la santé de l'homme, la journée de lutte contre le tabac qui devrait être célébrée le 31 mai a été jumelée avec la journée internationale de lutte contre la drogue. Les deux stupéfiants ont des effets néfastes sur l'organisme de l'homme et même la drogue dure (la cocaïne, l'héroïne et le chanvre indien) tue parfois le consommateur ou le rend fou. C'est d'ailleurs pourquoi la drogue est purement et simplement interdite dans tous les pays du monde dont le Togo. Les consommateurs et les trafiquants pris en flagrant délit écopent des peines de prison. Au Togo, certaines de personnes et hommes d'affaires se livrent au trafic de ces substances. Certains d'entre eux, lorsqu'ils tombent dans les mains des forces de sécurité, sont présentés sur les médias notamment la Télévision Nationale. Mais la grande surprise sera le cas d'un député cité pour la première fois dans une affaire de drogue.

    En effet, dans sa parution N°008 du 08 mai 2008, votre journal Chronique de la semaine avait publié un article sous le titre ''Le député HABIA impliqué dans une affaire de drogue : Embarras et diversion à l'UFC''. Dans cet article, il est révélé par notre confrère ''Le Béninois libéré'' que l'honorable député Habia de l'UFC serait pris la main dans le sac à Accra en possession de la cocaïne, en compagnie des frères HOMAWOO Jean Claude et Jean-luc. Ils ont été interpellés par la police ghanéenne le mercredi 16 avril 2008. Ils avaient en leur possession 2kg de cocaïne qu'ils s'apprêtaient à convoyer en Europe via Lomé. Il a fallu l'intervention du président de l'UFC, M. Guilchrist Olympio qui a déboursé 2.000.000 de F CFA pour corrompre les policiers ghanéens et obtenir la libération de ses militants qui n'étaient pas apparemment à leur premier essaie. Lorsque nous avions eu l'information, nous avons joint au téléphone l'honorable Habia pour démentir ou reconfirmer l'information. Celui-ci donna un faux rendez-vous à notre directeur de publication qui est allé l'attendre en vain. Plus tard notre confrère le ''Changement'' rapporte les propos de Jean-Pierre FABRE, secrétaire général de l'UFC, qui tente de démentir l'information tout en affirmant que dans les prochains jours il expliquera ce qui s'est réellement passé au Ghana. Mais bizarrement jusqu'à ce jour M. FABRE, n'a plus rien dit de cette affaire aussi salissante. Les responsables de l'UFC ont opté pour le silence radio en vue de laisser l'information mourir d'elle-même. Même l'Assemblée Nationale ne s'est pas préoccupée du dossier. Heureusement qu'à l'occasion de la célébration de la journée International de lutte contre la drogue, l'ONG Vie Libre et Positive élève la voix pour interpeller le président de l'Assemblée Nationale, El Hadj Abass Bonfoh, pour qu'il ouvre une information parlementaire afin de clarifier cette affaire qui discrédite nos élus. Selon le secrétaire général de cette ONG, M. ZIDOL-GBODONON Kokou Linus ''Lorsque nous allons dans les ghettos pour sensibiliser les consommateurs de la drogue sur les méfaits de cette pratique, ils nous répondent que c'est les haut placés qui se livrent au trafic de la drogue, c'est-à-dire ce sont eux qui les approvisionnent. Aujourd'hui nous apprenons par voie de presse que le député de l'UFC Habia Nicodème est impliqué dans une affaire de trafic de drogue à Accra. Mais malheureusement, ni l'UFC son parti, ni l'Assemblée Nationale ne semble se préoccuper de ce dossier qui n'honore pas notre pays. Nous, à l'ONG Vie Libre et Positive, à l'occasion de la célébration de la journée internationale de la lutte contre la drogue, interpellons le président de l'Assemblée Nationale, El Hadj Abass Bonfoh, afin qu'il ouvre une information parlementaire pour clarifier cette affaire qui terni l'image de l'Assemblée Nationale et du Togo. Nous entendons donc mener les démarches auprès de l'Assemblée Nationale pour que justice soit faite''. Il est clair que le peuple togolais et la population de la circonscription électorale d'AVE voudraient savoir s'ils ont élu un trafiquant de drogue ou pas à l'Assemblée Nationale. Wait and see.
    Aliziou Dominique

     
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  • Crise gouvernementale en perspective : Le professeur Gnininvi fatigué de jouer à la figuration, menace de démissionner

    La Dépêche #424 du 25 juin 2008

    Plus rien ne va plus au sein du gouvernement d'Union. On a failli frôler une crise gouvernementale la semaine dernière. A la base de la crise, les prérogatives du ministère des Affaires Etrangères de plus en plus transférées au ministère de la Coopération, réduisant le professeur Gnininvi au rôle de figurant dans le gouvernement.

    La goutte d'eau qui a débordé le vase serait le dernier voyage du chef de l'Etat à Rome et aux USA. Lors du voyage du président en Italie, le ministre des Affaires Etrangères se trouvait en fin d'une mission au Japon. Alors que le professeur Gnininvi s'est vu opposer un refus du chef de l'Etat à sa demande de le rejoindre à Rome, qu'elle ne fut pas sa surprise de constater qu'on lui a préféré M. Bawara qui se trouvait à Djeddah en Arabie Saoudite.

    Ce dernier épilogue qui vient s'ajouter à d'autres humiliations ne serait pas du goût du professeur Gnininvi qui a demandé à remettre sa démission au chef de l’Etat.

    La semaine dernière a été intense en discussions entre le chef de l’Etat et son ministre des Affaires Etrangères. La démission du Professeur Gnininvi, si elle se concrétisait, porterait un coup sérieux à l'équipe gouvernementale et serait mal perçue au sein de l'opinion. Le président Faure laisserait-il partir un ministre sérieux au travail au profit de celui tant décrié dans le pays ?

    Le professeur Gnininvi, il faut le connaître pour l'apprécier, a un sens élevé de l'Etat. Bosseur, il aime bien faire ce qu'il a à faire. Au Ministère de l'Energie, il a fait avancer le dossier du Gazoduc qui traînait à cause du retard pris dans la compensation des propriétaires terriens sur le site de GBETSOGBE. Grâce à ses talents de persuasion, il a su convaincre les terriens d'accepter l'offre de l'Etat. Résultat auquel n'étaient parvenus ceux qui l'on précédé. La présence d'un opposant du calibre du professeur Gnininvi a fini par convaincre nos partenaires en développement que le processus de réconciliation engagé dans le pays était sincère. L'opinion internationale n'aurait plus la même impression si le professeur Gnininvi venait à claquer les portes du Gouvernement.
    Kao Victoire


    Mauvais état des routes : Le ministre Talaki répond, de la mauvaise gestion du ministre Dogbé
    Le vendredi le 20 juin 2008, M. Talaki Ekpaoh, le tout nouveau ministre de l'Equipement, était face aux honorables députés de notre Assemblée Nationale. Ce ministre qui est en train de tisser la nouvelle corde au bout de celle que tissait déjà mal le ministre Dogbé, s'est battu comme un beau diable, solidarité gouvernementale oblige, pour défendre l'indéfendable. Il s'est évertué tant bien que mal pour répondre à toutes les questions des députés très en colère contre la piteuse et désastreuse situation des routes. Pour une fois, le Togo a vu ses honorables préoccupés tous, par un problème de la Nation. Sans complaisance, les députés aussi bien de la majorité que de l'opposition, ont posé un diagnostic accablant de l'état du réseau routier togolais.

    Comme si le Togo sortait d'une guerre, toutes les voies de communication, qui serpentent le minuscule Togo sont en délabrement avancé. La plupart des routes sont faites de nids de poules pour les plus pratiques. Mais les autres, si elles ne sont pas des ruisseaux, elles sont des rivières sur lesquelles les voitures naviguent.

    Un tour dans les quartiers de Lomé suffit pour s'en convaincre. Après une pluie si petite qu'elle soit, on ne peut accéder à certains quartiers que par barques motorisées. Lomé la belle est devenue en saison pluvieuse, Lomé le Lac Togo.

    Et pourtant le gouvernement togolais a fait d'énormes efforts à certains moments du vivant du père de la nation. Des millions ont coulé chaque année pour l'amélioration du réseau (routes d'Alédjo, de Tchamba, de Défalé, etc.). Mais hélas nos routes sont gravement accidentées ralentissant la croissance dans le pays.

    Si pour les nombreuses rues urbaines non bitumées, les citoyens se forcent de croire qu'elles seront faites un jour, il est incompréhensible que celles qui sont déjà bitumées ou pavées soient encore délabrée au point qu'elles ne soient pas praticables.

    Pourquoi le réseau routier est-il si mal en point ?

    Pour certains analystes, tout est lié à la situation difficile qu'a connue le Togo depuis 14 ans. Réponse trop facile pour expliquer la situation. Cette réponse quelque peu légère est loin de convaincre.

    Pour les analystes les plus sérieux, c'est la corruption qui est la principale cause de l'état désastreux de nos routes. A force de donner les pots de vin, les entrepreneurs se retrouvent avec un reliquat qui ne peut plus servir à grand-chose. Pour dégager leurs responsabilités, les entrepreneurs se contentent de faire quelque chose avec une légère couche de sol/ciment et de goudron. Pour un entrepreneur qui a requis l'anonymat, là où il faut mettre une couche épaisse de 10 cm, il est obligé d'en mettre 5cm ,l'argent des 5 autres cm ayant servi à l'intéressement des fonctionnaires et autres hauts placés de l'Administration.

    Cet entrepreneur exaspéré, s'écrie encore " comment pourrai-je faire une bonne route quand je dois donner de l’argent sur tout le long du parcours et au sommet de l’Etat.

    Que peut faire l'Etat devant la corruption dans le pays ? Le gouvernement qui a entrepris de corrompre des pans entiers de la société (syndicats, journalistes et autres) aura-t-il les coudées franches pour combattre la corruption? La corruption dans la construction de nos routes doit cesser car “la route du développement passe par le développement de la route.”
    Jacques de Lacazy & Taninawè


    Trafic de drogue au Ghana La filière togolaise
    Les services de renseignements ghanéens viennent de démanteler un vaste réseau de trafic de drogue. Selon les enquêtes faites au Ghana, Accra la capitale serait devenue la plaque tournante de cocaïne en Afrique de l'Ouest avec des ramifications au Mali, au Sénégal, en Mauritanie etc.

    Selon ces mêmes renseignements ghanéens, il existe aussi la filière togolaise.
    En effet, depuis la découverte le 16 avril dernier de la drogue à bord d'une Nissan Pathfinder appartenant au député togolais Nicodème Habia, la piste togolaise est prise au sérieux.

    A la suite de l'interpellation du député Habia qu'accompagnait MM Jean Luc HOMAWOO et de Jean Claude HOMAWOO, le gouvernement togolais aurait demandé à son homologue ghanéen de procéder à une enquête approfondie sur une probable filière togolaise. Celle-ci existe belle et bien et prospère au Ghana via des ramifications plus complexes. C'est ainsi qu'on cite des noms comme : Mm ; Théophile Adjangba et François Johnson, tous proches d'un ancien premier ministre du Togo. Un homme d'affaire algérien, M. Téfridj Abdalah, connu des services ivoiriens serait de la partie.

    Selon des sources bien informées, le député Habia rend fréquemment visite à l'ancien premier ministre ci-dessus indiqué.

    Les services de sécurité ghanéens et togolais seraient à pied d'œuvre avec ceux des autres pays pour démasquer tous  les membres de la camorra qui infectent dangereusement la sous région Ouest africaine.
    KV


    Faure et Kpatcha : Un tout indissociable
    A maintes reprises, nous avons dans nos colonnes, rappelé aux frères Faure et Kpatcha la nécessité de sauvegarder l'unité de la famille quels que soient les événements. Les images que nous avons vues lors de la visite du Colonel Kadhafi, prouvent qu'ils ont compris les appels des uns et des autres.

    Faure et Kpatcha se sont donnés l'accolade et nous nous en réjouissons. Ils ont compris qu'ils sont deux compagnons de route liés par le sang. L'avenir de la famille Gnassingbé et celui du parti RPT dépendront nécessairement de l'union des deux frères dans le temps et dans l'espace. La réussite d'une politique étant un tout, l'évolution des relatons entre Faure et Kpatcha pèsera sur le RPT car l'un et l'autre drainent leurs fans. Les adversaires politiques, les détracteurs de tous bords, observent attentivement le tandem Faure et Kpatcha. Ils ne trouvent aucun intérêt dans leur union. Et pour se frotter les mains, ils cherchent à les diviser pour assouvir leurs intérêts. Ainsi que le souligne l'hymne du RPT, " en restant divisé, l'ennemi s'infiltre dans vos rangs pour vous opposer "

    L'arrivée du Colonel Kadhafi a été donc bénéfique pour les frères Gnassingbé. Ils ont scellé leur union et ça fait du bien dans le cœur des militants du RPT et de la nation. Le déchirement familial n'est plus acceptable. L'honorable député Kpatcha aux côtés de son aîné Faure constitue un atout à l'orée de l'échéance de 2010  à moins que... " Le cœur d'un homme d'Etat se trouve dans sa tête, " a dit Napoléon. Un chef d'Etat, pour mener à bien sa mission, n'a pas d'amis ni de sentiments. Entre Faure et Kpacha, c'est la complémentarité. Contrairement à ce qu'on pense, Kpatcha n'est pas contre la politique d'ouverture. Il souhaite seulement, à notre avis, qu'elle ait une référence qui lui serve de point de départ pour la réflexion et l'action. La démocratie n'est pas une génération spontanée. Elle est le lien ente le passé et le présent, une communication, un témoignage de la philosophie et des éléments visuels qui ont façonné et façonnent encore les comportements des hommes.

    Cette vision des choses ne doit pas constituer une divergence entre les frères Gnassingbé. C'est plutôt une grande richesse qui, mise en commun, se conjugue bien pour porter haut le flambeau du parti RPT sur tous les fronts. A côté des frères Faure et Kpatcha, on ne doit pas oublier d'autres frères Gnassingbé tels que Toyi, Mey et les autres. Dans une famille, il y aura toujours des problèmes. Mais on reste toujours frères. La tentation à la division sera mortelle. Les Togolais sont connus pour leur hypocrisie. Au même moment, qu'ils vous applaudissent, ils vous rient au nez quand vous tournez le dos. Que tous ceux qui ont connu et aimé feu président Eyadema, s'ils sont encore épris de paix et de justice, prient pour plus d'amour, d'union et de compréhension pour les fils Gnassingbé, pour les Togolais et la Nation togolaise.
    Kao Victoire et Komi Edefu


    Togo : La visite du Guide de la Révolution libyenne dope les affaires
    Frigidaires et matelas vidés dans les magasins, consommation record dans les bars, les hôtels qui ont affiché pleins, nos routes réhabilitées de Kara  à Lomé tels sont quelques unes des retombées bénéfiques du séjour du colonel Mouammar Kadhafi au Togo du 13 au 15 juin 2008.

    Pour la circonstance, Kara avait fait sa toilette avec des travaux de réaménagement autour du Palais de Congrès de Kara. On se croirait dans un quartier parisien avec des jardins, des  jets d'eau, le tout décoré aux couleurs libyo-togolaises.

    Sur la Nationale N° 1, de Kara à Lomé, des travaux d'entretien ont été effectués avec les trous fermés précipitamment. C'est ainsi que la route sur le Mont Alédjo a été réfectionnée évitant à notre hôte de marque, le spectacle désolant à ce niveau. On rappellera que les travaux pour réhabiliter ce tronçon avaient coûté plus d'un demi milliard pour un rien. Puisqu'en moins d'un an des travaux, la route avait laissé des trous béants provoquant des accidents. Il faut aussi signalé que sur le parcours Kara-Sokodé-Lomé, le Guide libyen avait distribué des billets de francs CFA. Ce qui a permis aux populations des localités traversées de souffler un tout petit peu en ces temps de vie chère.

    Vive le Guide de la Révolution libyenne pour que vive l'Afrique indépendante et solidaire.
    K. V.

     
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  • Ceux qui ont opposé pendant 40 ans le Nord au Sud et les Kabyè aux « Ahouna » étaient-ils des Togolais ?

    Liberté Hebdo #369 du 20 juin 2008

    Vérité, Justice et Réconciliation : Notre contribution et notre part de vérité : Ceux qui ont opposé pendant 40 ans le Nord au Sud  et les Kabyè aux « Ahouna » étaient-ils des Togolais ?

    (Enquêtes de voyage, analyses, critiques, et propositions pour rebâtir un Togo uni et réellement réconcilié. Suite et fin)
    Faisons la part des choses entre Kabyè et « Ahouna »
    La géographie nous a enseigné les quatre points cardinaux. L’objectif, à l’origine, n’était pas de mettre des clichés sur les occupants des aires géographiques, en distinguant les bons des mauvais, les civilisés des non civilisés, etc, mais simplement de pouvoir s’orienter, d’avoir des repères. Pendant longtemps et à un degré moindre de nos jours, on a trouvé des comportement-types ou des caractères communs propres aux habitants de certaines localités ou régions données selon les pays. Cela a fait qu’au fil des ans, pour le cas du Togo par exemple, les populations originaires des villes côtières, nous l’avions déjà dit, du fait de leur contact avec les Blancs esclavagistes, ont copié un peu leurs manières de vivre et se sont trouvé une certaine supériorité à l’égard de leurs compatriotes qui n’ont pas eu un tel privilège.

    Du coup, les familles telles que les de Souza, Olympio, Lawson, Johnson, Wilson, dos Reis, da Silva, da Silveira, de Medeiros, d’Almeida et consorts, issues de métissage et grands commerçants, installées sur la côte, avaient réussi à s’imposer et ont constitué une aristocratie togolaise. Pendant longtemps, les populations de l’intérieur (Vogan, Tabligbo, Kouvé, … et toutes les autres localités jusqu’à Dapango) étaient perçues par ces familles comme des «non civilisées », pardonnez-nous le terme. C’est dans un tel contexte que Sylvanus Olympio émergea et devint le Premier Ministre du Togo, puis Président de la première République jusqu’à son assassinat en 1963. Ceux qui l’ont bien connu, disent de lui qu’il était un homme assez imposant, très imbu de lui-même et un économiste rigoureux.

    C’est ce sexagénaire qui (comme tout homme, il avait ses bons et sûrement ses mauvais côtés aussi) fut assassiné par le Sgt Eyadèma, originaire, lui, du nord-Togo et plus précisément du pays kabrais aujourd’hui kabyè, et qu’on taxa de tribaliste. A tort ou à raison ? Nous ne saurions le dire avec exactitude, mais ce dont nous sommes sûr, d’après nos sources, c’est qu’il était si opposé à la domination et à l’impérialisme français, qu’il n’était pas homme à être tendre envers ceux qui cautionnaient le jeu de sabotage et de division de la part de la France. Certains lui trouvèrent même des dérives autocratiques. Il alla jusqu’à se brouiller même avec ses propres frères et ses amis d’hier, car pour lui, les intérêts du pays passaient avant toute chose. Faut-il penser qu’il était tribaliste, qu’il haïssait les gens du Nord, et qu’il n’aimait pas sa maman originaire du Nord ?

    A l’arrivée au pouvoir d’un homme du Nord en 1967, année de prise effective du pouvoir par Eyadèma âgé alors de 30 ans, celui-ci s’employa à exacerber la haine tribale et interethnique et contribua pleinement à diviser davantage le pays, alors qu’il avait promis de réconcilier les Togolais et réaliser l’unité nationale. A cet effet, tous les partis politiques d’antan allaient disparaître. Alors, naquit le parti unique : le Rassemblement du peuple togolais (RPT) qui n’aura finalement de rassemblement que le nom. Comment comprendre que le Gal Eyadèma, prônant l’unité nationale, eût pu prendre l’initiative de créer, fin 70 début 80, l’Amicale des Etudiants et Elèves du Nord Togo (AMENTO) ? Pour quoi faire ? Elle était destinée à jouer un rôle similaire à celui de l’UCPN (Union des Chefs et Populations du Nord) des colons français.

    Par simple respect pour les morts, nous voudrions nous abstenir de fournir d’autres preuves du rôle très négatif joué par le défunt président Eyadèma dans la dégradation du tissu social, dans le renforcement de la division Nord-Sud, et dans l’alimentation constante de la haine entre Kabyè et «Ahouna ».

    Pour notre part, nous n’avions jamais considéré qu’il y a une réelle opposition Nord-Sud au Togo, car les gens du Nord, en dépit des apparences, ont plus souffert des affres du régime que ceux du sud. Les « Ahouna » se sont laissés malheureusement prendre à ce jeu de division que beaucoup n’ont compris que trop tardivement (mais dans le contexte de l’époque, comment pouvaient-ils l’éviter ?) et tous les gens du Nord (Tchokossi, Moba, Bassar, Losso, Lamba, Kotokoli, Tem, …) à un moment donné, étaient désignés sous le vocable de « Kabrais wo » avec dégoût, certes, par nos fameux « Ahouna ». Si elle existait, cette division n’était que fictive, de façade. On faisait semblant de porter tout le Nord dans le cœur.

    Qui vous dit que beaucoup de nos frères et sœurs du Nord aujourd’hui n’ont pas compris que même avec eux, les Kabyè font la distinction et savent à qui donner la priorité ?  Dans les services, pour les missions et autres c’est manifeste ! Dans la réalité, ce sont les gens de l’ethnie Kabyè qui étaient ou sont les plus visés dans les promotions et autres avantages, et dans les montées en grade, etc. On se contentait de saupoudrer le tout avec une petite pincée des gens issus des autres ethnies du Nord-Togo et le tour était joué.

    Par ailleurs, tout le Nord étant pris en otage et chacun craignant pour sa vie, quelle personne du Nord étais-tu pour prétendre créer un journal ou un parti d’opposition pour dénoncer les travers du régime ? Combien avaient pu être fous pour oser le faire ou se réclamer ouvertement de l’opposition ? Ainsi le paysage médiatique et politique se présentait comme si, seuls les gens du Sud avaient des griefs contre Eyadèma, ce qui n’est pas exact. Des gens pris en otage avaient préféré ce silence pour pouvoir vivre ou survivre.

    Dans un tel contexte, à force de faire une promotion socioprofessionnelle aveugle de ses frères kabyè (et là encore, il y a Kabyè et Kabyè), qui très souvent, depuis les bancs du collège, du lycée ou de l’université, étaient assurés d’occuper tel ou tel poste à la fin de leurs études, étant donc « bien nés », (ce qui ne s’était jamais produit auparavant), il en a résulté la naissance d’une morgue hautaine en nos frères et sœurs kabyè. Il était même arrivé que des gens ont perdu leur emploi dans ce pays, tout simplement parce qu’il a été rapporté qu’ils ont eu à insulter Untel au cours d’une dispute, par son ethnie. Il fallait avoir du cœur et une terrible maîtrise de soi, pour pouvoir faire semblant de ne pas entendre, ni voir les provocations. Au fil des ans et des décennies, les « Ahouna » ont accumulé haines sur haines et ce, jusqu’à ce jour. On n’a pas besoin d’être psychologue pour savoir l’effet inverse que cela pourrait produire sur les brimés, et soupçonner la pérennisation de la haine que cela devrait engendrer.

    C’est dans cette situation que, lors des manifestations du 5 octobre 90, il nous a été donné à plusieurs reprises d’entendre des propos qui nous répugnent souvent du genre : « Kabrais wo né yi aho!» (que les Kabrais rentrent chez eux !) et bien d’autres propos qui n’étaient que haineux. Nous l’avions déjà dit, si Eyadèma avait voulu être un bon président, il l’aurait été et aurait laissé de bonnes traces et non des trous après sa mort. Quand, dans une famille, les enfants ne s’entendent pas, cela, tout le monde le sait, le père ne prend pas position pour l’un contre l’autre, sous prétexte qu’il a un faible pour l’un.

    Autre élément, nous avons depuis les années 80 une grande amie Kabyè qui avait toujours reconnu avec toute sa lucidité pour laquelle nous avons de l’admiration pour elle, que Eyadèma en faisait réellement de trop. Mais à partir du jour où, à bord de son véhicule, elle subit des menaces tribalistes pendant les manifestations du 5 octobre 90 et avec des propos haineux du genre cité plus loin, elle se révolta et nous confia que « si c’était cela la démocratie, ce n’était pas nécessaire ». Mais c’est un faux problème! Qui rend justice au chat, rend également justice à la souris. Nous l’avions comprise, mais de l’autre côté, il s’agit aussi pour elle de se mettre à la place de l’autre en se demandant : « Et si c’était moi ? ». C’est simple. Et c’est de là que vient facilement le pardon. Ces propos font mal, certes, mais d’où tirent-ils leur origine ? Comprendre l’autre est l’émanation d’un effort personnel.

    Autre chose, toujours pour appuyer le problème de tribalisme et de provocations gratuites érigés en méthode de gouvernement par le système en place : comment comprendre qu’un Procureur de la République et Kabyè, Procureur, et donc homme de loi, censé rendre une justice équitable pour tranquilliser les esprits, eût pu avoir le courage de déclarer: « Les Kabyè sont incontournables en Première Instance  »?  Cela s’est passé au Togo et il n’y a pas  longtemps. Nous n’en faisons pas un commentaire particulier mais nous avons tenu à  rappeler ces faits dans ces moments spéciaux, afin que tout Togolais, qu’il soit du Sud ou du Nord, de l’opposition et du pouvoir, riche ou pauvre, sache que tous les actes que nous posons à un moment donné de notre vie