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Le concours de recrutement dans la fonction publique lancé par le gouvernement a suscité un engouement au sein de la jeunesse qui se bouscule pour déposer les dossiers. Cet engouement semble laisser place aux inquiétudes nées d'une polémique créée artificiellement par la presse privée. Il s'agit de la mention ''préfecture d'origine'' qu'il faut porter sur la chemise du dossier. La presse fait croire que cette mention permettra aux autorités de manipuler les résultats en favorisant les nordistes au détriment des sudistes. Ce rapprochement régionaliste n'a pas laissé indifférent votre journal Chronique de la semaine qui se demande comment à ce 21ème siècle les considérations régionalistes font encore légion dans le domaine de l'organisation d'un concours ?
Evidemment, il s'avère que cette mention ne crée aucun problème aux postulants. Il s'agit tout simplement d'une mention qui est destinée à faciliter la tâche aux opérateurs de saisie. En effet, depuis la création de la Direction de la Gestion Informatique du Personnel de l'Etat (DGIPE) en 1983, il a été mis en place un fichier qui enregistre tous les candidats aux différents concours d'entrer dans l'administration. Un canevas est tracé pour permettre aux opérateurs de saisie d'enregistrer les donnés des dossiers des postulants.
C'est donc pour faciliter la tâche aux agents de saisie qu'il est demandé aux candidats de mentionner la préfecture d'origine et d'autres informations sur la chemise du dossier pendant le dépôt. Ainsi, l'agent au lieu d'ouvrir le dossier et perdre quelques secondes avant de trouver ces informations quelque part dans le dossier et de la saisir, le fait très rapidement en jetant juste un coup d'œil sur la chemise. Cette méthodologie existait depuis et personne n'avait rien trouvé à dire. C'est avec la même méthodologie qu'on a organisé d'autres concours qui ont permis aux jeunes togolais méritants d'entrer dans l'administration.
Au demeurant, en quoi la mention ''préfecture d'origine'' crée-t-elle problème ? Les dossiers des candidats comportent des pièces qui permettent de déterminer clairement la provenance de chaque postulant. En effet sur l'acte de naissance ou le certificat de nationalité, il est mentionné le lieu de naissance. Si l'intention des organisateurs du concours est de favoriser telle ou telle préfecture, ces pièces leur suffisent largement. Et puis, la consonance des noms permet également de savoir que telle personne est d'ici ou là. Est-il difficile à un Togolais de savoir par exemple que ALIZIOU Essodina n'est pas de la préfecture des Lacs ? Ou bien un Lamboni Kanbgeni n'est pas originaire de Kpalimé ? Le Togo est très petit à telle enseigne que chacun connaît l'origine de chacun. Il suffit de prononcer ton nom pour qu'on te dise d'où tu viens à quelques exceptions près. Un exemple d'exception, le nom Abalo se retrouve à Kara, à Atakpamé et à Aného. C'est le prénom qui fera alors la différence.
Il est donc clair que la mention de la “préfecture d'origine” n'entache en rien ce concours qui est ouvert à tous les Togolais sans distinction de race, ni d'ethnie. D'ailleurs avec cette mention, le gouvernement aura une idée sur le nombre de chômeurs par préfecture et peut initier d'autres projets générateurs d'emploies pour ces jeunes car pour ce concours seulement 3000 places sont à pourvoir alors que le ministère de la fonction publique a déjà enregistré plus 30.000 demandes. Ce qui voudrait dire que ce concours à lui seul ne suffit pas pour répondre au nombreuses sollicitations.
Il est donc clair que la polémique autour de cette affaire ne vise qu'un seul objectif, celui de maintenir le clivage nord/sud à tous les niveaux et faire croire que telle région est plus favorisée que telle autre. En 2006, le concours d'entrée à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) avait suscité un article d'un confrère qui écrivait que les nordistes se sont taillés la part belle. Sur 39 admis, 29 était du nord et 10 du sud. Lorsque nous sommes allés aux nouvelles, nous avons découvert que tous les candidats étaient admis. C'est à dire les 39 postulants. Où se trouve alors le favoritisme qu'on prétendait dénoncer ? A cette allure, il est donc fort probable que lorsqu'on va proclamer les résultats de l'actuel concours, des confrères n'hésiteront pas à se livrer au décompte des noms à consonance du nord ou du sud dans le but de justifier leurs élucubrations tribalistes. C'est regrettable que des journalistes au lieu de contribuer à la consolidation de la nation, jouent plutôt sur la corde ethnocentrique et régionaliste.
Le jour où cette corde va se couper nous les hommes de médias n'allons pas y échapper. L'on se souvient du rôle joué par la Radio Mille Collines dans le génocide rwandais. Cela doit nous interpeller tous, afin de contribuer à la consolidation de la nation au lieu d'être des caisses de résonance des partis politiques qui tirent profit de ces genres de propos. Il suffit de voir la composition du comité d'organisation du concours qui n'est pas constitué que des ressortissants du Nord pour comprendre que cette mention n'est en rien régionaliste. En tout cas, les organisateurs ne s'émeuvent pas de ces écrits tendancieux et poursuivent dans la sérénité les préparatifs du concours qui permettra aux plus méritants d'accéder à l'administration. C'est pour ça d'ailleurs qu'ils organisent le concours. Aliziou Essodina
Consultations nationales : La FIDH propose le modèle marocain
Une délégation de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) conduite par sa présidente Mme SOUHAYR Belhassen séjourne au Togo dans le cadre des consultations en cours. Elle a rencontré la presse le mardi 26 mai au siège de la LTDH. La FIDH s'intéresse de près au processus " Vérité, Justice, Réconciliation " et voudrait apporter son expérience à la réussite de l'opération. Selon la présidente, la FIDH a rencontré les autorités du pays notamment le président de la République, la classe politique et la société civile pour leur expliquer l'exemple Marocain.
Le royaume du Maroc a également mis en place la commission ''vérité, justice, réconciliation'' qui a permis de revisiter l'histoire du pays, penser les plaies des victimes et amorcer la voie de la réconciliation. C'est pourquoi ils sont venus avec le secrétaire général de la FIDH M. Florent GEEL qui a suivi de bout en bout le cas marocain. A ce sujet, le président de Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH) Me Hamadou YACOUBOU a expliqué la similitude qui existe entre le cas marocain et le cas togolais. Au Maroc, le roi actuel, Mohamed VI, a succédé à son père défunt HASSANE II. Au Togo, le président Faure succède à son père Eyadema, sauf que le Togo n'est pas un royaume. L'autre similitude c'est que lorsque le roi Mohamad VI a voulu lancer le processus " Vérité, Justice, Réconciliation ", certains caciques de l'ancien régime lui ont fait croire qu'en procédant ainsi, il salit l'image de son père et risque de tuer le système. C'est la même chose que nous avons vécu ici où les nostalgiques du passé s'opposaient au lancement du processus, arguant que ce faisant, il salit l'image du père de la nation. Ce sont ces résistances qui ont entraîné des rapports avant que le chef de l'Etat ne tape sur la table pour lancer le 15 avril les consultations nationales. C'est cette similitude qui stimule la FIDH à proposer la piste marocaine. La période couverte par le cas marocain est de 44 ans alors qu'au Togo certains proposaient de se limiter à partir de 2005.
A ce sujet l'historien TETEH Godwin, membre influent de l'UFC, présent dans la salle propose l'année 1884, date de la signature du protectorat Allemand. Comme quoi il faut remonter au temps colonial pour voir les différentes violations des droits de l'homme commise par les colons. En fait TETEH Godwin voulait juste se moquer des gens car son parti l'UFC souhaiterait que le processus se limite seulement à 2005 et non jusqu'en 1958. Comme ça les Ablodé Sodja, sous Sylvanus Olympio, ne seront jamais inquiétées. Les différentes agressions qui ont endeuillé les familles passeront inaperçues. En tout cas l'historien Godwin, s'il est vraiment inspiré, doit se rendre compte que les violences politiques ne datent pas de 2005. Se limiter à cette date signifierait l'échec du processus ''vérité, justice et réconciliation car les victimes des autres années où il y a eu violences se soulèveront pour réclamer leur justice.
Pour Mme Souhayr, la FIDH a déjà suivi 35 commissions ''vérité, justice, réconciliation'' à travers le monde. Le Maroc s'est inspiré du cas péruvien pour aboutir à une réconciliation effective. Il souhaiterait que le Togo s'inspire du cas marocain car le Maroc a couvert une période de 44 ans. Selon la présidente de la FIDH, le processus a un triple avantage. Il permet d'abord de répondre aux droits des victimes à la vérité et à la justice, ensuite de mettre en place une politique de réhabilitation des victimes, et enfin de proposer des mesures ou dispositifs pour garantir la non répétition des violences. “Ce faisant, le peuple togolais ira à coup sûr à une vraie réconciliation et à un apaisement total'' a indiqué Mme Souhayr. A la question de savoir si la situation des droits de l'homme s'est amélioré au Togo, le secrétaire général de la FIDH répond par l'affirmative ''la tenue des élections législatives sans violences et sans mort d'homme, les reformes en cours dans le pays et surtout le lancement des consultations nationales sont des actes concrets qui montrent que le Togo est sur la bonne voie'' a dit le secrétaire général de la FIDH Florent Geel.
Visiblement, la FIDH s'est invitée dans ce processus pour apporter son expertise et proposer la piste du Maroc. A. E |