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AgoraPress Lomé - Dosseh SOHEY Deux conseils des ministres en une semaine, cela n’est jamais arrivé au Togo ou en tout cas depuis l’arrivée de Faure Gnassingbé au pouvoir où les conseils des ministres sont devenus, comme l’a ironisé notre confrère Liberté Tri-Hebdo dans son édition 357 du vendredi 23 mai 20008, "irrégulomendaire", c'est-à-dire se tenant au gré des humeurs du maître du palais de la présidence. Après le conseil des ministres inattendu (les conseils des ministres se tenant habituellement les mercredis) du mardi 20 mai dernier au cours duquel des questions touchant à la vie chère ont été débattues notamment la pénurie du ciment sur le marché et la flambée vertigineuse du prix du baril, Faure Gnassingbé et ses ministres se sont retrouvés de nouveau le vendredi 23 mai au Palais de la présidence de la République à Lomé. Au menu des discussions, la prolifération des médicaments d’origine douteuse sur le marché togolais et l’exercice de la profession de journaliste. Deux préoccupations qui ont fait l’objet de l’adoption par le conseil des ministres de deux projets de décret.
Le premier projet de décret porte sur le code de la déontologie des pharmaciens du Togo. Le code de déontologie des pharmaciens du Togo définit les devoirs généraux des pharmaciens et traite de l’interdiction de certains procédés dans la recherche de la clientèle et des relations des pharmaciens avec les normes aux autres prescriptions médicales.
Le deuxième projet de décret est relatif aux modalités de délivrance, de renouvellement et de retrait de la carte de presse. L’adoption de ce décret vise, selon le gouvernement, à assainir la profession de journaliste et de technicien de la communication au Togo car il est souvent constaté que certains individus sans foi ni loi utilisent abusivement ce titre pour escroquer d’honnêtes citoyens. Et la de presse permettra donc d’identifier les journalistes et techniciens de la communication et de faciliter les contrôles pour l’accès aux sources d’information.
Voici l’intégralité du communiqué du conseil des ministres du vendredi 23 mai 2008
Le Conseil des ministres s’est réuni ce vendredi 23 mai 2008 au Palais de la Présidence de la République sous la présidence du Chef de l’Etat son Excellence Faure Gnassingbé.
Au cours de ces travaux, le conseil a adopté deux projets de décret et écouté une communication.
Le premier projet de décret porte sur le code de déontologie des pharmaciens du Togo. Il n’est un secret pour personne que des pseudo pharmaciens proposent et vendent à nos paisibles populations des médicaments dont la qualité est de cause et préjudiciable à leur santé. Il est également constant que des établissements pharmaceutiques régulièrement autorisés et installés fonctionnent en violation de la législation en vigueur soit parce que le titulaire, les responsables ou les gérants les ignorent soit parce que animés par un souci du gain facile, ceux-ci tournent le dos à la réglementation qu’organise l’activité pharmaceutique. Le Code de déontologie définit les devoirs généraux des pharmaciens, traite de l’interdiction de certains procédés dans la recherche de la clientèle et des relations des pharmaciens avec les normes aux autres prescriptions médicales. Le Code de déontologie donne ainsi une base réglementaire au Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de s’assurer du respect par les acteurs du secteur pharmaceutique des règles juridiques morales auxquelles ils sont tenus afin de préserver la santé des populations. Le deuxième projet de décret est relatif aux modalités de délivrance, de renouvellement et de retrait de la carte de presse.
Il faut rappeler que le code qui régit la presse et la communication au Togo a été promulgué le 11 février 1998. Ce code institue entre autres une carte d’identité au bénéfice des professionnels de l’information et de la communication. Les conditions de délivrance, de renouvellement et de retrait de cette carte ainsi que les droits et devoirs du titulaire sont définis par une loi du 25 octobre 2002 qui prévoit le présent décret d’application. La carte de presse permettra ainsi d’identifier les journalistes et techniciens de la communication lors des manifestations publiques et des reportages. Sa détention facilitera également les contrôles pour l’accès aux sources d’information. Il convient de souligner que la carte de presse concourt surtout à l’assainissement de la profession des journalistes et des techniciens de la communication.
Le ministre de la Communication, de la Culture et de la Formation civique a présenté une communication relative à la nécessité d’assainir le paysage de la presse écrite et audiovisuelle togolaise. Sur cette question, il convient de rappeler que lors du conseil des ministres du mercredi 21 mai 2008 le ministre de la Communication, de la Culture et de Formation civique avait présenté une communication sur la nécessité de modernisation des médias publics. La présente communication qui en est un complément concerne la presse en général. Elle porte sur un certain nombre d’éléments sur les étapes à suivre dans le but d’accompagner la presse nationale dans sa professionnalisation, sa responsabilisation et sa régulation en donnant ainsi à notre démocratie un visage encore plus construit et surtout plus moderne.
Le ministre de la Communication, de la Culture et de la Formation civique a pour le moment proposé au conseil six étapes à franchir pour atteindre ce but à savoir : la carte de presse, l’aide de l’Etat à la presse, la transformation de la télévision togolaise en office, la modification de la loi organique de la HAAC, une meilleure présentation du quotidien Togo-Presse, le prix de récompense de talent à la presse écrite et audiovisuelle togolaise.
S’agissant de la transformation de la télévision togolaise en office, il faut préciser que celle-ci va se retrouver de plus en plus dans un cadre concurrentiel très rude alors qu’elle est actuellement confrontée à d’énormes besoins en matériel, en formation et en transfert de technologie.
La TVT pourra avec une certaine autonomie de gestion avoir une plus grande marge de manœuvre en matière de production, de créativité et de politique commerciale. Naturellement, l’Etat continuera à en fixer les grandes orientations. Fait à Lomé, le 23 mai 2008 Le conseil des ministres |