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L’information est rendue publique en mi-semaine par un communiqué de l’exécutif togolais. «…le gouvernement décide de fixer les prix de cession des engrais vivriers aux producteurs pour la campagne agricole 2008-2009 comme suit : 240 FCFA le kilogramme soit 12.000 FCFA le sac de 50 kilos d’engrais type NPK 1515, 240 FCFA le kilo soit 12.000 FCFA le sac de 50 kilos d’engrais type Urée 46% N». Et de préciser que ces prix sont identiques à ceux de la campagne 2007-2008 et sont pratiqués à tous les points de vente des engrais de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Ainsi, les prix sont fortement subventionnés par le gouvernement afin de soutenir les agriculteurs dans leurs efforts pour une production abondante, poursuit le communiqué. Car, en principe, le prix de revient des engrais achetés est de 335 F le kilogramme soit 16.750F le sac de 50 kilos. Un manque à gagner de 95 FCFA sur le kilogramme, soit 4750 F sur le sac de 50 kilos, que décide de supporter l’Etat jusqu’en fin de campagne agricole.
Plus est, des garde-fous sont mis en place pour lutter contre la spéculation, phénomène qui gangrène depuis quelques mois tous les secteurs d’activités au Togo et ailleurs. «Afin de faire profiter les producteurs des efforts du soutien aux prix fixés par le gouvernement, il est recommandé de privilégier les ventes aux groupements, limiter les quantités à vendre au producteur individuel, s’appuyer sur les informations techniques communiquées par les agents de terrain sur l’existence réelle des superficies pour autoriser la vente à des producteurs qui souhaiteraient acheter des quantités importantes, d’éviter des trafics qui favorisent la fuite des engrais au-delà de nos frontières», conclut le texte. Rappelons que, pour une meilleure productivité de la production agricole en ce début de saison agricole, le gouvernement togolais avait, début avril, mis à la disposition des producteurs déjà en chantier un premier stock de 2000 tonnes d’engrais et des tracteurs «très performants» étaient convoyés vers les lieux de production avant le démarrage des pluies. En son temps, une formation des techniciens, des mécaniciens et des tractoristes était prévue pour un usage efficient et une maintenance assurée des machines. Sylvestre D.
Pour stabiliser le prix du maïs : L’OSAT déverse 6145,27 tonnes de maïs sur le marché
C’est une course contre le prix que se lance le directeur général de l’Observatoire de la sécurité alimentaire au Togo (OSAT), Col. Ouro-Koura Agadazi, depuis que le prix du maïs a atteint la barre fatidique de 700 FCFA voire 800 FCFA. D’autant plus que, dans un entretien publié par le quotidien gouvernemental courant février, l’OSAT rassurait que le prix du maïs ne franchira pas le seuil de 500 FCFA.
Selon lui, 6145,27 tonnes de maïs –constituant la réserve de l’institution– devront être éjectées sur le marché local au cours de la présente campagne afin de stabiliser le prix. Mieux pour combattre la spéculation organisée par des commerçants véreux ; ceux-là mêmes qui font varier au moins deux fois par jour les prix de cette denrée, sans la moindre justification. La distribution, elle, se fait dans les cinq régions du Togo : Maritime (2128,71 tonnes), Plateaux (1143,4 tonnes), Centrale (783 tonnes), Kara (631,153 tonnes) et Savanes (1459 tonnes). Depuis le 1er février 2008, l’Observatoire a donc mis son stock de sécurité à la disposition des consommateurs sur toute l’étendue du territoire national. Le prix du sac de 100 kilos se vend à 16.000 F, et celui de 50 kilos à 8.000F, soit le bol à 400 F. Pas de vente en détails. Il revient aux consommateurs de se regrouper pour acquérir le minimum vendu. Dix-sept points de vente sont ouverts à Lomé.
Une expérience à évaluer Dans la pratique, le consommateur qui désire le sac se fait enregistrer. La méthode veut éviter qu’une seule personne s’achète plus d’un sac en l’intervalle de quelques heures ou jours. Même s’il faut y apporter une atténuation du fait que l’opération n’est point informatisée pour être centralisée. De sources proches de l’OSAT, il est aujourd’hui demandé aux sociétés et ministères d’établir des listes de demande de maïs pour être livrés à domicile. Avec l’engagement de souvent acheter telle quantité à tel intervalle. A terme, l’Observatoire veut établir un lien entre le producteur et le consommateur. Le premier est ainsi assuré de couler son stock dès la production. L’expérience doit être évaluée sur une durée d’un an. Un marché national de consommation sera donc constitué. Du coup, l’OSAT peut véritablement estimer l’excédent de production susceptible d’être exporté. Encore qu’il faut effectivement arriver à connaître sans grande erreur la densité humaine de consommation et le volume consommé par personne par an au Togo.
Pourquoi la flambée ? A en croire le Col. Ouro-Koura Agadazi, tout part de la cuvette de régulation c’est-à-dire la quantité restante chez les paysans après que l’Observatoire de la sécurité alimentaire au Togo eût constitué sa réserve à concurrence des fonds dégagés par le gouvernement. Par tradition, les paysans s’occupent de rechercher eux-mêmes les débouchés de la cuvette de régulation. Et c’est ici que les commerçants, devant l’insuffisance de stocks voulus, trouvent la manie d’augmenter les prix, n’étant pas sûrs du lendemain. Une pure pratique commerciale puisqu’il faut après coup faire face à des frais. Le maïs n’est pas la seule denrée dans ce cas. Dans un autre contexte, l’indisponibilité des paysans –déjà retournés dans les champs– encourage les commerçants à aller à la spéculation. Dans ce schéma, le riz est loin de satisfaire à l’ambition de l’OSAT. La quantité disponible est largement insignifiante ; seule une dizaine de tonnes est déversée sur le marché en ne début de campagne pour trois régions économiques. Jean Afolabi
Coopération : Le 10è FED effectivement lancé pour le Togo
C’est devenu, depuis novembre, une tradition pour Filiberto Ceriani Sebregondi, chef de la délégation de la Commission européenne au Togo et le ministre Gilbert Bawara de la Coopération, du développement et de l’aménagement du territoire de se retrouver souvent. Reprise de la coopération oblige. Le 2 mai dernier, au cabinet du ministre Bawara, les deux bonshommes ont finalement mis la dernière touche aux conditions de la reprise effective de la coopération entre l’UE et le Togo. La rencontre a permis de signer le Document de Stratégie Pays – Programme Indicatif National (DSP-PIN) du 10ème FED Entre la Commission européenne et le gouvernement togolais.
Le DSP-PIN du 10ème Fonds Européen de Développement (FED) pour le Togo a été approuvé par les instances décisionnelles de l’Union européenne pour un montant total de 123 millions d’euros, couvrant la période 2008-2013. Il est destiné à cinq principaux rubriques, à savoir : la gouvernance et les appuis aux réformes économiques et institutionnelles, pour un montant de 22 millions d’euros, la relance économique et l’appui aux infrastructures (74 millions d’euros), la Société civile (5 millions), l’environnement (5 millions) et l’appui budgétaire et facilité technique (17 millions d’euros). L’accent sera mis sur la première rubrique, qui inclut notamment la justice, l’administration, les infrastructures de transport, la stabilité macroéconomique (apurement des arriérés envers les bailleurs multilatéraux. A cela s’ajoute un appui budgétaire pour satisfaire les priorités nationales telles que la santé et l’éducation.
A noter que cette coopération est déjà en marche de par l’instruction, début 2008, de trois importants projets, pour un montant total de 31,4 millions d’euros : le processus électoral, l’apurement d’une dette envers la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Le Programme National d’Actions Décentralisées de gestion de l’Environnement (PNADE). D’après la délégation de la Commission, il était préalablement prévu 84 millions d’euros en faveur du Togo pour le 10è FED. Le surplus vient s’y greffer «pour incitation à la bonne gouvernance». «Le Togo sur la base des avancées réalises déjà les années passées, c’est-à-dire le dialogue intertogolais, l’Accord politique global, le recensement électoral et la tenue d’élections législatives libres et transparentes, avait démontré une certaine capacité et nous voulions l’appuyer ultérieurement dans la poursuite des réformes pour consolider la démocratie et l’Etat de droit. Donc 25% de ressources en plus ont été alloués», a indiqué Ceriani Filiberto Sebregondi. Comme quoi, les réformes ont un coût. C’est en sorte un coup de pouce au Togo pour qu’il rattrape son retard sur 15 ans se suspension, semble-t-on expliquer. Lorsque, enfin en 2006, il était notifié le 9è FED au Togo (une soixantaine de millions d’euros), les autres pays ACP avaient déjà presque raclé leur marmite. C’est le tour du Togo, mais avec le souci permanent de rattraper les autres en développement. K. Tchamdja
Flambée des prix : Une commission Vie chère mise en place
Les pouvoirs publics togolais ne veulent imposer aucune mesure qui se révèle inefficace face à la problématique de la flambée des prix. C’est ce qui transparaît de l’attitude du gouvernement qui a tenu cette semaine une réunion de concertation avec les partenaires sociaux, les opérateurs économiques et la société civile pour trouver dans les brefs délais des solutions convaincantes à la cherté de la vie au Togo. Dans la pratique, il s’agit de recueillir les propositions de solutions de tous les acteurs pour en faire une synthèse. Fini donc le temps des contestations sans proposition et l’inaction ! Chacun est donc mis devant ses responsabilités pour faire avancer les débats. Déjà, les convives à la table du premier ministre Komlan Mally, le mercredi dernier, ont apprécié la démarche et promettent transmettre «très prochainement» au gouvernement leurs potions magiques. Car, «ça doit aller rapidement», selon les termes de Komlan Mally rapportés par l’Association togolaise des consommateurs.
Reste que les politiques en fassent autant pour apporter publiquement leurs contributions aux efforts du gouvernement. Le drame a été d’entendre sur les médias un éminent leader politique clamer avoir les remèdes adéquats contre la vie chère. Avec la précision qu’il n’est pas encore question de les dévoiler aux actuels tenants du pouvoir…en attendant d’être aux affaires ou d’y revenir. C’est selon. S. D |