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Depuis la semaine dernière, ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Améyi ou l’affaire de viol sur mineure, a connu un nouvel épisode avec l’implication personnelle du Chef de l’Etat qui a instruit le Procureur de la République lui demandant d’ouvrir, dans les règles de l’art, une information sur ce dossier. Ainsi donc, sur instruction du Président de la République, garant des institutions de la République et de l’indépendance de la magistrature, le Ministre de la Justice a demandé au Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Lomé, d’ouvrir, dans les règles de l’Art, une information sur cette affaire (Lire en encadré le communiqué du Garde des Sceaux Ministre de la Justice).
La décision du Chef de l’Etat de s’impliquer personnellement dans ce dossier a été favorablement accueillie car, en réalité, personne ne s’y attendait. Lorsque le problème a commencé, beaucoup d’observateurs avaient, à tort ou à raison, cru que le RPT allait étouffer le dossier.
Mais le Chef de l’Etat, fidèle à son engagement, celui de combattre l’impunité et de promouvoir l’indépendance de la magistrature a donc décidé que toute la lumière soit faite sur les allégations qui pèsent sur le député de son groupe parlementaire.
La position de Faure dans ce dossier fourni donc la preuve que plus rien ne sera comme avant. Qu’on soit fils de roi ou d’un citoyen Lambda, nous sommes tous égaux devant la loi. Visiblement, c’est ce que cache la décision de celui qu’on appelle dans les couloirs «L’homme du Changement» qui veut rompre avec les habitudes de la maison.
Au-delà de tout commentaire, la décision de Faure Gnassingbé tendant à ouvrir dans les règles de l’art cette information, est salutaire.
Depuis le début de cette affaire Le Changement est de ceux qui pensent qu’il faut laisser l’honorable Améyi aller devant les Tribunaux pour démontrer son innocence. Surtout qu’il ne reconnaît pas les faits qu’on lui reproche. En effet, dès que l’affaire a commencé, il a déclaré avoir certes reçu la petite mais n’a pas eu de rapports intimes avec celle-ci. En revanche, la déclaration de la victime fait état de ce que l’acte a été posé. Il s’agit donc des déclarations contradictoires. Pour y voir clair, il faut que les juridictions compétentes en la matière s’y impliquent véritablement. Et c’est ce que le Chef de l’Etat veut en demandant au Procureur de la République d’ouvrir une enquête.
L’autre difficulté. Il est vrai que la procédure judiciaire ordonnée par le Chef de l’Etat est engagée mais l’autre difficulté, c’est la position des parents de la fille qui, pour des raisons évidentes, ne voudraient plus que cette affaire aille encore loin. En effet, tout comme nous l’avions fait avant d’être le premier à publier ce dossier de viol dont l’honorable Améyi est présumé coupable, nous avions mené, suite au communiqué du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, des démarches pour connaître la position des parents. Il ressort de nos démarches que, alors que Faure Gnassingbé voudrait y voir clair dans cette affaire, les parents de la victime eux-mêmes ne voudraient plus en entendre parler. Ils évoquent l’honneur et la dignité de la fille. Ils auraient remercié les organisations des droits des enfants et tous ceux qui se sont battus pour la manifestation de la vérité dans cette affaire. «Mais dès lors que les deux parties ont trouvé un terrain d’entente, on n’a plus besoin de crier le nom de notre fille et l’exposer sur la place publique», a déclaré un membre de la famille.
Devant ce dilemme – d’une part, le Chef de l’Etat qui demande que le dossier soit ouvert et d’autre part le refus des parents de la victime de continuer le dossier – qu’est-ce qu’on peut faire ? Privilégier les préoccupations des premiers concernés qui visiblement veulent passer l’éponge ou celles du Chef de l’Etat ?
Pour certains observateurs, dès lors que la principale victime voudrait laisser tomber l’affaire au motif d’une conciliation, cette affaire doit être classée.
Mais pour d’autres, même si les parents ont décidé de retirer l’affaire, le Ministère public peut la poursuivre au nom de la société.
Vers un non-lieu A l’allure où vont les choses, tout porte à croire que l’affaire Améyi risque de connaître un «non-lieu». En ce qui concerne la décision du Chef de l’Etat, demain, personne ne l’accusera d’avoir gardé une indifférence parce que le présumé coupable vient de ses rangs. Il demande à la justice de faire, en toute indépendance, son travail pour la manifestation de la vérité. Améyi sera alors le plus grand gagnant parce que son innocence aura été prouvée suite à une procédure diligentée dans les règles de l’art. Attendons de voir la suite qui sera donnée à ce dossier. AMOU |