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Une affaire de trafic de drogue embarrasse l’UFC

Le Changement #121 du 8 mai 2008
Dans un article intitulé «Interpellation au Ghana des responsables de l’UFC pour trafic de cocaïne. La drogue serait-elle la principale source de financement de Gilchrist Olympio ?», notre confrère «Le Béninois Libéré» dans sa livraison du lundi 21 Avril 2008 fait état de ce que des responsables du parti de Gilchrist Olympio, notamment le député Habia Nicodème et les frères Homawoo auraient été appréhendés au Ghana alors qu’ils transportaient de la cocaïne.
Voici les faits tels que révélés par le journal:

Le député Ayao Nicodeme Habia
à l'Assemblée nationale

«Trafic de drogues, principale source de finance­ment de l’UFC (Union des forces de changement) ? Le mercredi, 16 avril 2008, Nicodème Habia, député de l’Union des forces de changement (UFC), un parti de l’opposition togolaise, a été inter­pellé à Accra par les services de sé­curité ghanéens pour détention de stupéfiants (cocaïne). En effet, en vue de rencontrer le président na­tional du parti, Gilchrist Olympio arrivé à Accra le 13 avril dans le cadre de son retour à Lomé pour la célébration du 27 avril, le très bouillant et zélé Habia, qui se fait passer pour le confident et le dauphin de Gilchrist Olympio à la tête du parti, narguant en cela Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre (tombé en disgrâce ces derniers temps), s’est rendu au Ghana en compagnie des frères jumeaux Homawoo Jean Claude (conseiller politique de Gilchrist Olympio et directeur de campagne de l’UFC), et Homawoo Jean Luc. Les trois responsables de l’UFC ont quitté Lomé le 16 avril au matin à bord d’un véhicule de marque Nissan Pathfindcr appartenant au tristement célèbre trafiquant de stupé­fiants Théophile Adjangba demeurant à Lomé ; Ce dernier utilise régulièrement ce véhicule pour ce genre de trafics. Il l’aurait fait aménager récemment dans ce sens à Accra avec des caches spéciales pour dissimuler la drogue. Après avoir pris la livraison de la drogue, 2 kg de cocaïne, auprès d’un relais de leur réseau, Nicodème Habia et les frères Homawoo s’apprêtaient à quitter Accra pour Lomé d’où la drogue devait être acheminée sur l’Europe quand ils ont été interpellés en plein milieu de la ville d’Accra par des éléments des services de sécurité ghanéens. Conduits au poste de police et identifiés, les agents de sécurité leur ont infligé une amende de 50.000 $US, sous peine de se voir présentés aux autorités diplomatiques togolaises en poste à Accra ainsi qu’aux médias locaux et internationaux. Suite à l’intervention de Gilchrist Olympio qui ne voulait pas voir ses lieutenants et son parti éclaboussés par un tel scandale, les cupides agents de sécurité ont dû se contenter de la modique somme de 2.000.000F CFA pour les libérer. Ce qui leur a permis de recouvrer leur liberté et de rentrer à Lomé. Gilchrist Olympio, président natio­nal de l’UFC était-il vraiment au courant ? On se demande les vraies raisons du déplacement à Accra de ces membres influents et proches du président de l’UFC, to­nitruants et très imbus de leur pré­tendue fidélité à Gilchrist Olympio. Affaire à suivre.
Fripong KWAME Correspondante Accra ;
Traduction. Aboubakar SIDICK»

Source :
Le Béninois Libéré N° 554 du lundi 21 Avril 2008

Commentaire
Cette affaire telle que présentée fait actuellement grand bruit dans les milieux politiques togolais et même au-delà de nos frontières. Mais selon des informations recueillies de sources sûres, les autorités publiques togolaises n’ont pas encore été officiellement saisies du dossier. L’UFC non plus n’a pas officiellement pris position par rapport au dossier. Mais dans les milieux proches du parti, on essaie de banaliser les faits en parlant d’intoxication et d’un montage dans le but de ternir l’image et d’entamer la réputation d’une formation politique qui fait peur. Le député Habia que nous avons joint au téléphone a formellement réfuté les accusations.

La question se pose désormais de savoir si l’UFC et ses responsables mis en cause dans cette affaire s’appuieront sur la thèse d’une calomnie pour tout balayer du revers de la main ou s’ils donneront une suite à ce dossier. Car l’accusation paraît suffisamment grave et l’ampleur que prend l’information appelle une réaction pour fixer l’opinion et faire la lumière sur la question.

Mais en l’état actuel des choses, deux alternatives se présentent à l’UFC et ses membres cités dans l’article.
  1. Ils optent pour le silence et la banalisation. Dans ce cas la rumeur et les accusations auront libre cours. Ce sera d’ailleurs pour plusieurs observateurs, la preuve de la véracité des faits. Le parti verra alors son image rudement éprouvée écornée. Ceux qui ont toujours traité ses dirigeants de terroristes n’auront que de l’eau en plus à leur moulin.
  2. Ils optent pur une suite judiciaire à cette affaire, prenant ainsi le risque de voir les choses se retourner contre eux s’ils s’avérait que l’information recèle de vérités. Car les procès réservent parfois des surprises. Mais l’avantage pour cette option c’est qu’elle pourrait aussi blanchir les accusés et les laver de toute souillure.

L’autre problème qui se pose est relatif au statut du principal accusé. En effet, M. Nicodème Habia, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un député à l’assemblée nationale. Il jouit de ce fait, de l’immunité parlementaire. Ensuite, les faits à lui reprochés sont présumés survenus au Ghana, en territoire étranger. Autant de paramètres qui requièrent une procédure particulière. Faure Gnassingbé va-t-il donner des instructions comme dans le cas du Député Améyi, afin que le ministère public se saisisse du dossier ?

Dans tous les cas, cette affaire de trafic de drogue risque de devenir embarrassante.

Pour notre part, l’UFC et surtout les principaux accusés ont intérêt à réagir et à temps. Affaire à suivre.

Le député Nicodème Habia dément : «… Je n’en sais rien. Je ne suis pas un consommateur de drogue»

A la suite de la publication de l’article par notre confrère béninois, nous avons joint l’honorable Nicodème Habia. A la question de savoir ce qu’il en est dans cette affaire, il a déclaré en substance ce qui suit : «Mon frère, je n’en sais rien. Je suis ici à Lomé, je ne sais pas comment on peut interpeller un responsable politique encore moins un Député à l’extérieur et c’est des presses béninoises qui en parlent. Je ne sais rien dans cette affaire. Comment on peut arrêter quelqu’un avec une quantité si importante de drogues – trois tonnes – et dire que cette personne est libérée ? Ça n’a pas de sens.» Il a émis son étonnement avant de souligner qu’il ne comprend pas ce qui se passe. «En tout cas, je suis serein et j’attends».

Il a laissé entendre qu’il est encore jeune – 36 ans – et qu’il est revenu des Etats-Unis pour travailler pour son pays.

«En tout cas, comme les présidentielles de 2010 arrivent, tout le monde peut s’agiter. Sinon comment peut-on arrêter quelqu’un avec la drogue et laisser cette personne rentrer sans l’inquiéter» ? Sourire aux lèvres, Habia se demande ce qu’il va foutre avec la drogue. «Drogue, c’est quoi ? Je ne suis pas dealer, un consommateur de la drogue. Tu sais, tout ça, c’est la politique africaine…»
L. C.

Phénomène de la vie chère au Togo : Bientôt une augmentation du prix du carburant

Depuis quelque temps, le phénomène de la vie chère s’impose comme une réalité vécue au quotidien par les togolais qui, de plus en plus, ont l’amer sentiment d’être laissés pour compte par un gouvernement insensible aux souffrances des populations. Profitant de la célébration de la fête du 1er mai, les travailleurs ont exprimé jeudi dernier leur ras-le-bol aux autorités togolaies.

Il se manifeste essentielle-ment par la flambée anarchique des prix des produits de première nécessité, la précarité de la condition des travailleurs, le chômage endémique, etc. Aujourd’hui, le prix du maïs a plus que doublé : entre 800 et 850 F CFA contre 350 et 400 F CFA il y a quelques semaines. De la même façon, on assiste à une augmentation excessive des prix du riz, des pâtes alimentaires, du savon, de l’huile de palme, etc. qui affecte considérablement le panier de la ménagère. Dans le même temps, le Togolais est confronté à la cherté du prix du carburant qui risque un relèvement dans les jours prochains si on en croit les associations des consommateurs. Pour ce qui est du prix du ciment officiellement fixé à 3150 F CFA, il passe officieusement à 5.000 F CFA.

Tous les moyens semblent bons pour la spéculation. Et le mutisme du gouvernement qui assiste impuissant au phénomène ne fait qu’arranger les commerçants véreux visiblement satisfaits de tirer énormément profit de l’incapacité du gouvernement à faire face efficacement au phénomène.

Pour nombre d’observateurs avertis, le phénomène n’aurait pas atteint cette proportion au Togo si les richesses du pays n’étaient pas inégalement réparties, si au sommet de l’Etat on ne se préoccupait pas plus de l’investissement des maigres ressources de l’Etat dans des secteurs improductifs, dans des dépenses de prestige, si le régime RPT ne refusait pas l’alternance au pouvoir et si le «mendefrèrisme» n’était pas légion.

Plus d’une fois les organisations de la société civile auxquelles le phénomène n’échappe pas ont envisagé de descendre dans la rue pour crier leur ras-le-bol et rappeler les autorités à leurs responsabilités. Mais le gouvernement qui redoute le syndrome de Douala et de Bobo Dioulasso pour ne citer que ceux-là, s’est toujours donné des accents pour étouffer les manifestations envisagées dans l’œuf, au grand dam des organisateurs. Mais le jeudi 1er mai dernier, la célébration de la fête des travailleurs qui au Togo s’est déroulée sur fond de crises généralisées, a donné l’occasion aux travailleurs de faire le procès du gouvernement et de cracher à la face du Chef de l’Etat certaines vérités dont on ne se remet pas de si tôt. D’aucuns ont parlé d’un lynchage systématique du chef de l’Etat le président Faure et de son gouvernement.

Sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé qui a servi de cadre à la rencontre des autorités politiques et responsables syndicaux, les banderoles et les pancartes brandies par la foule des travailleurs ayant participé au défilé traditionnel plantaient le décor «Nous avons faim !», «Faure pitié pour les travailleurs togolais !», «Dialogue social, un mort-né !».

Prenant la parole, le porte-parole de l’Intersyndical des Travailleurs du Togo (ISTT) M. Gbikpi Bénissan n’a pas mâché ses mots. «Le pouvoir d’achat des salaires et des revenus qui, sous le coup des mesures régressives et antisociales des sinistres programmes d’ajustement structurel dont la dévaluation de 50 % du F CFA en 1994, ce pouvoir d’achat qui se détériore régulièrement depuis la fin des années 70, est actuellement la proie d’une flambée des prix des produits de premières nécessités, subit de jour en jour une terrible cure d’amaigrissement».

Pour le Secrétaire Général de la Confédération des Cadres du Togo (CGCT), M. Ephrem Tsikplonou, les attentes de l’accord tripartite du 11 mai 2005 sont loin d’être comblées. «Très tôt, les châteaux par nous érigés en Espagne se sont écroulés, car naïfs que nous étions, nous avons tous cru en la sincérité de nos interlocuteurs… Aujourd’hui le travailleur s’interroge et voudrait savoir si vous savez que le fonctionnaire togolais ne bénéficie d’aucune couverture sociale en cas de maladie. Il voudrait savoir si vous savez que le salaire du travailleur ne lui donne plus accès à un logement décent et que les cautions demandées représentent plusieurs mois de salaire. Jusqu’à quand va-t-il traîner l’actuelle grille salariale ? Moi en ma qualité de haut cadre de ce pays, je traîne plusieurs mois de facture d’eau et d’électricité impayées et mon téléphone sonne toujours provisoirement inaccessible. Le travailleur maltraité, autant pour moi, le travailleur retraité est toujours obligé même après le dialogue social de faire un choix entre s’alimenter et se soigner».

Ces propos qui témoignent de façon assez imagée les affres de la misère vécue au quotidien par les Togolais en général montrent à quel point le pouvoir togolais fait preuve de légèreté dans la gestion des affaires publiques et la déchéance des populations à deux ans des élections présidentielles. Le salut du peuple viendra-t-il du régime RPT qui, au fil des ans, montre ses limites ? La question reste posée. Le comble c’est l’alerte donnée par certaines sources faisant état d’une probable et imminente augmentation du prix du carburant.
JNT

Secrets d’alcôve : La mémé amoureuse 

Le regard perdu dans le vide, Edwige pleurait silencieusement. Depuis plus d’une semaine, elle n’avait pas cessé de pleurer. Parfois, elle rageait. Elle avait envie de se révolter, de régler les comptes. Le monde était vraiment injuste. Chaque fois qu’elle pensait à ce qui lui arrivait et qu’elle réalisait que tous ses projets étaient à l’eau, sa douleur s’intensifiait.

Elle renifla, sécha ses larmes et se plongea dans les réflexions. Comment se fait-il qu’elle n’avait pas vu venir le danger ? En tout cas, à partir de maintenant, elle ne fera plus confiance à personne. Elle se mit à revivre les faits en se refusant de croire qu’elle avait perdu à jamais son copain Louis. Dix années de partage et d’espoir pour en arriver là. Et pourtant, rien ne le laissait prédire.

L’histoire de Louis et Edwige a commencé comme elle de tous les jeunes amoureux. Louis était en classe de seconde au Lycée et Edwige au CEG. A la faveur d’une activité culturelle, ils avaient fait connaissance et avaient très vite sympathisé. C’était le parfait amour. A l’époque, et avant de faire la connaissance d’Edwige, Louis avait un ami du nom de Laurent. Laurent était un ami inséparable de Louis. Ils étaient d’ailleurs ensemble quand Louis avait fait la cour à Edwige. Laurent avait une copine du nom de Rose. Tous les deux jeunes couples s’entendaient à merveille. Ils sortaient ensemble et partageaient d’agréables moments.

Entre Louis et Edwige, tout allait très bien. Louis évoluait dans les études. Trois ans après avoir fait la connaissance de Edwige, il passa son BAC II avec succès et rentra à l’Université où il s’inscrit à la Faculté de Médecine.

Il avait toujours ambitionné de devenir médecin et était prêt à tout pour arriver. Il consacrait beaucoup de temps à ses études sans pour autant négliger ses relations avec sa chère Edwige. Au fil du temps, leur amour se raffermissait, se consolidait. Ils avaient en projet de se marier dès que Louis aura terminé ses études. Chaque fois, Edwige pensait aux jours heureux qui l’attendaient. Elle attendra le temps qu’il faut pour voir se réaliser son projet. Naturellement, il y avait dans son entourage, des gens qui la mettaient en garde contre le temps qui passait et contre des retournements de situation. Il faut battre le fer quand il est chaud. Pour avoir oublié cette vérité, des filles ont vu leur fiancé leur échapper.

Edwige n’avait jamais considéré ces conseils qu’elle classait au chapitre des commérages. En tout cas, elle, Edwige, était sure de son fait. Elle connaissait très bien son Louis de copain et savait de quoi il était capable.

Aujourd’hui, elle s’en voulait de ne pas avoir écouté ces conseils. Car les faits lui donnent tort. Ce qu’elle n’avait jamais imaginé se réalise devant elle, sans qu’elle puisse changer le cours des événements.

Tout a commencé il y a de cela trois ans. Après avoir fait une maîtrise en gestion, Laurent l’ami inséparable de Louis avait décidé d’aller faire un troisième cycle en Europe. Louis s’était personnellement senti concerné par ce projet. Bien que redoutant la séparation, il avait aidé son ami dans la préparation des dossiers pour l’inscription. Lorsque par courrier, l’Université avait informé Laurent de l’acceptation de son inscription, c’est ensemble qu’ils avaient sablé le champagne. Comme il l’avait fait pour l’inscription, Louis avait assisté et soutenu Laurent dans toutes les démarches jusqu’à son départ.

Le jour du départ fut pathétique. Louis, Edwige et Rose la copine de Laurent étaient à l’aéroport avec Tanty Bayi la mère de Laurent. Tout le monde était affecté par la séparation. Mais de tous, celle qui semblait plus touchée était Tanty Bayi. Et pour cause, Laurent était le seul de ses enfants qui vivait encore avec elle. C’était une femme d’un certain âge qui avait beaucoup de moyens. Pour tout dire elle était une femme riche qui avait perdu son mari il y a plusieurs années déjà. Mais puisqu’elle avait les moyens, elle avait réussi à envoyer ses trois premiers enfants poursuivre leurs études en Europe. Louis le benjamin était à présent le dernier à partir.

Tanty Bayi avait le cœur gros et essuyait discrètement des larmes. Lorsque Laurent, après les adieux, disparut dans la salle d’embarquement, Tanty Bayi fondit en larmes. Face à tant d’émotion, Louis qui était un habitué de la famille s’approcha d’elle et spontanément, la prit dans ses bras.

Blottie dans les bras du jeune homme, Tanty Bayi reniflait tandis que Louis essayait de la consoler. Pour la réconforter, il lui disait que Laurent ne partait que pour un temps, qu’il allait revenir bientôt et que son absence n’allait pas lui peser parce que lui Louis était là et elle pouvait le considérer comme son fils.

Depuis cette nuit, Louis qui était déjà un habitué de la maison de Tanty Bayi était devenu encore beaucoup plus fréquent. Lorsqu’il passait un jour sans passer à la maison, Tanty Bayi elle-même l’appelait en lui faisant comprendre qu’il ne tenait pas son engagement et qu’il la laissait dans la solitude.

Chaque fois qu’il voulait aller voir Tanty Bayi, Louis se faisait accompagner de sa copine Edwige. Au départ, cela ne semblait rien dire à la dame. Mais au fil du temps, elle avait commencé à manifester comme une sorte d’agacement. Lorsque Louis arrivait avec Edwige, elle manifestait moins d’enthousiasme que s’il y allait seul. Un jour, Tanty Bayi avait fait comprendre à Louis qu’elle préférait qu’il soit seul quand il vient le voir parce que cela lui permettra de parler seul à seul avec lui de certaines affaires.

Louis trouva la chose un peu curieux mais n’y attacha pas d’importance outre mesure. De toute façon il n’y avait pas drame pour lui de rendre seul visite à Tanty Bayi. Cela ne pouvait en rien menacer son idylle avec Edwige. Au contraire. Chaque fois qu’elle était de bonne humeur, la dame lui donnait de l’argent. Ce qui était d’une grande utilité.

Les mois passaient et la familiarité allait grandissant entre Tanty Bayi et l’ami de son fils. Maintenant, il arrivait de plus en plus souvent que Tanty Bayi invite Louis à manger à la maison. Elle préparait et commandait des mets délicieux et traitait Louis comme un prince. Et plus le temps passait, plus Tanty Bayi devenait possessive. Elle voulait de plus en plus garder Louis auprès d’elle. Pour parvenir à ses fins, elle ne lésinait pas sur les moyens. Elle couvrait Louis de cadeaux et l’entourait de tous les soins.

Peu à peu, Louis commençait à deviner sur quel terrain la dame voulait l’amener. Mais il se refusait de croire que Tanty Bayi qui pouvait être de loin sa mère aurait l’idée de le compromettre. Et pourtant, c’est ce qui arriva. Et c’était arrivé sans que Louis ne s’en rende compte. Peu à peu, il avait commencé à se désintéresser de sa copine. Un soir, Tanty Bayi l’avait invité à manger. Comme d’habitude elle avait préparé et commandé des mets délicieux. Mais plus que les autres fois, elle s’était faite une toilette raffinée. Le repas avait commencé par un bel apéritif. Le relais a été pris à la suite par du bon vin. Tanty Bayi était particulièrement enjouée. Le dîner se termina un peu tard dans la soirée.

Au moment où Louis allait prendre congé de Tanty Bayi, la dame pris un air triste, à la limite des larmes. Louis frappé par cette baisse subite de sa bonne humeur lui demanda ce qui n’allait pas. Tanty Bayi qui avait maintenant perdu toute sa joie prit une voix peinée et tremblotante pour lui faire entendre qu’elle est saisie du souvenir de son fils Laurent qui lui, ne l’aurait pas quittée en la laissant seule en ce moment.

Emu de compassion, Louis s’avança vers Tanty Bayi qui, comme si elle n’attendait que ça, se jeta dans ses bras. Louis et Tanty Bayi étaient l’un dans les bras de l’autre, plantés au milieu du salon. Tanty Bayi poussait de petits gémissements et Louis la consolait. Au fur et à mesure que passaient les secondes, l’étreinte se serrait. Puis ce qui au départ était seulement une embrassade de consolation se transforma en une étreinte amoureuse. Tanty Bayi qui maintenant serrait Louis très fort dans les bras lui vissa la bouche contre la sienne. Le baiser partit, langoureux. La dame menait les débats. Louis était comme dans un monde surréel. Dopé par l’alcool, il commença timidement à participer au jeu. Puis l’appétit venant en mangeant, il s’activa. Il palpait maintenant à pleine main la poitrine de Tanty Bayi. Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la chambre à coucher de la dame. Tanty Bayi allongée sur le dos s’offrait les jambes écartées pendant que Louis pompait furieusement. Le jeune homme passa cette nuit dans le lit de la mère de son ami.

Depuis lors, les choses ont commencé à se gâter entre Louis et Edwige. Louis qui passait désormais son temps au beurre, était allé jusqu’à dire à Edwige qu’il ne voulait plus d’elle. Les espoirs d’une dizaine d’année en une nuit, ruinés. Pauvre Edwige !
Kayissan

 
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