in

ACTUALITÉ / NEWS

M. Dossey-Anyron : " La classe politique doit s'instruire des ratés de la conférence nationale pour éviter que la commission échoue "

Chronique de la Semaine #8 du 8 mai 2008

Comment se porte " Le NID " aujourd'hui ?
M. Dossey-Anyron : Comme tout parti politique qui aux lendemains d'une défaite électorale doit affronter certaines réalités. Le NID ne fait pas exception et au-delà de toutes ces considérations, le parti " Le NID " se porte très bien.

Depuis les élections législatives du 14 octobre 2007, l'on n'entend plus parler de votre parti. Pourquoi ?
Le silence dont vous parlez trouve ses origines dans les réflexions profondes que les instances du parti étaient en train de mener sur notre échec. A cette phase de l'action, le parti a préféré le travail de fond à la politique de mégaphone.

C'est  dans cette optique que les instances suprêmes du parti, réunies pour poser le diagnostic de l'échec, ont décidé la tenue d'une tournée d'évaluation dans les circonscriptions où le parti avait sollicité le suffrage des populations.

Il est question  lors de cette tournée d'évaluation, d'échanger avec les responsables locaux qui animent les organes de base du parti, sur les causes profondes de ce qu'il est convenu d'appeler demi-échec, de recevoir de ces responsables des propositions pour l'avenir et de lancer le processus de restructurations des organes de base. Cette tournée s'est déjà déroulée dans la commune de Lomé, dans les préfectures de VO et de ZIO et une partie du Golfe. A partir du mardi 06 mai, c'est l'étape du Grand Kloto.

A la fin de ces tournées, il est prévu la tenue d'une assise solennelle qui servira de cadre pour le parti de publier dans la perspective des prochaines échéances électorales  sa nouvelle " Déclaration générale de principes politiques ".

Comme vous pouvez le constater, le parti a un vaste chantier d'activités et ceux qui spéculent sur une éclipse de nos activités comptent sans notre détermination. Au parti " Le NID ", nous avons conscience que pour réussir, il ne suffit pas de faire un effort intense de courte durée mais il faut au contraire s'astreindre dans la continuité de l'effort. 

Comment expliquez-vous l'échec de votre parti aux élections législatives anticipées du 14 octobre 2007 ?
Les populations du Togo n'ont pas accordé au parti " Le NID " le suffrage légalement requis pour avoir des élus au Parlement. Cela ne voudrait pas signifier que notre " Contrat Citoyen " et les valeurs de notre idéologie défendues par le projet de société du parti n'ont pas reçu l'adhésion des Togolais. Il ne faut pas perdre de vue que lors de ces élections, le choix des populations n'était pas guidé par la qualité et le réalisme des projets de sociétés que proposaient les diverses formations en course. Dans ces conditions, l'on ne doit pas se fonder sur les seuls résultats de ces élections pour affirmer que les idéaux défendus par tel ou tel parti reçoivent ou ne reçoivent pas l'assentiment des Togolais.

Les causes de l'échec du parti " Le NID " aux élections législatives du 14 octobre 2007 sont multiples. Il y a d'abord le fait que les idéaux et les valeurs défendus par le parti avaient reçu
l'adhésion massive des populations ; seulement le parti avait à peine 18 mois quand il devait affronter l'épreuve des élections et n'avait pas disposé dans ces circonstances d'assez de temps pour transformer l'engouement qu'avait suscité son idéologie auprès des populations en un véritable sentiment d'appartenance au parti.

Comme conséquence, les sympathisants n'ont pas su pendant la campagne électorale résister aux manœuvres de désinformation et d'intoxications orchestrées par les autres formations politiques contre le NID.

Ensuite il y a la position du centre qui, en politique est difficile à tenir ; cette position, quand vous l'occupez, vous êtes victimes inéluctablement des projectiles des deux extrêmes. Ce fut le cas pour le parti " Le NID " lors de ces élections.

En fin il y a les iniquités du code électoral. Le fait troublant est que les autres formations de la classe politique ont toujours accusé le RPT d'avoir la propension à tailler un code électoral sur mesure ; mais les partis signataires de l'APG au moment de l'élaboration de la loi électorale se sont taillés la part du lion, laissant tous les partis non signataires de l'APG dans une situation défavorable. Le code électoral a  violé le principe de l'égalité de tous les partis devant la loi, son article 34, prévu pour atténuer cette inégalité a été foulé aux pieds par les membres des CELI et des bureaux de vote qui  dans leur comportement ont été tout sauf neutres.

Il n'est un secret pour personne qu'avant votre entrée au gouvernement en juin 2005 vous étiez un des leaders de la jeunesse de l'Union des Forces de Changement. Vous avez créé depuis votre propre parti " Le NID ". Est-ce à dire que les ponts sont coupés à jamais avec votre ancien parti ?
En politique, lorsque l'on se veut rassembleur, il est indécent de fermer entièrement et pour toujours une porte. Nous sommes disposés au parti " Le NID " à travailler dans une atmosphère de respect mutuel avec toute formation de la scène politique togolaise à condition que celle-ci adhère à notre idéal de démocratie participationniste. Aujourd'hui, l'ancien parti(UFC) semble s'embourber dans un idéalisme rêveur en privilégiant la critique sévère des faits politiques au lieu d'agir sur eux et de les transformer par une démarche progressiste. Cette conception de la chose politique dans laquelle se " bunkerise " l'ancien parti (UFC) est sans lendemain pour la jeunesse et  aux antipodes de notre vision pour le Togo.

J'ai des relations personnelles avec des militants de l'ancien parti (UFC). Mais entre ce parti et " Le NID ", la relation qui existe est que le parti " Le NID " constitue le réceptacle des déçus de l'ancien parti.  En effet, ce dernier ressemble à un entonnoir extrêmement  rempli dont la base est bouchée par  les privilégiés,  les nantis de la profession libérale, les retraités octogénaires dont les liens claniques servent de ciment entre eux. Au sommet de cet entonnoir se trouve la jeunesse qui est le trop pleine. Cette jeunesse nourrit l'espoir de mettre fin à sa misère dans un avenir proche. Elle ne veut plus seulement exécuter les basses besognes pendant les manifestations mais elle aspire à ce que ses opinions soient désormais prises en compte au moment des grandes décisions. L'incapacité de l'ancien parti  (UFC) à répondre à ces attentes légitimes de la jeunesse, conduira inévitablement à la désillusion. Déçus, ces jeunes en  désertant leur parti, ne peuvent rejoindre que " Le NID ", le nouveau parti de l'espoir.

Le président du CAR, Me Agboyibo prône la co-gestion, la CDPA propose de son côté un pacte alors que votre parti le NID avait parlé entre temps du participationisme. Quel rapprochement faites-vous entre ces trois notions ?
Les partis politiques ont  pour mission de proposer des solutions aux problèmes de la société dont ils sont l'émanation. Il y a de cela quelques années, les formules proposées pour sortir le Togo de la crise étaient rejetées si elles n'épousent pas l'assentiment de la pensée unique de l'ancien parti (UFC) : traître, corrompu, vendu et autres étaient les épithètes attribués à ces genres d'initiatives.

J'ai en mémoire la proposition du Grand Pardon du Premier Ministre Edem KODJO dès le début de la lutte pour la démocratie, ensuite vient le Contrat Social de Me KOFFIGOH, l'appel de Tchekpo " Démocratie d'abord, multipartisme après " du Professeur GNININVI qui avance aujourd'hui le Pacte National ; le parti " Le NID " proposait dès sa création en 2006 " le participationisme " ; la journée de réflexion du Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) tenue à Baguida a accouché tout récemment du concept de la cogestion.

Je salue cette fécondité de l'imagination dont fait preuve la classe politique togolaise.   A l'analyse de ces différentes propositions, on constate beaucoup de points de convergence ; pour certains cas il est simplement question de terminologie. Pour moi, il serait de bon ton de trouver un cadre de réflexion devant permettre de procéder à une analyse et synthèse de toutes ces propositions en vue de dégager une proposition commune, un programme commun pour la démocratie et le développement du Togo. Dans ces conditions personne ne pourrait plus réclamer la paternité de ce programme commun, c'est la solution au conflit de leadership. Lorsque chacun dans son coin croit qu'il a la meilleure proposition et refuse de  soumettre sa raison à la volonté des autres, on ne fera que du " surplace " ; le parti " Le NID " en appelle à la mise en place de ce programme commun pour la démocratie et le développement du Togo.

La flambée des prix des produits de première nécessité rend la vie dure aux Togolais. Le gouvernement peine à trouver des solutions adéquates à ce problème. Avez-vous des propositions concrètes au niveau de votre parti pour aider à résoudre ce problème ?
Le problème de la vie chère est un problème mondial qui relève d'une conjecture. C'est pourquoi il ne faudrait pas en faire une récupération politique allant jusqu'à la perte de vies humaines. Ce problème ne devrait pas être utilisé à des fins corporatistes. Je reconnais que la subvention du carburant et le déversement du maïs de l'OSAT sur le marché restent insuffisants.

En dehors des mesures par lesquelles le gouvernement doit inciter ses pairs de la CEDEAO à prendre, nous pensons que nous devons revoir la politique agricole et la politique fiscale de notre pays.  A court terme, l'on doit réactiver le mécanisme du contrôle du prix des produits de premiere nécessité en accord avec l'OHADA, le tout libéral imposé par le FMI et la Banque Mondiale aux pays en développement a atteint ses limites. Dans le moyen terme, il faut par une politique des prix des produits agricoles mettre fin au cycle infernal de l'endettement permanent du paysan car ce que vivent nos paysans relève d'une injustice sociale.  Dans le long terme, il faut  renforcer la capacité de l'agriculture togolaise à subvenir aux besoins alimentaires des Togolais et à devenir le grenier de la sous-région, en augmentant l'investissement public dans ce secteur qui emploie plus de 70% de nos concitoyens, il faut aussi œuvrer pour la mise en valeur des potentialités agricoles du pays.

Le Chef de l'Etat vient de lancer les consultations nationales devant aboutir à la création de la commission " Vérité, Justice et Réconciliation ". Votre parti adhère-t-il à ces consultations ?
La vérité, la justice et l'unité nationale sont des valeurs défendues par le parti " Le NID ". Si aujourd'hui il y a une initiative qui vise  la réalisation de ces valeurs, le parti " Le NID " ne peut que saluer une telle initiative. J'estime que tous les partis doivent œuvrer pour que cette future Commission Vérité, Justice et Réconciliation atteigne la mission qui lui sera assignée en sensibilisant les populations sur la nécessité de leur collaboration. La classe politique doit s'instruire des ratés de la Conférence Nationale Souveraine pour éviter que cette commission échoue à cause du désir de revanche. Les partis politiques ont le devoir d'inculquer dans la mentalité de leurs militants que l'esprit de pardon doit prendre le pas sur toutes les considérations égoïstes afin que la commission puisse atteindre son but ultime, celui de réconcilier tous les Togolais et de restaurer l'unité nationale ; les leaders de partis doivent à cet effet donner l'exemple en premier lieu.
Propos recueillis par Dominique ALIZIOU

 
Retourner à la page Accueil

Comments

No Comments

About togoforum

togoforum a été créé en 1999 juste comme un forum de discussion, puis est devenu un site web en 2001 /// togoforum was first created as a discussiion forum in 1999 and then became a website in 2001
© 2005 www.togoforum.com All rights reserved